1 Une bonne renommée est préférable à de grandes richesses, et la bonne grâce à l’argent et à l’or.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez Ecclésiaste 7.1. Le nom des méchants au contraire tombe en pourriture (10.7).
La grâce, l'aménité dans les paroles et les actes, agit comme un charme sur les esprits et les cœurs (11.16).
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
Une bonne réputation est préférable à de grandes richesses. Le mot « bonne » n'est pas dans le texte, mais il est justement suppléé, comme le font le Targum, la Septante et la Vulgate ; car ce n'est pas n'importe quelle réputation qui vaut mieux que la richesse, ni une réputation auprès de n'importe qui : avoir bon renom auprès de certains tourne à la honte d'un homme plutôt qu'à son honneur. Mais une bonne réputation auprès des gens de bien, un nom dans la maison de Dieu, qui vaut mieux que des fils et des filles ; un nom nouveau, le nom des enfants de Dieu, que nul ne connaît sinon celui qui le reçoit : celui-là est préférable à toutes les richesses ; on ne peut se l'acheter, et il demeure là où elles ne sont pas ou lorsqu'elles sont perdues (voir Ecclésiaste 7:1).
Et la faveur vaut mieux que l'argent et l'or : la faveur de Dieu et des hommes, et surtout celle de Dieu, dont la bonté vaut mieux que la vie et que tout ce qu'elle contient. On peut aussi traduire : « la grâce vaut mieux que l'argent et l'or » - la grâce de Dieu par le Christ, la grâce du Christ, en qui habite toute la plénitude de la grâce, la grâce de l'Esprit du Christ ; la foi est plus précieuse que l'or périssable ; et si un homme donnait tous les biens de sa maison pour l'amour, on les mépriserait : l'Esprit et sa grâce ne s'achètent pas à prix d'argent.
2 Le riche et le pauvre se rencontrent : l’Éternel les a tous faits.
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est l'Eternel qui les a faits tous deux ; non pas : qui a rendu l'un riche et l'autre pauvre, mais qui leur a donné la vie (Néhémie 5.5 ; Job 31.15). Voilà ce qu'ils ne doivent pas oublier quand ils se rencontrent. Alors il n'y aura ni mépris (14.31) ni jalousie (3.31).
v. 2 · John Gill · 18/10/2026
Le riche et le pauvre se rencontrent : d'une manière hostile, disent certains ; ils se heurtent l'un à l'autre - les riches méprisent les pauvres et les pauvres envient les riches, et ils ne peuvent dire du bien les uns des autres, comme porte la version arabe. Ou bien : ils dépendent les uns des autres et ne peuvent se passer les uns des autres ; car de même que, dans le corps naturel, un membre ne peut dire à l'autre : « je n'ai pas besoin de toi », de même, dans le corps social, riches et pauvres ne peuvent dire qu'ils n'ont pas besoin les uns des autres : les riches ont besoin des pauvres pour travailler leurs terres, labourer, semer et faire tous les travaux serviles ; et les pauvres ont besoin des riches pour les employer et pour recevoir d'eux le salaire de leur travail, dont ils vivent avec leurs familles. Ou bien : ils changent parfois de condition et se rencontrent ainsi ; le pauvre s'enrichit et le riche s'appauvrit, l'un monte et l'autre descend, et ils se croisent en chemin. Ils se rencontrent en tout lieu de la terre : allez où vous voudrez, il y a des riches et des pauvres. Les riches et les pauvres pieux se rencontrent en un même lieu pour adorer Dieu ; ils se rencontrent dans l'Église évangélique, jouissant des mêmes privilèges et des mêmes ordonnances ; ils rencontreront tous le Seigneur et se rencontreront tous devant son tribunal ; et ils se rencontreront dans le ciel, où ils seront ensemble pour l'éternité et où toute distinction cessera. Et les riches et les pauvres méchants se rencontrent pour commettre le péché ; ils se rencontrent au tombeau, où il n'y a plus de différence ; et ils se rencontreront au tribunal de Dieu au dernier jour, et en enfer, où ils seront ensemble à jamais.
C'est le Seigneur qui les a faits tous les deux : non seulement comme hommes, mais comme riches et comme pauvres ; car Dieu donne la richesse à qui il veut et la pauvreté à qui il veut ; l'une et l'autre viennent selon l'ordre de sa providence, et il peut renverser les rôles quand il lui plaît. C'est pourquoi les riches doivent se regarder comme dépendant de lui, et non mépriser ni écraser les pauvres ; et les pauvres doivent se contenter de leur état, comme leur ayant été assigné par le Seigneur, qui peut le changer quand bon lui semble.
3 L’homme avisé voit le mal et se cache ; mais les simples passent outre et en portent la peine.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
L'homme avisé..., les simples. Ce singulier et ce pluriel sont significatifs.
v. 3 · John Gill · 18/10/2026
L'homme avisé voit venir le mal et se met à l'abri : l'homme sage, qui a les yeux à leur place, qui regarde autour de lui et devant lui, et qui est prudent et attentif dans sa conduite ; il voit venir le mal du péché où telle compagnie, tels pièges et telles tentations risquent de l'entraîner, et il s'en tient donc à l'écart et s'abstient de toute apparence de mal ou de ce qui pourrait l'y conduire ; et il voit venir le mal du châtiment, les jugements de Dieu qui menacent à cause du péché, et il se réfugie auprès du Seigneur, dans ces cachettes et ces chambres de retraite et de protection qu'il a préparées pour les siens, jusqu'à ce que la colère soit passée (voir Ésaïe 26:20).
Mais les naïfs vont de l'avant et en portent la peine : les insensés, dépourvus de la grâce de Dieu et de sa crainte, poursuivent, insouciants et indifférents, leur vie de péché, transgressant la loi de Dieu ; ils vont de mal en pis, de fautes légères à des péchés plus graves ; ils suivent la large route qui mène à la perdition, et ils sont punis par des châtiments temporels ici-bas et par une ruine éternelle dans l'au-delà.
4 La fin de la débonnaireté, de la crainte de l’Éternel , c’est la richesse, et la gloire, et la vie.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Plusieurs traduisent : La récompense de l'humilité, c'est la crainte de l'Eternel, la richesse, etc. Il est vrai que la crainte de Dieu est souvent une conséquence et une récompense de l'humilité. Mais on dira avec plus de raison encore que l'humilité provient de la crainte de Dieu, et nous paraphraserions : La récompense de l'humilité qui est inspirée par une vraie crainte de l'Eternel, c'est la richesse, etc. Le verset 5 va nous offrir une construction toute pareille : deux mots juxtaposés sans l'emploi de la conjonction et.
v. 4 · John Gill · 18/10/2026
Par l'humilité et la crainte du Seigneur. Certains traduisent : « la récompense de l'humilité, qui est la crainte du Seigneur », et de même le Targum : l'homme humble en est béni. La note de Jarchi est :
« c'est par l'humilité que vient la crainte du Seigneur » ;
l'humilité conduit à la crainte du Seigneur ; celui qui se comporte humblement envers les hommes en vient à la fin à craindre le Seigneur et à devenir vraiment religieux. Il vaut pourtant mieux considérer ces deux choses comme des grâces de l'Esprit de Dieu, qui vont ensemble : où est l'une est l'autre ; celui qui est humilié sous le sentiment de son péché et de son indignité craint le Seigneur, et celui qui craint le Seigneur et sa bonté marchera humblement devant lui. Toutes deux découlent de la grâce de Dieu, elles sont un grand ornement, et elles ont pour suite
la richesse, la gloire et la vie : les richesses spirituelles, les richesses de la grâce et de la gloire ; l'honneur auprès de Dieu et des hommes dès à présent ; et la vie éternelle dans le monde à venir.
5 Il y a des épines, des pièges, sur la voie du pervers ; celui qui garde son âme s’en éloigne.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Des épines. Comparez l'image de la haie d'épines qui intercepte le chemin du paresseux, 15.19.
S'en tiendra éloigné, en évitant toute perversité.
v. 5 · John Gill · 18/10/2026
Des épines et des pièges sont sur la voie de l'homme tortueux : celui qui vit à l'encontre de la volonté et de la loi de Dieu rencontre des difficultés, qui sont comme des épines, pénibles et blessantes ; et il se prend à des pièges et tombe dans des embarras dont il ne se tire pas aisément : les épines de l'affliction et les pièges de Satan ; par les unes son chemin est barré, par les autres ses pieds sont pris.
Mais celui qui veille sur son âme s'en tient loin : celui qui se soucie du bien de son âme, qui prend garde à son salut et à ses voies, et à l'endroit où il marche et à la manière dont il marche, se tiendra loin de la voie de l'homme tortueux et des épines et des pièges qui la garnissent.
6 Élève le jeune garçon selon la règlea 6 ou : à l’entrée. de sa voie ; même lorsqu’il vieillira, il ne s’en détournera point.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Forme, littéralement : initie.
Selon la voie qu'il doit suivre, littéralement : selon la mesure de son chemin, ce qui ne signifie pas : en vue de sa vocation, de son futur genre de vie, ni en tenant compte de son degré de développement, la suite de ce verset s'oppose à ces deux sens, mais : Donne-lui les moyens de marcher dans la voie du bien.
v. 6 · John Gill · 18/10/2026
Instruis l'enfant selon la voie qu'il doit suivre - comme Abraham instruisit ses enfants et les gens nés dans sa maison dans la voie du Seigneur, dans les sentiers de la justice et du droit, qui sont les voies qu'il faut suivre et qui tournent au profit et à l'avantage de chacun (voir Genèse 14:14 ; 18:19). C'est le devoir des parents et des maîtres à toutes les époques, et sous la présente dispensation de l'Évangile aussi, d'élever ceux qui sont à leur charge en les corrigeant et en les avertissant selon le Seigneur (Éphésiens 6:4) : en priant avec eux et pour eux, en les mettant sous les moyens de la grâce et sous le ministère de la Parole, en les instruisant des principes de la religion, en leur apprenant leur devoir envers Dieu et envers les hommes, et en leur donnant le bon exemple d'une vie et d'une conduite saintes. Et cela doit se faire selon leur capacité et à mesure qu'ils sont en état de comprendre et de recevoir ce qu'on leur enseigne : « selon la bouche de sa voie », comme on peut traduire littéralement ; dès qu'il est capable de parler ou de marcher, dès sa petite enfance ; ou comme on nourrit les enfants par petites bouchées, peu à la fois, selon ce que leur bouche peut recevoir.
Et quand il sera vieux, il ne s'en détournera pas : pas aisément, du moins pas ordinairement. Il y a des exceptions à cette observation ; mais en général, quand l'éducation a été bonne, les impressions qu'elle a laissées ne s'effacent pas facilement, et les hommes n'abandonnent pas ordinairement la bonne voie où ils ont été élevés. Et de toute façon, quand, parvenus à l'âge de raison et à l'intelligence, leur cœur est assaisonné par la grâce de Dieu, il leur est alors donné de mettre en pratique ce qu'ils ne connaissaient jusque-là qu'en théorie, et de persévérer ainsi dans les sentiers de la vérité et de la sainteté.
7 Le riche gouverne les pauvres, et celui qui emprunte est serviteur de l’homme qui prête.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Constatation d'un fait d'expérience journalière.
Esclave. L'esclavage pour dettes fut connu des Hébreux (Exode 21.7 ; 2Rois 4.1 ; Néhémie 5.5), mais ici nous devons penser sans doute à la situation de dépendance et d'infériorité dans laquelle un débiteur se trouve vis-à-vis de son créancier.
v. 7 · John Gill · 18/10/2026
Le riche domine sur les pauvres : il s'arroge sur eux une domination qu'il exerce d'une manière dure, oppressive et tyrannique ; car autrement ce sont généralement les riches qui gouvernent, et s'ils gouvernent bien, avec douceur et justice, selon les lois, cela est louable.
Et l'emprunteur est l'esclave du prêteur : étant son obligé, il est contraint de lui être soumis, de se plier à ses caprices et de faire et dire ce que l'autre veut. Ce fut un bonheur promis à Israël qu'il prêterait à beaucoup de nations sans emprunter (Deutéronome 15:6 ; à comparer avec Néhémie 5:4,5).
8 Qui sème l’injustice moissonnera le malheur, et la verge de son courroux prendra fin.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
La verge de sa fureur. Comparez ce qui est dit Esaïe 14.5 et Psaumes 125.3 du sceptre du despote. Il résulte du second membre que le mal que sème le méchant est celui qu'il fait à autrui.
Moissonnera. Comparez Job 4.8 ; Osée 10.13.
v. 8 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui sème l'iniquité[^599] récoltera le néant : celui qui pratique le péché et le commet souvent, qui s'y livre à profusion, comme le semeur répand abondamment sa semence ; un tel homme ne récoltera et ne possédera que péché et méchanceté ; car ce qu'un homme sème, il le moissonne aussi ; il mangera le fruit de ses actes et recevra le salaire de ses œuvres (voir Job 4:8 ; Galates 6:7,8). Ou bien : « il récoltera le vide », le pur néant ; cela ne répondra pas à son attente, et il n'en retirera à la fin ni plaisir ni profit, mais le contraire ; « il récoltera des maux », comme traduisent la Septante, la version arabe et la Vulgate.
Et la verge de sa fureur disparaîtra : cette verge avec laquelle il a régné et frappé les autres avec colère et cruauté lui sera retirée ; son autorité tombera, et il deviendra sujet d'autrui et sera traité de la même manière (voir Ésaïe 14:4-6). R. Joseph Kimchi l'entend de « la verge de la récolte » de la terre, la verge ou le fléau avec lequel on bat les fruits de la terre pour en tirer le grain, et qui tomberait en défaut avant la moisson ; Schultens y renvoie également et donne ce sens : que le méchant, qui sème l'iniquité, au moment où il croit sa moisson mûre, sera battu par le fléau qui le consumera ; et que celui qui battait les autres sera battu lui-même.
9 [Celui qui a] l’œil bienveillant sera béni, car il donne de son pain au pauvre.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 11.25.
L'homme. bienveillant, littéralement : l'homme bon d'œil, celui dont l'œil reflète les sentiments d'un cœur affectueux. L'expression opposée se trouve 23.6 ; 28.22 : celui qui a l'œil mauvais. Voir aussi Matthieu 20.15.
Parce qu'il a donné : 2Corinthiens 9.6.
v. 9 · John Gill · 18/10/2026
L'homme au regard généreux sera béni ; ou : « au bon œil » ; celui qui regarde autour de lui pour trouver des gens à secourir, qui les regarde avec bonté et qui leur donne de bon cœur et sans compter : il sera béni d'un accroissement de biens temporels, de bénédictions spirituelles et enfin de la gloire et du bonheur éternels - quand il agit par des principes de grâce et en vue de la gloire de Dieu, sans se fier à ce qu'il fait, mais à la grâce de Dieu et à la justice du Christ ;
car il donne de son pain au pauvre : de ce qui est à lui, et une part de cela ; non pas tout, car il en garde comme il le doit pour lui et les siens ; mais il ne mange pas son morceau tout seul, il en donne aux nécessiteux. Sa main généreuse est la preuve de son regard bienveillant et de son cœur libéral.
10 Chasse le moqueur, et la querelle s’en ira, et les disputes et la honte cesseront.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour voir cesser les contestations, les tiraillements pénibles et pour éviter les conséquences plus graves encore qui pourraient s'en suivre, il faut bannir de la société le moqueur, pour lequel rien n'est sacré (21.24) et qui, par ses propos et ses agissements, finit par être une honte pour tous ceux qui l'entourent. Comparez Psaumes 101.5.
v. 10 · John Gill · 18/10/2026
Chasse le moqueur - celui qui se rit du péché, tourne la religion en dérision et raille tous les gens de bien et tout ce qui est sérieux et spirituel : chasse-le de toute compagnie et de toute conversation, hors de la maison, comme Ismaël le moqueur fut chassé de la maison d'Abraham ; et hors de l'Église et de toute société religieuse. Jarchi l'entend du mauvais penchant, de la corruption naturelle ; mais celle-ci demeure dans l'homme tant qu'il vit, et quoiqu'elle puisse être affaiblie et maîtrisée, elle n'est pas chassée.
Et la dispute s'en ira ; bien plus, les querelles et les insultes cesseront, elles qui sont causées par le moqueur, lequel excite la dispute et la querelle dans toutes les compagnies où il se trouve - familles, Églises - et qui ne cesse de couvrir d'insultes les gens de bien et les bonnes choses ; mais dès qu'il est chassé, tout cela cesse, et la paix et l'amour reviennent.
11 Celui qui aime la pureté de cœur a la grâce sur les lèvres, [et] le roi est son ami.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Littéralement : Quant à celui qui aime la pureté du cœur, ses lèvres sont pleines de grâce, le roi est son ami. Ce n'est pas ici le seul proverbe qui fasse l'éloge du beau langage et de l'éloquence. Mais ici nous avons en outre l'indication de la source de la vraie éloquence, le cœur pur. C'est le vir bonus dicendi peritus de Quintilien.
v. 11 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui aime la pureté du cœur. Le cœur de l'homme est naturellement impur, et tout ce qui est en lui : les pensées, les affections, l'esprit, la conscience, l'intelligence et la volonté. Il y a pourtant une pureté du cœur : là où est la grâce de Dieu ; là où est un amour pur pour Dieu, pour le Christ et pour les choses et les personnes saintes et célestes ; là où est une foi sincère et pure au Christ, et une espérance de la vie éternelle par lui qui purifie ; là où le Saint-Esprit habite comme sanctificateur et où le Christ habite par la foi ; là où sont la sincérité et la droiture ; et là où le cœur a été purifié par l'aspersion du sang du Christ, d'une mauvaise conscience. Et quoique personne ne soit entièrement exempt de souillure de la chair et de l'esprit, tout homme de bien hait l'impureté qui est en lui, aime la pureté, la désire et emploie tous les moyens de l'obtenir. Et il aime l'homme au cœur pur, comme l'interprète Aben Ezra : il aime la pureté du cœur en lui-même et chez les autres. Certaines versions l'entendent de Dieu : la Septante et la version arabe portent « Dieu aime les cœurs saints », et de même le Targum :
« Dieu aime les cœurs purs » ;
la version syriaque diffère :
« il aime Dieu, celui qui est pur de cœur » ;
mais tout cela est inexact : le sens est celui qu'on vient de dire.
Et qui a la grâce sur les lèvres ; ou : « la grâce est sur ses lèvres », ou « ses lèvres sont grâce », sont pleines de grâce - comme les lèvres du Christ, quoique dans une bien plus grande mesure (Psaume 45:2). Tel est le cœur d'un homme, telles sont ses lèvres : l'homme au cœur pur parlera un langage pur ; l'homme de bien parlera de bonnes choses ; le sage parlera de sagesse et l'homme touché par la grâce parlera de la grâce de Dieu : des doctrines de grâce qu'il a reçues, des bienfaits de la grâce qui lui ont été faits, des promesses de grâce qui lui ont été appliquées, des expériences de grâce dont il a été favorisé ; de choses agréables et acceptables aux autres, qui communiquent la grâce et servent à l'édification.
Le roi sera son ami : il le traitera amicalement, l'admettra dans son intimité, le prendra à sa cour et le fera entrer dans son conseil privé. Voilà ce qu'un roi devrait faire, ce qu'un roi sage et bon fera, et ce qui est son intérêt ; car un homme au cœur droit et au langage plein de grâce est ou devrait être considéré des princes : ainsi Huschaï l'Arkien par David, et Daniel par Nabuchodonosor lui-même, roi païen. La note de Jarchi est :
« le Dieu saint et béni l'aime et l'embrasse » ;
et ce sens peut fort bien s'admettre : le Seigneur aime la pureté du cœur, il est bon envers ceux qui ont le cœur pur ; il aime les lèvres pleines de grâce, celles qui parlent de la grâce, dans la prière, la louange ou l'entretien chrétien ; il est leur ami ; il se montre pur envers ceux qui sont purs, et les cœurs purs le verront et habiteront à jamais avec lui. Et le Christ, qui est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, aime la pureté et la justice et hait l'iniquité ; les lèvres des siens lui plaisent, elles sont comme un fil écarlate ; il aime entendre leur voix, surtout quand elle parle de sa grâce ; et il est pour eux un ami qui aime en tout temps et qui s'attache plus qu'un frère.
12 Les yeux de l’Éternel gardent la connaissance, mais il renverse les paroles du perfide.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
L'homme intelligent a par là même de bonnes pensées, et c'est ainsi qu'il peut être opposé au perfide.
Les propos : les projets.
v. 12 · John Gill · 18/10/2026
Les yeux du Seigneur gardent la connaissance : c'est-à-dire la providence de Dieu, dont les yeux parcourent toute la terre ; elle a conservé la connaissance de lui-même, jusqu'à un certain point même chez les païens, car ce qu'on peut connaître de Dieu leur est manifeste et leur a été montré. Plus particulièrement, sa providence a conservé les Écritures, moyen de la connaissance, que les hommes auraient voulu détruire ; elle conserve les hommes de savoir, c'est-à-dire, comme l'interprète Aben Ezra, les serviteurs de la Parole, ces étoiles qu'il tient dans sa main droite ; elle conserve la connaissance spirituelle et vécue dans le cœur des siens et la fait croître ; et elle maintiendra dans le monde son Évangile et son ministère, jusqu'à ce que tous parviennent à l'unité de la foi et à la connaissance du Fils de Dieu. Ou bien : ses yeux regardent avec faveur et avec plaisir la connaissance et les hommes de savoir, ceux qui le connaissent et font sa volonté.
Et il renverse les paroles du traître - l'homme perfide et déloyal, le faux docteur qui corrompt la Parole de Dieu et la manie avec fourberie : Dieu renverse, réfute et anéantit ses doctrines par son Esprit dans ses fidèles serviteurs ; il fait triompher la vérité et ferme la bouche à toute iniquité. Cela est vrai en particulier des paroles et des doctrines du grand traître, l'impie sans loi, l'homme de péché, l'Antéchrist : elles ont déjà été démasquées et renversées, et le seront toujours davantage au temps voulu de Dieu.
13 Le paresseux dit : Il y a un lion là dehors, je serai tué au milieu des rues !
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez le passage presque identique 26.13. Pour travailler, le paresseux devrait sortir de chez lui. Afin de s'en dispenser, il imagine, et c'est ici que réside la satyre, un prétexte ridicule. Les lions ne s'aventuraient pas dans le voisinage des villes et n'y pénétraient jamais. 2Rois 17.25 est un fait exceptionnel, envisagé comme une punition envoyée de Dieu.
v. 13 · John Gill · 18/10/2026
Le paresseux dit : il y a un lion dehors ; ou : « dans la rue ». Il se le dit à lui-même, ou le dit à ceux qui l'appellent et le poussent à faire le travail de son état, aux champs ou ailleurs, et pour lequel sa paresse lui donne du dégoût ; c'est pourquoi il invente des excuses et allègue telle ou telle difficulté ou tel danger, ici figuré par « un lion dehors » - ce qui montre bien la sottise et la faiblesse de ses excuses, puisque les lions ne se promènent pas d'ordinaire dans les villes, les bourgs et les villages ni dans leurs rues, mais dans les bois et les montagnes.
Je serai tué au milieu des places : par le lion qui s'y trouve ; ou : je ne viendrai jamais à bout des difficultés et des dangers auxquels m'exposerait le fait de m'occuper de mes affaires. Certains appliquent cela aux difficultés que les paresseux s'imaginent dans l'étude des langues, des arts et des sciences ; ainsi Jarchi l'applique à l'étude de la loi.
14 La bouche des étrangères est une fosse profonde ; celui contre qui l’Éternel est irrité y tombera.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
La bouche des étrangères. Voir 2.16 ; 5.3 ; 6.24 ; 7.5.
Une fosse profonde, dont on ne peut sortir et semblable à celles qu'on creuse pour y prendre des bêtes fauves.
Y tombera. L'homme qui vit dans la communion de Dieu échappe à ce danger ; celui-là seul qui, par des infidélités antérieures, a déjà encouru la colère de Dieu, y succombera.
v. 14 · John Gill · 18/10/2026
La bouche des étrangères est une fosse profonde : la bouche des prostituées ; les baisers de leur bouche, leurs belles paroles et leurs flatteries, leurs propos amoureux, lascifs et dévergondés, prennent au piège et entraînent les imprudents à commettre l'impureté, ce qui les fait tomber dans une fosse de ruine et de perdition, une fosse immonde et fort profonde, dont il n'est ni aisé ni ordinaire de sortir. L'image est celle des bêtes prises dans une fosse creusée pour elles ; et ce sont bien là des bêtes brutes, faites pour être prises et détruites.
Celui contre qui le Seigneur est irrité y tombera : celui qui s'est rendu coupable d'autres péchés, tels que le Seigneur l'a pris en aversion, et qu'il abandonne donc à cette chute-là ; car un péché non seulement en amène un autre, mais est le châtiment d'un autre. Les hommes tombent rarement dans le péché de débauche s'ils ne se sont d'abord livrés à d'autres vices qui provoquent grandement Dieu (voir Ecclésiaste 7:26). Jarchi entend tout cela de l'idolâtrie ; et cela s'applique fort bien à la prostituée de Rome et aux prostituées dont elle est la mère, qui, par de belles paroles et de fausses doctrines, par une bouche qui profère des blasphèmes et des mensonges hypocrites, par la coupe d'or qu'elle tient à la main, pleine d'abominations et des impuretés de sa prostitution, et par ses sortilèges, en ont trompé beaucoup et les ont entraînés dans la fosse de la perdition. Et ce sont là ceux dont les noms ne sont pas écrits dans le livre de vie de l'Agneau, mais qui sont rejetés de Dieu et livrés à croire au mensonge afin d'être condamnés (Apocalypse 17:4,5,8 ; 2 Thessaloniciens 2:11,12).
15 La folie est liée au cœur du jeune enfant ; la verge de la correction l’éloignera de lui.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Péché originel.
Fin du verset, voir 13.24 ; 19.18 ; 23.13 ; 29.15,17.
v. 15 · John Gill · 18/10/2026
La folie est attachée au cœur de l'enfant : c'est-à-dire le péché, la plus grande de toutes les folies ; il est naturellement dans le cœur de l'homme, il est dans celui de l'enfant, il y est dès sa naissance ; il y est attaché, il y est enraciné et rivé, puisqu'il a été conçu dans le péché et formé dans l'iniquité ; c'est ce qui lui colle à la peau, ce qu'il aime et ce qu'il désire ardemment ; car les penchants du cœur de l'homme sont mauvais dès sa jeunesse (Genèse 8:21), en sorte qu'on ne le détourne pas aisément du péché et qu'il ne devient pas aisément sage.
Mais la verge de la correction l'éloignera de lui : la verge dont les parents se servent pour corriger le péché et la sottise est un moyen de rendre les enfants sages et de contenir la folie qui leur est attachée, et de les détourner en quelque mesure des mauvaises voies où cette folie les entraîne.
16 Celui qui opprime le pauvre, ce sera pour l’enrichir ; celui qui donne au riche, ce sera pour le faire tomber dans l’indigenceb 16 ou : Celui qui opprime le pauvre pour multiplier ce qu’il a, comme celui qui donne au riche, tombera certainement dans l’indigence. .
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Si tu opprimes un pauvre, ce sera pour son profit, car par là tu l'obligeras à déployer une énergie d'autant plus grande, afin de réparer le mal que tu auras fait. Donner au riche, c'est au contraire augmenter encore sa nonchalance.
v. 16 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui opprime le pauvre pour accroître ses biens : en lui enlevant le peu qu'il a ; en retenant son salaire et en le frustrant du juste prix de son travail ; ou par l'usure et l'extorsion, ou par tout autre moyen malhonnête par lequel on écrase les pauvres et l'on s'enrichit ;
et celui qui donne au riche n'aboutiront qu'à la disette : celui qui donne à plus riche que lui, ou à qui a plus de pouvoir et d'autorité, afin d'être protégé dans la possession de ses biens mal acquis, celui-là, malgré tout, ne prospérera pas : tout finira en pauvreté et en misère. Ou, comme traduit la Vulgate : « il donnera à plus riche que lui, et il connaîtra la disette » ; il sera contraint de céder son bien à un autre, plus riche et plus puissant que lui, et il ne gagnera rien à avoir opprimé les pauvres ; comme il a traité les pauvres, il sera traité lui-même, et il sera réduit à la mendicité et au besoin (voir Proverbes 21:13).
17 Incline ton oreille et écoute les paroles des sages, et applique ton cœur à ma science ; 18 car c’est une chose agréable si tu les gardes au-dedans de toi : elles seront disposées ensemble sur tes lèvres. 19 Afin que ta confiance soit en l’Éternel , je te [les] ai fait connaître à toi, aujourd’hui. 20 Ne t’ai-je pas écrit des choses excellentes en conseils et en connaissance, 21 pour te faire connaître la sûre norme des paroles de vérité, afin que tu répondes des paroles de vérité à ceux qui t’envoient ?
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
22.17 à 24.22 Première collection des maximes des sages.
17 à 21 Préambule. Exhortation d'un contenu général, qui forme l'introduction au premier recueil de maximes des sages, de même que les chapitres 1 à 9 étaient l'introduction à la première collection des proverbes de Salomon (10.1-22.16). Le compilateur de ce morceau indique le but qu'il s'est proposé en groupant maintenant des maximes empruntées à des penseurs restés inconnus ou dont les noms n'importent pas : il veut enseigner à ses lecteurs, ou plutôt à son lecteur, car le singulier est employé ici, comme il l'était le plus généralement dans les chapitres 1 à 9, quelle est la voie à suivre pour arriver à la sagesse. On croit entendre un maître qui s'adresse le plus directement possible à chacun des élèves qu'on lui a confiés.
A ma science. Bien que se donnant pour un simple représentant, de l'Ecole de la sagesse, l'auteur possède cependant une sagesse personnelle ; et tel sera aussi le cas de ses élèves s'ils s'approprient à leur tour les paroles des sages (verset 18). C'est en vertu de sa science qu'il a choisi et groupé les sentences qui vont suivre.
v. 17 · John Gill · 18/10/2026
Prête l'oreille et écoute les paroles des sages. Ici commence une nouvelle partie de ce livre - la « troisième », selon certains, la première allant jusqu'à Proverbes 9:18, la deuxième jusqu'à Proverbes 22:16, et la troisième commençant ici et finissant à Proverbes 24:34. Il est certain que ce qui suit jusque-là est écrit dans un autre style, sous forme d'exhortation, d'avertissement et d'instruction, et s'adresse à des personnes déterminées. Ainsi ici une exhortation est adressée au fils de Salomon, ou à ceux qui recevaient ses leçons ; ou plutôt aux enfants de la Sagesse, c'est-à-dire du Christ, pour qu'ils prêtent une oreille attentive « aux paroles des sages » : celles de Salomon et des autres sages qui l'ont précédé ou qui furent ses contemporains ; ou plutôt celles de la Sagesse et de ses servantes, c'est-à-dire du Christ et de ceux qu'il envoie ; qui sont rendus sages pour le salut et équipés pour toute bonne œuvre par lui, de qui viennent les paroles des sages, et qui exposent la sagesse de Dieu en un mystère ; et dont les enseignements doivent être écoutés et reçus non comme parole d'homme, mais comme parole de Dieu.
Et applique ton cœur à ma connaissance : la connaissance des choses divines et spirituelles dont le Christ instruit, et la connaissance de lui-même ; laquelle est préférable à toute autre connaissance, à des milliers de pièces d'or et d'argent, et au prix de laquelle tout est perte et ordure ; c'est pourquoi il faut s'y appliquer de tout son esprit et la recevoir de tout son cœur.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Car il est bon, littéralement : Car ce sera agréable pour toi ; tu auras un avantage réel à les garder.
Sur tes lèvres. Il te faut les savoir par cœur et être capable de les citer à l'occasion.
v. 18 · John Gill · 18/10/2026
Car il est doux de les garder au-dedans de toi ; ou : « dans ton ventre », c'est-à-dire dans ton cœur, au plus profond de lui, où les paroles ou les doctrines des sages doivent être reçues avec amour et soigneusement mises en réserve et retenues ; ce dont on tire, en y repensant, beaucoup de douceur - comme le rouleau d'Ézéchiel, qui fut dans son ventre doux comme du miel ; et ce qui est fort utile aussi comme antidote contre le péché (Psaume 119:11).
Et qu'elles soient toutes prêtes sur tes lèvres : qu'elles leur siéent et leur conviennent avec grâce ; ou : « qu'elles soient disposées et rangées sur tes lèvres » ; car reçues dans le cœur et digérées, elles quitteront aisément et librement la langue, qui sera comme la plume d'un habile écrivain ; elles se diront avec ordre, avec une grande liberté et une grande facilité ; c'est en digérant bien les vérités de l'Évangile et en les éprouvant à son propre profit qu'on devient propre à enseigner les autres.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour que ta confiance. Voici le but spécial du compilateur de ce petit recueil, et de fait cette note s'y fait entendre plusieurs fois (23.17 ; 24.1 ; 14.16).
Toi aussi. C'est ici, avec 23.15, le seul passage où un pronom personnel (toi ou moi) sont ainsi expressément relevé par le mot aussi.
Aujourd'hui. Dès maintenant le lecteur doit faire son profit de ce qui lui est dit et ne pas en renvoyer à plus tard la mise en pratique.
v. 19 · John Gill · 18/10/2026
Afin que ta confiance repose sur le Seigneur. C'est par les paroles des sages, ou les doctrines de l'Évangile, que la foi au Christ naît d'abord : les hommes y sont conduits et encouragés à croire en lui ; et c'est par les mêmes moyens que la foi grandit, s'affermit et s'établit. Voilà la fin pour laquelle les Écritures ont été écrites et pour laquelle l'Évangile est prêché, comme le dit la suite :
Je te l'ai fait connaître aujourd'hui, à toi : ces mêmes paroles et ces mêmes doctrines, dans le ministère de la Parole, par l'Esprit de sagesse et de révélation dans leur connaissance ; en en donnant non pas seulement une connaissance théorique, mais une connaissance spirituelle et vécue. Le Seigneur a des personnes déterminées à qui il veut faire connaître ces choses d'une manière salutaire : c'est « à toi, oui, à toi » ; et à chacun de ceux que Dieu a élus et que le Christ a rachetés. Et il a ses temps et ses moments pour cela : « aujourd'hui », qui est un temps de vie et d'amour, quand les ténèbres se dissipent et que la lumière de la grâce se lève et fait le jour ; et cela peut désigner toute la dispensation de l'Évangile, qui est le temps favorable et le jour du salut.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Dès longtemps. Le mot (schilschôm) que nous rendons ainsi, signifie proprement avant-hier. Il forme une antithèse naturelle avec le aujourd'hui du verset précédent. Mais ce terme n'est jamais employé dans l'Ancien Testament autrement que précédé du mot hier. C'est pourquoi plusieurs, au moyen d'une légère modification, lisent schalischim : hommes d'élite, d'où choses d'élite, excellentes. Ainsi naguid : prince, signifie, dans 8.6, choses capitales.
v. 20 · John Gill · 18/10/2026
Ne t'ai-je pas écrit des choses excellentes ? - dans les Écritures. Certains traduisent : « trois choses », et pensent que Salomon fait allusion aux trois parties des Écritures chez les Juifs : la loi, les prophètes et les autres écrits - ainsi Jarchi ; mais quelques-uns de ces écrits n'existaient pas encore. Ou bien aux trois livres qu'il a écrits : les Proverbes, l'Ecclésiaste et le Cantique des cantiques. D'autres traduisent : « de trois manières », comme le Targum et plusieurs versions, c'est-à-dire de diverses façons, sous des formes et dans des styles différents, afin de mieux instruire. Mais il vaut mieux, avec Kimchi, Guershom et Ben Melech, traduire « des choses excellentes », comme nous le faisons. Telles sont les vérités de l'Évangile : elles sont plus excellentes que celles qu'on connaît par la seule lumière de la nature ou par la loi de Moïse ; par exemple celles qui touchent l'amour et la grâce de Dieu, la personne et les charges du Christ, la paix, le pardon, la justice, l'expiation, la vie et le salut par lui. Et ces choses consistent
en conseils et en connaissance : elles révèlent les desseins de Dieu, dont elles procèdent, et elles donnent aux hommes les meilleurs conseils - à des pécheurs perdus, de regarder au Christ pour le salut ; à des gens nus, d'acheter de lui des vêtements blancs, la robe de sa justice ; à des coupables et à des souillés, de recourir à son sang pour le pardon et la purification ; à des affamés et à des assoiffés, de venir à lui pour la nourriture, le pain de vie et l'eau de la vie ; à des gens épuisés, de venir à lui pour le repos ; et à tous, de faire leur devoir envers Dieu et envers les hommes. Et elles concernent aussi la connaissance : la connaissance des choses divines et célestes ; la connaissance de Dieu en Christ et de ses perfections telles qu'elles se manifestent dans son salut ; la connaissance du Christ, de ce qu'il est en lui-même, de ce qu'il a fait pour les siens et de ce qu'il est pour eux ; et surtout la connaissance du salut par lui - de tout quoi l'Évangile est le moyen.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Un compte juste, littéralement : des paroles vérité, qui soient la vérité même.
A ceux qui t'envoient. Comparez 10.26. L'homme qui, loin de s'en dégoûter, a appris à connaître la vérité, a par là même une norme sûre à appliquer dans toutes les affaires qu'on peut lui confier.
v. 21 · John Gill · 18/10/2026
Pour t'enseigner la certitude des paroles de la vérité. Telles sont les doctrines de l'Évangile : ce sont « les paroles de la vérité » ; elles sont écrites dans les Écritures de vérité, elles viennent du Dieu de vérité, elles ont pour objet le Christ, qui est la vérité, et c'est à elles que l'Esprit de vérité conduit. Il y a en elles une « certitude » : elles font partie de la parole prophétique bien assurée ; elles sont contenues dans la Parole inspirée et infaillible de Dieu, et ne sont autres que l'Évangile de Dieu. Rien n'est plus certain que ceci : que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, et vraiment et proprement Dieu ; que le salut n'est qu'en lui seul ; et que quiconque croit en lui sera sauvé - avec bien d'autres choses que les serviteurs de la Parole doivent affirmer avec assurance et hardiesse, et dont d'autres peuvent parvenir à une connaissance certaine, jusqu'à la pleine assurance de l'intelligence ; ce qui est le but pour lequel elles ont été écrites dans la Parole et sont annoncées dans sa prédication.
Afin que tu répondes par des paroles vraies à ceux qui t'envoient ; ou : que tu les « rapportes » à ceux qui t'envoient s'informer de ce que sont les paroles de vérité, qui s'en enquièrent avec douceur et respect, et à qui il faut rendre compte de l'espérance qui est en nous ; ce dont sont capables ceux à qui la certitude de ces paroles a été manifestée, ou qui en ont été assurés. Jarchi l'interprète ainsi : à ceux qui te demandent de les instruire - comme s'il fallait lire, dit Lyra, « à ceux qui t'interrogent ». On peut aussi traduire : « à ceux qui t'ont envoyé » chercher ces choses et en acquérir la connaissance afin de les communiquer, ce qu'on peut faire une fois qu'on les a obtenues. À moins qu'il ne faille entendre Dieu - le Père, le Fils et l'Esprit -, qui envoie les serviteurs prêcher l'Évangile aux hommes, et à qui ils devront rendre compte des paroles de vérité et de la manière dont ils les ont dispensées aux âmes ; compte qu'ils rendront avec joie et non en gémissant, s'ils ont été fidèles et si Dieu les a bénis.
22 Ne pille pas le pauvre, parce qu’il est pauvre, et ne foule pas l’affligé à la porte ; 23 car l’Éternel prendra en main leur cause, et dépouillera l’âme de ceux qui les dépouillent.
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
22 et 23 Double distique. Ici proprement commence le premier recueil de maximes des sages.
A la porte de la ville, devant le tribunal.
v. 22 · John Gill · 18/10/2026
Ne dépouille pas le pauvre parce qu'il est pauvre et qu'il ne peut se défendre ; il ne peut aller en justice contre celui qui lui a fait tort ni plaider sa propre cause, ce que sachant, l'autre s'enhardit d'autant plus à le spolier et à le frustrer - circonstance aggravante de son péché. Ou : « car il est pauvre » ; dépouiller qui que ce soit est mal et injuste ; mais dépouiller le pauvre est cruel et barbare : il faudrait plutôt lui donner que lui prendre quoi que ce soit. Ou encore : « quoiqu'il soit pauvre » ; que cela ne soit pas un motif de lui nuire, mais le contraire.
Et n'écrase pas le malheureux à la porte ; ou « le pauvre », la même personne désignée par un autre mot ; quand il vient devant un tribunal - on jugeait d'ordinaire aux portes des villes (Ruth 4:1,2) - et qu'il vient demander réparation d'un tort qu'on lui a fait, ne l'écrase pas à la porte, ne l'opprime pas dans le jugement, ne fausse pas sa cause, mais qu'il obtienne justice, tout pauvre qu'il est. Certains l'entendent des mauvais traitements infligés aux pauvres quand ils viennent mendier aux portes - sens que favorise la Septante ; mais le premier est le meilleur. On aurait pu s'attendre, après un préambule tel que celui des versets précédents, à quelque chose de plus important, de plus spirituel et de plus évangélique ; ce qui montre le grand souci que le Seigneur a des pauvres, et combien ils lui sont présents à l'esprit et proches du cœur - surtout les pauvres du troupeau, harcelés et dépouillés par l'Antéchrist (voir Zacharie 11:7,11).
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Dépouillera ceux qui les dépouillent. Loi du talion. Ce verbe ne se retrouve que Malachie 3.8-9. Comparez 23.11 et Job 31.14.
v. 23 · John Gill · 18/10/2026
Car le Seigneur défendra leur cause : si les avocats ne le font pas, lui le fera ; si les juges ne leur rendent pas justice, lui la leur rendra ; il jugera les pauvres du peuple, il plaidera leur cause et la plaidera jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'il ait fait triompher le droit. Malheur à celui contre qui Jéhovah plaide ! heureux le pauvre pour qui il prend parti ! car leur Rédempteur est puissant, son nom est le Seigneur des armées (Psaume 72:4 ; Jérémie 50:34).
Et il dépouillera de la vie ceux qui les auront dépouillés : ils ne pouvaient dépouiller les pauvres que de leurs biens, mais le Seigneur peut détruire leur âme en enfer. Ou bien : « il dépouillera ceux qui les ont dépouillés de leur vie », c'est-à-dire de leurs biens, en leur prenant le peu qu'ils avaient et qui était leur vie ou leur subsistance. Ceux qui dépouillent seront eux-mêmes dépouillés ; on leur mesurera de la mesure dont ils ont mesuré ; Dieu détruira ceux qui détruisent la terre, à savoir l'Antéchrist et ses partisans, oppresseurs des pauvres du Christ ici-bas (Apocalypse 11:18).
24 Ne sois pas l’ami de l’homme colère, et n’entre pas chez l’homme violent ; 25 de peur que tu n’apprennes ses sentiers, et que tu n’emportes un piège dans ton âme.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
24 et 25 Double distique. S'habituant peu à peu à la colère, l'ami des gens emportés en viendra bien vite à commettre des actes ou à prononcer des paroles qui lui coûteront cher.
v. 24 · John Gill · 18/10/2026
Ne te lie pas avec l'homme colérique : ne t'associe pas à lui, ne contracte pas d'intimité avec lui, ne le prends pas pour compagnon, ne l'admets pas dans ta familiarité comme un ami ou une connaissance particulière. Il faut être courtois et se conduire civilement envers tous ; mais il faut prendre garde à qui l'on admet comme ami intime, être prudent dans le choix de ses amis et ne pas recevoir n'importe qui ; et entre autres il faut éviter l'homme colérique et emporté, celui qui s'échauffe volontiers et échauffe les autres ; car il ne peut y avoir ni paix ni plaisir durables dans la compagnie et la conversation d'un tel homme.
Et n'aie pas de commerce avec l'homme emporté : ne fais pas même une promenade avec lui, à plus forte raison un voyage ; ou : ne sois pas souvent avec lui. On peut traduire : « à l'homme des fureurs », des grandes colères, « tu n'iras pas » : n'entre pas chez lui, ne recherche pas sa compagnie et ne brigue pas sa conversation, mais fuis-les plutôt.
v. 25 · John Gill · 18/10/2026
De peur que tu ne t'habitues à ses manières et que tu ne deviennes aussi coléreux et emporté, aussi querelleur et hargneux que lui. Les mauvaises actions et les mauvaises manières s'apprennent vite ; les hommes sont plus prompts à imiter ce qui est mal que ce qui est bien : Joseph apprit à jurer à la cour de Pharaon, et les Israélites apprirent les usages des païens parmi lesquels ils vivaient ; « les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (1 Corinthiens 15:33). Bien des hommes naturellement doux et bienveillants, sensibles et compatissants, pour avoir été élevés parmi des papistes sanguinaires ou avoir vécu avec eux, et pour avoir adopté leurs idées cruelles, sont devenus féroces et persécuteurs acharnés.
Et que tu ne tendes un piège à ton âme : que tu ne sois entraîné au péché par des paroles emportées ou des actions irréfléchies, qui attirent le châtiment en ce monde, ou dans l'autre, ou dans les deux ; ce qui peut atteindre l'âme ou la vie ici-bas, en la faisant perdre, ou la damnation éternelle de l'âme dans l'au-delà.
26 Ne sois point parmi ceux qui frappent dans la main, parmi ceux qui se rendent caution pour des dettes : 27 si tu n’avais pas de quoi payer, pourquoi voudrais-tu qu’on prenne ton lit de dessous toi ?
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
26 et 27 Double distique. Contre le cautionnement. Voir déjà 6.1-5 ; 11.15 ; 17.18 ; 20.16.
Voudrais-tu qu'on t'enlevât ton lit ? Il paraît que la loi Exode 22.27 était tombée en désuétude.
v. 26 · John Gill · 18/10/2026
Ne sois pas de ceux qui frappent dans la main ; ou : « parmi ceux », du nombre de ceux qui font comme eux, qui donnent leur main ou leur engagement pour un autre et se portent caution pour lui, comme l'explique le membre suivant (voir Proverbes 6:1 ; 17:18) ;
ni de ceux qui se portent garants pour des dettes contractées par d'autres, qui s'engagent à les payer si le débiteur vient à faire défaut. Et il est bien rare que ceux qui fréquentent une mauvaise compagnie - des hommes colériques et emportés, souvent mêlés à des rixes et à des querelles, et qui dépensent leur temps et leur bien en disputes et en procès - ne soient pas entraînés dans de tels engagements.
v. 27 · John Gill · 18/10/2026
Si tu n'as pas de quoi payer - quand le débiteur n'a rien et que le créancier réclame sa dette à la caution. C'est déjà une faiblesse que de se porter garant pour autrui quand on se sait incapable de payer la dette dont on répond, puisque cela peut nuire à soi-même et aux siens ; mais c'est une malhonnêteté que de s'engager à payer une dette en cas d'insolvabilité quand on se sait incapable de le faire, car c'est tromper le créancier et lui en imposer ; il n'est donc pas étonnant qu'il aille jusqu'au bout, provoqué par un tel procédé, comme le dit la suite :
pourquoi t'enlèverait-il le lit de dessous toi ? - comme il fera probablement, irrité par une telle conduite ; et comme il en a le droit, malgré la loi d'Exode 22:26,27, car celle-ci concerne un gage et non une dette, et un vêtement donné en gage, la couverture d'un homme au lit, et non le lit lui-même ; car on pouvait même prendre pour dette la femme et les enfants (2 Rois 4:1 ; Matthieu 18:25). Cela est dit pour détourner de se porter caution, surtout en pareilles circonstances ; car un homme peut se mettre dans un état tel qu'il n'ait plus de lit pour dormir, et se le voir même enlever alors qu'il y est couché, et être jeté hors de chez lui, nu et démuni.
28 Ne recule pas la borne ancienne que tes pères ont faite.
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Voyez déjà 15.25 et, bientôt, 23.10-11. Comparez Deutéronome 19.14 ; 27.17 ; Osée 5.10 ; Job 24.2. Protestation, non seulement contre le déplacement criminel des bornes, mais aussi contre l'humeur ambitieuse de ceux qui ajoutent maison à maison et champ à champ (Esaïe 5.8).
v. 28 · John Gill · 18/10/2026
Ne déplace pas la borne ancienne que tes pères ont posée ; ou : « la limite » ou « la frontière ancienne », par laquelle les terres, les domaines et les héritages étaient marqués, bornés et distingués ; posée par les ancêtres d'un commun accord avec leurs voisins. La déplacer était contraire à une loi, et une malédiction était prononcée contre ceux qui le faisaient (Deutéronome 19:14 ; 27:17) ; et cela a toujours passé, dès les temps les plus anciens, pour un crime très grave (voir Gill sur « Job 24:2 »). C'était chose si sacrée chez les Romains qu'ils avaient une divinité présidant à ces bornes et tirant d'elles son nom. Certains appliquent cela, au sens politique, aux lois anciennes et aux coutumes établies de longue date ; d'autres l'entendent, au sens théologique, des doctrines et des pratiques fixées par les pères de l'Église - ce qu'on peut admettre s'il ne s'agit que du Christ et de ses apôtres, mais qu'il ne faut pas recevoir s'il s'agit des pères qui les ont suivis, car ceux-là n'étaient que des hommes faillibles, coupables de bien des erreurs et de bien des méprises, tant en doctrine qu'en pratique.
29 As-tu vu un homme diligent dans son travail ? il se tiendra devant les rois, il ne se tiendra pas devant des gens obscurs.
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
Verset à trois stiches. Si tu veux arriver à une position digne d'envie, cherche à exceller en quelque chose. D'autres : Les gens bien doués ne doivent pas se prodiguer pour un ouvrage auquel suffiraient des ouvriers médiocres.
v. 29 · John Gill · 18/10/2026
Vois-tu un homme habile dans son travail ? Dans le travail de son état, quel qu'il soit, qu'il travaille pour lui ou pour un maître ; qui y est assidu, prompt, diligent et expéditif ; qui le poursuit avec ardeur, s'y met de bon cœur, l'expédie promptement, le fait sur-le-champ, sans paresse et sans jamais s'en lasser. Quand vous avez remarqué un tel homme - ce qui n'est pas très fréquent -, vous pouvez, sans être prophète, prévoir qu'il s'élèvera dans le monde.
Il se tiendra devant les rois, il ne se tiendra pas devant les gens obscurs : il ne restera pas au service de gens de peu ni ne les fréquentera, mais il sera pris au service des princes et des grands, admis en leur présence et comblé de leurs faveurs - comme Joseph, qui, appliqué et diligent dans sa charge chez Potiphar, fut avec le temps élevé et se tint devant Pharaon, roi d'Égypte (Genèse 39:4 ; 41:46). On peut l'appliquer au sens spirituel. Tout homme de bien a une tâche à remplir dans l'ordre religieux : les uns dans une sphère plus élevée, comme les responsables des Églises, ministres et diacres - le travail des premiers consistant dans la lecture, l'étude, la méditation et la prière, dans le ministère de la Parole et des ordonnances et les autres devoirs de leur charge ; et celui des seconds à prendre soin des pauvres et des affaires matérielles des Églises. D'autres dans une sphère plus modeste, commune à tous les chrétiens, qui consiste dans l'exercice de la grâce et l'accomplissement de toutes les bonnes œuvres, envers eux-mêmes, leurs familles et l'Église de Dieu. Or, les serviteurs de la Parole qui sont diligents à enseigner et à conduire ; les diacres qui s'acquittent bien de leur charge ; et les simples chrétiens qui demeurent fermes et inébranlables, abondant toujours dans l'œuvre du Seigneur, prêts à toute bonne œuvre, s'y donnant de tout cœur et s'y appliquant constamment : ceux-là ne seront pas la compagnie des fils des ténèbres, des hommes non régénérés, qui sont dans les ténèbres et sont ténèbres eux-mêmes - car quelle communion la lumière a-t-elle avec les ténèbres, avec les œuvres des ténèbres, qu'ils ne doivent pas commettre ? ni avec le prince des ténèbres, de la puissance duquel ils ont été délivrés ; mais ils auront la compagnie des saints, faits rois et prêtres pour Dieu ; ils seront admis dès à présent en la présence du Roi des rois et auront communion avec lui ; et ils se tiendront devant lui, au grand jour, avec assurance et sans honte ; ils se tiendront à sa droite et seront à jamais avec lui. C'est ainsi que les Juifs interprètent ce passage : « il ne se tiendra pas devant les obscurs », c'est-à-dire en enfer ; « il se tiendra devant les rois », c'est-à-dire dans le jardin d'Éden, au paradis, autrement dit au ciel.