1 *Ce sont ici aussi des proverbes de Salomon, que les gens d’Ézéchias, roi de Juda, ont transcrits :
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Chapitres 25 à 29 : Deuxième collection de maximes attribués à Salomon.
Pour la caractéristique des chapitres 25 à 29, voir l'Introduction aux Proverbes.
Transcrits, copiés, transportés d'un livre dans un autre. L'œuvre des lettrés de l'époque d'Ezéchias a donc consisté à recueillir à droite et à gauche, sans doute dans des recueils partiels et dans la tradition orale, des maximes salomoniennes, pour les grouper dans un recueil spécial, les chapitres 25 à 29 du livre actuel des Proverbes.
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
Voici encore des proverbes de Salomon - ceux qui suivent jusqu'à la fin du livre, aussi bien que ceux qui précèdent. Ici commence une « troisième » partie de ce livre, ou une « quatrième » selon d'autres. Le Targum et la version syriaque portent :
« voici encore les proverbes profonds de Salomon » ;
et la version arabe ajoute :
« dont l'explication est difficile » ;
recueillis par les gens d'Ézéchias, roi de Juda : recueillis dans les écrits de Salomon, dans ses trois mille proverbes peut-être, ou dans les archives publiques, qui contenaient le récit de ses paroles et de ses actes. Qui étaient ces hommes, on ne le sait pas ; peut-être ses ministres d'État, Éliakim, Schebna et Joach ; ou les prophètes de son temps, Ésaïe, Michée et Osée ; le Targum et la version syriaque les appellent ses « amis ». Quels qu'ils fussent, ils furent sans doute employés à cela par Ézéchias, ce qui est rapporté à son honneur, puisqu'il eut le souci de conserver des sentences si utiles et de les joindre à celles qui avaient déjà été recueillies et rassemblées. Ce verset a vraisemblablement été écrit par l'un des copistes ; les proverbes commencent au verset 2.
2 La gloire de Dieu est de cacher une chose, et la gloire des rois est de sonder une chose.
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Le monarque terrestre est souvent considéré comme le représentant ici-bas du monarque céleste. Ici ils sont opposés l'un à l'autre. Dieu, étant Dieu, est insondable, habite une lumière inaccessible et garde par devers lui une foule de secrets (Deutéronome 29.29). L'homme, pour déchiffrer les énigmes sans nombre que lui posent la nature, l'histoire, sa propre existence, fait d'incessants et souvent infructueux efforts. Dieu lui fait sentir par là le caractère borné de son esprit, et l'exhorte à se contenter de ce qu'il veut bien lui révéler. Mais les rois sont appelés à diriger les affaires de l'Etat avec sagesse et justice ; aussi convient-il qu'ils cherchent à faire la lumière sur tout ce qui, autour d'eux, est obscur, et qu'ils scrutent jusqu'au fond les desseins les plus secrets de ceux qui les approchent (1Rois 3.5-9).
v. 2 · John Gill · 18/10/2026
La gloire de Dieu, c'est de cacher les choses. Les choses cachées lui appartiennent, et il les garde secrètes ; de bien des choses qu'il révèle, il cache pourtant le « comment » - ainsi de son être même et de sa manière d'exister, de la Trinité des personnes dans la divinité, de la filiation du Fils et de la procession de l'Esprit, de l'incarnation du Christ et d'autres choses semblables. De même de la prédestination des hommes à la vie et à la mort : quoiqu'il soit certain qu'elle existe, on ne sait pas qui elle concerne. De même de ses desseins et de ses décrets : tout ce qu'il a résolu de faire ou qui sera fait lui est connu de toute éternité, mais les temps et les moments où cela s'accomplira, il les garde en son pouvoir ; le jour et l'heure du jugement dernier, nul ne les connaît que lui. Ses jugements et ses voies dans la providence sont insondables et impénétrables ; il y a là bien des choses dont on ne peut rendre compte, et il ne rend pas compte de ses actes aux fils des hommes ; ce sont pour le présent des secrets qu'il garde en lui, et ses jugements seront manifestés plus tard. Or, c'est sa gloire de les cacher : tout lui est connu, ainsi que ses raisons ; il est le Dieu omniscient et infiniment sage, il n'a besoin du conseil d'aucune créature, et nulle n'est admise à son conseil privé. Certains appliquent cela au pardon des péchés, exprimé parfois par le mot « couvrir », et où éclate si grandement la gloire de sa grâce et de sa miséricorde. Jarchi l'entend de l'histoire de la création et de la vision des roues d'Ézéchiel, dont l'intelligence est très difficile, et dont les Juifs interdisent la lecture, comme celle du Cantique de Salomon, avant d'avoir atteint l'âge de maturité.
Et la gloire des rois, c'est de sonder les choses : d'étudier tout ce qui touche au gouvernement et qui peut leur servir dans son exercice ; et particulièrement de sonder la Parole de Dieu, d'en observer les lois et de gouverner selon elles, ou de faire des lois qui s'y accordent et de les faire exécuter ; et d'examiner soigneusement toutes les causes qui leur sont soumises, afin de découvrir la vérité et de juger en conséquence ; et d'être en état de rendre raison de leurs actes dans les affaires publiques et de montrer qu'ils sont conformes aux règles de la vérité et de la justice. Agir ainsi leur vaudra une gloire impérissable (voir Job 29:16).
3 Les cieux en hauteur, et la terre en profondeur, et le cœur des rois, on ne peut les sonder.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Après le contraste (verset 2), voici l'analogie. Le vrai roi, par la sagesse qu'il a reçue en partage, a quelque chose du caractère divin. Il doit chercher à tout sonder ; mais que le premier venu ne présume pas de comprendre les mobiles qui le font agir.
Les maximes paraboliques, très rares dans la première collection de proverbes salomoniens, sont très nombreuses dans celle-ci. Sur ces maximes, voir l'Introduction.
v. 3 · John Gill · 18/10/2026
Les cieux dans leur hauteur, la terre dans sa profondeur : elles sont remarquables par ces qualités ; rien n'est plus haut que les cieux, rien n'est plus profond que la terre ; on ne peut atteindre la hauteur des uns ni parvenir aisément au centre de l'autre ; les cieux là-haut ne se mesurent pas, et les fondements de la terre en bas ne se sondent pas - du moins pas par le commun des hommes, quoi que les astronomes et les géomètres puissent faire à leur manière. Et de même que les cieux et la terre sont incommensurables (Jérémie 31:37),
le cœur des rois est insondable - surtout celui d'un roi comme Salomon, dont le cœur était vaste comme le sable du bord de la mer. Cela doit s'entendre de ceux qui savent gouverner ; car certains sont d'une conduite si faible et se découvrent si aisément qu'on voit sans peine ce qu'ils ont dans le cœur. Les princes sages tracent leurs plans à fond, dissimulent leurs desseins et gardent secrètes leurs raisons d'État, en sorte qu'il n'est pas facile de pénétrer leurs conseils et leurs vues. Car ce verset marque moins la multitude d'affaires qu'ils ont sur le cœur et sur les bras, comme l'entendent Jarchi et d'autres, que le secret dont elles sont entourées ; secret dont les raisons échappent au commun des gens, qui ne sont donc pas en état d'en juger, et qui pourtant se permettent souvent de blâmer et de condamner, faute d'en connaître les vrais motifs.
4 Ôte de l’argent les scories, et il en sortira un vase pour l’orfèvre ; 5 ôte le méchant de devant le roi, et son trône sera affermi par la justice.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
4 et 5
Et il en sortira un vase pour l'orfèvre. L'orfèvre pourra, de cet argent purifié, faire sortir un vase de prix.
v. 4 · John Gill · 18/10/2026
Ôte de l'argent les scories - en le mettant au creuset pour l'en purger -
et il en sortira un vase pour l'orfèvre : non pas un vase déjà façonné qui sortirait du creuset, mais un argent pur, dont on pourra faire un vase fort beau et fort propre à l'usage. L'application est au verset suivant.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Les méchants sont des scories qui constituent pour le roi un danger permanent (Esaïe 1.22-23) ; aussi doit-il régner comme celui qui purifie l'argent (Malachie 3.3).
Son trône sera affermi par la justice. Voir 16.12 ; 29.14.
v. 5 · John Gill · 18/10/2026
Ôte le méchant de devant le roi : les ministres et les conseillers méchants ; ils sont la « scorie », inutiles et sans valeur, et même nuisibles et pernicieux. Le roi est « l'orfèvre », pour qui le vase est fait ; le royaume est le vase d'argent que l'on affine, et qui gagne beaucoup à ce que les méchants soient écartés de la cour et du conseil privé des rois ; comme le roi lui-même en est plus heureux et son trône plus ferme et plus assuré, comme le dit la suite :
et son trône s'affermira par la justice, qu'il exercera une fois écartés les ministres pervers qui lui conseillaient des mesures injustes, et remplacés par d'autres qui le poussent à rendre la justice ; ce qui affermit son trône et l'y fait siéger solidement, alors qu'auparavant il chancelait et qu'il risquait fort d'en être renversé.
6 Ne fais pas le magnifique devant le roi, et ne te tiens pas à la place des grands ; 7 car il vaut mieux qu’on te dise : Monte ici, que si l’on t’abaissait devant le princea 7 ou : le noble. que tes yeux voient.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
6 et 7 Comparez Luc 14.7-11. Si l'on usurpe devant le roi une place qui revient à d'autres, plus élevés en dignité, on s'expose à de durs froissements d'amour-propre. N'avait-on donc pas vu ces grands (18.16) et ne les savait-on pas présents ?
v. 6 · John Gill · 18/10/2026
Ne fais pas le glorieux devant le roi : ne t'impose pas à sa présence, n'y fais pas irruption d'une manière grossière et irrespectueuse, et ne sois pas trop empressé à devenir courtisan. Ou : « ne te fais pas glorieux », comme traduit la Vulgate ; ou « ne t'honore pas toi-même », selon le sens du mot : ne parais pas trop brillant à la cour, ne fais pas un étalage supérieur à ta fortune et à ton rang, tel qu'il semblerait rivaliser avec le roi ou le surpasser - ce qui serait mal pris ; les princes n'aiment pas qu'on les égale, et encore moins qu'on les surpasse.
Et ne prends pas la place des grands, où doivent se tenir la maison du roi, ses nobles, ses ministres, ses conseillers et ceux qui le servent.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Devant les nobles. Comme ce mot est au singulier en hébreu on y a vu le roi lui-même et l'on a traduit par le prince. Mais nous avons probablement ici un collectif : ce sont les grands du verset 6.
v. 7 · John Gill · 18/10/2026
Car il vaut mieux qu'on te dise : « Monte ici » : il est bien plus honorable pour toi de te placer plutôt au-dessous qu'au-dessus de ton rang ; car alors, quelque officier de la cour ou celui qui en a la charge le remarquant, il te fera signe de monter à une place plus honorable ;
que d'être abaissé devant le prince que tes yeux ont vu : que d'être chassé avec une sévère réprimande pour ta hardiesse et ton arrogance, pour t'être approché de trop près de la personne du roi et avoir pris une place qui ne te convenait pas, et d'être contraint de descendre à une place inférieure, à ta grande confusion ; d'autant plus que ce sera en présence du prince que tu avais la curiosité de voir et l'ambition de séduire par une apparence brillante, et de la présence de qui te voilà chassé avec disgrâce, ou du moins écarté à bonne distance. Notre Seigneur semble faire allusion à ce passage en Luc 14:8-10.
8 Ne sors pas à la hâte pour contester, de peur [que tu ne saches] que faire à la fin, lorsque ton prochain t’aura rendu confus.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
De peur que, plus tard, tu ne saches que faire. D'autres : De peur que, en fin de compte, irrité et confus, tu ne fasses quelque chose... de terrible, vengeance ou faux serment...
v. 8 · John Gill · 18/10/2026
Ne te hâte pas d'entrer en procès avec ton prochain ; réfléchis-y bien d'avance ; considère la nature de la cause, si elle est juste ou non, ou si elle vaut la peine d'un procès ; demande-toi si l'on ne te tiendra pas pour un plaideur frivole et hargneux ; si tu peux en supporter les frais, et quelle en sera vraisemblablement l'issue ;
de peur qu'à la fin tu ne saches que faire pour vivre, ayant dépensé tout ton bien en procédures, réduit ainsi à la misère et ne sachant plus comment ni où te montrer, à cause du déshonneur que t'aura valu la perte de ta cause,
quand ton prochain t'aura couvert de honte en plein tribunal, ayant prouvé qu'il avait raison et toi tort, et qu'il est un honnête homme et toi un plaideur querelleur.
9 Plaide ta cause avec ton prochain, et ne révèle pas le secret d’autrui, 10 de peur que celui qui l’écoute ne te fasse honte, et que ton opprobre ne se retire pas.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
9 et 10 Que si tu es contraint de plaider, ne fais jamais, pour soutenir ta cause, intervenir des révélations indiscrètes. Renonce à un tel appui, car, outre que tu commettrais une indélicatesse, tu t'exposerais à des risques sérieux : les injures que tu t'attirerais te déconsidéreraient aux yeux du public ; puis, on n'a pas confiance en l'indiscret (verset 10 ; 20.19).
v. 9 · John Gill · 18/10/2026
Plaide ta cause avec ton prochain lui-même, entre lui et toi seuls ; expose-lui l'affaire et entends ce qu'il a à dire pour lui, ce qui te permettra de mieux juger de la nature de la cause ; essaie de vous accorder et de régler le différend, ce qui vaut infiniment mieux qu'un procès - ou du moins il faut faire cette démarche d'abord (voir Matthieu 5:25).
Et ne divulgue pas le secret d'un autre : si la chose en litige est un secret, ne la fais connaître à personne ; gardez-la entre vous, si l'affaire peut se régler sans aller devant les tribunaux ; d'ailleurs, en la communiquant à d'autres, tu risques de recevoir de mauvais conseils et d'être poussé à des voies obliques. Ou : « le secret d'un autre », ou « ne divulgue pas un autre secret » : si tu sais de ton adversaire et de sa maison quelque chose de scandaleux et de déshonorant, mais qui ne touche pas à l'affaire, ne l'ébruite pas - comme les gens, par esprit de revanche, sont enclins à le faire quand ils se querellent ou se disputent avec quelqu'un.
v. 10 · John Gill · 18/10/2026
De peur que celui qui l'entendra ne te couvre de honte ; ou : « ne te fasse des reproches » de perfidie et de fourberie. Soit celui dont tu as parlé, soit celui à qui tu l'as dit peut te couvrir de honte : soit en te collant l'étiquette odieuse de médisant, de rapporteur et de calomniateur ; soit en te rendant la pareille et en divulguant à son tour des secrets sur toi qui n'étaient pas connus et qui, une fois publiés, tourneront à ton déshonneur ;
et que ta mauvaise réputation ne s'efface plus : elle te collera si bien à la peau que tu ne t'en débarrasseras jamais de ta vie et ne pourras jamais retrouver ton crédit ; la marque d'infamie restera sur toi à jamais.
11 Des pommes d’or incrustéesb 11 ou : dans des corbeilles. d’argent, c’est la parole dite à propos.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 15.23.
Des pommes d'or. On a pensé parfois qu'il était réellement question de pommes en or, de même que dans 2Rois 25.17 il est parlé de grenades d'airain. Mais la comparaison de paroles dites à propos avec des fruits naturels est plus en place, car la parole, qui a sa racine dans l'esprit et qui s'épanouit au dehors par les lèvres, ne fait guère penser à des fruits artificiels. Il serait donc question d'oranges. On en trouve encore en Palestine, aux environs de Jaffa, par exemple.
Un vase d'argent ciselé. Le mot traduit par vase signifie proprement objet beau à voir, d'un bel aspect, qui est une jouissance pour la vue.
Il est singulier que, jusque dans le moyen-âge, la ciselure des métaux précieux s'appelât œuvre de Salomon.
v. 11 · John Gill · 18/10/2026
Une parole dite à propos ; ou : « une parole dite sur ses roues » : qui vient comme il faut, dans l'ordre voulu, bien ajustée quant à la matière, à la méthode, au moment, au lieu et aux personnes ; un propos bien composé, bien prononcé, débité avec rondeur, aisance et facilité, adressé aux personnes qui conviennent et adapté à leur situation ; et dite « en son temps », comme traduisent le Targum et beaucoup de versions -
est comme des pommes d'or sur des ciselures d'argent : soit des pommes faites d'or, et donc précieuses ; soit des pommes dites d'or à cause de leur couleur, comme certaines variétés dorées ; soit des oranges, qu'on appelle parfois pommes d'or. Et cela dans un écrin d'argent, comme l'entendent Aben Ezra et Guershom, ou dans une coupe d'argent, comme dit la version syriaque, ou dans un treillis d'argent, comme dit Maïmonide, à travers lequel on les voit et qui les fait paraître fort belles. Les mots peuvent aussi désigner, selon certains, des corbeilles d'argent à claire-voie, dans lesquelles des pommes ou des oranges d'or, posées sur une table, font le plus bel effet - et c'est à cela qu'une parole dite à propos est comparée. On peut appliquer cela à la parole de l'Évangile, dite par le Christ, le grand Prophète de l'Église, qui a la langue des disciples pour soutenir par la parole celui qui est épuisé (Ésaïe 50:4) ; et par ses serviteurs, qui annoncent l'Évangile, cette parole certaine et digne d'être pleinement reçue. Car cette parole, étant la parole du salut, est dite à propos à tous les pécheurs qui sentent leur état, et ne peut qu'être fort agréable pour eux : puisqu'il s'agit du salut de tout péché, pour les premiers des pécheurs, et entièrement par grâce ; puisqu'elle comprend toutes les bénédictions et qu'elle est pour l'éternité ; puisqu'elle est une proclamation du pardon de toute sorte de péchés et de pécheurs, selon les richesses de la grâce ; puisqu'elle est aussi la parole de la réconciliation et annonce la paix à des rebelles qui ne pouvaient faire eux-mêmes leur paix avec Dieu, et qui pourtant l'ont par le sang du Christ, comme l'Évangile le déclare ; puisqu'elle est encore la parole de la justice, qui révèle la justice du Christ pour justifier là où celle de l'homme ne le peut pas ; et puisqu'elle invite les âmes épuisées à venir au Christ pour trouver le repos. Elle ne peut donc qu'être précieuse comme des pommes d'or, agréable à voir comme elles dans des corbeilles d'argent à claire-voie, et aussi rafraîchissante, réconfortante et savoureuse que de vraies pommes de la meilleure espèce (voir Cantique 2:3,5). On peut aussi l'appliquer aux promesses de la grâce, dites à propos et appliquées comme il faut par l'Esprit de Dieu, qui prend les promesses faites en Christ et les découvre et les ouvre aux âmes en détresse, au moment le plus opportun ; et qui sont infiniment grandes et précieuses, et pleines de joie, de douceur et de consolation. Et l'on peut enfin l'appliquer aux paroles des gens de bien dans les entretiens privés, soit pour conseiller, soit pour consoler, soit pour avertir ; et à toute parole assaisonnée de grâce, qui communique la grâce à celui qui l'entend et sert à l'édification, quand le moment, le lieu, les personnes et les circonstances sont respectés. Maïmonide pense que le sens extérieur de la parole est figuré par l'argent et son sens intérieur par l'or, lequel se voit à travers l'autre et vaut infiniment mieux.
12 Un anneauc 12 pour le nez, ou pour l’oreille. d’or et un joyau d’or fin, tel est, pour l’oreille qui écoute, celui qui reprend sagement.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Un anneau d'or désigne la boucle d'oreille, et un joyau d'or fin le pendant qui y est attaché. Boucle et pendant forment un seul objet de prix, qui convient parfaitement à l'oreille ou il est suspendu. Mais savoir profiter d'une sage réprimande (15.31) est le plus bel ornement encore.
v. 12 · John Gill · 18/10/2026
Comme un anneau d'or et une parure d'or fin : un anneau d'oreille en or fait d'abord un peu mal quand on le met, mais, une fois bien posé et fixé, il fait un bel ornement, étant d'or fin, et surtout s'il porte quelque pierre - ce que peut désigner « la parure », le mot étant ainsi rendu en Cantique 7:1 ;
tel est le sage qui reprend une oreille attentive : telle est la réprimande d'un homme sage, donnée en son temps et de la bonne manière, dont il apparaît qu'elle procède de l'amour et vise le bien, et qui est faite avec beaucoup d'affection et de fidélité. Si elle irrite un peu l'oreille d'abord, une fois bien pesée et bien reçue, loin de laisser sur celui qu'on reprend une marque de honte ou de déshonneur, elle lui est une parure, et fait aussi honneur à celui qui reprend. On peut traduire : « ainsi celui qui reprend un sage à l'oreille attentive » : un homme sage qui a l'oreille docile, assez sage pour prêter attention aux reproches qu'on lui fait, qui les prend bien et en tire profit et avantage (voir Proverbes 9:8 ; 15:31).
13 La fraîcheur de la neige au temps de la moisson, tel est le messager fidèle pour ceux qui l’envoient : il restaure l’âme de son maître.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
La fraîcheur de la neige : non pas de la neige qui tomberait au jour de la moisson, car ce serait un vrai fléau (26.1), mais de celle dont, on se sert en été pour rafraîchir son breuvage et qui, dans les pays chauds, est un inestimable bienfait. Aujourd'hui encore les habitants du village de Menin, à 16 kilomètres de Damas, entassent pendant l'hiver de la neige dans une caverne du Liban et vont en été la vendre à Damas et dans les villes du littoral. Le vendeur de neige vante les mérites de sa marchandise en criant : Prends garde à tes dents !
Le messager fidèle, digne qu'on lui confie une affaire importante. Comparez 13.17.
v. 13 · John Gill · 18/10/2026
Comme la fraîcheur de la neige au temps de la moisson : comme une eau froide comme neige, ou comme une brise pareille à celle qui souffle quand il neige ; ainsi Jarchi :
« comme la fraîcheur des jours de neige, qu'un homme désire en été » -
et non la neige elle-même, car la neige n'est pas bonne au temps de la moisson (voir Proverbes 26:1). Ou plutôt : « comme un abri » ou « une réserve de neige », selon le sens du mot ; peut-être s'agit-il, comme le pense Gussetius, d'un vase de cette forme, où l'on conservait la neige pendant l'été ; et le même mot, avec redoublement des deux premières radicales, désigne le vase où la manne fut conservée (Exode 16:33). Car la neige, dans ces pays chauds, se conservait dans des vases, en des lieux souterrains, pour rafraîchir les boissons en été, comme on garde chez nous la glace dans des glacières pour le même usage. Et alors le sens est : de même qu'une boisson rafraîchie par la neige est fort agréable et fort revigorante pour ceux qui travaillent aux champs au temps de la moisson,
tel est un messager fidèle pour celui qui l'envoie : il réconforte l'âme de son maître. Car lorsqu'un homme envoie quelqu'un porter un message, il reste dans l'inquiétude tant qu'il ne sait pas comment la chose a tourné ; mais quand le messager revient et lui rend compte, et surtout s'il a réussi selon ses vœux, cela lui « rend » et lui rassoit l'esprit, selon le sens du mot, lui donne beaucoup de plaisir et de satisfaction, et lui rend son messager cher et précieux. Le Christ est ce messager, unique entre mille, envoyé par son Père avec un message de grâce et de salut, où il a réussi, lui restant fidèle, et devenant ainsi souverainement agréable à celui qui l'a envoyé, son serviteur, son élu, en qui son âme prend plaisir. Les serviteurs de l'Évangile sont aussi des messagers, et des messagers fidèles, dont les pieds sont beaux et les paroles agréables aux âmes vers qui ils sont envoyés, et qui sont une bonne odeur pour celui qui les envoie, et à qui il dira : « C'est bien, bon et fidèle serviteur », et qu'il établira sur beaucoup, et fera entrer dans sa joie.
14 Les nuages et le vent, et point de pluie, tel est celui qui se glorifie faussement d’un présent.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce proverbe aussi est bien digne de l'Orient, le pays des sécheresses.
v. 14 · John Gill · 18/10/2026
Comme des nuages et du vent sans pluie, tel est l'homme qui se vante de dons qu'il ne fait pas : celui qui se vante de sa charité et de ses aumônes, en prétendant faire de grandes choses alors qu'il ne fait rien ; ou qui promet à grands cris de larges dons et ne donne rien, soit qu'il n'en ait pas le cœur, soit qu'il n'en ait pas les moyens ; comme Satan, qui offrait au Christ tous les royaumes du monde s'il l'adorait, alors que rien ne lui appartenait et qu'il n'était pas en son pouvoir de les donner. La Vulgate traduit d'ailleurs : « un homme glorieux » - c'est-à-dire vaniteux - « et qui ne tient pas ses promesses ». On peut fort bien l'appliquer aux faux docteurs, qui se vantent de leurs dons et de leur connaissance spirituelle alors qu'ils n'en ont aucun, et qui profèrent de grands discours enflés et vides, étant dépourvus de tout bien - et qui sont, comme le dit la suite,
comme des nuages et du vent sans pluie : qui font grande apparence de pluie, promettent beaucoup et ne donnent rien (voir 2 Pierre 2:17,18 ; Jude 12).
15 Par la lenteur à la colère un prince est gagné, et la langue douce brise les os.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Par la patience, littéralement : la lenteur à la colère. Devant le tribunal, il importe de se posséder soi-même. Celui qui, en exposant sa cause devant le juge, se laisse emporter par la passion, se compromet et inspire une défiance instinctive.
Brise les os : ce qu'il y a de plus dur dans l'homme.
v. 15 · John Gill · 18/10/2026
Par la patience on fléchit un prince : on l'amène à adopter les mesures que son conseil et ses ministres lui recommandent et auxquelles il peut d'abord paraître fort opposé ; mais en lui représentant les choses avec douceur et modération, en les soumettant humblement à son jugement, en y revenant à plusieurs reprises et en attendant patiemment, son esprit s'attendrit, se plie et incline à suivre leur avis ; alors que, si l'on avait poussé la chose avec chaleur, hauteur et précipitation, il l'aurait rejetée.
Et la langue douce brise les os ; ou « la dureté », comme traduit la Vulgate : les paroles douces, dites d'un langage doux, ôtent la dureté et la rudesse de l'esprit des hommes ; elles agissent sur eux, les fléchissent, et rendent souples et maniables ceux dont la volonté est obstinée et raide. Ainsi David, par une langue douce, fléchit Saül son ennemi ; et Abigaïl, par ses paroles douces, détourna David, résolu à perdre Nabal (1 Samuel 24:16 ; 25:32 ; voir Proverbes 15:1). Jarchi entend cette langue douce de la prière et de la supplication, par lesquelles les rigueurs qui menacent les pécheurs sont écartées ; et il entend le premier membre de la patience de Dieu, laquelle encourage les pécheurs à le fléchir en leur faveur par la repentance et la prière (voir Matthieu 18:26,27).
16 As-tu trouvé du miel, manges-en ce qu’il t’en faut, de peur que tu n’en sois repu et que tu ne le vomisses.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Si tu trouves du miel, comme Samson ou Jonathan. Il est à peine besoin d'ajouter que ce précepte s'étend à toutes les choses bonnes et agréables, dont le miel est le symbole. Par exemple (verset 17), les relations de l'amitié sont bien douces, et cependant même dans ce domaine il faut savoir se modérer.
v. 16 · John Gill · 18/10/2026
As-tu trouvé du miel ? Il y en avait beaucoup en Judée, et l'on en trouvait dans les champs et dans les bois (1 Samuel 14:25,26).
Manges-en ce qui te suffit : de quoi satisfaire ton appétit sans surcharger ton estomac ; ce qui peut servir à la santé, et rien de plus ;
de peur que tu n'en sois rassasié et que tu ne le vomisses - c'est-à-dire que tu n'en aies trop, jusqu'au dégoût, au point de le rendre. Cela ne doit pas s'entendre seulement au sens littéral ; il y a ici davantage, comme en Proverbes 24:13 ; et, selon ce qui y est dit, l'explication de Maïmonide paraît juste : il s'agirait de l'acquisition de la sagesse et de la connaissance, laquelle, comme le miel, est douce, désirable, excellente et nourrissante quand on en use avec mesure ; mais il faut prendre garde de rester dans les bornes et de ne pas chercher à être trop sage, ni à s'exercer à des choses trop hautes pour soi, mais à se contenter de ce qui est à sa portée. C'est ainsi que Guershom l'entend aussi. Certains pensent qu'il s'agit ici de la modération dans l'usage des biens de ce monde et des plaisirs licites ; d'autres rapportent ces mots à ce qui suit : qu'ayant trouvé un ami agréable, il ne faut pas le visiter trop souvent, de peur qu'une trop grande familiarité n'amène le mépris et ne fasse perdre cet ami. C'est ainsi que Jarchi rattache les deux versets.
17 Mets rarement ton pied dans la maison de ton prochain, de peur qu’il ne soit rassasié de toi et qu’il ne te haïsse.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Mets rarement le pied, littéralement : Rends ton pied rare.
v. 17 · John Gill · 18/10/2026
Mets rarement le pied dans la maison de ton prochain. Non qu'il ne soit louable d'être bon voisin et bon ami, ou que les voisins ne doivent pas se visiter ; mais il ne faut pas le faire trop souvent, ni être toujours chez son voisin. On peut traduire : « rends ton pied précieux » ou « rare chez ton prochain » : n'y va que rarement,
de peur qu'il ne se lasse de toi et ne te haïsse ; ou : « de peur qu'il n'en soit rassasié », gorgé de ta compagnie jusqu'au dégoût, comme l'estomac de trop de miel, et que son amitié ne se change en haine.
18 L’homme qui rend un faux témoignage contre son prochain est un marteau, et une épée, et une flèche aiguë.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Massue, ou marteau de combat (Jérémie 51.20). Un faux témoin fait, sans grand bruit, autant de mal que les armes les plus meurtrières.
v. 18 · John Gill · 18/10/2026
Comme une massue, une épée et une flèche aiguë, tel est l'homme qui porte un faux témoignage contre son prochain : celui qui a souvent été dans sa maison et l'a souvent visité, et qui, observant ce qui s'y passait, non seulement divulgue au-dehors les secrets de sa famille, mais y ajoute des faussetés ; et qui même, dans un tribunal, se présente comme témoin contre lui et jure faussement à son détriment. Un tel homme est pour son prochain une massue, une épée et une flèche aiguë : par elles il assomme sa réputation, son crédit et son honneur, et lui ôte la vie comme d'un coup d'épée ; et contre quoi l'on ne peut pas plus se garder que contre une flèche aiguë, qui vient de loin, soudainement et rapidement.
19 La confiance en un perfide, au jour de la détresse, est une dent cassée et un pied chancelant.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Autre maxime emblématique ; littéralement : Dent qui se casse et pied qui cède, confiance en un perfide au jour de la détresse. Inutilité et douleurs cuisantes.
v. 19 · John Gill · 18/10/2026
Se fier à un perfide au jour de la détresse. Il n'est bon de se fier à aucun homme, pas même aux princes ni aux meilleurs des hommes ; encore moins à un homme perfide et traître ; et surtout au temps de la détresse, en comptant sur son secours et son appui - ce qui est s'appuyer sur un roseau brisé et se fier à un bâton fêlé. Ou : « la confiance du perfide au jour de la détresse », ce en quoi il met sa confiance : celui qui se fie à ses richesses, ou à sa justice, ou à son propre cœur, toutes choses vaines et trompeuses.
C'est une dent cassée et un pied qui chancelle : loin d'être d'aucun secours, l'une pour manger et l'autre pour marcher, elles y font obstacle et causent douleur et gêne. Ou : « une mauvaise dent », comme portent le Targum et la version syriaque ; une dent gâtée.
20 [Comme] celui qui ôte son vêtement en un jour de froid, [comme] du vinaigre sur le nitre, tel est celui qui chante des chansons à un cœur affligé.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Maxime à trois membres, du genre priamèle (voir l'Introduction). L'auteur juxtapose simplement les trois termes de la comparaison, laissant au lecteur le soin de trouver lui-même quel est le point qui leur est commun. Ici, c'est l'absurdité.
Nitre, soude minérale, ou natron, carbonate de soude cristallisé, très abondant ; en Egypte. Les Septante ont compris ce mot autrement et l'ont rendu par plaie : Comme le vinaigre ne vaut rien sur une plaie... Mais il se trouve dans Jérémie 2.22 dans le sens que nous lui avons donné. La soude se dissout ; dans l'eau et sert à divers usages, mais jeter sur elle du vinaigre, c'est la rendre impropre à tout emploi. Peut-être même l'effervescence causée par ce mélange est-elle prise comme une image de l'irritation produite par des chansons débitées à un affligé.
Au reste il ne saurait être question ici d'un homme qui se mettrait à chanter devant un affligé, parce qu'il serait heureux de son malheur ; ce ne serait pas là de l'absurdité, mais de la cruauté.
v. 20 · John Gill · 18/10/2026
Comme celui qui ôte son vêtement par temps froid - le sien ou celui d'un autre, alors qu'il conviendrait plutôt d'en mettre un de plus, et qui s'expose ainsi aux rigueurs du froid ;
et comme du vinaigre sur le natron. Le natron se trouvait en Égypte, au-delà de Memphis, dit Strabon : il y avait deux mines de natron, fort abondantes, d'où le nome tirait son nom de Nitriote. D'autres disent que le natron tire son nom de Nitria, ville d'Égypte, qui a donné le sien au désert de Nitrie, où se trouve un lac appelé Latron, du fond duquel cette espèce de natron qu'on appelle « natron » monte à la surface, où la chaleur du soleil la fait prendre en une substance de ce genre, laquelle réagit avec les acides ; en sorte que le vinaigre versé dessus l'irrite, le fait réagir, mousser et siffler. Cela ne vaut que pour ce natron-là, celui des anciens, et non pour celui des modernes, qui n'est autre que le salpêtre ; car, bien que ce dernier fermente avec le vinaigre, le salpêtre ne le fait pas. Le natron se dissout dans un liquide, mais pas dans n'importe lequel - seulement dans un liquide froid, comme le remarque Aristote, et tel est le vinaigre ; c'est donc à fort juste titre que ce membre est joint au précédent.
Tel est celui qui chante des chansons à un cœur affligé : il ne fait que l'affliger davantage ; car, ne pouvant chanter lui-même, il ne peut pas non plus supporter d'entendre chanter les autres ; il faudrait plutôt s'affliger et pleurer avec lui que de lui chanter des chansons. Certains prennent les mots en un sens tout contraire : le mot rendu par « ôter », au premier membre, peut signifier « parer d'un vêtement », d'où l'on traduit : « comme celui qui met un vêtement pour se parer par temps froid, et comme le vinaigre sur le natron, tel est celui qui chante des chansons à un cœur affligé » ; c'est-à-dire : de même qu'un vêtement de plus chasse le froid et que le vinaigre dissout le natron, ainsi les chansons chassent le chagrin d'un cœur affligé - comme dans le cas de Saül, sur qui la musique eut cet effet (1 Samuel 16:23). Ou plutôt : mettre un vêtement léger pour se parer par temps froid est aussi absurde et aussi déplacé que de mettre du vinaigre sur le natron, ou sur une plaie, comme dit Schultens, et que de chanter des chansons à un cœur affligé - tout cela également absurde.
21 Si celui qui te hait a faim, donne-lui du pain à manger, et, s’il a soif, donne-lui de l’eau à boire ; 22 car tu entasseras des charbons ardents sur sa tête, et l’Éternel te le rendra.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
21 et 22 Voir déjà 20.22 et 24.29, ainsi que la citation Romains 12.20. Il ne s'agit point d'accumuler des bienfaits sur la tête d'un ennemi dans le but d'attirer sur lui un châtiment divin d'autant plus grand, comme on l'a pensé souvent. Ces charbons ardents ne sont pas les foudres de la colère divine (Psaumes 140.11), mais le sentiment insupportable (Proverbes 6.28) de honte qui s'impose à l'homme qui s'aperçoit du triste rôle que lui fait jouer sa rancune, mise en pleine lumière par la bonté de son frère.
v. 21 · John Gill · 18/10/2026
Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain à manger ; ce qui comprend toute espèce de nourriture : quoi qu'on ait chez soi, il faut le sortir pour nourrir celui qui a faim, fût-il un ennemi ;
et s'il a soif, donne-lui de l'eau à boire : c'était la boisson ordinaire et commune de ces pays. Ces deux choses, le pain et l'eau, comprennent tout le nécessaire de la vie ; et les donner, c'est faire à ses ennemis tous les actes de bienfaisance et d'humanité (voir 2 Rois 6:22). Ou : « donne-lui à boire », comme traduisent Pagninus et Montanus, ce qui exprime plus encore les égards et la bonté.
v. 22 · John Gill · 18/10/2026
Car ce sont des charbons ardents que tu amasses sur sa tête : non pour accroître son châtiment et sa damnation, qui serait aggravée par les bontés qu'on lui témoigne ; mais pour l'amener par là au sentiment des injures passées, à la honte de les avoir faites, au repentir et à l'amour de celui qu'il a offensé, et au souci de ne plus lui nuire à l'avenir ;
et le Seigneur te récompensera : il te rendra du bien pour tout le bien fait à ton ennemi, que cela produise ou non l'effet voulu, et que ton ennemi te le rende ou non (voir Romains 12:20,21).
23 Le vent du nord enfante les averses ; et les visages indignés, une langue [qui médit] en secretd 23 ou : et une langue [qui médit] en secret, des visages indignés. .
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Le vent du nord. En Palestine, c'est plutôt le vent de l'ouest qui amène la pluie (Luc 12.54). Mais en hébreu nord signifie région cachée, peut-être ce terme est-il choisi pour le rapprochement qu'il suggère à l'esprit avec l'expression de langue mystérieuse ou qui médit en secret.
Des visages assombris : des personnes qui s'aperçoivent que leurs secrets ont été trahis, et leur réputation compromise.
v. 23 · John Gill · 18/10/2026
Le vent du nord chasse la pluie. Le géographe dit de même que le vent rapide du nord chasse les nuées humides, qui viennent d'ordinaire du côté opposé, le sud. Le mot employé a le sens de concevoir, d'engendrer et d'enfanter ; d'où certains traduisent en un sens différent, et de même le Targum :
« le vent du nord enfante la pluie » ;
et c'est ainsi que Guershom l'interprète, en disant :
« le vent du nord produit la pluie à Jérusalem, parce qu'il y amène les vapeurs qui s'élèvent de la mer, laquelle est au nord de la ville » ;
et le philosophe dit qu'aux régions septentrionales du monde c'est le vent du sud qui produit la pluie, et aux régions méridionales le vent du nord, comme en Judée. Mais en Job 37:22 il est dit que le beau temps, le temps clair et doré, vient du nord ; et Homère appelle le vent du nord aithrègenès, celui qui engendre le temps clair, et Virgile le nomme « clarus aquilo », celui qui rend le ciel serein. La version arabe porte « le vent du sud », lequel amène en effet la pluie et, selon cette version, soulève les nuées. Mais la première lecture et le premier sens paraissent les meilleurs et s'accordent avec ce qui suit :
et un visage irrité, la langue qui médit : il la chasse, la décourage et la fait taire. Quand un homme prend un air sévère et un regard courroucé envers ceux qui viennent lui rapporter des potins, des contes oiseux et des médisances sur autrui, il les arrête et met fin à leur manège ; tandis que de les écouter, et surtout de les écouter avec un air de plaisir, les encourage. S'il n'y avait pas tant de gens à prendre plaisir aux rapporteurs et aux médisants, et si on les traitait plus rudement, comme le vent du nord traite la pluie, on ne pratiquerait pas tant ce vilain métier.
24 Mieux vaut habiter sur le coin d’un toit, que [d’avoir] une femme querelleuse et une maison en commun.
v. 24 · John Gill · 18/10/2026
Mieux vaut habiter à l'angle d'un toit qu'avec une femme querelleuse dans une grande maison (voir Gill sur « Proverbes 21:9 »).
25 Les bonnes nouvelles d’un pays éloigné sont de l’eau fraîche pour une âme altérée.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Sur l'effet que produit une bonne nouvelle, voir 15.30. Mais ici il s'agit de nouvelles venant d'un pays lointain, d'où l'on ne peut pas revenir aisément. Exemple Genèse 45.27 : L'esprit de Jacob se ranima.
v. 25 · John Gill · 18/10/2026
Comme de l'eau fraîche pour une âme altérée : l'eau est froide de sa nature ; les auteurs classiques la désignent d'ailleurs par le mot même de « froid » ; et elle est fort réconfortante pour qui a soif à cause de la chaleur. Ou : « pour une âme épuisée », pour celui qui est épuisé de travail, ou pour un voyageur épuisé de marche, surtout dans les pays chauds ou dans des lieux où l'on rencontre rarement une source, un ruisseau ou une fontaine - et où, quand on en trouve une, elle est un délice et un plaisir extrêmes ;
telle est une bonne nouvelle venue d'un pays lointain : tant il est agréable d'avoir des nouvelles d'un ami dans une contrée éloignée, et surtout d'en avoir de bonnes. Tel est l'Évangile : c'est une bonne nouvelle, l'annonce heureuse de biens excellents ; il apporte la bonne nouvelle de la grâce, de la faveur et de la bienveillance de Dieu envers les hommes ; celle du dessein de Dieu et du Sauveur qu'il leur a préparé ; celle de l'incarnation du Christ ; celle du salut accompli par lui pour les premiers des pécheurs, salut gratuit, plein et éternel ; celle de la paix, du pardon, de la justice et de la vie éternelle par lui. Et cette nouvelle vient « d'un pays lointain » : du ciel, ce pays meilleur que Canaan, dont celle-ci n'était que la figure, et plus lointain qu'aucun pays de ce monde ; l'Évangile vient de Dieu qui est au ciel, et il en apporte des nouvelles ; et il est pour les saints la nouvelle d'un bien qu'ils y ont, d'un héritage, d'une maison, d'une cité et d'un royaume qui leur y sont préparés. Cette nouvelle est apportée par les prophètes de l'Ancien Testament, qui ont recherché avec soin ce qui concernait le salut par le Christ ; par les anges à sa naissance ; par Jean-Baptiste, son précurseur ; par le Christ lui-même, oint pour annoncer une bonne nouvelle aux humbles ; et par ses apôtres et tous les fidèles serviteurs de la Parole. Et le message qu'ils apportent est une bonne nouvelle : non pas pour les hommes charnels et pour ceux qui se croient justes, mais pour les pécheurs qui sentent leur état ; et pour ceux-là il est comme de l'eau fraîche pour une âme épuisée ou altérée : il apaise l'ardeur de la loi et la colère qui travaille la conscience ; il éteint la soif des choses charnelles et de sa propre justice ; il ranime les esprits abattus et les remplit d'une joie inexprimable et glorieuse - comme les esprits de Jacob se ranimèrent à la nouvelle de Joseph (Genèse 45:26-28).
26 Le juste qui chancelle devant le méchant est une fontaine trouble et une source corrompue.
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Tel le juste qui cède, qui a une défaillance, qui fait un faux pas. Si un homme de bien, cédant à une fausse honte, à la crainte de l'opinion, ou à telle considération blâmable, se laisse aller à commettre une faute, il devient pour les autres justes une occasion de scandale et fournit aux méchants un sujet de triomphe et de coupable joie. Son caractère en subit, une grave atteinte ; il a perdu sa limpidité ; et il n'est plus qu'une source corrompue à laquelle on craindra de venir se désaltérer.
v. 26 · John Gill · 18/10/2026
Un juste qui chancelle devant le méchant : soit qu'il tombe dans le malheur et la détresse par la faute du méchant, à cause de sa malice et de sa ruse, ce dont celui-ci se réjouit en le voyant ; soit qu'il se courbe devant lui, qu'il lui cède et n'ose pas le reprendre ; soit qu'il tombe en sa présence dans quelque péché, que l'autre ne cessera de lui reprocher et étalera au grand jour, en sorte que son utilité est perdue ; et surtout s'il se joint au méchant dans sa manière de vivre, et particulièrement s'il est magistrat et agit injustement dans sa charge - un tel homme
est une fontaine troublée et une source corrompue : semblable à une source ou à une fontaine dont l'eau a été souillée par les pieds des hommes ou des bêtes ; en sorte que celui qui était comme une source claire et coulante, une fontaine de justice pour ses voisins, d'où découlaient de bons enseignements et de sages conseils, n'est plus d'aucune utilité, ni par ses leçons ni par son exemple, mais tout le contraire.
27 Manger beaucoup de miel n’est pas bon, et s’occuper dee 27 litt. : sonder, examiner. sa propre gloire n’est pas la gloiref 27 ou : s’occuper à sonder les choses graves est une gloire(ou, selon d’autres : est un fardeau). .
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Début du verset : voir verset 16.
Fin du verset : sous la forme où ils existent actuellement en hébreu, ces mots ne présentent aucun sens acceptable. Par une légère modification de voyelles, en lisant kevîdim (choses difficiles), au lieu de kevôdam (leur gloire), on arrive au sens très plausible qu'offre notre traduction. Plutôt que de rechercher les plaisirs faciles, applique-toi à l'étude sérieuse et approfondie des questions importantes qui se dressent devant l'esprit humain. Cette exhortation n'est pas sans rapport avec la suivante.
v. 27 · John Gill · 18/10/2026
Il n'est pas bon de manger beaucoup de miel - c'est-à-dire trop ; car autrement il est bon d'en manger (Proverbes 24:13) ; mais l'excès est nuisible : il soulève l'estomac, augmente la bile et donne du dégoût ; et à vrai dire tout excès est mauvais.
Et rechercher sa propre gloire n'est pas une gloire : exposer soi-même ses qualités, faire sonner sa propre louange, chercher les honneurs auprès des hommes, employer tous les moyens de gagner les applaudissements de la foule - cela n'est pas glorieux ni digne d'éloge, mais déshonorant. Ou bien on peut traduire, comme le texte le porte littéralement : « mais rechercher », ou « la recherche de leur gloire est gloire » : soit la gloire des justes, comme l'interprète Aben Ezra, de ceux qui tiennent debout et ne chancellent pas devant le méchant - en rechercher les qualités et les vertus pour les imiter est chose glorieuse et honorable. Soit la recherche de la gloire de la connaissance des choses divines, comparable au miel, laquelle est louable et honorable ; car si l'on peut manger trop de miel, on ne peut jamais avoir trop de connaissance des choses spirituelles et divines, ni en être saturé ni gorgé. La Septante s'accorde avec ce sens : « mais nous devons honorer les paroles glorieuses » ; les vérités glorieuses de la Parole de Dieu doivent être tenues en grande estime, et en rechercher la gloire est honorable. Notre Seigneur nous invite à sonder les Écritures, parce qu'elles rendent témoignage de lui (Jean 5:39) ; et l'on n'en saura jamais trop de lui ni des précieuses doctrines de l'Évangile - à moins qu'il ne s'agisse ici des choses qu'il ne faut pas scruter curieusement : car les hommes ne doivent pas être sages au-delà de ce qui est écrit, ni sonder ce que Dieu a caché - sa propre nature et ses perfections, le mode de subsistance des trois personnes dans la divinité, ses desseins secrets et ses décrets, et ses jugements insondables. C'est le sens que suit la Vulgate :
« ainsi celui qui scrute la majesté sera accablé par la gloire » ;
il en sera écrasé et ne pourra en supporter l'éclat. Et le Targum porte :
« manger beaucoup de miel n'est pas bon, ni scruter les paroles glorieuses. »
Jarchi entend les mots en ce sens et l'illustre par l'œuvre de la création, par la vision des roues d'Ézéchiel, et par les décrets de Dieu et leurs raisons.
28 L’homme qui ne gouverne pas son esprit est une ville en ruine, sans murailles.
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Malheur à qui ne sait pas tenir en bride ses appétits et qui se rend à la première attaque de l'ennemi !
v. 28 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui n'est pas maître de lui-même - de ses affections et de ses passions ; qui ne leur met aucun frein, selon le sens du mot, aucune garde, aucune clôture ; qui ne bride ni sa curiosité, ni son orgueil et sa vanité, ni sa colère, ni son ressentiment et sa soif de vengeance, ni son ambition et son goût de la vaine gloire -
est comme une ville démantelée, sans murailles, où l'on peut entrer à son gré, et qui est exposée aux rapines et aux violences de quiconque. Ainsi l'homme qui n'est pas maître de lui-même ni de ses passions, mais leur lâche la bride, est exposé à l'ennemi des âmes, Satan, et à tout péché, à tout piège et à toute tentation.