1 Le méchant se sauve quand personne ne le poursuit, mais les justes sont pleins d’assurance comme un jeune lion.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Sans que personne les poursuive. Comparez Lévitique 26.36-37.
Ont de l'assurance, sûrs du secours de Dieu.
Comme le lionceau. Pour cette image, comparez Genèse 49.9.
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
Le méchant fuit sans qu'on le poursuive : à cause des terreurs d'une conscience coupable, comme Caïn et d'autres ; de telles gens ont peur là où il n'y a pas de sujet de peur, et s'effraient de leur propre ombre - comme Gaal, qui prit l'ombre des montagnes pour une armée d'hommes, ainsi que son ami le lui fit remarquer (Juges 9:36) ; le bruit d'une feuille agitée les met en fuite, et ils s'imaginent avoir des gens à leurs trousses pour les tuer, et courent donc de toutes leurs forces vers quelque lieu sûr (voir Lévitique 26:17,36 ; Deutéronome 28:7,25).
Mais le juste est assuré comme un jeune lion : lequel ne se détourne devant aucune créature qu'il rencontre, ne presse pas le pas quand on le poursuit, mais marche sans crainte, et souvent se couche et dort en plein air, aussi paisiblement que dans les bois et dans les antres, étant exempt de toute peur ; c'est pourquoi il est dit du cœur d'un homme vaillant qu'il est comme le cœur d'un lion (2 Samuel 17:10 ; voir Proverbes 30:30) ; et Pindare compare de même l'homme courageux au lion pour sa hardiesse. Or, les justes sont aussi hardis que cet animal, et plus encore : certains ont fermé la gueule des lions et ont demeuré en sûreté au milieu d'eux, comme le juste Daniel ; et tous les justes sont ou peuvent être aussi intrépides que le lion. Ils craignent Dieu, mais n'ont aucune raison de craindre quiconque d'autre ; et beaucoup d'entre eux ne craignent ni les hommes, ni leurs menaces, ni leurs reproches, ni rien de ce qu'ils peuvent leur faire ; car non seulement les anges sont leurs gardiens, mais Dieu est de leur côté et le Christ a vaincu le monde pour eux. Ils ne craignent ni Satan ni ses principautés : ils ont été arrachés de ses mains, et ils savent que, tout lion rugissant qu'il est, c'est un lâche qui fuit quand on lui résiste ; bien plus, un ennemi enchaîné et vaincu. Et s'ils craignent de commettre le péché, ils ne craignent pourtant pas son pouvoir de damner, le Christ ayant porté leurs péchés et donné satisfaction pour eux, à cause de qui ils sont pardonnés, et dont la justice les justifie et le sang les purifie de tout péché. Ils ne craignent pas la mort, son aiguillon leur ayant été ôté, elle-même n'étant plus un mal de châtiment mais une bénédiction, et le gain du juste. Ils ne craignent pas la colère à venir, le Christ les en ayant délivrés et son sang les ayant justifiés. Ils sont courageux comme le lion pour combattre les combats du Seigneur contre le péché, Satan et le monde, et pour endurer les souffrances en bons soldats du Christ, sachant que leur cause est bonne, que le Christ est le chef de leur salut, que leurs armes spirituelles sont éprouvées et que la victoire et la couronne leur sont assurées. Ils sont « pleins d'assurance » comme le lion, selon la traduction possible du mot : assurés de l'amour de Dieu, de leur part au Christ, de la grâce de Dieu dans leur cœur, et de ce que toutes choses concourent à leur bien ; et que tout va bien et ira toujours bien pour eux, quoi qu'il advienne dans le monde. Ils sont hardis et sans crainte, devant Dieu comme devant les hommes : devant Dieu dans la prière, le sachant leur Dieu d'alliance en Christ, ayant en vue le sang et la justice du Christ et étant assistés de son Esprit ; et sans crainte devant les hommes : si le juste est un serviteur de la Parole, il la prêche hardiment, comme il faut la prêcher, sans redouter le visage de personne, sachant que c'est l'Évangile du Christ, la vérité telle qu'elle est en lui, et la puissance de Dieu pour le salut ; et s'il est un simple chrétien, il fait profession publique du Christ, de sa Parole et de ses ordonnances, qu'il n'a pas honte de reconnaître devant le monde entier. Bref, les justes sont hardis dans la vie et dans la mort, et le seront au jour du jugement ; et c'est leur justice qui les rend tels, celle dont ils sont appelés justes : non pas la leur propre, mais celle du Christ.
2 À cause de l’iniquité d’un pays, ses princes sont nombreux ; mais, par un homme intelligent qui a de la connaissance, la stabilité se prolonge.
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
En révolte. Le terme employé ici désigne habituellement la rébellion de l'homme contre Dieu. Il s'agit donc d'un peuple qui, par ses aspirations coupables, par ses fautes, se serait éloigné de Dieu. Privé de l'appui d'en-haut, il tombe dans l'anarchie. C'est ce qui arriva souvent dans le royaume des dix tribus et, entre autres, après Jéroboam II, et en France pendant la première Révolution.
Pour la pensée du deuxième membre, voyez 21.22 et Ecclésiaste 9.15.
v. 2 · John Gill · 18/10/2026
Quand un pays est en révolte, les chefs se multiplient : soit ensemble, c'est-à-dire des princes régnants, qui prétendent à la couronne et l'usurpent ; car autrement c'est un bonheur pour une nation d'avoir beaucoup de princes du sang, pour se succéder, soutenir la couronne dans leur famille, défendre le pays et chercher son bien ; mais c'est un jugement pour une nation que beaucoup se dressent comme prétendants au pouvoir, ou l'exercent, comme à Athènes, où trente tyrans surgirent à la fois ; d'où naissent les factions et les partis, qui aboutissent à l'oppression, à la rapine et au meurtre. Soit successivement, l'un chassant l'autre du trône coup sur coup, ou emporté par la mort, comme il arriva en Israël au temps des juges et des rois d'Israël et de Juda, après la révolte des dix tribus ; changements fréquents qui produisent des administrations différentes, des lois nouvelles et de nouveaux impôts, désagréables au peuple ; et bien souvent ce sont des enfants qui deviennent leurs princes, ce qui a toujours passé pour un malheur pour une nation (voir Ecclésiaste 10:16 ; Ésaïe 3:12). Et tout cela vient d'ordinaire de quelque péché national auquel on s'est livré, et qui attire sur un peuple le déplaisir divin.
Mais avec un homme intelligent et instruit, l'ordre se prolonge : soit par un ensemble d'hommes sages, intelligents, bons et vertueux, qui s'opposent aux vices et aux immoralités croissantes d'un peuple et se constituent en sociétés pour la réforme des mœurs - le mot « homme » étant pris collectivement pour un corps d'hommes ; soit par un ministre ou un ministère sage et prudent, ou par un corps de magistrats civils, qui se montrent la terreur de ceux qui font le mal et la louange de ceux qui font le bien ; soit par un prince sage et prudent, qui cherche à affermir son trône par le jugement et la miséricorde, veille à ce que le droit et la justice soient exécutés dans le pays, et décourage le vice et l'impiété. Par de tels hommes, l'état d'un royaume qui semblait proche de la ruine se prolonge, et son bonheur et sa prospérité s'assurent et s'établissent ; et Dieu, dans sa miséricorde envers lui, peut conserver longtemps la vie de son roi, un long règne étant toujours un bonheur pour une nation quand le roi est bon. C'est en ce sens que va la Vulgate : « la vie du prince sera plus longue » ; et le Targum :
« et les fils des hommes qui possèdent l'intelligence subsisteront »
(voir Ecclésiaste 9:15).
3 L’homme pauvre qui opprime les misérables est une pluie violente qui [ne laisse] point de pain.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Un homme pauvre. Comme il est assez rare qu'un pauvre soit appelé au pouvoir, on a parfois, au moyen d'une légère modification (rosch au lieu de rasch), fait signifier chef au mot traduit par pauvre. Sans nécessité. Un homme dépourvu de ressources matérielles peut être appelé à de hautes fonctions. Mais il est à craindre qu'il ne cherche à s'enrichir pendant son passage au pouvoir. Comme des agriculteurs qui sont heureux de voir venir la pluie, on se promet monts et merveilles d'un pareil gouvernement ; et voilà que c'est un orage dévastateur.
v. 3 · John Gill · 18/10/2026
Un homme pauvre qui opprime les pauvres : soit un homme pauvre au moment même où il en opprime un autre comme lui, par une fraude secrète ou une injustice ouverte, et dont l'opprimé ne peut obtenir aucune réparation, comme il peut parfois en obtenir d'un riche ; soit plutôt un homme qui a été pauvre et qui est maintenant devenu riche, et qui, parvenu à quelque poste d'autorité et de profit, devrait se souvenir de ce qu'il a été. On pourrait attendre d'un tel homme des entrailles de compassion envers les pauvres, sachant ce que c'est que d'être dans l'indigence ; mais si, au lieu de cela, il exerce son autorité sur eux d'une manière dure et rigoureuse, les opprime et leur arrache le peu qu'ils ont, il
est comme une pluie qui ravage et ne laisse pas de pain : comme une averse violente et soudaine, qui, au lieu d'arroser la semence, les herbes et les plantes et de les faire pousser, comme fait une pluie modérée, emporte la semence même qui avait été mise en terre, ou fait tomber le grain mûr de son épi, ou couche les blés en sorte qu'ils ne se relèvent plus ; d'où il résulte qu'il n'y a plus ni pain pour celui qui mange ni semence pour celui qui sème, et donc la famine. Le proverbe montre combien l'oppression des pauvres par un homme qui a été pauvre lui-même est contre nature autant qu'intolérable ; comme elle est contraire à la nature et à l'usage de la pluie, faite pour féconder et non pour tout balayer et détruire ; et quand elle le fait, on ne peut ni lui résister ni la détourner.
4 Ceux qui abandonnent la loi louent les méchants, mais ceux qui gardent la loi leur font la guerre.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Chacun aime et caresse son semblable.
Vantent le méchant, ils n'attachent de prix qu'au bonheur matériel.
S'irritent contre eux et ne craignent pas de leur prouver leur déplaisir. Il y a cela dans ce verbe, que nous avons déjà trouvé 15.18 et que nous retrouverons verset 25 et 29.22.
Eux : méchant est un collectif.
v. 4 · John Gill · 18/10/2026
Ceux qui abandonnent la loi louent le méchant : ceux qui leur ressemblent, qui abandonnent et transgressent la loi comme eux ; chacun aime son semblable, et les méchants se plaisent au péché, à la transgression de la loi, et en ceux qui la commettent. Un avare bénira et louera un autre avare, que le Seigneur a en horreur, et vantera son avarice comme de l'économie et de la bonne gestion ; un orgueilleux appellera un autre heureux et le louera comme un homme de cœur qui ne veut pas s'abaisser, mais maintient son autorité, son rang et sa dignité, et ne s'abaisse pas jusqu'aux petits ; on élève et on exalte les artisans d'iniquité, et ceux qui tentent Dieu, les athées et les déistes, non seulement échappent au châtiment qu'ils méritent, mais sont loués pour la hardiesse de leur esprit (voir Psaume 10:3 ; Malachie 3:15). Ou bien : « tout méchant loue ceux qui abandonnent la loi », ainsi Schultens.
Mais ceux qui observent la loi s'irritent contre eux : c'est-à-dire contre ceux qui l'abandonnent et qui louent les méchants ; ils en sont mécontents et le leur montrent ; ils les combattent par des arguments et s'efforcent de les convaincre de leur folie et de leur méchanceté ; ils les reprennent, fussent-ils même en haut lieu, comme Jean-Baptiste reprit Hérode. Le Targum porte :
« ils luttent avec eux, afin qu'ils reviennent »,
ou soient convertis : ils luttent et prennent de la peine avec eux pour les convaincre et les amener à la repentance et à un changement de sentiments, de vie et de mœurs.
5 Les hommes adonnés au mal ne comprennent pas le juste jugement, mais ceux qui cherchent l’Éternel comprennent tout.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Les gens adonnés au mal, littéralement : les gens de mal, expression qui aurait aussi bien pu entrer dans l'usage que celle de gens de bien.
Comprennent tout, dans le domaine de la morale (Ecclésiaste 8.5 ; 1Jean 2.20).
v. 5 · John Gill · 18/10/2026
Les hommes livrés au mal ne comprennent pas ce qui est droit ; ou : « les hommes de méchanceté », ceux qui sont sous son empire, qui s'y sont donnés et livrés, qui, comme Achab, se sont vendus pour faire le mal. Ceux-là ne savent pas ce qui est juste et droit entre les hommes, du moins ne le savent-ils pas pour le faire ; ils ne le savent pas en pratique : ils sont habiles à faire le mal, mais pour faire le bien ils n'ont aucune connaissance (Jérémie 4:22) ; ils ne connaissent pas la loi de Dieu, règle du jugement, du droit et de l'équité, ou du moins ni son étendue ni son caractère spirituel (Jérémie 8:7), et encore moins l'Évangile du Christ, qui est parfois appelé ainsi (Ésaïe 42:1,4 ; 51:4). Ils ne prennent pas garde non plus, comme ils le devraient, aux jugements de Dieu sur la terre ; ils ne considèrent ni son œuvre ni l'ouvrage de ses mains, ni la vengeance qu'il tire des méchants - c'est ainsi que Jarchi l'interprète ; et ils ne font pas non plus attention au jugement à venir, devant lequel ils devront comparaître et où ils seront amenés avec tout ce qu'ils ont fait.
Mais ceux qui cherchent le Seigneur comprennent tout. Ce trait décrit tous les gens de bien qui cherchent le Seigneur, en particulier et en public, par la prière et la supplication, en l'attendant dans les ordonnances de sa maison ; et tous les pécheurs qui sentent leur état et qui cherchent auprès du Christ la justice, le repos, la vie et le salut, plus de grâce de sa part, plus de communion avec lui, une plus grande connaissance de lui, et l'immortalité et la vie éternelle, son royaume et sa gloire. Et ceux-là « comprennent tout » : non pas au sens plein et absolu, ce qui n'appartient qu'à Dieu seul ; ni toutes les choses naturelles et civiles, dont les justes, généralement parlant, ont la moindre part - arts, sciences, langues, commerce dans toutes ses branches ; et à vrai dire une connaissance universelle de ces choses n'appartient à personne. Ni toutes choses au sens religieux : ni tous les passages difficiles de l'Écriture, où il y a bien des choses malaisées à comprendre ; mais tout ce qui est nécessaire au salut : tout ce qui touche à leur état déchu, corrompu et misérable par nature, et à la voie et aux moyens de leur relèvement et de leur salut par le Christ ; tout ce qui touche à une connaissance spirituelle et salutaire de Dieu en Christ, à la connaissance de la personne, des charges et de la grâce du Christ, à l'œuvre de l'Esprit de Dieu dans le cœur, et aux doctrines de l'Évangile, selon la mesure du don du Christ, de manière à en faire la nourriture de leur âme. Et cette intelligence leur est donnée, et ils y parviennent et y croissent en cherchant le Seigneur et en usant des moyens de la connaissance, la Parole et les ordonnances (voir 1 Corinthiens 2:15 ; 1 Jean 2:20,27). Le Targum et la version syriaque traduisent :
« qui comprennent toutes les bonnes choses » ;
et c'est ainsi qu'Aben Ezra l'interprète. La version arabe porte : « ils la comprennent en toutes choses », c'est-à-dire la justice, le droit et l'équité en toutes leurs branches, et ils les pratiquent.
6 Mieux vaut le pauvre qui marche dans son intégrité, que l’homme pervers dans ses doubles voies, bien qu’il soit riche.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Deux chemins : non pas celui qui s'écarte à droite et celui qui s'écarte à gauche de la bonne voie, mais le chemin du mal et celui du bien. Il suit le premier en réalité et le second en apparence. Il y a donc de l'hypocrisie dans son fait. Il n'a pas encore absolument abandonné le bien ; il est double de cœur (Jacques 1.8), ce qui est la plus grande misère du monde.
v. 6 · John Gill · 18/10/2026
Mieux vaut le pauvre qui marche dans son intégrité (voir Gill sur « Proverbes 19:1 »)
que celui qui suit des voies tortueuses, fût-il riche ; ou : « dans ses deux voies » : celui qui boite entre deux voies, ou se sert de l'une et de l'autre ; tantôt il se tourne vers la droite, tantôt vers la gauche ; ou qui prétend suivre l'une et marche dans l'autre ; qui voudrait passer pour un homme vertueux et religieux, marchant dans les sentiers de la justice et de la vérité, alors qu'il marche dans ceux du péché et de la méchanceté. Or, un pauvre qui marche droit et d'un pas égal, selon la Parole de Dieu et la vérité de l'Évangile, dans les commandements et les ordonnances du Seigneur et dans les sentiers de la foi et de la sainteté, vaut mieux que lui : il est plus honorable, plus heureux et plus tranquille dans la vie et dans la mort ; il a la grâce maintenant et il aura la gloire ensuite.
7 Qui garde la loi est un fils intelligent ; mais le compagnon des débauchés fait honte à son père.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
La loi : non pas seulement la loi divine, mais, en remontant au sens premier du mot loi, l'instruction des parents ou des maîtres.
Fait honte à son père, à qui on reproche cette mauvaise conduite (27.14).
Les libertins : gourmands, débauchés, prodigues.
v. 7 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui observe la loi est un fils intelligent : celui qui observe la loi de Dieu ; car, s'il ne peut la garder parfaitement, il y prend plaisir selon l'homme intérieur et la sert de son esprit, par un principe d'amour, dans la foi, en vue de la gloire de Dieu et sans motifs intéressés. Un tel homme jouit de la paix et trouve une récompense « dans » l'observation de ses commandements, quoique non pas « pour » elle ; en sorte que c'est sa sagesse de l'observer, et qu'on peut vraiment l'appeler un homme sage (Deutéronome 4:6). Ou bien il s'agit de celui qui observe la loi ou les commandements de ses parents (voir Proverbes 6:20,21), et particulièrement la loi de Dieu, qui prescrit de rendre honneur et obéissance aux parents et qui tourne à l'avantage des enfants : tout leur va bien et leurs jours se prolongent sur la terre ; c'est pourquoi ils sont sages, ceux qui l'observent (Éphésiens 6:1-3). Et un tel fils sage réjouit son père, comme le contraire lui fait honte, ainsi que le dit la suite :
mais celui qui fréquente les débauchés fait honte à son père : celui qui tient compagnie aux gourmands et se livre avec eux à ses appétits ; qui « repaît » de tels hommes et lui-même, selon la traduction possible du mot ; qui s'adonne à une vie de plaisir. Un tel homme finit par tomber dans la honte et la misère, et couvre ainsi son père de honte, à qui l'on reprochera d'avoir négligé son éducation et de l'avoir laissé s'abandonner à une telle vie de luxe (voir Proverbes 10:5 ; 29:15).
8 Celui qui augmente son bien par l’intérêt et l’usure, l’amasse pour celui qui est bon pour les misérables.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
L'intérêt en argent, à payer sur une somme prêtée.
L'usure. Faute d'une expression plus exacte, nous rendons ainsi un mot qui n'a qu'à une époque plus récente pris le sens d'usure et qui désigne ici le surplus qu'on exigeait d'un voisin, quand il vous rendait le prêt en nature que vous lui aviez fait.
v. 8 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui augmente son bien par l'usure et le gain injuste - en pressurant et en opprimant le pauvre, en lui prêtant de l'argent à un taux exorbitant et en lui vendant des marchandises à un prix exorbitant, augmentant ainsi son bien de cette façon scandaleuse ; c'est pourquoi l'usure est appelée en Lévitique 25:36 « accroissement », et par les Grecs tokos, « enfantement », parce que l'argent est l'enfant de l'argent, comme le remarque Aristote ; et par les Latins fenus, comme si c'était fetus, « naissance ». Le mot rendu ici par « usure » signifie mordre, et c'est ainsi que l'usure est dite mordre chez les auteurs classiques ; et, tandis qu'elle grossit le bien de l'usurier, elle diminue et dévore celui des autres -
celui-là l'amasse pour celui qui a pitié des pauvres : non pour lui-même ni pour ses descendants, mais pour ceux qui - non pas par son intention mais par le résultat - en feront un bon usage et le distribueront aux nécessiteux. Le sens est que les choses seront tellement dirigées par la providence de Dieu que ce que gagne un tel avare par ses procédés malhonnêtes ne sera possédé ni par lui ni par les siens, mais lui sera arraché et mis entre les mains d'un autre, qui en fera un bon usage en montrant de la pitié aux pauvres (voir Job 27:16,17).
9 Qui détourne son oreille pour ne pas écouter la loi, sa prière même est une abomination.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 15.8,29. Il faut écouter pour avoir le droit de parler.
v. 9 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui détourne l'oreille pour ne pas écouter la loi : non seulement la loi morale, mais la Parole de Dieu en général et chacune de ses doctrines ; quoique la loi doive être écoutée, avec ce qu'elle commande et ce qu'elle défend, ses préceptes, ses menaces et ses malédictions. Il est vrai qu'on ne reçoit pas l'Esprit de Dieu par les œuvres de la loi, et que la foi ne vient pas d'elle, mais de l'écoute de la Parole de Dieu, et particulièrement de l'Évangile ; et pourtant les hommes détournent leur oreille de celui-ci, se tournent vers les fables et préfèrent écouter tout autre chose ; et, comme l'aspic sourd, ils bouchent leurs oreilles à la voix du charmeur, si habilement qu'il charme - folie dont ils verront les tristes effets quand il sera trop tard.
Même sa prière est une abomination - pour Dieu, s'entend ; non seulement ses actions impies, mais jusqu'à ses exercices extérieurs de religion, qui ont quelque apparence de bonté et de sainteté ; et particulièrement sa prière à Dieu, laquelle, chez les hommes droits, fait les délices du Seigneur, mais qui, chez un tel homme, sera prise en horreur par lui : car lorsqu'il sera dans la détresse et priera le Seigneur, non seulement celui-ci lui fera la sourde oreille comme lui l'a faite à sa loi ou à sa parole, mais il méprisera et abhorrera l'homme et sa prière, parce qu'il a dédaigné son conseil et méprisé ses reproches (Proverbes 1:24-28).
10 Celui qui égare les hommes droits sur un mauvais chemin tombera lui-même dans la fosse qu’il aura creusée ; mais les hommes intègres hériteront le bien.
v. 10 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui égare les hommes droits dans la mauvaise voie : c'est-à-dire celui qui tente de les tromper et de les entraîner dans l'erreur ou l'immoralité, et par là dans un piège, dans le mal et dans la ruine ; d'abord dans le mal du péché, afin de les amener au mal du châtiment. Je dis « celui qui tente de le faire » ; car il n'est pas possible que les élus de Dieu, ceux qui sont vraiment justes et bons, soient totalement et définitivement trompés (Matthieu 24:24) ;
il tombera lui-même dans la fosse qu'il a creusée pour le juste, lequel, par la grâce et la bonté de Dieu, en est préservé ; le mal préparé pour l'homme de bien retombe sur celui qui l'a préparé, par un juste jugement (Psaume 7:15,16) ;
mais les hommes intègres posséderont le bonheur ; ou : « hériteront de biens » ; ils sont héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ, et hériteront de toutes choses ; ils ont dès maintenant tous les biens en Christ, avec lui et de lui ; et nul ne peut les leur enlever, ni les faire déchoir par toutes les ruses et toute l'habileté des hommes et des démons qui cherchent à les entraîner dans le péché et dans les pièges pour cela ; malgré tous leurs efforts, ils garderont ici-bas la possession de leurs biens, la grâce de l'Esprit et les bénédictions de la grâce, et jouiront ensuite de la gloire.
11 L’homme riche est sage à ses yeux, mais le pauvre qui est intelligent le sonde.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Le riche voit dans la prospérité de ses affaires la preuve de sa sagesse, et beaucoup de gens, par flatterie, le fortifient dans cette opinion. Mais le pauvre, que rien n'aveugle, le scrute (18.17) et le pénètre de part en part.
v. 11 · John Gill · 18/10/2026
Le riche se croit sage : attribuant sa fortune à sa grande finesse, à sa sagesse et à sa prudence, et flatté en ce sens par ceux qui dépendent de lui ;
mais le pauvre qui a de l'intelligence le perce à jour : un homme de bon jugement, dans les choses naturelles, civiles, morales ou spirituelles, quoique pauvre - car un homme peut être pauvre et pourtant sage ; un tel homme, quand il se trouve en compagnie d'un riche qui se croit sage, découvre bientôt, en s'entretenant avec lui, que c'est un fort sot personnage, et il le démasque comme tel. Car la richesse ne va pas toujours aux hommes intelligents, et tous ceux qui en ont ne le sont pas ; et mieux vaut un pauvre homme sage qu'un roi insensé (voir Ecclésiaste 9:11,15 ; 4:13).
12 Quand les justes se réjouissent il y a beaucoup de gloire ; mais quand les méchants se lèvent, les hommes se cachent.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Premier membre, comparez 29.2 ; 11.10-11 ; deuxième comparez verset 28.
Les gens se cachent, littéralement : sont cherchés partout et, par conséquent, obligés de se cacher.
v. 12 · John Gill · 18/10/2026
Quand les justes triomphent, c'est une grande gloire : quand ils sont dans l'aisance et la prospérité ; quand ils sont soutenus et encouragés par le gouvernement sous lequel ils vivent ; quand ils ont le libre exercice de leur religion ; et surtout quand ils sont élevés à des postes de profit, d'honneur et de confiance, ce qui ne peut que les remplir de joie : c'est une gloire pour un pays, cela ajoute grandement à sa gloire, et l'on peut alors espérer que le nombre des justes s'accroîtra et se maintiendra ;
mais quand les méchants s'élèvent - quand ils sont portés aux honneurs et à la dignité, placés en haut lieu et revêtus d'un grand pouvoir, qu'ils exercent pour affliger les justes et tous les gens de bien -
chacun se cache : l'homme de bien se cache, comme au verset 28 ; il se retire de la cour, de la ville, du monde, du commerce et des affaires, à cause de la tyrannie et de la persécution des méchants ; il fuit au loin, il erre dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre, comme firent certains saints sous l'Ancien Testament, et comme l'Église, au temps de l'Évangile, fuit au désert devant la tyrannie de l'Antéchrist pour s'y cacher. Ou bien : « on le cherche », on le traque ; car les persécuteurs mettent grand soin à rechercher ceux qui se cachent, à les découvrir, à les tirer de leurs cachettes et à les traiter avec cruauté.
13 Celui qui cache ses transgressions ne prospérera point, mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce verset pourrait servir d'épigraphe au Psaume 32.
Et les délaisse. La confession seule ne suffit pas.
v. 13 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui cache ses péchés ne prospérera pas. Dieu peut couvrir les péchés d'un homme, et c'est un effet de sa grâce et la gloire de celle-ci ; et il est juste qu'un homme de bien couvre les péchés d'un autre, en le reprenant en secret et en lui pardonnant volontiers ; mais il est mal qu'un homme couvre les siens propres. Non qu'un homme soit tenu de s'accuser lui-même devant un tribunal, ni d'exposer ses péchés au public, ce qui nuirait à son crédit et scandaliserait la religion ; mais quand il est accusé d'un péché et repris par son frère chrétien, il ne doit pas le couvrir, c'est-à-dire qu'il doit le reconnaître ; car ne pas le reconnaître, c'est le couvrir. Il ne doit pas le nier, ce qui serait le couvrir d'un mensonge et ajouter péché sur péché ; ni le justifier comme s'il avait bien fait ; ni l'atténuer ou l'excuser, ni en rejeter la faute sur ceux qui l'y ont entraîné, comme fit Adam - ce qu'on appelle précisément « couvrir sa transgression comme Adam » (Job 31:33). Car un tel homme « ne prospérera pas », ni dans son âme ni dans son corps, ni dans les choses temporelles ni dans les spirituelles ; il n'aura ni paix intérieure ni bonne conscience, mais tôt ou tard il en sentira les aiguillons ; il ne réussira même pas dans ce qu'il visait en couvrant ses péchés, car il ne pourra les couvrir longtemps : il n'y a rien de caché qui ne doive être révélé, sinon dans cette vie, ce qui arrive pourtant souvent, du moins au jour du jugement, où toute chose secrète sera manifestée ; et il n'échappera pas non plus à la honte et au châtiment qu'il pensait éviter en le couvrant, comme on peut le voir dans le cas d'Acan (Josué 7:11-25). Bref, il n'obtiendra miséricorde ni de Dieu ni des hommes, comme le montre l'opposition du membre suivant.
Mais celui qui les confesse et les abandonne obtient miséricorde : celui qui les confesse aux hommes, en particulier ou en public selon la nature des offenses, et de qui il obtient miséricorde ; mais non pas à un prêtre en vue d'une absolution, que nul homme ne peut donner ; le péché ne doit être confessé en ce sens qu'à Dieu, contre qui il est commis et qui seul peut le pardonner ; et, quoiqu'il lui soit connu, il en demande la reconnaissance, laquelle doit se faire du fond du cœur, avec horreur du péché et dans la foi au Christ comme sacrifice pour lui. Et il ne suffit pas de confesser : il faut aussi abandonner, se séparer du péché, renoncer au moi pécheur, quitter sa manière de vivre passée, laisser la compagnie des méchants qu'on fréquentait et s'abstenir de toute apparence de mal - comme cela arrive et arrivera partout où il y a la vue et le sentiment véritables du péché et où la grâce de Dieu opère. Et ceux-là trouvent « miséricorde », le pardon par grâce et non par mérite ; car, bien que le pécheur confesse et abandonne son péché, ce n'est pas cela qui lui mérite le pardon auprès de Dieu, qui est riche en miséricorde, qui prend plaisir à la faire, et de qui tous ceux-là peuvent l'espérer et l'attendre (voir Psaume 32:5 ; 1 Jean 1:9). Ainsi le Targum et la version syriaque : Dieu aura pitié de lui.
14 Bienheureux l’homme qui craint continuellement ; mais celui qui endurcit son cœur tombera dans le malheur.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Sans cesse dans la crainte. Comparez 14.16. Il ne s'agit pas uniquement de la crainte de Dieu, mais aussi de celle du mal, du péché, de tout ce qui peut compromettre la santé de l'âme.
Mais qui endurcit son cœur : dans 29.1, son cou.
v. 14 · John Gill · 18/10/2026
Heureux l'homme qui est continuellement dans la crainte - non des hommes, mais du Seigneur. Il est dû une crainte et un respect aux hommes selon le rang qu'ils occupent ; mais une crainte servile des hommes, qui détourne du culte de Dieu et de l'obéissance qu'on lui doit, est criminelle et devient un piège, et l'homme qui la subit ne peut être heureux. Il ne s'agit pas non plus d'une crainte servile de Dieu, la crainte de la colère et de la damnation, ni d'une défiance de sa grâce, ni d'une remise en question continuelle de son amour, ni d'une appréhension terrible de son déplaisir et de sa vengeance ; car il y a du tourment dans une telle crainte, et avec elle un homme ne peut jamais être heureux. Il s'agit d'un respect et d'une crainte pieuse, filiale : la crainte de Dieu et de sa bonté, qu'il met dans le cœur des siens ; crainte de l'offenser et de pécher contre lui, par laquelle un homme se détourne du mal, l'abandonne et le confesse, mais qui naît du sentiment de sa bonté. Et il est bon qu'une telle crainte de Dieu soit toujours devant les yeux et dans le cœur des hommes : dans leur cabinet et dans leur famille, dans leur négoce et leur commerce, dans toutes les compagnies où ils se trouvent aussi bien que dans la maison de Dieu et dans l'assemblée de ses saints, où il doit être craint ; et de même dans la prospérité comme dans l'adversité, et tout au long de leur vie, passant dans la crainte le temps de leur séjour ici-bas. Un tel homme est heureux : l'œil de Dieu est sur lui, son cœur est tourné vers lui et il met en lui ses délices ; son secret est avec lui, il pose autour de lui une garde d'anges, il lui a réservé sa bonté et lui communique largement ses biens.
Mais celui qui endurcit son cœur tombera dans le malheur : celui qui endurcit son cœur contre la crainte du Seigneur, qui ne confesse ni n'abandonne son péché, qui semble défier le ciel, qui s'affermit et s'obstine dans sa méchanceté, et qui, par son cœur dur et impénitent, s'amasse un trésor de colère pour le jour de la colère. Il tombe « dans le mal », selon la traduction possible : dans le mal du péché, toujours davantage, où la dureté de son cœur l'entraîne, et par suite dans le mal du châtiment, ici-bas et dans l'au-delà.
15 Un lion rugissant et un ours à la poursuite de sa proie, c’est le dominateur méchant d’un peuple pauvre.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Affamé, littéralement : errant de côté et d'autre, poussé par la faim.
Un peuple pauvre, épuisé par de longues guerres et dépourvu des richesses naturelles, exaspère la brutale avidité du tyran qui l'opprime (verset suivant).
v. 15 · John Gill · 18/10/2026
Comme un lion rugissant et un ours affamé - l'un et l'autre terribles : le lion qui rugit faute de nourriture ou quand il est sur sa proie, et l'ours qui court d'un lieu à l'autre en quête de sa pâture, ayant grand appétit et étant fort avide, sens que certains donnent au mot. Le Targum et Jarchi y voient plutôt le cri et le grognement qu'il fait alors, comme le lion (voir Ésaïe 59:11), et de même la version de Zurich. « Rugissant » est l'épithète propre du lion, et elle lui est fréquemment donnée dans l'Écriture et chez les autres auteurs ; et l'ours tire son nom, dans la langue orientale, du grognement et du murmure qu'il fait quand il a faim, d'où le vers d'Horace ;
tel est le méchant qui domine sur un peuple pauvre : celui qui le gouverne d'une manière tyrannique, l'opprime cruellement et lui enlève le peu qu'il a, ce qui est le comble de la cruauté et de la barbarie, alors qu'il devrait le protéger et le défendre ; contre qui les pauvres ne peuvent rien et n'osent pas se dresser ; et qui doit donc leur être aussi terrible qu'il est aussi cruel et aussi vorace que ces animaux. Les tyrans sont fréquemment comparés à des lions (Jérémie 4:7 ; 50:17 ; 2 Timothée 4:17) ; et l'homme de péché, ce chef inique et grand oppresseur du peuple pauvre de Dieu, est comparé à l'un et à l'autre : ses pieds sont comme des pieds d'ours et sa gueule comme une gueule de lion (Apocalypse 13:2).
16 Le prince privé d’intelligence opprime beaucoup, [mais] celui qui hait le gain déshonnête prolongera [ses] jours.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Qui hait les gains coupables prolongera ses jours, et, par conséquent., le monarque qui ne les hait pas, s'expose follement à une mort violente.
v. 16 · John Gill · 18/10/2026
Le prince dépourvu d'intelligence multiplie les oppressions ; ou : il est « abondant en oppressions » ; il les multiplie et y excelle ; il accable ses sujets de mille manières pour leur extorquer de l'argent, montrant ainsi son manque d'intelligence. Car il est sage, le prince qui use de moyens doux, gagne le cœur de son peuple et soutient ainsi sa couronne et son gouvernement avec honneur et gloire ; mais il est insensé, celui qui use de rigueur. On peut traduire : « et le prince dépourvu d'intelligence, qui est abondant en oppressions » - en imposant à son peuple de lourdes charges et de lourds impôts, d'une manière arbitraire - « abrégera ses jours et ne les prolongera pas », comme on peut le suppléer d'après le membre suivant ; soit que ses sujets se soulèvent, le détrônent et le fassent périr, soit que Dieu, par miséricorde pour eux et par jugement pour lui, l'enlève par la mort ;
mais celui qui hait la cupidité prolongera ses jours : haïr la cupidité est une bonne qualité chez un magistrat civil, un prince ou un gouvernant (Exode 18:21). C'est ce péché qui pousse un mauvais prince à opprimer ses sujets ; mais là où il est haï, ce qui se voit à la modération dans le gouvernement et au soulagement du peuple autant qu'il est possible, un tel prince, ayant le cœur de ses sujets, est agréable à Dieu, par qui il règne ; et un tel prince, par les prières que son peuple fait pour lui et par la bonté de Dieu envers lui, vit longtemps, règne heureusement et meurt, comme David, dans une belle vieillesse, rassasié de jours, de richesses et d'honneurs.
17 L’homme chargé du sang d’une âme fuira jusqu’à la fosse,… qu’on ne le retienne pas !
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
L'assassinat prévu au verset 16 n'en est pas moins un crime.
Chargé, littéralement : oppressé par.
Fuit, errant et vagabond, comme Caïn.
Jusqu'à la fosse. Le tombeau seul le mettra à l'abri de la vengeance humaine.
Qu'on ne le retienne pas ! Le conseil 24.11 ne le concerne pas. La grâce ici ne peut se substituer au droit. Il faut marcher dans l'intégrité pour être secouru (verset suivant).
v. 17 · John Gill · 18/10/2026
L'homme chargé du sang d'un autre : celui qui répand violemment le sang d'un homme, qui porte la main sur son semblable et lui ôte la vie, contrairement à la loi de Genèse 9:6. Ou : « celui qui est pressé à cause du sang d'un autre » : pressé dans son propre esprit, rempli d'horreur et torturé dans sa conscience à cause du sang innocent qu'il a versé. La lettre daleth du mot Adam est ici plus petite que d'ordinaire ; et Vitringa, sur Ésaïe 34:6, observe que le mot signifie un homme rouge de sang, opprimé dans sa conscience et abaissé par Dieu, ce dont cette lettre menue serait le symbole ; et il pense qu'on peut l'appliquer à Édom ou à Rome. Ou bien il s'agit d'un homme pressé, poursuivi et serré de près par le vengeur du sang ;
fuit jusqu'à la fosse : qu'on ne l'arrête pas, qu'on ne le soutienne ni ne l'aide. Quand un tel meurtrier fuit et qu'il est poursuivi, et que sans y prendre garde il tombe dans une fosse ou risque d'y tomber, que nul ne l'en avertisse ni ne l'en tire ; ou s'il fuit dans une fosse pour s'y cacher, que nul ne le retienne ni ne l'y garde, ni ne souffre qu'il demeure dans une telle cachette, mais qu'on le découvre et qu'on l'en arrache ; ou, s'il est fugitif et errant tous ses jours, comme Caïn, le meurtrier de son frère, jusqu'à ce qu'il arrive à la fosse du tombeau, que nul ne lui prête ni appui ni subsistance.
18 Qui marche dans l’intégrité sera sauvé, mais qui suit tortueusement deux voies tombera une fois pour toutesa 18 ou : dans l’une [d’elles]. .
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Qui suit deux chemins. Même expression que verset 6.
Tombera dans l'un d'eux. Quand la bonne voie lui paraîtra compromettante, ou, vice versa, quand les conséquences du mal l'épouvanteront, il changera de chemin, mais n'échappera pas pour cela. D'autres traduisent : tombera tout d'un coup, en une fois.
v. 18 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui marche dans l'intégrité sera sauvé ; ou « sera en sûreté » - à l'abri de ceux qui en veulent à sa vie, complotent contre lui et tirent sur lui, comme les méchants font contre les hommes droits de cœur ; mais le Seigneur le protège, et tout va bien pour lui jusque dans les calamités publiques : le Seigneur a ses chambres et ses cachettes pour lui. Il est aussi à l'abri des chutes, comme on peut le déduire du membre opposé ; car il marche sûrement, il est entre les mains du Christ, et il est gardé par lui de toute défection définitive et totale. Et il sera sauvé aussi d'un salut éternel : du péché et de toutes ses suites, de la malédiction de la loi, de la colère à venir, de l'enfer et de la damnation. Non que sa marche droite en soit la cause : la cause motrice du salut est la grâce de Dieu, et la cause efficiente notre Seigneur Jésus-Christ, seul auteur du salut ; mais c'est là le trait qui décrit ceux qui sont et seront sauvés. Il est clair que ceux-là ont la grâce de Dieu et auront donc la gloire (voir Gill sur « Proverbes 10:9 ») ;
mais celui qui suit des voies tortueuses - « ses deux voies », comme au verset 6, ou de nombreuses voies, toutes perverses et mauvaises -
tombera tout d'un coup : sa ruine fondra sur lui soudainement, quand il ne s'y attend pas et qu'il se dit à lui-même : Paix, paix ! Ou bien : il tombera dans l'une d'elles, dans l'une ou l'autre de ses voies tortueuses.
19 Qui laboure sa terre sera rassasié de pain, mais qui court après les fainéants sera rassasié de pauvreté.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 12.11. L'opposition entre le premier et le deuxième membre est plus frappante ici.
v. 19 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui cultive son champ aura du pain en abondance ; ou : « sera rassasié de pain » ; il aura du pain assez et de reste, des provisions de toute sorte et en grande quantité (voir Gill sur « Proverbes 12:11 ») ;
mais celui qui court après les oisifs - les gens vides et désœuvrés ; qui les fréquente et passe son temps avec eux, alors qu'il devrait s'occuper de son métier -
aura la misère en abondance ; ou : « en sera rassasié » ; il sera d'une extrême pauvreté, réduit à la plus grande détresse, vêtu de haillons et manquant du pain quotidien.
20 L’homme fidèle abonde en bénédictions, mais celui qui a hâte de s’enrichir ne demeurera pas innocent.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
L'homme fidèle, littéralement, comme 20.6 : l'homme aux fidélités, sûr de caractère et consciencieux. Pour lui Dieu va avant tout.
Deuxième membre : Le gain avant tout. Comparez 20.21.
v. 20 · John Gill · 18/10/2026
L'homme fidèle sera comblé de bénédictions ; ou : « un homme de fidélité ». L'homme véritablement fidèle, et qui l'est en un sens moral : fidèle à son travail, tenant ses promesses, respectant ses contrats, s'en tenant aux obligations qu'il contracte ; fidèle dans toute confiance qu'on lui accorde, dans les grandes choses comme dans les petites, dans quelque position qu'il soit, et cela toute sa vie durant. Un tel homme est comblé des bénédictions et des louanges des hommes, qui l'estiment tous et disent du bien de lui, et comblé aussi des bénédictions de la providence divine ; il est « abondant en bénédictions », selon la traduction possible, tant pour en recevoir de Dieu que pour en donner aux hommes, car un tel homme est d'ordinaire charitable et bienfaisant. Mais on peut aussi l'entendre de celui qui est fidèle au sens spirituel et évangélique, tels que sont ceux qui suivent l'Agneau (Apocalypse 17:14). Le texte porte littéralement « un homme de vérités » : qui a en lui la vérité de la grâce ; qui connaît la grâce de Dieu en vérité ; chez qui se trouve la vérité de l'Évangile, qu'il a apprise, connue, embrassée, qu'il estime et à laquelle il s'attache ; et qui est uni au Christ, lequel est la vérité, formé, vivant et habitant dans son cœur ; dont il a fait une bonne profession, qu'il retient fermement et à qui il demeure attaché. Le titre de « fidèle » appartient aux vrais serviteurs du Christ, qui prêchent l'Évangile pur et tout entier, qui cherchent à plaire non aux hommes mais à Dieu, et non pas eux-mêmes ni leur propre gloire, mais les choses du Christ et sa gloire, et continuent ainsi en dépit de toute opposition ; et il appartient aussi aux simples chrétiens, aux fidèles en Jésus-Christ, qui croient vraiment en lui, s'attachent à ses vérités et à ses ordonnances, sont fidèles les uns envers les autres et le demeurent jusqu'à la mort. Ceux-là sont comblés des bénédictions de l'alliance de grâce, de toutes les bénédictions spirituelles en Christ, de la plénitude de la bénédiction de son Évangile ; ils ont en eux une abondance de grâce, donnée dans la conversion - foi, espérance, amour, humilité et bien d'autres - et dont l'exercice leur est donné en abondance ; et il leur est fait une abondance de bienfaits de grâce : le pardon du péché, une justice qui justifie, l'adoption, l'aptitude et le droit à la vie éternelle ; ils ont le Christ, et tout avec lui, en sorte qu'on peut dire d'eux qu'ils ont tout et sont dans l'abondance.
Mais celui qui se hâte de s'enrichir ne restera pas impuni : celui qui est trop anxieux et immodérément désireux de s'enrichir, et qui poursuit à cette fin tous les moyens de toute sa force et de toute son ardeur, qui y travaille jour et nuit - quand même il n'emploierait ni moyens criminels ni voies illicites à proprement parler, et qu'il ne ferait de tort à personne, il n'est pourtant pas innocent : cette anxiété excessive est en elle-même coupable, et il n'est pas exempt de cupidité (voir Proverbes 23:4). Et s'il use de moyens injustes et illicites pour amasser des richesses, résolu à s'enrichir à tout prix, par des voies droites ou tortueuses, il ne sera innocent ni devant Dieu ni devant les hommes ; et ainsi le Targum traduit :
« celui qui court à l'iniquité pour s'enrichir » ;
et à vrai dire, quand un homme s'enrichit brusquement ou en peu de temps, même si on ne peut l'accuser directement de fraude ni d'injustice, il n'est pas innocent dans l'esprit des hommes ni à l'abri de leurs soupçons. L'homme qui se hâte de s'enrichir s'oppose à celui qui est fidèle et vrai dans sa parole et dans ses contrats ; c'est celui que Juvénal appelle « avarus properans » (voir 1 Timothée 6:9,10).
21 Faire acception des personnes n’est pas bien ; même pour un morceau de pain un homme commettra une transgression.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Premier membre, comparez 24.23.
On commet le forfait en question. Le moindre cadeau suffit parfois à faire condamner un innocent, ou absoudre un coupable (Ezéchiel 13.19).
v. 21 · John Gill · 18/10/2026
Il n'est pas bon de faire acception de personnes : dans les tribunaux, de donner gain de cause à quelqu'un ou de prononcer en sa faveur parce qu'il est riche, ou parent, ou ami, ou parce qu'il nous a rendu service, et contre un autre pour les raisons contraires (Lévitique 19:15 ; Deutéronome 16:19) ; ni dans les assemblées religieuses, en faisant une différence entre le riche et le pauvre (Jacques 2:1-3). Cela n'est bon ni en soi ni par ses effets, et ne saurait plaire à Dieu, qui ne fait lui-même acception de personne ;
et pour un morceau de pain un homme se rend coupable : il transgresse les lois de Dieu et des hommes ; car, s'étant accoutumé à de tels procédés injustes, il fera pour un mince profit n'importe quelle action basse, et ne reculera devant rien, et le fera à n'importe quel prix. Ainsi Caton disait de M. Coelius, le tribun,
« qu'on pouvait le payer, pour un morceau de pain, de parler ou de se taire »
(voir Ézéchiel 13:19).
22 L’homme qui a l’œil mauvais se hâte pour avoir des richesses, et ilb 22 ou : L’homme qui se hâte pour avoir des richesses a l’œil mauvais, et il. ne sait pas que la disette viendra sur lui.
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
L'homme envieux. Voir 23.6. Il ne se borne pas à être jaloux de la prospérité d'autrui ; il se consacre avec une passion aveugle à la réalisation de ses ambitions ; tous les moyens lui seront bons (verset 20).
La misère lui surviendra, comme conséquence imprévue de ses agissements. Par intérêt même il devrait se calmer.
v. 22 · John Gill · 18/10/2026
L'homme envieux se hâte de s'enrichir : comme le fait tout homme avidement désireux de richesses ; il voudrait être riche tout de suite et ne peut attendre patiemment le cours ordinaire des choses. Il
a l'œil mauvais sur le bien d'autrui, pour le prendre par droit ou par force ; c'est un méchant homme qui emploie de mauvais moyens pour s'enrichir (voir 1 Timothée 6:9,10). Ou : c'est un envieux, comme le rendent la Septante et la version arabe ; il envie aux autres, comme dit la Vulgate, leurs richesses ; il n'admet rien qui le dépasse ; et c'est ce qui le presse de s'enrichir, pour égaler ou surpasser les autres. Ou encore : c'est un homme sordide, avare et mesquin, qui ne veut rien lâcher pour soulager autrui et qui est avide de tout amasser pour lui-même ; l'œil mauvais s'oppose à l'œil bon ou généreux, c'est-à-dire à l'homme libéral et large (Proverbes 22:9 ; Matthieu 20:15) ;
et il ne sait pas que la misère viendra sur lui ; car les richesses vite acquises, et surtout mal acquises, diminuent, se dissipent et finissent par n'être plus rien ; elles s'envolent parfois aussi vite qu'elles sont venues, ayant des ailes pour l'un comme pour l'autre. C'est ce que l'homme pressé de s'enrichir ne considère pas, sans quoi il prendrait une autre voie ; car ce n'est pas là le vrai moyen d'acquérir et de garder les richesses, mais de les perdre et de tomber dans le besoin (voir Proverbes 13:11 ; 20:21).
23 Celui qui reprend un homme trouvera la faveur dans la suite, plutôt que celui qui flatte de la langue.
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 27.6 et 29.5. On traduit quelquefois : Celui qui reprend l'homme qui recule, trouvera faveur... Le sens est le même : Celui qui oublie l'idéal moral qu'il avait d'abord poursuivi, ne peut être préservé d'une chute irrémédiable que par une réprimande énergique. Lui montrer de la complaisance serait le précipiter dans l'abîme.
v. 23 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui reprend un homme - son ami et sa connaissance, pour quelque faute commise ; réprimande qu'il donne librement et fidèlement, mais avec bonté, tendresse et affection. Le mot rendu par « ensuite », qui ouvre le membre suivant, se rattache selon les accents à celui-ci, et certains traduisent : « celui qui reprend un homme après moi », selon les indications que j'ai données, c'est-à-dire après Dieu et selon ses ordres ; ou après Salomon, à son exemple, lui qui a donné ces sentences et ces instructions. Le Targum rattache ainsi le mot et traduit :
« celui qui reprend un homme devant lui »,
ouvertement, en face ; mais on peut mieux traduire « derrière », c'est-à-dire, comme l'interprète Cocceius, à part, seul à seul, en particulier et en secret, quand on est entre soi - ce qui s'accorde avec les instructions du Christ (Matthieu 18:15) ;
trouve ensuite plus de faveur que celui qui flatte de la langue ; car, si les reproches lui pèsent d'abord et peuvent le blesser, le couper au vif et lui causer quelque peine, et donc quelque déplaisir contre celui qui les fait, pourtant, quand il considère de sang-froid la nature et l'objet de cette réprimande, la manière dont elle a été faite et le but qu'elle visait, il aimera, estimera et respectera son fidèle ami et censeur plus que celui qui l'a flatté et caressé en lui laissant croire qu'il avait bien agi ; ou, comme dit le Targum, plus que celui qui partage sa langue, ou parle double, et de même la version syriaque (voir Proverbes 27:5,6 ; Psaume 141:5).
24 Qui dépouille son père et sa mère, et dit : Ce n’est point une transgression, celui-là est compagnon du destructeur.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 20.21.
Du destructeur, ou du dissipateur. Celui qui, du vivant de ses parents, s'approprie une partie de leur bien et en use à son profit, peut être mis sur le même pied que celui qui les ruine par de folles dépenses (19.26).
v. 24 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui vole son père ou sa mère - comme fit Mica des onze cents sicles d'argent (Juges 17:2) -
et qui dit : « Ce n'est pas un péché » : ce qui est à son père ou à sa mère est à lui, ou comme à lui, et lui reviendra à leur mort ; et s'il en a besoin plus tôt, il estime qu'il doit l'avoir ; et s'ils ne veulent pas le lui donner, il ne juge pas mal de le leur prendre. C'est ce qu'il se dit à lui-même pour apaiser sa conscience après l'avoir fait, ou ce qu'il dit à ceux qui le lui reprochent. Mais quoi qu'un tel homme en pense, les péchés contre les parents sont plus graves que contre les autres : de même que le parricide est un crime pire que tout autre meurtre, ainsi voler ses parents est pire que tout autre vol, et bien plus lourdement chargé de circonstances aggravantes, surtout quand les parents sont âgés et ne peuvent plus travailler, mais dépendent de ce qu'ils ont pour vivre ; tandis qu'un jeune homme le peut et le doit, et devrait plutôt donner à ses parents que de leur prendre ce qu'ils ont ;
celui-là est le compagnon du destructeur - du meurtrier ; soit qu'il soit tombé dans une compagnie qui l'a poussé à de telles pratiques, soit qu'il ne tarde pas à y tomber et, de voleur de son père et de sa mère, ne devienne bandit de grand chemin et meurtrier ; il y a en lui assez de méchanceté pour attenter à la vie de ses parents autant qu'à leur bien ; et souvent l'un de ces crimes mène à l'autre.
25 Celui qui a l’âme altière excite la querelle ; mais qui se confie en l’Éternel sera engraissé.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Avide, littéralement : large d'âme, l'âme étant prise comme 23.2 dans le sens d'appétit.
Excite les querelles. Comparez 13.10.
Sur la confiance en l'Eternel, voir 16.20 et 29.25.
Rassasié, littéralement : engraissé. Comparez 11.25.
v. 25 · John Gill · 18/10/2026
L'homme au cœur enflé excite les querelles ; ou : au « cœur large », ou qui l'a élargi - non pas d'une connaissance et d'une intelligence utiles, comme Salomon, ni d'amour et d'affection pour les âmes des hommes, comme l'apôtre Paul ; mais soit d'une convoitise qui élargit ses désirs comme le séjour des morts et n'est jamais rassasiée de ce qu'elle a, et qui est donc continuellement en dispute avec ses voisins, leur intentant des procès pour leurs biens ou refusant de payer ses dettes ; soit d'un esprit orgueilleux, qui méprise tout le monde autour de lui et ne peut souffrir ni opposition ni contradiction ; et qui est d'un naturel emporté et vindicatif, toujours en désaccord avec ses voisins et se querellant avec eux (voir Proverbes 18:15) ;
mais celui qui se confie dans le Seigneur sera comblé : celui qui se confie en lui, pour les choses temporelles comme pour les spirituelles ; qui ne convoite pas le bien de son prochain, ne trouble pas sa paix et ne fait de tort ni à sa personne ni à ses biens pour accroître les siens, mais dépend du Seigneur pour la provision du nécessaire. Un tel homme sera dans l'abondance et fleurira, tant dans ses affaires temporelles que dans son état spirituel ; tout ce qu'il fait réussira, et il ne manquera d'aucun bien (Psaume 84:11,12 ; Jérémie 17:7,8).
26 Qui se confie en son propre cœur est un sot ; mais qui marche dans la sagesse, celui-là sera délivré.
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Qui se confie. C'est par ce mot que notre verset se rattache au précédent.
En son propre cœur. Le cœur naturel n'a pas des pensées conformes à la sagesse divine ; lui obéir c'est marcher au-devant de tous les périls.
Est un sot. En hébreu ce mot signifie précisément un présomptueux. qui a en lui-même une confiance aveugle.
v. 26 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui se confie dans son propre cœur est un insensé ; car les pensées et les imaginations des pensées du cœur ne sont que mal, et cela continuellement ; elles sont vaines et vagabondes, coupables et corrompues ; les affections y sont déréglées, la conscience souillée, l'intelligence obscurcie, la volonté perverse ; il n'y a rien de bon en lui, ni rien de bon qui en sorte, mais tout le contraire ; il est trompeur et désespérément mauvais. Il faut être insensé et ignorer le mal qui ronge son cœur pour s'y fier ; et même pour un homme de bien, se fier à soi-même et à la sincérité de son cœur, comme fit Pierre, ou aux bonnes dispositions de son cœur, comme beaucoup le font, c'est agir en insensé. Et sont surtout des insensés ceux qui, comme les scribes et les pharisiens, se confient en eux-mêmes et se croient justes en méprisant les autres, alors que la meilleure justice d'un homme est impure et imparfaite et ne peut le justifier aux yeux de Dieu. Et c'est encore une faiblesse et une folie que de se fier à la sagesse et au conseil de son cœur, de s'appuyer sur sa propre intelligence, même dans les choses naturelles et civiles, sans demander la sagesse à Dieu ni prendre l'avis des hommes, et surtout dans les choses religieuses et sacrées (voir Proverbes 3:5,6) ;
mais celui qui marche dans la sagesse - comme fait celui qui marche selon la règle de la Parole divine ; qui prend les témoignages du Seigneur pour ses conseillers ; qui consulte ses saints écrits et en suit les indications ; qui marche en ayant le Christ pour modèle, en prenant l'Esprit de Dieu pour guide et en marchant selon lui et non selon la chair ; qui marche avec les sages et prend leur avis dans toutes les affaires importantes, sans se fier à sa propre sagesse et à sa propre connaissance ; qui marche d'une manière digne de l'Évangile du Christ et dans toutes ses ordonnances ; qui marche sans donner d'occasion de chute à personne, avec sagesse envers ceux du dehors et avec amour envers ceux du dedans ; qui marche avec circonspection, non comme un insensé mais comme un sage, rachetant le temps -
celui-là sera délivré : délivré des pièges de son propre cœur trompeur, auquel il ne se fie pas ; des tentations de Satan ; de toutes les afflictions et de toutes les épreuves qu'il rencontre en chemin ; d'une défection finale et totale ; et de la mort et de la perdition éternelles. « Il sera sauvé », comme le rendent certaines versions, et même d'un salut éternel. Le Targum porte :
« il sera protégé du mal. »
27 Qui donne au pauvre ne manquera de rien, mais qui détourne les yeux sera comblé de malédictions.
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 11.25 ; 19.17 ; 22.9.
Qui ferme les yeux. Comparez Esaïe 1.15.
Chargé de malédictions, humaines et divines. C'est l'opposé du verset 20 : chargé ou comblé de bénédictions.
v. 27 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui donne au pauvre ne manquera de rien : celui qui lui fait l'aumône, le soulage dans sa détresse, lui fournit de l'argent, des vivres ou des vêtements, et le fait de bon cœur, largement et libéralement, selon les besoins ; un tel homme ne manquera d'aucun bien : il ne sera pas plus pauvre de ce qu'il donne, il ne s'en apercevra pas et son bien n'en sera pas diminué ; il ne tombera ni dans la pauvreté ni dans le besoin, et même il s'enrichira et son bien s'accroîtra - car il y a plus dans ce verset qu'il n'est dit expressément. Jarchi interprète cela d'un homme sage qui ne retient pas son enseignement d'un disciple, mais le lui donne libéralement ;
mais celui qui ferme les yeux - sur le pauvre, ajoutent le Targum et la version syriaque ; celui qui ne veut ni voir sa personne, ni ses misères, ni connaître son cas, de peur que son cœur ne s'attendrisse et qu'on ne lui tire quelque chose (voir Ésaïe 58:7) -
celui-là sera chargé de malédictions : non seulement de celles du pauvre contre qui il s'endurcit, mais de celles des autres, qui remarquent son avarice misérable ; et de celle du Seigneur lui-même, qui a de telles gens en horreur, maudit dès à présent jusqu'à leurs bénédictions, et leur dira un jour de s'éloigner de lui comme des maudits.
28 Quand les méchants se lèvent, les hommes se cachent ; mais quand ils périssent, les justes se multiplient.
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Premier membre, comparez verset 12 ; deuxième, comparez 11.10 et 29.2.
Se multiplient, non pas : reparaissent en grand nombre dans le pays, mais : prospèrent, parce que les jours de la persécution ont pris fin.
v. 28 · John Gill · 18/10/2026
Quand les méchants s'élèvent, chacun se cache : quand les méchants sont portés à des postes de pouvoir et d'autorité, les riches se cachent de peur de devenir leur proie, et les gens de bien se cachent pour n'être pas mis à mort par eux, ou de honte de voir leurs mauvaises actions (voir Gill sur « Proverbes 28:12 ») ;
mais quand ils périssent - les méchants, soit d'une mort naturelle soit d'une mort violente, ou qu'ils périssent quant à leur autorité et à leur pouvoir, étant chassés de leurs places -
les justes se multiplient : ceux qui se cachaient auparavant reparaissent et, mis à la place des méchants, encouragent la vérité et la justice, ce qui multiplie le nombre des gens de bien - grand bonheur pour une nation, et qui montre l'utilité et l'avantage que de bons magistrats lui procurent.