1 Mon fils, garde mes paroles et cache par-devers toi mes commandements. 2 Garde mes commandements, et tu vivras, – et mon enseignement, comme la prunelle de tes yeux. 3 Lie-les sur tes doigts, écris-les sur la tablette de ton cœur. 4 Dis à la sagesse : Tu es ma sœur ! et appelle l’intelligence ton amie ; 5 pour te garder de la femme étrangère, de la foraine qui use de paroles flatteuses.
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
Introduction au chapitre 7
L'essentiel de ce chapitre est d'exhorter les hommes à écouter les doctrines et les préceptes de la Sagesse, pour éviter la femme adultère ; l'exhortation à les garder avec soin, affection et plaisir, pour arriver à ce but, occupe les versets 1 à 5. Suit une histoire, que Salomon rapporte de première main, d'un jeune homme pris au piège et ruiné par une débauchée ; elle commence au verset 6. Le jeune homme est peint comme un sot, qui se jette lui-même sur le chemin de la tentation (v. 7-9) ; la prostituée qui vient à sa rencontre est décrite par sa tenue, sa ruse, sa voix, son inconstance, son impudence et ses prétentions à la piété (v. 10-14). Les arguments dont elle se sert pour le décider à la suivre sont tirés en partie de l'élégance de son lit, de sa douceur, de son doux parfum et du rassasiement d'amour qu'on y goûtera (v. 15-18), en partie de l'absence de son mari, parti pour un long voyage et pourvu pour un temps déterminé (v. 19-20). Arguments par lesquels elle l'a entraîné à sa perte totale - illustrée par les comparaisons du bœuf qui va à l'abattoir, du sot aux ceps et de l'oiseau au piège (v. 21-23). Le chapitre s'achève par une exhortation à écouter les paroles de la Sagesse et à fuir les voies et les sentiers de la prostituée, par lesquels tant d'hommes, et de puissants, ont été ruinés - ces voies étant la route directe de l'enfer et de la mort (v. 24-27).
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
« Mon fils, garde mes paroles » - Doctrines et instructions, données comme d'un père à son fils, ou d'un maître à ses élèves : qu'il les observe et s'y attache.
« et serre mes commandements chez toi » - Comme un trésor dans le cœur, à sortir au besoin ; à garder comme choses précieuses, et à employer comme antidote et préservatif contre le péché (voir Psaume 119:11). La Septante et la version arabe ajoutent, ce qui n'est pas dans l'hébreu : « fils, honore le Seigneur, et tu seras fort » ; et l'arabe : « et il te fortifiera ; et ne crains personne que lui ».
v. 2 · John Gill · 18/10/2026
« Garde mes commandements, et tu vivras » - Non seulement les commandements de la loi, mais ceux de Christ ; même ses doctrines portent ce nom - la foi en lui, l'amour des saints (1 Jean 3:23 ; Jean 14:21, 23) : c'est le chemin pour vivre heureusement, paisiblement, agréablement et honorablement.
« et mon enseignement comme la prunelle de tes yeux » - La doctrine de Christ, la loi du Seigneur qui sort de Sion : elle doit être aussi chère aux hommes que la prunelle de leur œil, et gardée avec le même soin, sans qu'on lui fasse la moindre blessure ; il faut la garder inviolée.
v. 3 · John Gill · 18/10/2026
« Lie-les sur tes doigts » - Que ces paroles et ces doctrines soient aussi disponibles et familières que si on les avait sur le bout des doigts ; ou toujours fraîches en mémoire, comme le fil qu'on noue au doigt pour se rappeler quelque chose à faire ; ou comme des anneaux aux doigts, à la fois mémorial et parure ; ou encore : mets en pratique ce qui est enseigné et commandé - les doigts étant les instruments de l'action, et surtout de l'action précise et soignée.
« écris-les sur la table de ton cœur » - Pour qu'elles soient fortes dans la mémoire, profondes dans l'affection, et durables dans l'entendement et la volonté (voir Proverbes 3:3).
v. 4 · John Gill · 18/10/2026
« Dis à la sagesse : tu es ma sœur » - Intimement connue, tendrement aimée, source de grandes délices. On peut l'entendre à la fois de l'Évangile - la sagesse de Dieu en mystère, qu'il faut fréquenter, aimer fort et goûter avec plaisir - et de Christ, la Sagesse essentielle de Dieu, qui se tient envers son peuple dans la relation d'un frère, et qu'il faut honorer comme tel.
« et appelle l'intelligence ta parente » - Ou « ton parent » [169] : tel est Christ dans notre nature, notre « goël », notre proche parent, participant de la même chair et du même sang, et qui pour cette raison n'a pas honte de nous appeler frères - nous ne devrions pas avoir honte de l'appeler parent. De plus, sa Parole et son Évangile, et leur intelligence, doivent nous être familiers ; il faut qu'ils soient bien « connus » [170] de nous, comme le mot employé le signifie, et qu'ils habitent richement en nous.
Notes
[169] [dm « cognatum », V. L. Pagninus, Tigurine version, Mercerus, Gejerus, Michaelis ; « familiarem tuum », Junius & Tremellius, Piscator.
[170] Un mot de la racine [dy « scivit ».
v. 5 · John Gill · 18/10/2026
« Pour qu'ils te gardent de la femme étrangère » - Rien n'est plus propre que Christ et son Évangile, leur connaissance intime et leur rétention, à garder de tout péché : des convoitises de la chair, du péché d'impureté ; et aussi de toutes les erreurs, hérésies, idolâtries, superstitions et cultes de fabrication humaine de la prostituée de Rome - étrangère à Dieu et à la vraie piété, à Christ et à ses vérités, à l'Esprit et à ses opérations.
« de l'inconnue qui flatte par ses paroles » - Voir les commentaires de Proverbes 2:16, 5:3 et 6:24.
6 Car, à la fenêtre de ma maison, je regardais à travers mon treillis, 7 et je vis parmi les simples, j’aperçus parmi les jeunes gensa 7 litt. : parmi les fils. , un jeune homme dépourvu de sens, 8 qui passait dans la rue, près du coin où demeurait cette femmeb 8 litt. : près de son coin. , et il prit le chemin de sa maison, 9 au crépuscule, au soir du jour, au sein de la nuit et de l’obscurité. 10 Et voici, une femme [vint] à sa rencontre, ayant la mise d’une prostituée et le cœur rusé. 11 Elle était bruyante et sans frein ; ses pieds ne demeuraient pas dans sa maison, 12 elle était tantôt dehors, tantôt sur les places, et guettait à tous les coins. 13 Et elle le saisit, et l’embrassa, et d’un visage effronté lui dit : 14 J’ai chez moi des sacrifices de prospérités, j’ai aujourd’hui payé mes vœux ; 15 c’est pourquoi je suis sortie à ta rencontre pour chercher ton visage, et je t’ai trouvé. 16 J’ai étendu sur mon lit des tapis, des couvertures de fil d’Égypte de couleurs variées ; 17 j’ai parfumé ma couche de myrrhe, d’aloès, et de cinnamome. 18 Viens, enivrons-nous d’amours jusqu’au matin, délectons-nous de volupté ; 19 car [mon] mari n’est pas à la maison, il s’en est allé loin en voyage ; 20 il a pris un sac d’argent en sa main, il viendra à sa maison au jour de la pleine lune. 21 Elle le détourna par beaucoup de douces paroles, elle l’entraîna par la flatterie de ses lèvres. 22 Il est allé aussitôt après elle, comme le bœuf va à la boucherie, et comme les ceps [servent à] l’instruction du fouc 22 selon qqs. : comme un daim qui se jette dans le piège. , 23 jusqu’à ce que la flèche lui transperce le foie ; comme l’oiseau se hâte vers le piège et ne sait pas qu’il y va de sa vie.
v. 6 · John Gill · 18/10/2026
« Car, à la fenêtre de ma maison » - C'est soit le récit d'un fait dont Salomon fut témoin, soit une parabole de sa composition, qui peint les manèges rusés d'une prostituée, la sottise et la faiblesse du jeune homme pris au piège, et la ruine où elle le mène. Salomon, magistrat public, est ici représenté en observateur privé de la conduite de ses sujets : assis dans son palais, à une fenêtre - aux petites fenêtres, dit le Targum - d'où il pouvait voir sans être vu ; et non loin se trouvait la maison d'une prostituée, car elles rôdent d'ordinaire autour des cours des princes, où elles font leurs proies.
« je regardais à travers mon treillis » - Ou « ma jalousie » [171]. La Septante, le syriaque et l'arabe l'entendent de la prostituée regardant par la fenêtre de sa maison et apercevant le jeune homme ; mais cela ne s'accorde pas avec le texte hébreu, qui le rapporte à Salomon. Encore qu'un plus grand que lui puisse être visé : le Dieu omniscient, qui regarde par les fenêtres et le treillis du ciel et voit toutes les actions des fils des hommes - même les plus secrètes, faites dans le noir ; et Christ, le Fils de Dieu, dont « les yeux sont comme une flamme de feu », pour percer toutes les ténèbres du papisme, figuré par l'état d'Église de Thyatire ; pour voir toutes les intrigues de la prostituée romaine, et toutes les folies de ceux qui se prostituent avec elle (Apocalypse 2:18).
Notes
[171] ybnça d[b « per cancellos meos », Pagninus, Montanus, Junius & Tremellius, etc.
v. 7 · John Gill · 18/10/2026
« Et j'aperçus parmi les naïfs » - Ceux qu'on persuade et qu'on entraîne facilement au péché ; simples et sots dans les choses morales et spirituelles, et sans maturité de jugement même dans les choses naturelles et civiles ; qui ont peu vu le monde et savent encore moins de religion, et qu'on trompe aisément, emportés par la compagnie qu'ils fréquentent : tels sont, sots et simples, ceux qui suivent l'antichrist (voir 2 Timothée 3:6, 9).
« je remarquai parmi les jeunes gens » - Ou « les enfants » [172], du moins par l'intelligence - les enfants de Jézabel (Apocalypse 2:23).
« un jeune homme dépourvu de sens » - Ou « manquant de cœur » [173] : pour connaître et craindre le Seigneur ; et pas sur le chemin d'apprendre et de progresser, mais en compagnie de ses pareils - donc bien parti pour rester sot et simple, privé de la vraie intelligence des choses, et exposé aux pièges de ceux qui guettent pour tromper.
Notes
[172] µynbb « in filiis », Pagninus, Montanus, etc.
[173] bl rsj « carentem corde », Pagninus, Montanus, etc.
v. 8 · John Gill · 18/10/2026
« Il passait dans la rue, près de son coin » - La maison de la prostituée, plantée à un angle pour racoler des deux côtés : s'en approcher est déjà dangereux, c'était se mettre sur le chemin de la tentation ; ou le coin de rue où elle se postait pour lever les jeunes gens. On ne bat pas le pavé la nuit avec de bonnes intentions, ni ne va-t-on où les prostituées rôdent et demeurent ; en tout cas, c'était s'exposer, et s'il avait suivi le conseil du sage, il ne l'aurait pas fait (Proverbes 5:8). Il faut s'abstenir de toute apparence de mal et de tout ce qui mène au péché - pour l'immoralité et l'impureté, comme pour la fausse doctrine et le faux culte : les synagogues de Satan et les chapelles papistes sont à éviter.
« et il prit le chemin de sa maison » - Celui qui y menait tout droit : signe d'une mauvaise intention ; et si son dessein n'était pas de commettre la fornication, c'était du moins de flatter ses convoitises par les regards, les privautés et les propos impurs. Et il y allait d'un pas étudié, avantageux, comme le mot [174] le signifie : avec des airs faits pour plaire à la prostituée, en petit-maître de la ville - allure et démarche auxquelles elle reconnut aussitôt un client tout désigné.
Notes
[174] d[xy « gradiebatur », Junius & Tremellius, Piscator ; « incedebat gravi et composito gradu », Gejerus, Michaelis ; « magnifico gradu incedebat », Schultens.
v. 9 · John Gill · 18/10/2026
« Au crépuscule, au déclin du jour, au cœur de la nuit noire » - L'heure habituelle des adultères pour leurs œuvres de ténèbres, qu'ils croient ainsi cacher - eux-mêmes ne tenant pas à ce qu'elles soient vues et connues (Job 24:15) : leurs œuvres ne supportent ni le soleil ni le grand jour ; ils prennent donc le crépuscule, après le coucher du soleil ; et ils choisissent la nuit - et pas les nuits claires : les plus noires et les plus sombres, les plus propices à leur dessein, les plus sûres pour trouver des prostituées et échapper aux regards des voisins - mais jamais à celui du Dieu omniscient, pour qui les ténèbres et la lumière sont pareilles. Ces mots successifs peuvent marquer les étapes du trajet du jeune homme : quand il quitta sa maison ou celle de son père, c'était le « crépuscule », le soleil déclinait ; à bonne distance, le soleil se coucha, ce fut le « soir » ; et en arrivant près de la maison de la prostituée, c'était la « nuit noire ». On peut y voir la croissance graduelle du papisme : d'abord un « crépuscule », un déclin de la pureté de la lumière évangélique ; puis le soleil de l'Évangile s'est couché, amenant le « soir » ; et cela a fini dans l'épaisse « obscurité » du papisme, figurée par l'état d'Église de Thyatire, comme on l'a dit. Depuis, l'« étoile du matin » de la Réforme a paru ; mais elle s'est obscurcie, nous voilà de nouveau dans un entre-deux - ni jour ni nuit pour l'heure, mais une nuit noire qui approche à grands pas ; et il est facile de voir combien, comme ce jeune sot, marchent d'un pas avantageux vers la maison de la prostituée - glissent vers le papisme, qu'ils le veuillent ou non.
v. 10 · John Gill · 18/10/2026
« Et voici qu'une femme vint à sa rencontre » - Une femme mariée, et adultère, comme la suite du portrait le montre. À peine eut-elle repéré le jeune homme décrit - reconnaissant à ses airs, à sa démarche et à sa mise l'homme qu'il lui fallait - qu'elle sortit de sa maison, ou du coin où elle se tenait, et vint à sa rencontre : elle n'attendit pas qu'il l'aborde, elle sortit et attaqua la première. D'où le « voici » en tête : cri d'étonnement devant l'impudence de la femme, et signal d'attention pour observer les suites de l'affaire. Cette femme figure la femme assise sur la bête écarlate, la mère des prostituées, qui, tout en se prétendant l'épouse de Christ, est une prostituée fieffée (Apocalypse 17:3, 5).
« en tenue de prostituée » - Non le visage voilé comme Tamar (Genèse 38:14-15) : si c'était la marque d'une prostituée en plein jour, ce ne l'était pas la nuit, comme ici ; plutôt des vêtements voyants et clinquants, comme en portaient les courtisanes d'Athènes, ou courts, comme celles de Rome ; le mot signifie un vêtement ajusté au corps, seyant et bien coupé, pour la mettre en valeur. Ainsi la femme, la prostituée de Rome, est dite vêtue de pourpre et d'écarlate, parée d'or, de pierres précieuses et de perles : la pompe et la splendeur extérieures de la religion romaine, faites pour captiver les esprits faibles et imprudents (voir le commentaire d'Apocalypse 17:4).
« et le cœur rusé » - Maîtresse de tous les artifices et de toutes les intrigues pour séduire et prendre au piège [175] ; ou « le cœur fermé » [176] : prudente et calculée dans ses propos, disant tout ce qui encourage et taisant tout ce qui refroidit ; ou gardant son propre cœur pour elle tout en volant celui des autres - le Targum : « qui ravit le cœur des jeunes gens » ; et de même la Septante, le syriaque et l'arabe. La ruse des papes, des prêtres, des jésuites et des autres émissaires de Rome pour tromper le cœur des simples est bien connue : la venue de l'antichrist s'est faite selon l'opération de Satan, avec toutes les séductions de l'injustice (2 Thessaloniciens 2:9-10).
Notes
[175] « Insidiae sunt pulchritudo astutae mulieris », Plauti Mostellaria, Act. 1. Sc. 3. v. 91.
[176] bl trxn « cauta corde », Montanus ; « retenti cordis », Schultens.
v. 11 · John Gill · 18/10/2026
« Elle est bruyante et rebelle » - « Bruyante » : non pour qu'on la trouve dans le noir à la voix, comme l'interprète Aben Ezra, mais criarde, tapageuse et bavarde quand elle tient son galant, déversant des paroles sottes et impudiques pour l'appâter ; à moins qu'il ne s'agisse de ses criailleries et de ses scènes à la maison, contre son mari, pour le faire sortir et en être débarrassée. Envers lui, elle est « rebelle », comme le Targum : elle rompt l'alliance, désobéit à ses ordres, le quitte et s'écarte du chemin, dit Jarchi ; elle parle rébellion, dit Aben Ezra. Tout cela convient à la prostituée de Rome : rebelle envers Christ, dont elle se prétend l'épouse ; perfide envers lui, désobéissante à ses commandements ; sortie du chemin de ses vérités et de ses ordonnances, publiant et encourageant tout ce qui leur est contraire ; avec, de plus, une bouche qui profère des blasphèmes (Apocalypse 13:5-6).
« ses pieds ne tiennent pas dans sa maison » - Pour en faire le travail ; elle court les rues à chercher ses amants et les ramener. C'est le caractère des femmes de bien d'être gardiennes de la maison ; courir dehors est la marque de la prostituée - ce que développe le verset suivant.
v. 12 · John Gill · 18/10/2026
« Tantôt dehors » - Le mot pour prostituée est parfois rendu dans le Targum [177] par « celle qui sort », qui va hors de sa maison : assise ou debout à sa porte, dans une pose oisive, pour inviter ses amants à entrer ; et si elle n'en prend aucun ainsi, ou pas assez vite, elle s'impatiente :
« tantôt sur les places » - Elle va faire son tour dans les rues de la ville, pour voir qui elle pourra lever et ramener chez elle.
« et elle guette à tous les coins » - De rue, aux carrefours : tantôt à un angle, tantôt à un autre, pour prendre tout ce qui passe ; tantôt « dehors », aux champs et à la campagne, pour voir ce qui s'y trouve ; tantôt dans les « rues » de la ville et ses endroits peuplés - marchés, cours - et dans chaque recoin discret, essayant tous les moyens de gagner des amants et d'assouvir sa passion [178]. Tout cela peut figurer la diligence, l'industrie, l'art et la ruse des émissaires de Rome pour gagner des prosélytes à leur culte idolâtre - eux qui guettent partout pour tromper.
Notes
[177] Vid. Targum in Gen. xxxiv. 31. & in Deut. xxiii. 17.
[178] « Nunc in luco Veneris, nunc in isto labello haerens », etc. Apulei Metamorph. l. 2.
v. 13 · John Gill · 18/10/2026
« Alors elle le saisit et l'embrassa » - Le jeune homme qui passait près de son coin, où elle faisait le guet, ou sur le chemin de sa maison, où elle se tenait, attendant et guettant pareille occasion, pareille personne, une proie où planter ses griffes ; à peine l'eut-elle vu et rejoint que, sans façon ni préambule, elle le saisit - c'est le sens du mot [179] - lui jeta les bras autour du cou et l'étreignit ; et, chose inhabituelle pour une femme, elle l'embrassa, pour allumer en lui les affections lascives et les désirs impurs.
« et, le visage effronté » - Ou « elle affermit son visage » [180] : elle se frotta le front, prit un front d'airain, un front de prostituée (voir Jérémie 3:3 ; Apocalypse 17:5). Et
« elle lui dit » - Elle l'aborda de la manière suivante, sans honte ni rougeur.
Notes
[179] wb hqyzjhw « et apprehendit eum », Pagninus, Montanus, Mercerus, Gejerus ; « prehendit », Junius & Tremellius ; « prensavit », Schultens.
[180] hynp hz[h « firmavitque facies suas », Montanus ; « obfirmata facie sua », Junius & Tremellius, Piscator ; « firmavit facies suas », Gejerus.
v. 14 · John Gill · 18/10/2026
« J'avais à faire des sacrifices d'actions de grâces » - Sous-entendu : chez moi. Ces sacrifices de paix étaient de l'espèce eucharistique, offerts en remerciement des faveurs reçues ; la plus grande partie - tout sauf la graisse des rognons, la queue du mouton, la poitrine et l'épaule droite, qui revenaient au prêtre - était rendue aux offrants pour festoyer avec leurs amis, et devait être mangée le jour même (Lévitique 7:11-15). Elle dit cela pour montrer qu'elle n'est pas une fille publique qui se vend pour de l'argent ; qu'elle est bonne maîtresse de maison, à l'aise, le bien accru - d'où son sacrifice d'actions de grâces ce jour-là ; qu'elle ne veut de lui que sa compagnie et sa personne ; et qu'elle a bonne chère à lui offrir. C'était proprement une hçdq, une prostituée « sacrée », religieuse, comme le mot le signifie parfois ; et telle est l'Église de Rome : grandes prétentions à la dévotion et à la religion, et pourtant mère des prostituées et des abominations de la terre (Apocalypse 17:5).
« aujourd'hui j'ai acquitté mes vœux » - Non des vœux faits pour le jeune homme, pour sa santé ou pour le rencontrer - ces vœux-là n'étaient pas à payer maintenant : ils étaient faits et payés ; mais ses vœux de sacrifices de paix et d'actions de grâces, accomplis comme promis. On peut ranger sous ce trait les vœux de virginité et de célibat, sous le couvert desquels se commettent, chez les membres de l'Église de Rome, les pires iniquités.
v. 15 · John Gill · 18/10/2026
« C'est pourquoi je suis sortie à ta rencontre » - Ayant tant de bonne chère à la maison et personne pour la partager ; et portant à ce jeune homme, à ce qu'elle prétendait, une affection si tendre - lui seul occupait ses pensées, lui seul qu'elle espérait rencontrer, lui seul dont elle désirait la compagnie ; encore qu'elle eût dit la même chose au premier venu. Aben Ezra, sur le verset 14, dit qu'elle lui racontait des mensonges - c'est probable ; celui-ci en était un à coup sûr ; et ce n'est pas chose rare que la prostituée de Rome dise des mensonges par hypocrisie (1 Timothée 4:2).
« pour chercher ton visage avec empressement » - Le visage qu'entre tous elle désirait voir, le plus charmant à ses yeux ; dont la beauté la ravissait au point de se lever de bon matin, comme le mot [181] le signifie, avant le jour même, pour le chercher.
« et je t'ai trouvé ! » - Dit avec un transport de joie, se félicitant de l'heureuse rencontre : être sortie si à propos et l'avoir trouvé si vite ! Sous-entendant que c'était une providence, que la chose venait de Dieu. Ainsi les conversions à l'Église antichrétienne, qui sont l'artifice de l'enfer, sont attribuées à l'Être divin.
Notes
[181] rjçl « quaerere mane te feci », Montanus ; « sub auroram quaesivi te », Tigurine version ; « summo mane quaesivi », Junius & Tremellius, Piscator.
v. 16 · John Gill · 18/10/2026
« J'ai garni mon lit de couvertures » - De tapisseries, dont les anciens [182] se servaient comme de couvertures de lit ; de beaux ornements, dit Gersom ; d'étoffes précieuses, dit Jarchi. Elle avait paré son lit de rideaux et d'étoffes ravissantes à l'œil et engageantes ; bien tendu de cordons de fin lin, selon certains - le tout pour appâter ses amants ; elle découvre vite ses inclinations, ce que son cœur veut, et dit tout cela, et davantage, pour enflammer la convoitise du jeune homme et le faire suivre. Ainsi l'Église de Rome pare ses lieux de culte avec la dernière pompe - ce sont les lits où elle commet l'adultère (Apocalypse 2:22) - et ses images, pour frapper les esprits et les attirer dans son culte idolâtre.
« d'étoffes ouvragées » - Peut-être la tête de lit, le ciel et les montants étaient-ils sculptés, taillés dans le cèdre et d'autres bois, comme l'observe Gersom ; certains y voient plutôt les motifs variés de la tapisserie, qui ressemblent à des incisions et des ciselures, ou son travail de filet. On peut fort bien l'appliquer aux boiseries sculptées et aux images taillées dressées dans les églises romaines.
« de fin lin d'Égypte » - Draps, oreillers et traversins de ce lin, si doux au coucher ; tenu pour le meilleur et le plus fin, quoique non le plus solide : Pline dit [183] du lin d'Égypte qu'il avait moins de force et de tenue (tant il était fin), mais atteignait le meilleur prix et rapportait le plus. Le mot employé n'est pas celui qu'on trouve ailleurs pour le lin d'Égypte, et n'apparaît nulle part ailleurs : le Targum traduit « une couverture égyptienne », et la plupart des versions orientales l'entendent de couvertures de lit en tapisserie peinte, venues d'Égypte. Le mot s'emploie en chaldéen pour des cordes, et peut signifier ici des fils de lin tordus, des cordons de lin dont le lit de la prostituée était tendu, et qui le rendaient beau. Pline [184] dit qu'il y avait en Égypte quatre sortes de lin - tanitique, pélusiaque, butique et tentyrique, des noms des provinces où on les cultivait ; le « etun » d'Égypte est peut-être le tanitique. Le fin lin appelé « byssus » était apporté d'Inde en Égypte ; on dit qu'il pousse sur un arbre haut comme le peuplier, aux feuilles de saule [185]. L'Égypte est nommée fort à propos : c'est un des noms de la ville de Rome, de la grande ville appelée spirituellement Sodome et Égypte - et qui les vaut toutes deux en luxure et en luxe (Apocalypse 11:8).
Notes
[182] « Stragula praetexta », Cicero. Orat. 4. in Verrem ; « stragula picta », Ovid. Metamorph. l. 5.
[183] Nat. Hist. l. 19. c. 1.
[184] Ibid.
[185] Philostrat. Vit. Apollon. l. 2. c. 9.
v. 17 · John Gill · 18/10/2026
« J'ai parfumé ma couche » - Après l'avoir faite plaisante aux yeux et au toucher - voyante et clinquante, moelleuse et douce - la voilà qui la rend plaisante à l'odorat ; le tout pour attiser la convoitise et attirer dans ses bras : soit en l'encensant, comme Donesh chez Jarchi ; soit en aspergeant [186] la tête, les montants et les côtés du lit d'une liqueur faite des aromates qui suivent, pour chasser les mauvaises odeurs - le Targum, la Vulgate, la Septante et toutes les versions orientales traduisent « j'ai aspergé ma couche » ; soit par fumigation, dont on dit que les femmes usaient pour leurs vêtements et leur literie [187]. Même cela, la prostituée le fit,
« de myrrhe, d'aloès et de cinnamome » - Tous odorants et suaves : Horace [188] parle des lits oints de ces personnes ; et de ces aromates on faisait des onguents propres à parfumer le lit de la courtisane. Le cinnamome, les parfums, les onguents et l'encens comptent parmi les marchandises de Babylone - l'Église de Rome (Apocalypse 18:13).
Notes
[186] ytpn « aspersi », Junius & Tremellius, Piscator, Mercerus, Gejerus, Michaelis ; « sparsi », Cocceius, Schultens.
[187] Clement. Alex. Paedagog. l. 2. c. 8.
[188] « Uncta cubilia », Horat. Epod. Ode 12. v. 12.
v. 18 · John Gill · 18/10/2026
« Viens, enivrons-nous d'amour jusqu'au matin » - Le prenant par la main et le tirant, elle dit « viens » : ne restons pas dans la rue, entrons ; après souper, au lit, à jouir l'un de l'autre jusqu'à être « enivrés » d'amour, comme le mot [189] le signifie - le poète [190] parle des « ebrios ocellos », des yeux ivres d'amour ; et cela jusqu'au petit jour, la nuit étant la saison des œuvres de ténèbres. C'est dire l'insatiabilité de sa passion.
« livrons-nous joyeusement aux amours » - Amour partagé, mais non légitime : criminel ; à proprement parler des convoitises ; le pluriel en dit l'abondance, et le plaisir promis - très court, et amer à la fin.
Notes
[189] hwrn « inebriemur », Pagninus, Montanus, Junius & Tremellius, etc.
[190] Catullus de Acme, Epigr. 43. v. 11.
v. 19 · John Gill · 18/10/2026
« Car le mari n'est pas à la maison » - Ou « car l'homme n'est pas dans sa maison » [191]. Elle ne dit pas « mon homme » ni « mon mari » - encore que la Septante, le syriaque et l'arabe traduisent ainsi - de peur d'embarrasser le jeune homme ou de se rappeler son propre lien conjugal ; mais « l'homme », par mépris, comme le désavouant pour mari, ou du moins n'en faisant aucun cas au prix des autres. Et elle le dit pour encourager le jeune homme : le mari parti, elle était seule et maîtresse de la maison.
« il est parti pour un long voyage » - Ou « un chemin lointain » [192], en pays éloigné : donc aucune crainte qu'il rentre cette nuit ; elle avait réponse à toutes les objections. On peut entendre le maître de maison de Christ, parti dans un pays lointain - au ciel - pour y recevoir un royaume et revenir (Luc 19:12) ; et pendant ce temps, l'Église de Rome, qui se dit la vraie Église et l'épouse de Christ, se prostitue avec les rois de la terre ; elle a mis un autre à sa place, qu'elle appelle le vicaire de Christ sur la terre ; et elle se flatte, elle et ses amants, de l'impunité - lui étant loin, et son vicaire ayant le droit de faire ce qui lui plaît.
Notes
[191] wtybb çyah ˆya yk « quia non est vir in domo sua », Pagninus, Montanus, Mercerus, Gejerus, Michaelis.
[192] qwjrm Ærdb « in via longinqua », Pagninus, Montanus, etc.
v. 20 · John Gill · 18/10/2026
« Il a pris la bourse d'argent avec lui » - Ou « dans sa main » [193] : soit pour le négoce, comme dit Gersom, soit pour les frais du voyage - et l'un et l'autre supposent du temps : le négoce demande du temps pour acheter, emballer et expédier ; et pour le voyage, puisqu'il n'a pas mis en poche quelques pièces mais emporté une bourse à la main, c'est qu'il sera longtemps dehors.
« et il ne rentrera à la maison qu'à la pleine lune » - Pas avant. Aben Ezra l'entend du début du mois, à la nouvelle lune, quand la lune est couverte [194] - ce qu'Horace [195] appelle « tricessima sabbata » ; mais il faut plutôt l'entendre de la pleine lune, comme traduisent Aquila et la Vulgate : quand il fait clair toute la nuit, temps propice au voyage de retour. Gersom y voit le commencement de l'année, quand le Dieu saint et béni, pour parler en parabole, siège sur un trône pour juger le monde avec justice ; le Targum l'appelle le jour de l'assemblée - quelque jour de fête fixe où la congrégation se réunit : c'est pour telle fête, tel jour convenu, que le maître avait fixé son retour ; et alors, pas avant, il rentrerait. Elle dit cela pour ôter au jeune homme toute crainte d'être surpris par le mari. Il y a un temps fixé pour la seconde venue de Christ : il viendra certainement alors, et pas avant ; et ce temps passe pour lointain ; aussi les méchants et les séducteurs - et ceux dont l'Église apostate de Rome se sert pour s'encourager au mal dans l'espoir de l'impunité - repoussent-ils loin d'eux le jour mauvais ; mais au temps fixé Christ viendra, et demandera compte à ses serviteurs, bons et mauvais.
Notes
[193] wdyb « in manu sua », Pagninus, Montanus, etc.
[194] askh µwyl « ad diem novilunii », quelques-uns chez Vatablus, Mercerus ; de même Aben Ezra.
[195] Sermon. l. 1. Sat. 9. v. 69.
v. 21 · John Gill · 18/10/2026
« À force de discours elle le fit fléchir » - Ou « dévier » du droit chemin ; ou « elle l'inclina » [196] : son oreille à l'écouter, son cœur à la suivre. Elle y parvint à force de mots, par sa faconde et par quelques traits bien frappés - les femmes débauchées sont généralement fort bavardes [197]. On peut traduire « par son abondante doctrine » [198], le mot étant celui de Proverbes 4:2 : ainsi Jézabel se dit prophétesse et s'érige en docteur, et, par sa fausse doctrine, entraîne des gens qu'on appelle serviteurs de Christ à se prostituer et à manger des viandes sacrifiées aux idoles (Apocalypse 2:20).
« par le charme de ses lèvres elle l'entraîna » - À la suivre - non contre son gré, mais de son gré : il y eut d'abord quelque résistance, la conscience se leva et s'opposa ; mais ses paroles, plus onctueuses que l'huile, se frayèrent un chemin jusqu'à son cœur et l'emportèrent ; il ne put tenir plus longtemps et se rendit ; sa voix charmeuse et ses lèvres flatteuses firent plus d'effet que ses baisers : malgré ceux-ci il résistait encore, mais il ne tint pas contre ses paroles enjôleuses et son langage caressant. Comparez la séduction d'injustice chez ceux qui périssent par l'antichrist (2 Thessaloniciens 2:10).
Notes
[196] wtfh « declinare eum fecit », Pagninus, Montanus ; « inclinavit eum », Mercerus, Gejerus.
[197] « Verbosa gaudet Venus loquela », Catullus ad Camer. Epigr. 53. v. 20.
[198] hjql brb « multitudine doctrinae suae », Pagninus, Montanus, Mercerus.
v. 22 · John Gill · 18/10/2026
« Il se mit aussitôt à la suivre » - Ou « soudain » [199], sans réfléchir, sans se donner le temps de penser aux tristes suites de l'affaire ;
« comme le bœuf qui va à l'abattoir » - Aussi inconscient et stupide que lui, aussi ignorant de l'issue : mené par le boucher comme s'il allait au pré, quand il va à l'abattoir. Tels ceux que les prostituées prennent au piège : ils les suivent en vue du plaisir, et ça finit dans la ruine - sinon par la perte de la vie du corps, par le mari vengeur ou le magistrat, du moins par la perdition de leur âme immortelle.
« et comme un fou qu'on mène aux ceps » - Un fou aviné, qui, tandis qu'on le mène aux ceps, ne sent pas où il va ; mais quand il y a passé un moment et que son ivresse est tombée, alors il sent son châtiment et sa honte. Ou : « comme les ceps sont pour la correction du fou » [200] ; ou : comme on va « aux ceps, à la correction du fou » [201] - ainsi le jeune homme suivit la prostituée ; ou « comme un homme aux fers » [202] y va, pieds et poings liés, sans pouvoir ni s'aider ni éviter la honte. Cela dit à la fois la puissance du péché - on ne résiste plus à ses appâts une fois qu'on leur a cédé - et la honte qui l'accompagne ou le suit. Le Targum : « comme un chien à la chaîne » ; de même la Septante, le syriaque et l'arabe.
Notes
[199] µatp « repente », Pagninus, Montanus, etc.
[200] « Sicut compes ad castigationem stulti », quelques-uns chez Mercerus.
[201] « Quasi ad compedes, ad castigationem stultorum », Junius & Tremellius, Piscator.
[202] « Ut compeditus », Tigurine version, Michaelis.
v. 23 · John Gill · 18/10/2026
« Jusqu'à ce qu'une flèche lui perce le foie » - La source du sang, donc de la vie : percé et vidé, c'est la mort certaine (Lamentations 2:11). Le sens : jusqu'à ce qu'il soit tué - par la main de Dieu, par le magistrat, ou par le mari jaloux, transpercé comme Zimri et Cozbi le furent par Phinées. Le « foie » est nommé non seulement pour la raison qu'on vient de dire, mais parce qu'il est le siège de la concupiscence [203] : il est frappé à l'endroit où sa passion a commencé, où l'avaient atteint les flèches de Cupidon ; ou cette flèche au foie peut désigner quelque maladie infectant le sang par la débauche. Le Targum : « comme un cerf à qui une flèche vole au foie » - blessé d'une flèche au foie, comme la Septante, le syriaque et l'arabe : le jeune homme courut après la prostituée aussi vite qu'un cerf blessé.
« comme l'oiseau qui se précipite dans le filet » - L'œil sur l'appât, il y vole à tire-d'aile, sans voir le piège qu'on lui a tendu.
« sans savoir qu'il y va de sa vie » - L'oiseau ne sait pas que le filet est tendu contre sa vie, dit Jarchi ; ou le fou ne sait pas qu'il y va de son âme - qu'il mourra, lui qui hait la correction, dit Aben Ezra. L'homme qui suit la prostituée ne sait pas, ou ne considère pas, que c'est pour la perte de son âme précieuse et immortelle - le Targum : « il ne sait pas que cela tend à la mort de son âme » ; de même le syriaque et l'arabe : la seconde mort, dont les adultères et les idolâtres auront leur part (Apocalypse 21:8). Les âmes des hommes, et leur ruine, sont le commerce de la prostituée de Rome (Apocalypse 18:13) : elle va elle-même à la perdition, dans l'abîme, et y entraîne tous ses adorateurs (Apocalypse 17:8 ; 14:9-11).
Notes
[203] « Jecur ultimum fibra », Horat. Carmin. l. 1. Ode 25. v. 15. « quin et jecur vexatur amore », Anacreon.
24 Maintenant donc, fils, écoutez-moi, et soyez attentifs aux paroles de ma bouche. 25 Que ton cœur ne se détourne pas vers ses voies, et ne t’égare pas dans ses sentiers ; 26 car elle a fait tomber beaucoup de blessés, et ceux qu’elle a tués sont très nombreuxd 26 ou : tous ceux qu’elle a tués sont forts, ou grands. . 27 Ce sont les voies du shéol que sa maison ; elles descendent dans les chambres de la mort.
v. 24 · John Gill · 18/10/2026
« Et maintenant, mes fils, écoutez-moi » - La Septante, la Vulgate et l'arabe lisent au singulier, « mon fils », comme au début du chapitre ; mais l'hébreu porte le pluriel, suivi par le Targum et le syriaque : « enfants » - les enfants de Salomon ; pas seulement ceux de son corps, mais tous ceux qui se mettaient sous son instruction ou voulaient bien de son conseil ; et on peut l'étendre à tous les fils des hommes, car tous y ont intérêt - surtout ceux qui se disent enfants de Dieu et de Christ, disciples de la Sagesse. C'est l'épilogue, l'application du récit : puisqu'il en est ainsi, puisque les jeunes gens sont en danger d'être pris et ruinés par cette prostituée, écoutez le conseil du plus sage des hommes - de la Sagesse même ;
« et soyez attentifs aux paroles de ma bouche » - Les doctrines de Christ : le meilleur préservatif contre les séductions de la prostituée de Rome.
v. 25 · John Gill · 18/10/2026
« Que ton cœur ne se détourne pas vers ses voies » - Ne quitte pas le droit chemin - le sentier de la vérité et de la sainteté - pour ceux de la femme débauchée, qui mènent à la ruine ; n'aie pas même la pensée de passer de l'un aux autres ; qu'il n'y ait pas la moindre pensée vagabonde, la moindre inclination du cœur de ce côté ; arrête et réprime le premier mouvement du cœur qui incline à lui céder, ou qui trahit le moindre goût pour ses voies ;
« ne t'égare pas dans ses sentiers » - Car quiconque y marche s'égare loin de Dieu et de sa loi, de Christ et de son Évangile, de la vraie Église de Dieu, et des droits sentiers de la foi, du devoir et du culte.
v. 26 · John Gill · 18/10/2026
« Car elle en a fait tomber beaucoup, blessés à mort » - Blessés dans leur nom, leur réputation et leur honneur ; dans leur corps, par les maladies ; dans leur âme, par la culpabilité, la honte et l'horreur, pour avoir cédé à ses passions coupables. Elle les a « fait tomber » : des honneurs qu'ils tenaient, de la santé dont ils jouissaient, de la paix intérieure qu'ils goûtaient. Et non pas un seul, comme le jeune homme de l'exemple, ni quelques-uns : « beaucoup », de grandes multitudes, des centaines et des milliers ; et pas seulement des faibles, des sots et des inconstants comme lui, mais des « grands » [204] et des puissants, autre sens du mot : des hommes de grande fortune, de grande sagesse, de grand courage ; des soldats [205], des vaillants hommes de guerre, de ceux qui blessent et tuent les autres - ce qui paraît le vrai sens du mot ici. Que nul donc ne se fie à lui-même, ni ne se risque en sa compagnie, ni n'incline le moins du monde vers ses voies ; surtout les faibles et les inexpérimentés, ignorants de ses ruses, comme les « enfants » à qui l'on parle.
« et nombreux sont les forts qu'elle a tués » - Des hommes fameux par leurs exploits guerriers, comme Samson et d'autres, ont été vaincus par elle ; des âmes de grande trempe n'ont pas pu lui résister, elle l'a emporté sur eux ; des constitutions robustes ont été minées par les maladies contractées dans son commerce ; et certains ont trouvé la mort par elle - par le mari, par les rivaux, ou par le magistrat. Et les exemples en sont « innombrables » - autre sens possible du mot [206] traduit « forts », suivi par la Septante et l'arabe : « et innombrables sont ceux qu'elle a tués ». Le monde entier s'est émerveillé derrière la prostituée de Rome ; les rois de la terre et les puissants se sont prostitués avec elle ; grands et petits, riches et pauvres ont été ruinés par elle ; des milliers sont allés en enfer par elle ; et certains flagorneurs de Rome ont été jusqu'à dire que si le pape envoyait des milliers d'âmes en enfer - ce dont ils semblent eux-mêmes convenir - personne ne devrait lui dire : que fais-tu ?
Notes
[204] µybr « magnos », V. L. quelques-uns chez Vatablus, Michaelis.
[205] « Milites », version tirée du sens du mot chez Schultens.
[206] µymx[ « innumerabiles », V. L. Sept. version arabe.
v. 27 · John Gill · 18/10/2026
« Sa maison est le chemin du séjour des morts » - Ou « les chemins » [207] : la grande route qui y mène ; soit vers la tombe, sens fréquent de « sheol », soit vers l'enfer même, le lieu des damnés. Entrer dans sa maison et y faire le mal, c'est faire un pas vers la perdition, une grande enjambée vers l'enfer ; et, si la grâce ne prévient, on y arrivera. Qui voudrait entrer dans une telle maison - à plus forte raison y demeurer - elle qui est le faubourg même de l'enfer ?
« il descend vers les chambres de la mort » - Entrer dans sa chambre, monter dans son lit - si paré, si engageant soit-il - mène non seulement aux chambres du tombeau, comme le Targum, mais aux parties les plus basses et les plus profondes de l'enfer : aux appartements de la seconde mort, le lot de tous les impurs et les idolâtres, sans repentance et sans foi. Les Phéniciens appelaient Pluton, le dieu des enfers, du nom de Moth [208] - mot semblable à celui employé ici : ces chambres ne sont donc rien d'autre que les chambres de l'enfer. Plaute [209] appelle aussi la porte d'une maison de prostituée la porte de l'enfer - ce qui rejoint la première partie du verset.
Notes
[207] ykrd « viae », Pagninus, Montanus, etc.
[208] Sanchoniatho apud Euseb. Praepar. Evangel. l. 1. p. 38.
[209] « Januam hanc orci », Bacchides, Act. 3. Sc. 1. v. 1.