1 Un fils sage [écoute] l’instructiona 1 qqs. : Un fils sage [est le fruit de] l’instruction. du père, mais le moqueur n’écoute pas la répréhensionb 1 litt. : tancement. .
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Le chapitre 12 s'est élevé à une grande hauteur dans son dernier verset. Le chapitre 13 commence par une maxime plus élémentaire, qui rappelle 10.1.
Littéralement : Le fils sage est la correction de son père. Il la reproduit d'une manière vivante ; il l'est en action. D'autres sous-entendent le verbe du second membre : Le fils sage écoute..., ce qui n'est pas hébreu et procure un sens par trop simple.
Le moqueur : l'homme qui a secoué tout joug moral et qui repousse toute idée religieuse ; c'est un contempteur de la vertu et de la piété. Voir 1.22.
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
Le fils sage écoute l'instruction de son père - comme il le doit et comme il a toutes les raisons de le faire, puisque cette instruction est nécessairement cordiale, fidèle et désintéressée, en même temps que fruit de l'âge et de l'expérience. Il la « demande » et il l'« aime », comme Jarchi complète le texte ; il l'approuve, il s'en réjouit et y prend plaisir, voyant qu'elle tourne à son avantage ; il la « reçoit », dit le Targum, et de même Ben Melech ; il l'écoute et lui obéit, et il agit en conséquence - ce qui montre qu'il est sage, et c'est ainsi qu'on le devient de plus en plus. De même, celui qui est spirituellement sage prêtera l'oreille à l'instruction de la Sagesse, c'est-à-dire du Christ, qui est pour ses enfants un Père éternel, et dont l'instruction est la doctrine de l'Évangile : l'homme sage l'écoute de manière à la comprendre, à l'aimer et à l'approuver, à l'embrasser de tout cœur, à lui obéir et à la mettre en pratique (voir Matthieu 7:24). Le mot signifie aussi « correction », parce que l'instruction vient souvent par elle ; et l'homme sage écoutera la verge et celui qui l'a préparée, il apprendra à connaître par elle la volonté de Dieu et en tirera instruction. Ou bien : il est « châtié par son père » et le prend bien (Michée 6:9).
Mais le moqueur n'écoute pas la réprimande : c'est-à-dire un fils qui est un moqueur, comme disent le Targum et Aben Ezra ; quelqu'un qui se rit du péché et se moque de la religion. Un tel homme, loin d'écouter, d'accepter et de recevoir la réprimande et les reproches de son père, s'en moquera aussi - tels furent les gendres de Loth, et les fils d'Éli et de Samuel. De même les moqueurs, qui tournent en dérision tout ce qui est sacré, n'écouteront ni la réprimande de la Parole de Dieu, ni les reproches des serviteurs de l'Évangile, ni même les avertissements de la Providence - ce qui aboutira à leur ruine (Proverbes 5:11,12).
2 Du fruit de sa bouche l’homme mange du bien, mais l’âme des perfides [mange] la violencec 2 ou : le désir des perfides, c’est la violence. .
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour le premier membre, comparez 12.14. Le bien qu'un homme aura fait par ses paroles sages et bienveillantes, il le retrouvera ; il savourera à son tour le fruit que d'autres avaient recueilli de ses discours inspirés par de bons sentiments. Les perfides, qui sacrifient à leur profit toute sincérité, n'ont qu'une pensée : triompher par la violence, si la violence est nécessaire. Mais ils s'attirent de dures représailles.
v. 2 · John Gill · 18/10/2026
Par le fruit de sa bouche, un homme se nourrit de bien ; ou : « du fruit de la bouche », celle d'un autre ou la sienne, puisque le mot « sa » n'est pas dans le texte, quoique le Targum, Aben Ezra, la Vulgate et la version syriaque le suppléent, comme nous le faisons. La Septante et la version arabe traduisent : « il mangera des fruits de la justice ». Je traduirais volontiers l'ensemble ainsi : « l'homme de bien mangera du fruit de sa bouche » ; c'est ainsi qu'Aben Ezra l'interprète - « l'homme de bien mangera » - et de même la Septante, la version syriaque et la version arabe. Le sens est que l'homme de bien tire du bon trésor de son cœur, par sa bouche, de bonnes choses, qui non seulement font du bien à ceux qui les entendent et servent à leur édification, mais qui lui profitent à lui-même : en donnant aux autres des conseils salutaires, il s'aide lui-même ; en consolant les autres, il se console lui-même ; en enseignant et instruisant les autres, il s'enseigne et s'instruit lui-même. Ainsi un bon serviteur de Jésus-Christ, en nourrissant les autres de connaissance et d'intelligence, est lui-même nourri des paroles de la foi et de la saine doctrine. Jarchi le rapporte à la doctrine d'un homme et à la récompense qu'il en reçoit ici-bas et dans l'au-delà.
Mais l'âme des traîtres se nourrit de violence. Jarchi interprète :
« le plaisir des traîtres, c'est la violence » ;
c'est-à-dire ce que leur âme désire, choisit, veut et goûte, à savoir user de violence et faire du mal à autrui ; et la note de Guershom va dans le même sens. Mais Aben Ezra complète la phrase à partir du premier membre, comme nous le faisons ; et le sens est alors qu'on leur mesurera avec la mesure dont ils se servent pour les autres : ce qu'ils donnent à manger aux autres, ils le mangeront eux-mêmes, à savoir le pain de la violence (voir Proverbes 4:16 ; 10:6). Et ce sera le sort de tous les perfides et de tous les traîtres, selon le sens du mot employé ; celui des faux docteurs et des persécuteurs cruels ; et celui de Babylone, dont il sera dit : « rendez-lui comme elle vous a rendu » (Apocalypse 18:6).
3 Qui surveille sa bouche garde son âme ; la ruine est pour celui qui ouvre ses lèvres toutes grandes.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Qui veille sur sa bouche, garde son âme, littéralement : la vie. Il éloigne les vengeances qui mettraient sa vie en danger. Comparez 21.23.
Qui ouvre [trop] ses lèvres : qui parle trop, ou inconsidérément (12.23). Comparez le verset entier à 18.21.
v. 3 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui garde sa bouche garde sa vie. Celui qui tient sa bouche fermée, comme avec une bride, et l'empêche de parler des autres, en particulier de ceux qui sont en place, des rois, des princes et des magistrats, celui-là se garde tranquille et à son aise ; il s'épargne bien des ennuis où il tomberait autrement ; et il garde sa vie hors de danger, car elle y serait exposée s'il médisait des grands ou s'il prenait, comme certains, des libertés qui les mènent à une fin prématurée (voir Proverbes 18:21). D'ailleurs, chacun doit veiller à ses paroles, puisque c'est par elles qu'un homme sera justifié ou condamné dans l'au-delà (Matthieu 12:37).
Mais celui qui ouvre grand ses lèvres court à sa ruine, ou à sa « terreur » : l'homme irréfléchi et impulsif, prompt de la langue, le bavard qui dit librement tout ce qui lui passe par la tête, sans égard pour la réputation d'autrui ni pour les conséquences, se retrouve souvent dans les transes et les alarmes, à cause des menaces des puissants dont il a trop librement parlé, et il finit souvent par se perdre. De même celui dont la gorge est un sépulcre ouvert, d'où sortent des paroles infâmes, des jurons abominables, des malédictions et des imprécations : la ruine est près de lui dans toutes ses voies ; et l'homme de péché, qui ouvre la bouche pour blasphémer contre Dieu, contre sa demeure et contre ses saints, ira à la perdition (Apocalypse 13:5,6 ; 17:8).
4 L’âme du paresseux désire, et il n’y a rien ; mais l’âme des diligents sera engraissée.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Sera rassasiée, littéralement : engraissée.
C'est ici un des nombreux proverbes dirigés contre la paresse. Voir 12.27.
v. 4 · John Gill · 18/10/2026
L'âme du paresseux a des désirs, et il n'a rien. Il désire le savoir, mais ne veut pas se donner la peine de l'acquérir, et il ne l'a donc pas ; il désire la richesse, mais ne veut pas employer les moyens, être actif et travailleur, et il en est donc dépourvu ; il désire de beaux habits et de riches vêtements, mais ne veut pas travailler pour les avoir, et il est donc couvert de haillons ; il désire de la nourriture, et en abondance, mais refuse de travailler pour l'obtenir - or celui qui ne veut pas travailler ne doit pas manger ; aussi n'a-t-il rien, mais il meurt de faim. Et dans l'ordre spirituel : le paresseux désire le ciel et le bonheur, mais ne veut pas s'astreindre aux devoirs de la religion ; il voudrait mourir de la mort du juste, mais ne veut pas en vivre la vie ; s'abstenir du péché et vivre sobrement et justement lui paraît un service trop dur ; il ne veut ni faire ni souffrir quoi que ce soit pour la cause du Christ et de la vraie religion. Jarchi note :
« dans le monde à venir, il verra la gloire du sage et la désirera, mais ne l'atteindra pas » ;
mais l'âme des diligents sera rassasiée : ils deviennent riches, s'accroissent en biens temporels et jouissent d'une grande prospérité. Et de même dans l'ordre spirituel : ceux qui s'appliquent à l'usage des moyens, qui écoutent constamment la Parole et fréquentent les ordonnances, et qui travaillent pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, ceux-là sont comblés et rassasiés comme de moelle et de graisse ; ils deviennent florissants et féconds en toute bonne parole et en toute bonne œuvre, et parviendront enfin à cet état où il n'y aura plus ni faim ni soif.
5 Le juste hait la parole mensongère, mais le méchant se rend odieux et se couvre de honte.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Il y a toujours un élément de mensonge et d'exagération dans les diffamations et les outrages. Le juste, qui a toute fausseté en horreur, ne tombera donc pas dans ces péchés.
v. 5 · John Gill · 18/10/2026
Le juste hait le mensonge ; ou : « la parole de fausseté », comme étant contraire à l'honneur, à la vérité et à la conscience. Il le hait chez lui et chez les autres ; il hait toute espèce de mensonge : les mensonges de la conversation ordinaire, les mensonges religieux, les mensonges de doctrine, les fausses doctrines, les mensonges débités avec hypocrisie, tels que les partisans de l'Antéchrist en répandent, ayant été livrés à eux pour être condamnés (1 Timothée 4:2 ; 2 Thessaloniciens 2:11,12) ; toutes choses en horreur à Dieu et à tous les gens de bien (Apocalypse 21:27).
Mais le méchant se rend odieux et court à la honte ; ou : il « répand une puanteur ». Tous les méchants sont odieux et détestables, étant profondément corrompus dans leurs principes comme dans leur conduite, tout souillés de péché et couverts de plaies, de meurtrissures et de blessures purulentes, de la plante des pieds au sommet de la tête ; et surtout les menteurs, qui souvent tombent en pleine honte et en pleine confusion dès cette vie, et qui subiront ensuite une honte et un mépris éternels. Ou : il « se rend lui-même puant » aux narines de tous les gens de bien, et se couvre ainsi de honte ; ou encore : il « creuse » - métaphore tirée, comme le pense Cartwright, de ceux qui creusent la terre, où les gens couverts de honte voudraient bien cacher leur tête.
6 La justice garde celui qui est intègre dans sa voie, mais la méchanceté renverse le pécheurd 6 litt. : le péché. .
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Maxime analogue à 11.5. Au lieu de la forme concrète : l'homme intègre en ses voies et le pécheur, l'hébreu emploie la forme abstraite : l'intégrité de voie et le péché, pour désigner d'une manière plus frappante le double rapport possible de l'homme avec Dieu. La justice du juste, venant de Dieu même, est une garantie de vie et de stabilité. Le péché (chattâth) est une fausse route sur laquelle on manque son but.
v. 6 · John Gill · 18/10/2026
La justice garde celui dont la voie est intègre. Les hommes de droiture et d'intégrité, dont le cœur est sincère dans les voies de Dieu : le principe de grâce et de justice qui est en eux les y maintient et ne leur permet pas de s'engager dans des sentiers tortueux. La parole de justice, la doctrine de l'Évangile, est un moyen de les préserver du péché et de les garder dans le bon chemin ; et en particulier la doctrine de la justice du Christ et de la justification par elle, qui est un puissant antidote contre le péché et un motif puissant d'accomplir les bonnes œuvres et tous les devoirs de la religion : elle engage les hommes à observer tous les commandements du Christ et à marcher dans toutes ses voies, et elle préserve grandement des fausses doctrines et du culte antichrétien.
Mais la méchanceté renverse le pécheur : elle cause sa ruine totale et le fait punir d'une destruction éternelle. Le texte hébreu porte littéralement « le péché » : le pécheur est ainsi nommé parce qu'il est méchanceté pure, comme le remarque Jarchi ; il n'est que péché, une pure masse de péché et de corruption. Aben Ezra traduit « l'homme de péché », et l'on peut fort bien l'appliquer à celui qui porte proprement ce nom et qui est aussi le fils de la perdition, et qui, pour sa méchanceté, sera renversé et détruit à la venue du Christ et par l'éclat de celle-ci (2 Thessaloniciens 2:3,8).
7 Tel fait le riche et n’a rien du tout ; et tel se fait pauvre et a de grands biens.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 12.9, pour le fond, et 12.18, pour la forme. L'auteur se borne à énoncer des faits observés fréquemment, sans en déduire aucune conclusion morale. Celle qui résulte tout naturellement de ces faits, c'est qu'il y a chez l'homme une grande inclination à se déguiser, Le sage ne doit pas craindre de paraître ce qu'il est.
v. 7 · John Gill · 18/10/2026
Tel fait le riche et n'a rien. Certains font grand étalage de richesse et voudraient passer pour riches : ils s'habillent luxueusement, mènent grand train, se montrent en grand apparat, et n'ont pas un sou vaillant ; ce qu'ils font pour satisfaire leur orgueil et leur ambition, et pour amener les autres à leur confier leurs biens. Ainsi en va-t-il dans l'ordre spirituel : certains, comme les hypocrites, voudraient passer pour riches en grâce et posséder toutes les grâces de l'Esprit, la foi, l'espérance et l'amour, alors qu'ils n'ont rien d'une grâce véritable, mais seulement sa contrefaçon ; la racine de la chose n'est pas en eux ; aucun principe de vie et de grâce, seulement un nom de vivant ; rien de la puissance, seulement la forme de la piété ; aucune huile de grâce dans les vases de leur cœur, seulement la lampe d'une profession extérieure. D'autres, comme les pharisiens, voudraient passer pour riches en bonnes œuvres, alors qu'il n'y a rien de bon en eux et qu'ils ne font rien de spirituellement bon : ou bien ce qu'ils font n'est pas conforme à la volonté révélée de Dieu - comme beaucoup de choses que faisaient jadis les pharisiens et que font aujourd'hui les papistes -, ou bien cela ne procède pas de l'amour, ni ne se fait dans la foi, ni au nom et par la force du Christ, ni pour la gloire de Dieu par lui. D'autres, les mêmes, voudraient passer pour riches en justice, alors qu'ils n'en ont aucune de véritable : ni la justice de la loi, qui exige une obéissance parfaite ; ni la justice de la foi, qui est celle d'un autre - car la justice de Dieu est imputée et se passe des œuvres des hommes ; ils n'ont aucune justice qui puisse les justifier, les sauver ou les conduire au ciel. D'autres, comme les arminiens, voudraient passer pour riches en force spirituelle et en pouvoir de leur libre arbitre, alors qu'ils n'ont ni la volonté ni le pouvoir de faire quoi que ce soit de spirituellement bon : ni de se régénérer et de se convertir eux-mêmes, ni de venir au Christ, ni d'accomplir aucune bonne œuvre. D'autres, comme les partisans de la perfection, voudraient passer pour si riches qu'ils seraient exempts de péché et parfaits en grâce, alors qu'ils n'en ont aucune - comme le dit l'apôtre (1 Jean 1:8) ; leur portrait est tracé en Éphraïm, et c'est son langage qu'ils tiennent (Osée 12:8). L'Église apostate de Rome voudrait passer pour riche des mérites des saints et des œuvres surérogatoires, alors qu'elle n'a aucun mérite, et qu'il n'est même pas possible à une créature de mériter quoi que ce soit auprès de Dieu ; à comparer avec tout cela Apocalypse 3:17.
Tel fait le pauvre et a de grandes richesses. Il y a en effet des gens qui, à l'inverse, se rabaissent beaucoup et vivent très modestement, comme s'ils étaient pauvres : soit par avarice, soit pour ne pas s'attirer l'envie de leurs voisins, ou pour ne pas inciter leurs amis à leur emprunter, ou pour ne pas tenter les voleurs, ou pour quelque autre mobile mesquin. Le pape de Rome affecte parfois la pauvreté, quoique en d'autres occasions et à d'autres égards il veuille passer pour riche : lors de la procession du Latran, le pape nouvellement élu jette au peuple quelques pièces de cuivre en disant, comme Pierre dont il prétend être le successeur : « Je n'ai ni argent ni or » (Actes 3:6) - et pourtant il entre en possession de grandes richesses. On peut aussi appliquer ces mots au spirituel, en bonne part : certains ont conscience de leur pauvreté spirituelle et l'avouent ; ils expriment franchement ce qu'ils sentent de leur néant et de leur indignité ; ils déclarent n'avoir rien et ne pouvoir rien ; ils renoncent à toutes leurs œuvres dans l'affaire du salut et l'attribuent tout entier à la grâce de Dieu ; ils ont d'eux-mêmes des pensées très humbles et parlent d'eux très bas, comme du dernier des saints et du premier des pécheurs. Certains même vont trop loin dans l'expression de cette pauvreté et refusent de croire qu'ils possèdent les vraies richesses de la grâce, ou du moins de le reconnaître, s'abandonnant à leurs doutes et à leurs craintes alors qu'ils possèdent beaucoup - et certains pensent que ces mots leur conviennent. Quoi qu'il en soit, ils s'appliquent aux « pauvres en esprit » (Matthieu 5:3) tels qu'on vient de les décrire, qui pourtant ont « de grandes richesses » : les richesses de la grâce qui justifie, les richesses de la justice du Christ ; les richesses de la grâce qui pardonne, et largement, puisqu'il leur est beaucoup pardonné ; les richesses de la grâce qui sanctifie, la foi, plus précieuse que l'or périssable, et toutes les autres grâces ; les richesses de la connaissance spirituelle, préférables à l'or et à l'argent. Ils ont le Christ, et avec lui toutes choses ; ils ont Dieu pour part et pour immense récompense ; ils ont un grand domaine, un héritage incorruptible, dans le ciel ; ils y ont un bien meilleur et plus durable ; « le royaume des cieux est à eux » (Matthieu 5:3), il leur est préparé et il leur est donné ; à comparer avec 2 Corinthiens 6:10.
8 La rançon pour la vie d’un homme, c’est sa richesse ; mais le pauvre n’entend pas la réprimandee 8 litt. : tancement. .
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
N'aie point de honte, et ne te fâche point de la pauvreté, si Dieu te l'envoie : il est des temps où elle est avantageuse car les richesses sont souvent cause que leur possesseur est épié, vexé et rançonné par les voleurs ou par les gouverneurs iniques ; mais le pauvre n'est point travaillé de la crainte de ces choses (Pierre de Launay). La richesse a son utilité ; mais mieux vaut encore être négligé par les voleurs.
Cependant, si l'on se rappelle 10.15, on peut se demander si notre verset ne signifie pas : Le riche se rachète ; le pauvre est immédiatement tué, les menaces ne serviraient de rien auprès de lui.
v. 8 · John Gill · 18/10/2026
La rançon de la vie d'un homme, ce sont ses richesses - comme ce fut le cas de Ben-Hadad entre les mains du roi d'Israël (1 Rois 20:34), et des trésors que dix hommes avaient dans les champs, à cause desquels Ismaël, fils de Nethania, ne les tua pas (Jérémie 41:8). Voilà l'avantage de la richesse : quand un homme est fait prisonnier de guerre, ou pris par des pirates, ou tombé aux mains de voleurs et de brigands, il peut se racheter avec son argent ; quand sa vie est menacée par la maladie, il peut se procurer les remèdes qu'il faut ; quand elle l'est par la famine, il peut se procurer de quoi manger - ce que le pauvre ne peut pas faire. Mais cela ne marche pas toujours, et cela ne vaut que pour la vie du corps ; car pour ce qui est de la rédemption spirituelle et éternelle de l'âme, il y faut un prix bien supérieur à des choses corruptibles comme l'argent et l'or : rien de moins que le sang précieux du Christ n'y suffit (Job 36:18 ; Psaume 49:6-8 ; 1 Pierre 1:18,19). Au reste, ces mots peuvent désigner moins la commodité que l'inconvénient de la richesse : car elle invite souvent les voleurs à s'en prendre aux personnes et à forcer leurs maisons, mettant leur vie en danger ; et elle pousse les méchants à monter des complots et des accusations contre les riches, uniquement pour leur soutirer leur argent, ce qui met leur vie en péril et ne se rachète justement que par leur fortune.
Mais le pauvre n'entend pas de menace : on ne monte contre lui ni charge ni accusation ; on ne lui adresse ni reproche ni semonce ; on ne fait pas attention à lui, parce qu'il n'y a rien à lui prendre. Il peut dormir la porte ouverte, aucun voleur ne le dérangera ; il peut voyager sur les routes sans qu'on lui crie « halte ». Jarchi entend cela de celui qui est pauvre en fait de loi et qui n'écoute pas les reproches et les avertissements qu'on lui donne pour qu'il quitte le mal. Mais on peut plutôt l'appliquer aux pauvres en esprit, qui ne se fient pas à eux-mêmes ni à leur propre justice, mais à la grâce de Dieu et à la justice du Christ : ceux-là, il est vrai, entendent les reproches des gens de bien et les prennent bien, comme ils entendent ceux des méchants sans leur rendre insulte pour insulte, et comme ils entendent les avertissements de la Providence et les corrections de leur Père céleste - mais jamais ils n'entendront de lui aucun reproche de colère, ici-bas ni dans l'au-delà. Tandis que ceux qui se croient riches, qui se fient à leur fortune et à leur justice et pensent racheter leur âme de la mort par elles, seront repris au milieu des flammes.
9 La lumière des justes est joyeuse, mais la lampe des méchants s’éteindra.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
La lumière des justes est celle que Dieu fait briller sur leur sentier et qui, venant de lui, ne peut perdre son éclat. Un flambeau est une lumière artificielle et passagère.
v. 9 · John Gill · 18/10/2026
La lumière des justes brille joyeusement : la lumière de joie et d'allégresse, semée pour eux et qui se lève pour eux ; la lumière de la connaissance spirituelle et de l'expérience qu'ils ont ; la lumière de la saine doctrine ; la lumière des bonnes œuvres et d'une conduite conforme à l'Évangile. Et tout cela, aussi agréable à eux-mêmes qu'aux autres, ne cesse de croître jusqu'au plein jour, et cela dure ; d'où la traduction de la Septante et de la version arabe : « la lumière est toujours pour les justes » - ce qui sera surtout vrai aux derniers jours, et particulièrement dans la Jérusalem nouvelle, où il n'y aura plus de nuit (Apocalypse 21:23-25).
Mais la lampe des méchants s'éteindra : la lumière des justes est comme celle du soleil, éclatante et agréable, tandis que celle des méchants est comme celle d'une lampe, plus faible et moins plaisante, et elle ne durera pas ; leur prospérité est de courte durée, leur joie n'est que d'un instant, les plaisirs du péché ne sont que pour un temps ; leur chandelle s'éteint vite, elle s'éteint dans les ténèbres épaisses, et eux-mêmes sont réservés à l'obscurité des ténèbres (Job 18:5,6 ; 20:5 ; Proverbes 20:20). Si prospère et si florissant qu'ait été et que soit le royaume de l'Antéchrist, il sera rempli de ténèbres (Apocalypse 16:12).
10 Ce n’est que de l’orgueil que vient la querelle, mais la sagesse est avec ceux qui se laissent conseiller.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Les orgueilleux, considérant leur manière de voir comme la seule juste, et ne profitant des avis de personne, s'engagent à l'étourdie dans maintes difficultés.
Avec ceux qui reçoivent : qui sont assez humbles pour recevoir (11.2).
v. 10 · John Gill · 18/10/2026
Ce n'est que par orgueil qu'on excite les querelles. Elles viennent aussi d'autre chose, mais surtout de là, et il n'y a pas de querelle sans lui. Ou : « vraiment », « assurément », « certainement, c'est par orgueil », etc. À moins qu'il ne vaille mieux traduire : « un homme creux, par orgueil, suscitera la querelle » - un homme vide de connaissance et de sagesse ; car ce sont généralement les plus vides qui sont les plus orgueilleux, et ils sont très portés à susciter des querelles et à fomenter des divisions. Les querelles dans les familles, dans les voisinages, dans les villes, les cités et les pays, comme dans les Églises, tiennent généralement à l'orgueil. Que de querelles et de troubles l'orgueil du pape de Rome n'a-t-il pas semés dans les royaumes et les États, dans les conciles et dans l'Église de Dieu !
Mais la sagesse est avec ceux qui se laissent conseiller : ceux qui sont humbles et modestes demanderont conseil à Dieu, consulteront les saints oracles et prendront l'avis de ceux qui les dépassent en savoir et en intelligence ; ainsi ils ne susciteront pas eux-mêmes de querelles et ne se joindront pas à ceux qui en suscitent, mais feront tout leur possible pour les apaiser - montrant par là que la vraie sagesse est chez eux.
11 Les biens qui viennent de la vanité diminuent, mais celui qui amasse à la main les accroîtra.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Quelques manuscrits ponctuent les trois mots du premier membre du verset, de manière à leur faire signifier : Richesse diminue plus (vite) que vanité : les richesses s'évanouissent comme un souffle. Mais ainsi, la seconde partie du verset ne se comprend pas. La vraie ponctuation massorétique conduit au sens que nous proposons : Les richesses qu'on obtient par des moyens rapides, mais hasardeux, par des spéculations d'où l'élément du travail est absent, ne jouissent pas de la bénédiction de Dieu.
Peu à peu, littéralement : par main, poignée après poignée.
v. 11 · John Gill · 18/10/2026
La richesse acquise par la vanité diminuera : acquise par des voies injustes ou illégitimes, soit par le vol et le brigandage, comme dit Aben Ezra ; soit par la fraude et la tromperie, en roulant et en dupant autrui ; soit par des pratiques frivoles, comme les cartes ou les dés, le théâtre et autres choses semblables ; soit par des arts curieux et illicites, comme la nécromancie et l'astrologie judiciaire. Tout ce qui s'acquiert par des voies coupables dure rarement longtemps ; cela diminue peu à peu jusqu'à s'évanouir (voir Jérémie 17:11) ; et parfois cela s'en va très vite et tout d'un coup. Ainsi cette masse de richesses que l'Église de Rome a amassée par ses pratiques vaines et coupables - par son idolâtrie, ses pardons et ses indulgences - sera anéantie en une heure (Apocalypse 18:17).
Mais celui qui amasse par le travail s'enrichira ; ou : « celui qui amasse par la main » ou « dans la main » : par le travail de ses mains, honnêtement, ou d'une main diligente, qui enrichit ; celui qui travaille de ses mains et gagne assez pour se soutenir lui et les siens, et pour donner à ceux qui sont dans le besoin ; qui ne l'enferme pas dans des coffres, mais le garde en main pour le distribuer : ceux-là prospèrent généralement. Certains manuscrits portent : « celui qui amasse pour la main », qui amasse et le met dans la main d'autrui, qui donne largement aux pauvres ; celui-là s'enrichira, comme il arrive souvent aux gens généreux. Ainsi le Targum :
« celui qui amasse et donne au pauvre verra ses biens s'accroître. »
12 L’attente différée rend le cœur malade, mais le désir qui arrive est un arbre de vie.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Espoir différé. Quelle est la chose du monde la plus longue ? disait un ancien. L'espérance. Les traducteurs alexandrins ont entièrement transformé le texte hébreu, très clair pourtant et qui offre une pensée parfaitement juste, et ils en sont venus à donner à cette maxime la forme suivante : Celui qui commence à nous aider vaut mieux que celui qui promet de le faire. C'est une application, et non une traduction.
Arbre de vie : voir 3.18.
v. 12 · John Gill · 18/10/2026
Une espérance différée rend le cœur malade : lorsque l'objet espéré n'est pas obtenu aussi vite qu'on l'attendait, ou du moins qu'il tarde quelque temps, l'esprit s'inquiète, le cœur s'affaisse et défaille, et l'homme se décourage, prêt à renoncer à tout espoir d'obtenir la chose désirée - qu'il s'agisse d'être délivré d'un mal ou de posséder un bien.
Mais le désir accompli est un arbre de vie : quand ce qu'on a espéré et souhaité, et longtemps attendu et désiré, arrive enfin ; quand les vœux d'un homme se réalisent, cela lui est aussi agréable que l'arbre de vie l'était au jardin d'Éden : cela lui donne une joie et un plaisir indicibles. On peut l'appliquer, au sens spirituel, à bien des choses. D'abord à la première venue du Christ ; certains ont même pensé que c'était là ce qui était surtout visé. C'était l'objet de l'espérance des saints de l'Ancien Testament, et une espérance bien fondée, reposant sur la promesse de Dieu, souvent répétée, élargie et confirmée ; et pourtant ce bienfait promis et espéré fut longtemps différé : de la première promesse à son accomplissement, il s'écoula quatre mille ans. Ce ne fut pas plus long que le temps fixé, mais plus long que ne l'attendaient les saints, ce qui rendait parfois leur cœur malade : ils devenaient faibles et défaillants, craintifs et découragés, de peur que cela n'arrivât jamais - d'où de nouvelles promesses et de nouvelles assurances qui leur furent données (voir Ésaïe 35:3,4 ; Habaquq 2:3 ; Malachie 3:1). Mais quand vint « le désir », c'est-à-dire le Christ, l'objet désiré - désirable pour les perfections de sa personne, pour ses qualifications de Médiateur, pour l'œuvre de rédemption et de salut qu'il venait accomplir, et pour les bienfaits qu'il apportait ; celui qui est « le désiré de toutes les nations » et qui devait venir (Aggée 2:7) -, ce fut une joie et un ravissement extrêmes pour tous ceux qui l'attendaient et qui espéraient la délivrance en Israël. « Le désir qui vient », comme on peut traduire, est « un arbre de vie », ou « de vies », l'auteur de la vie naturelle, spirituelle et éternelle (voir Proverbes 3:18). On peut aussi l'appliquer à la présence spirituelle du Christ et à la communion avec lui : les croyants, quand ils en sont privés, l'espèrent et l'attendent ; et parfois elle tarde longtemps, ou du moins ils le croient, ce qui les rend très mal à l'aise, et même malades d'amour, comme l'était l'Épouse (Cantique 5:8) ; mais quand ce qu'ils désirent si ardemment leur est accordé, c'est comme s'ils étaient au jardin d'Éden, ou plutôt au paradis d'en haut, cueillant les fruits de l'arbre de vie. On peut enfin l'appliquer à la gloire et au bonheur éternels : voilà l'objet de l'espérance dans la condition présente ; on les attend et on les désire parfois avec impatience, et le langage de l'âme est alors : « Pourquoi son char tarde-t-il tant à venir ? », « viens, Seigneur Jésus, viens bientôt » (Juges 5:28 ; Apocalypse 22:20). Et quand ce bonheur tant attendu sera possédé, qu'il sera doux ! et d'autant plus doux qu'il aura été si longtemps désiré et appelé ; quand les saints seront dans le paradis de Dieu, mangeront de l'arbre de vie qui est au milieu et n'auront plus jamais faim.
13 Qui méprise la parole sera lié par ellef 13 ou : se ruine lui-même. ; mais qui craint le commandement, celui-là sera récompensé.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
La parole désigne sans doute ici la parole de Dieu, ses commandements ; comparez 16.20, où le mot parole est en parallèle avec l'Eternel.
En devient le débiteur, littéralement : lui emprunte sur gages. L'homme qui a méprisé les préceptes divins en ne leur obéissant pas, a contracté vis-à-vis d'eux une dette qu'il paiera sous la forme du châtiment qui l'attend et que la parole a annoncé.
v. 13 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui méprise la parole se perd. La Parole de Dieu - soit le Christ, la Parole essentielle, ce qui serait un très grand mal, vu la dignité de sa personne ; une grande ingratitude, vu la grâce de sa charge ; et un très grand danger, vu combien cette Parole est vivante, tranchante et puissante ; et l'on peut dire qu'il le méprise, celui qui méprise ses serviteurs et l'Évangile qu'ils prêchent - ce qui peut aussi être le sens du mot « parole » ici, l'Évangile étant la parole de Dieu et de la vérité, la parole de justice, de paix, de vie et de salut, et qui est folie pour ceux qui périssent ; et ceux pour qui elle l'est périront et seront punis d'une ruine éternelle pour l'avoir méprisée et lui avoir désobéi. Ou bien il s'agit de la Parole écrite, les Écritures, qui sont inspirées de Dieu et méritent donc la plus grande révérence, et que pourtant l'homme de péché et les siens méprisent grandement, leur préférant leurs traditions non écrites et les annulant ainsi ; tels sont tous les faux docteurs, qui les méprisent ou les tordent : ils s'attirent à eux-mêmes la ruine, car on peut aussi traduire « il s'attirera la ruine » ou « il en subira le dommage » - ainsi le Targum : par la parole elle-même ; la version syriaque : « par elle » ; la version arabe : « par le commandement lui-même », par les menaces qu'il contient et conformément à elles ; ou bien : « à cause d'elle », à cause du mépris qu'il en a fait.
Mais celui qui craint le commandement - qui reçoit la parole avec respect, qui tremble devant elle, qui craint Dieu, garde ses commandements et redoute de les transgresser -
sera récompensé ; « par le bien », ajoute le Targum ; car il y a une grande récompense à garder les commandements de Dieu. Ou : il « jouira de la paix », ou « sera en sûreté » ; car ceux qui aiment la loi de Dieu et la servent jouissent d'une grande paix. Ou encore : il « sera sain et sauf, en bonne santé », tandis que ceux qui la méprisent « seront corrompus », selon une traduction possible du mot du premier membre.
14 L’enseignement du sage est une fontaine de vie, pour faire éviter les pièges de la mort.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Début du verset: comparez 10.11 ; et pour tout le verset, 14.27.
Qui détourne, littéralement : pour détourner. Cet enseignement sert à détourner. Voir 15.24.
v. 14 · John Gill · 18/10/2026
L'enseignement du sage est une source de vie ; ou : sa « doctrine » : la doctrine de ceux que la Parole a instruits et qui sont devenus sages pour le salut ; les paroles ou les doctrines des sages, qui sont données par un seul Berger ; les leçons de ceux qui ressemblent à des scribes bien instruits du royaume des cieux. Elles sont comme une source d'eau vive, qui sert à donner la vie aux pécheurs morts, à ranimer et à rafraîchir les saints épuisés, qui met en lumière la vie et l'immortalité, et qui indique et conduit à la vie éternelle. Et elles dirigent ainsi les âmes
pour détourner des pièges de la mort : les pièges du péché, de Satan et du monde, pour les éviter et les fuir - pièges où les hommes s'empêtrent et qui les mènent à la ruine et à la mort.
15 Le bon sens procure la faveur, mais la voie des perfides est dure.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Une raison saine. Voir 3.4. Quand on apprécie avec justesse la valeur des gens et des choses, et qu'on discerne la conduite qu'il faut suivre dans les cas difficiles, on obtient un bon témoignage de chacun.
Rude, comme le roc, dure. Les perfides repoussent par leur insensibilité ; ne se laissant diriger que par leur égoïsme, ils sont étrangers aux considérations d'une saine raison.
v. 15 · John Gill · 18/10/2026
Une raison saine procure la faveur. Une raison saine dans les choses naturelles et civiles vaut à un homme la faveur des autres ; de même une raison saine dans les choses divines et spirituelles lui vaut la faveur des gens religieux, le fait remarquer d'eux et le leur rend agréable. Et nul n'a une telle intelligence si elle ne lui est donnée ; et ceux qui la montrent sont ceux qui pratiquent les commandements de Dieu (Psaume 111:10). Les Israélites, pour avoir et garder les statuts du Seigneur, passaient auprès des autres pour un peuple sage et intelligent ; et le Christ, comme homme, croissant en sagesse, croissait aussi en faveur auprès de Dieu et des hommes. On peut traduire « la bonne doctrine », comme la Vulgate, ou « la doctrine droite », comme la version arabe, « donne la grâce » : elle est le moyen de porter la grâce dans le cœur des hommes et de l'y faire croître. Et pourquoi ne pas traduire : « la grâce donne une saine intelligence » ? car il est certain que l'intelligence qui permet de connaître Dieu et le Christ est un don de la grâce (1 Jean 5:20).
Mais la voie des traîtres est rude : ingrate et déplaisante pour eux-mêmes comme pour les autres ; c'est un chemin raboteux et pierreux, où ils trébuchent et tombent ; ils ne peuvent y marcher avec plaisir, une fois leur conscience réveillée, alors qu'ils sont chargés de culpabilité et remplis d'effroi ; et cette voie ne peut qu'être odieuse à ceux qui en ont vu le mal.
16 Tout homme avisé agit avec connaissance, mais le sot fait étalage de sa folie.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
L'homme avisé (12.23) ne fait pas parade de sa sagesse ; il se borne à agir sagement. L'insensé parle beaucoup et, par tout ce qu'il fait, étale sa sottise comme un colporteur sa marchandise.
v. 16 · John Gill · 18/10/2026
Tout homme avisé agit avec connaissance - pour en acquérir davantage, et il fréquente pour cela les gens de savoir ; tout ce qu'il fait, il le fait avec discernement ; il ne se mêle pas de ce qu'il ignore et n'a pas affaire à des gens qu'il ne connaît pas ; il parle et agit avec connaissance, prudemment, sagement, en tenant bien compte du moment, du lieu et des personnes. Et tout homme sage et bon s'occupe de la connaissance évangélique et s'applique à croître dans la connaissance de l'Évangile et de ses mystères, dans la connaissance du Christ et de Dieu en Christ - ce qui aboutit à la vie éternelle.
Mais l'insensé étale sa folie ; ou : il la « déploie » et l'expose aux yeux de tous, par ses propos ineptes et ses actes irréfléchis.
17 Un messager méchant tombe dans le mal, mais un ambassadeur fidèle est santé.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Le messager : l'agent, chargé par autrui d'une tâche ou d'une mission.
Méchant : malicieux, infidèle, qui fausse les choses à son avantage. Celui-là non seulement fait tomber dans le malheur celui qui l'emploie, mais tombera lui-même.
L'envoyé fidèle, littéralement : des fidélités, pluriel qui exprime une fidélité absolue.
Apporte la guérison, non pas aux maux causés par le précédent messager, mais en général aux cœurs inquiets.
v. 17 · John Gill · 18/10/2026
Un messager méchant tombe dans le malheur : celui qui ne fait pas correctement sa commission et ne transmet pas fidèlement son message ; un tel homme tombe du rang d'honneur où il était et se couvre de honte ; il perd la faveur de celui qui l'a envoyé, il est destitué de sa charge. Il tombe « par le mal », ou « dans le mal » : par le mal du péché, dans le mal du châtiment. De même les serviteurs pervers et les faux docteurs, ceux qui se déguisent en apôtres du Christ et en anges de lumière, qui corrompent la Parole de Dieu et la manient avec fourberie : ceux-là recevront leur juste condamnation ; car ils font beaucoup de mal aux âmes, et c'est pourquoi ils tomberont eux-mêmes dans le malheur, et jusque dans la perdition éternelle.
Mais un envoyé fidèle apporte la guérison ; ou : « un ambassadeur des vérités », celui qui s'acquitte bien et loyalement de sa mission ; il est salutaire, utile et profitable, à lui-même comme à ceux qui l'envoient. Le mot rendu par « envoyé » est ailleurs traduit par « gond » (Proverbes 26:14) ; il est ainsi nommé parce que c'est sur ses négociations au-dehors que tournent, comme sur un gond, les affaires de l'État. Et l'ambassadeur du Christ qui fait fidèlement son travail, qui ne retient rien de ce qui est utile mais annonce tout le dessein de Dieu, apporte par ses saines doctrines la guérison aux âmes ; et comme il est approuvé de Dieu et du Christ, cela tourne aussi à son propre bien et à son avantage, lui à qui il sera dit un jour : « C'est bien, bon et fidèle serviteur » (Matthieu 25:23).
18 La pauvreté et la honte arrivent à qui rejette l’instruction, mais celui qui a égard àg 18 propr. : garde, observe; de même 15. 5. la répréhension sera honoré.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Littéralement : Misère et honte est qui repousse l'instruction. Celui-là devient le type de la misère. 10.17 et 13.4 nous ont déjà présenté une tournure pareille, et nous la retrouverons encore 14.35. Pour la pensée, voir 12.4 ; 15.5,32. Non seulement misère, mais aussi honte, car il aura été le propre artisan de son malheur.
v. 18 · John Gill · 18/10/2026
Pauvreté et honte à qui rejette l'instruction : celle de ses parents, de ses maîtres et des serviteurs de la Parole ; l'instruction de la sagesse, l'instruction de l'Évangile, touchant sa paix spirituelle présente et son salut éternel. De telles gens finissent généralement dans la misère et le déshonneur dès cette vie, et dans une honte et un mépris éternels dans l'autre (voir Proverbes 5:11,12).
Mais celui qui tient compte de la réprimande - la réprimande de la Parole, celle de ses serviteurs et celle de tous les gens de bien -, qui la prend bien et agit en conséquence,
sera honoré : de richesses et de considération ; et s'il n'a pas les richesses de ce monde, il aura les richesses de la grâce et de la gloire, et il sera honoré parmi les saints et par le Seigneur lui-même, qui honore ceux qui l'honorent, comme font ceux qui tiennent compte de la réprimande et de l'instruction de sa Parole (1 Samuel 2:30).
19 Le désir accompli est agréable à l’âme, mais se détourner du mal est une abomination pour les sots.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
On pourrait paraphraser : Aussi les insensés répugnent-ils à s'éloigner du mal qui leur permet de réaliser leurs désirs.
v. 19 · John Gill · 18/10/2026
Un désir accompli est doux à l'âme - que ce désir porte sur la richesse et les honneurs, sur la sagesse et la connaissance, ou sur les biens les meilleurs : la connaissance de Dieu et la communion avec lui ; la part au Christ et aux bienfaits de sa grâce, comme le pardon et la justice ; le droit et le titre à la gloire et au bonheur éternels, et la jouissance de ceux-ci. Et comme ces choses que l'âme désire sont douces quand elle les possède ! (voir verset 12). Ce sont « les désirs des hommes pieux », comme traduit la Septante.
Mais c'est en horreur aux insensés de se détourner du mal : ils ne supportent pas l'idée de se séparer de leurs convoitises, tant elles leur sont agréables, ne connaissant rien de la douceur des choses qu'on vient de dire ; et ils ne peuvent jamais en jouir sans se détourner du péché, ce qui leur répugne au plus haut point.
20 Qui marche avec les sages devient sage, mais le compagnon des sots s’en trouvera malh 20 ou : se dépravera. .
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Qui fréquente..., littéralement : Fréquente les sages et deviens (tu deviendras) sage ! Le second membre du verset présente un jeu de mots (celui qui fraie, roé..., s'en trouve mal, jérôa) que nous ne pouvons rendre en français.
v. 20 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui marche avec les sages devient sage : celui qui se fait le compagnon de ceux qui craignent le Seigneur, qui s'entretient souvent avec eux, en privé, des choses spirituelles et de leur expérience, et qui marche avec eux, en public, dans tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur ; celui-là devient de plus en plus sage et se fait un grand fonds de connaissance et d'expérience spirituelles ; car cela vaut pour la sagesse naturelle comme pour la sagesse spirituelle : quiconque a quelque capacité progresse en fréquentant des gens sages.
Mais le compagnon des insensés se perd. La Vulgate traduit : « il leur deviendra semblable » - il sera insensé comme eux et le deviendra de plus en plus. La Septante porte : « il sera reconnu », reconnu pour insensé à la compagnie qu'il fréquente. Ou plutôt : « il sera brisé », ruiné et détruit ; car « les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (1 Corinthiens 15:33) et mènent ainsi à la ruine et à la perdition.
21 Le mal poursuit les pécheurs ; mais le bien est la récompense des justes.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Littéralement : Mais il récompense les justes par le bonheur. Le sujet vaguement indiqué ainsi serait Dieu. Cette forme de langage est assez fréquente dans Job (Job 3.20 ; 30.11).
v. 21 · John Gill · 18/10/2026
Le malheur poursuit les pécheurs : ils poursuivent le mal du péché, et le mal du châtiment les poursuit et finit par les rattraper ; leur condamnation, qui semble sommeiller et tarder, ne fait rien de tel : elle est lancée à toute allure derrière eux et les saisira bientôt. Certains l'entendent du mal du péché dans la conscience, qui poursuit le pécheur et le remplit d'effroi.
Mais le bien sera rendu aux justes ; ou : « il rendra aux justes le bien », c'est-à-dire Dieu ; pour tout le bien qu'ils ont fait, à partir de bons principes et en vue d'une bonne fin - et ces bonnes œuvres les suivront ; et pour tous les maux qu'ils ont soufferts à cause de la justice, une récompense leur sera donnée, non par dette mais par grâce ; ayant eu ici-bas leurs maux, ils auront ensuite leurs biens ; et souvent d'ailleurs ils sont récompensés dès cette vie, soit en eux-mêmes, soit en leur descendance, comme le dit la suite.
22 L’homme de bien laisse un héritage aux fils de ses fils, mais la richesse du pécheur est réservée pour le juste.
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
L'homme de bien laisse après lui une fortune d'abord, puis une postérité florissante qui en jouit. Ce verset, comme notre livre tout entier, pose la règle : Fais bien et bien te sera ! sans se préoccuper des démentis que lui donne l'expérience terrestre.
v. 22 · John Gill · 18/10/2026
L'homme de bien laisse un héritage aux enfants de ses enfants : non seulement il a de quoi subvenir aux besoins présents de sa maison, mais il prospère et réussit au point de laisser un héritage, qui se transmet et se conserve non seulement chez ses enfants immédiats, mais aussi chez les leurs ; car, honnêtement acquis, il dure (voir verset 11).
Et la fortune du pécheur est mise en réserve pour le juste : les richesses que les méchants amassent sont, dans les desseins de Dieu, réservées aux gens de bien ; et sa providence les fait passer des uns aux autres. Ainsi les richesses des Égyptiens étaient destinées aux Israélites, et la providence de Dieu les leur remit entre les mains (voir Job 27:16,17 ; Proverbes 28:8 ; Ecclésiaste 2:26).
23 Il y a beaucoup à manger dans le défrichement des pauvres, mais il y a ce qui se perdi 23 ou : mais il y a tel qui se perd. faute de règlej 23 ou : justice. .
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Le champ défriché. L'hébreu désigne une pièce de terre cultivée pour la première fois. Le pauvre n'a peut-être à son usage qu'un morceau de terrain inculte, dont personne n'avait voulu jusque là, ou qui, faute d'entretien, était devenu sauvage, et sur lequel il doit travailler longtemps pour le rendre propre à la culture. Le travail fidèle de ce pauvre est récompensé et procure son relèvement matériel, tandis qu'un homme beaucoup mieux fourni de biens terrestres déchoit faute de probité et de crainte de Dieu.
v. 23 · John Gill · 18/10/2026
Le champ défriché du pauvre donne beaucoup de nourriture. Ce sont généralement les pauvres qui travaillent la terre ; et de leur peine à labourer et à semer vient beaucoup de nourriture pour les hommes, du pain pour celui qui mange et de la semence pour celui qui sème. Ou bien il s'agit du petit fermier qui n'a que quelques arpents à cultiver, et qui pourtant, par son application et son travail, avec la bénédiction de Dieu, gagne confortablement de quoi vivre pour lui et les siens : de quoi manger pour l'année et de quoi ensemencer de nouveau son champ l'année suivante.
Mais tel se perd faute de jugement : faute de discernement pour cultiver sa terre et mener ses affaires agricoles, discernement qui est un don de Dieu (Ésaïe 28:26) ; ou bien « par injustice », comme traduisent certains : faute d'agir avec droiture, en ne payant pas à ses ouvriers le salaire qu'il leur doit - et sa récolte est frappée de malédiction et se perd. On peut appliquer tout cela au sens spirituel. Par les « pauvres », on peut entendre les pauvres serviteurs de l'Évangile, qui, tout pauvres qu'ils sont, en enrichissent beaucoup (2 Corinthiens 6:10) ; on trouve sous leur ministère beaucoup de nourriture spirituelle, eux qui sont employés à cultiver les Églises. Ou bien il s'agit des pauvres saints et des Églises pauvres elles-mêmes, qu'ils cultivent, et chez qui abondent les provisions spirituelles - comme chez les pauvres Églises protestantes, qui, bien qu'au désert, y sont nourries un temps, des temps et la moitié d'un temps, alors qu'il n'y a pas de nourriture dans l'Église apostate de Rome. Et par le « champ » on peut entendre l'Église du Christ elle-même, qui est « le champ de Dieu » (1 Corinthiens 3:9), sa terre labourable, qu'il a séparée et distinguée du vaste monde et à laquelle il consacre sa puissance et ses soins. Car c'est lui le cultivateur (Jean 15:1) : c'est lui qui défriche la friche du cœur des hommes ; c'est lui qui rend bonne la terre qu'il travaille ; c'est lui qui y sème la semence de la Parole et la semence de sa grâce ; c'est lui qui l'arrose de la rosée de sa grâce, fait croître son peuple comme le blé et le mûrit pour la gloire ; et quand vient la moisson, c'est-à-dire la fin du monde ou de la vie, il envoie ses moissonneurs, les anges, rassembler ce blé dans son grenier. Et il emploie les serviteurs de la Parole comme cultivateurs subalternes, comme ouvriers sous ses ordres et avec lui : ce sont eux les laboureurs qui tiennent la charrue de l'Évangile et la conduisent ; ce sont eux les semeurs qui sortent, portant la précieuse semence de la Parole, et qui la sèment sous sa direction ; ce sont eux qui arrosent le terrain ensemencé et planté, leurs doctrines tombant sur lui comme la pluie et la rosée ; et ce sont eux enfin qui rentreront leurs gerbes avec joie. Or, dans ce champ, il y a beaucoup de nourriture spirituelle : dans le champ de Dieu qu'est l'Église se trouvent la Parole et les ordonnances, où il y a du lait pour les enfants et de la viande pour les adultes, nourriture salutaire, saine, fortifiante ; c'est là que le Christ, la meilleure de toutes les nourritures, est offert à la foi - nourriture vraie et réelle, vraiment une viande et un breuvage, nourriture spirituelle, savoureuse et rassasiante, qui ranime, rafraîchit et fortifie l'âme ; il y en a en abondance, assez et de reste. Et pourtant certains se perdent faute de discernement spirituel, prenant le poison des faux docteurs au lieu de la nourriture qu'on trouve sous un ministère évangélique : ainsi les partisans de l'homme de péché sont livrés à croire au mensonge et à être condamnés ; faute de jugement, ils avalent les absurdités les plus grossières et périssent ; comme d'autres se livrent à des hérésies funestes, en niant la divinité, l'œuvre satisfactoire et la justice du Christ, et à d'autres idées qui perdent les âmes (voir Osée 4:6 ; 2 Thessaloniciens 2:10-12 ; 2 Pierre 2:1).
24 Celui qui épargne la verge hait son fils, mais celui qui l’aime met de la diligence à le discipliner.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 23.13 ; 29.15. Dans 3.12, cette règle est appliquée à Dieu dans ses relations paternelles avec les hommes. Comparez Hébreux 12.5-10.
Remarquons ce qu'il y a de piquant dans l'énoncé de cette simple pensée.
v. 24 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui épargne la verge hait son fils : celui qui retient ou écarte la verge de la correction, qui est dans sa main, qu'il a le pouvoir d'employer et qu'il doit employer au moment voulu ; celui-là, loin d'aimer son fils, peut être dit le haïr, car cette tendresse aveugle ne vaut pas mieux que la haine ; et s'il le haïssait vraiment, il pourrait difficilement lui faire pire que de ne pas le corriger pour une faute - ce fut le péché du bon vieil Éli, qui en pâtit avec ses fils.
Mais celui qui l'aime - qui aime vraiment son fils et se soucie sincèrement de son bien et de son avenir - celui-là réglera son affection sur son jugement et ne cédera pas à une tendresse aveugle qui nuirait à son enfant ; au contraire, il
le corrige de bonne heure, ou « dès le matin » : au matin de son enfance, avant que de mauvaises habitudes ne se contractent, qu'il ne s'accoutume au mal et ne s'y endurcisse ; ou bien dès qu'une faute est commise, avant qu'elle ne soit oubliée ou répétée ; ou encore chaque matin, comme disent Jarchi et Aben Ezra, c'est-à-dire continuellement, aussi souvent qu'il le faut ou que des fautes sont commises.
25 Le juste mange pour le rassasiement de son âme, mais le ventre des méchants aura disette.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 10.3 ; et, sur ce qu'a d'absolu la règle ici posée, verset 22, note.
v. 25 · John Gill · 18/10/2026
Le juste mange à satiété : il a de quoi vivre convenablement, et il se contente de ce qu'il a et en use avec mesure ; il a de quoi manger et se satisfait de sa portion, sans manger plus qu'il n'en faut ; il mange autant que son appétit le demande, et pas davantage ; il ne se laisse aller ni au luxe ni à l'excès. Et il en va de même dans l'ordre spirituel : il mange à satiété, se nourrissant des biens et de la richesse de la maison de Dieu, de la Parole et des ordonnances, des promesses de l'Évangile et de Jésus-Christ, le pain de vie ; il en est rassasié comme de moelle et de graisse.
Mais le ventre des méchants est vide : non seulement de nourriture spirituelle, dont il n'a aucun appétit, mais de nourriture matérielle ; il mourra de faim au milieu de l'abondance, faute d'avoir le cœur de porter la nourriture à sa bouche et de s'en rassasier comme la nature le demande, à cause de son avarice ; ou bien, ayant dissipé son bien dans la débauche et la luxure, il manquera de pain pour apaiser sa faim.