1 Celui qui se tient à l’écart recherche ce qui lui plaît ; il conteste contre toute sagesse.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Qui se tint à l'écart : qui se sépare de la communauté et se désintéresse de la chose commune, ne recherche que la satisfaction de ses inclinations personnelles et la réalisation de ses propres désirs. Sur cette voie, il en vient (second membre) à se mettre en opposition habituelle avec les vues et les vrais intérêts de la société en général ou du corps auquel il appartient (cité, Eglise). Il éprouve un vif dépit (montre les dents ; voir 17.14) de tout ce qui se dit ou se fait de bon autour de lui. Condamnation du séparatisme.
Ce qui réussit (thouschia). Voir 2.7, note.
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui se tient à l'écart cherche à satisfaire son désir ; ou : « l'homme séparé cherche son désir », son propre désir, sa volonté et son plaisir. On peut l'entendre en bonne part, d'un homme qui a un désir réel et sincère d'une saine sagesse et d'une saine connaissance, et qui les cherche en usant de tous les moyens qu'il faut : pour cela il se sépare du monde et de ses affaires, se retire dans son cabinet et se donne tout entier à la lecture, à la méditation et à la prière ; ou bien il voyage à l'étranger pour les acquérir, comme dit Aben Ezra. Ou bien on peut l'entendre de l'homme vaniteux qui affecte l'originalité, et qui, pour satisfaire cette passion, se sépare non seulement de Dieu, comme l'interprète Jarchi, en suivant les mauvais penchants de son imagination et les convoitises de son cœur ; et de ses amis, comme le portent la Septante et la version arabe ; mais de tous les hommes, comme les Juifs qui « ne plaisent pas à Dieu et sont contraires à tous les hommes ». Un tel homme s'applique à mépriser et à contredire les sentiments et les opinions d'autrui et à leur opposer les siens. Cela est vrai des pharisiens chez les Juifs, dont le nom même venait de ce qu'ils se séparaient de tous les autres, ayant une haute opinion de leur propre sagesse et de leur propre sainteté ; et aussi des gnostiques chez les chrétiens, qui se vantaient de leur savoir et se séparaient des assemblées chrétiennes, hommes sensuels n'ayant pas l'Esprit, vainement enflés par leurs pensées charnelles.
Et il s'irrite contre toute sagesse. L'homme qui désire être vraiment sage et savant embrasse toute la sagesse, tous les rameaux d'une connaissance utile ; il apprendrait volontiers quelque chose de tout art et de toute science digne de considération ; il use de tous les moyens de s'y perfectionner ; et il recherche la compagnie et la conversation des hommes de sagesse et de savoir, afin d'en acquérir davantage : il se mêle aux hommes sages, comme l'interprète Aben Ezra, et marche et s'entretient avec eux. Mais s'il s'agit d'un vaniteux, le sens est : « il se mêle de toute affaire », comme on peut traduire ; il se mêle de ce qui ne le regarde pas et prétend juger de choses où il n'a rien à voir ; ou bien il accapare tout le savoir pour lui seul et ne veut en laisser aucune part à personne. Jarchi interprète ainsi ce membre :
« parmi les sages, sa honte sera manifestée » ;
et il fait observer que leurs rabbins l'expliquent de Lot se séparant d'Abraham et suivant les désirs de son cœur ; mais R. Saadia Gaon l'entend mieux de l'apostat de la religion, qui s'en prend à tout ce qui est solide et sérieux, de façon querelleuse et hargneuse, et qui « montre les dents » contre cela, comme traduit Schultens d'après l'usage arabe.
2 Le sot ne prend pas plaisir à l’intelligence, mais à ce que son cœur soit manifesté.
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
A l'intelligence, qui consiste à sentir ses côtés faibles et à y remédier.
Mais bien à étaler. Trois fois déjà (12.23 ; 13.16 ; 15.2) a été relevé le besoin maladroit et compromettant qu'éprouve l'insensé de montrer à tout propos ce qu'il a dans le cœur. Il pense se faire apprécier, et il ne réussit qu'à se faire juger à sa vraie valeur.
D'autres mettent ce verset en relation intime avec le précédent : Tels et semblables esprits n'écoutent ni ne défèrent à aucune raison qu'on leur puisse alléguer, et s'opiniâtrent à vouloir faire valoir leurs fantaisies et imaginations (Pierre de Launay).
v. 2 · John Gill · 18/10/2026
L'insensé ne prend pas plaisir à l'intelligence : ni à l'intelligence naturelle et à la formation de son esprit - il ne se plaît ni dans les livres ni dans la compagnie des gens instruits et sensés ; ni à l'intelligence spirituelle, à l'intelligence des choses spirituelles, qui sont folie pour l'homme naturel ; et il ne prend aucun plaisir à lire les Écritures, ni à écouter la Parole et à la fréquenter dans la maison de Dieu, mais il s'en lasse aussitôt.
Mais seulement à montrer ce qu'il a dans le cœur - et la sottise qui y est. De tels hommes ne veulent acquérir un peu de savoir et d'intelligence que pour en faire étalage et passer pour sages, et pour pouvoir parler des choses comme s'ils les comprenaient - ce qui ne fait que révéler leur ignorance. Certains n'acquièrent jamais assez de savoir et d'instruction que pour montrer qu'ils sont des sots. Ou : « mais seulement à mettre son cœur à découvert » : il se plaît à découvrir non pas la sagesse, mais la sottise qui y est.
3 Quand vient le méchant, le mépris vient aussi, et avec l’ignominie, l’opprobre.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Quelques-uns remplacent le méchant par la méchanceté, pour établir un accord avec les substantifs abstraits qui suivent. Modification inutile, car, pour que paraissent le mépris, la honte et l'outrage, il faut d'abord que soit intervenu un personnage dont les paroles et les agissements entraînent ce triple résultat. Le méchant n'a qu'à entrer en scène et à parvenir au pouvoir pour que son action délétère se fasse sentir : mépris qu'il a des autres et de leurs droits, honte qui en rejaillit sur ceux qui sont entrés en rapport avec lui, et outrages dont il finit par les abreuver.
v. 3 · John Gill · 18/10/2026
Quand vient le méchant vient aussi le mépris : quand il vient au monde, dit Aben Ezra ; dès sa naissance il est méprisable, étant né dans le péché - mais cela est vrai de tous. Il vaut mieux comprendre, avec la Vulgate, à laquelle s'accordent la Septante, la version syriaque et la version arabe : quand il parvient au fond du péché, ou au comble de sa méchanceté, il se met à railler et à mépriser tout ce qui est bon. Et quand il entre dans la maison de Dieu, on peut dire : « voilà le mépris qui entre » ; car il ne vient pas y écouter la Parole pour en tirer profit, mais pour la mépriser, elle et ses serviteurs.
Et avec la honte vient l'insulte ; ou : « avec l'homme méprisable vient l'insulte » : celui qui méprise tout ce qui est bon et traite les choses divines par la dérision ne se privera pas d'insulter les meilleurs des hommes et de dire faussement du mal d'eux, à cause de leur religion. Ou bien le sens de l'ensemble est que les méchants finissent tôt ou tard par tomber eux-mêmes dans le mépris, la honte et l'insulte : ceux qui méprisent le Seigneur sont tenus pour rien par lui, et l'homme vil est méprisé aux yeux de l'homme de bien. De tels hommes s'attirent, à eux et aux leurs, honte et déshonneur de leur vivant ; et quand ils meurent, ils sont mis au tombeau sans honneur ; l'infamie s'attache à leur mémoire, et ils ressusciteront pour une honte et un mépris éternels.
4 Les paroles de la bouche d’un homme sont des eaux profondes, et la fontaine de la sagesse est un torrent qui coule.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Salomon a souvent blâmé le vain parler ; voir verset 2. Ici il fait l'éloge de la vraie éloquence et exalte la parole humaine.
D'un homme, qui mérite ce nom. Ses discours sont dignes de toute réflexion ; ils sont puissants ; ils sont bienfaisants.
v. 4 · John Gill · 18/10/2026
Les paroles de la bouche d'un homme sont des eaux profondes : les paroles d'un homme grand et puissant ; d'un homme excellent et de valeur, dit Jarchi ; ou d'un homme sage, dit Aben Ezra. Les doctrines qu'un tel homme a reçues, dont son cœur est plein et que sa bouche profère, sont comme des « eaux » pures, purifiantes et rafraîchissantes ; comme des « eaux profondes », qui ne font pas de bruit et qu'on ne sonde pas aisément : tels sont les mystères profonds de la grâce, la sagesse de Dieu en un mystère, exposée entre ceux qui sont parfaits ; ce dont l'homme de bien ne se vante pas, mais qu'il déclare humblement, sa bouche parlant de l'abondance de son cœur.
Et la source de la sagesse est un torrent qui déborde : il y a en lui une source de sagesse et de connaissance spirituelles, un puits d'eau vive jaillissant en vie éternelle, et de là elle coule librement et constamment, se communiquant largement aux autres et leur donnant la grâce, pour leur édification.
5 Ce n’est pas bien d’avoir acception de la personne du méchant pour faire frustrer le juste dans le jugement.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 17.26.
Avoir égard à la personne du méchant : lui donner raison, parce qu'il est influent.
En faisant fléchir, et non pas : pour faire fléchir. Le but n'est pas de faire tort au juste, mais on ne peut faire des faveurs au coupable qu'au détriment du juste.
v. 5 · John Gill · 18/10/2026
Il n'est pas bon de faire acception du méchant : pour un juge, d'avoir des égards pour un méchant dans une cause qu'il instruit et de le favoriser, parce qu'il est riche, ou qu'il est de sa parenté, ou qu'il a reçu de lui quelque bienfait ; rien de tout cela ne doit peser sur lui
pour faire tort au juste dans le jugement : celui-ci peut bien être pauvre et étranger, et le juge n'avoir aucune obligation privée envers lui ; la justice n'en doit pas moins se rendre sans acception de personnes. Faire autrement n'est pas seulement mauvais, c'est très coupable et très criminel : c'est contraire à la loi et à la justice, c'est faire tort aux hommes, c'est contraire à la volonté de Dieu et offensant pour lui (Lévitique 19:15).
6 Les lèvres du sot entrent en dispute, et sa bouche appelle les coups.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Amènent les querelles, littéralement : viennent avec... Les unes ne vont pas sans les autres. Comparez pour cette tournure Psaumes 66.13.
Les coups sont la conséquence logique et naturelle des propos qu'il se permet. Comparez 17.19.
v. 6 · John Gill · 18/10/2026
Les lèvres de l'insensé se mêlent aux querelles : à celles des autres, où il n'a rien à voir ; mais il faut qu'il s'en mêle et qu'il prenne parti dans la dispute, ce qui prouve sa sottise ; il dit des choses qui provoquent des disputes, excitent les querelles entre les hommes et poussent à la colère. La Septante traduit : « les lèvres de l'insensé le conduisent à des maux » ; car, le conduisant à la querelle et à la dispute, elles aboutissent au désordre et à toute espèce de mal.
Et sa bouche appelle les coups : comme il excite et encourage la querelle, il en vient aux coups et y pousse les autres ; des paroles il passe aux coups, et par le langage grossier et provocant de sa bouche il en reçoit lui-même bon nombre. Jarchi semble l'entendre du châtiment venu de la main de Dieu (voir Proverbes 26:3).
7 La bouche du sot est sa ruine, et ses lèvres sont un piège pour son âme.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour le premier membre, comparez 13.3 ; pour le second, 12.13.
Un piège pour son âme, pour sa vie ; un piège qu'il se tend à lui-même.
v. 7 · John Gill · 18/10/2026
La bouche de l'insensé cause sa ruine : elle en est la cause ; car ses querelles, ses disputes et ses médisances lui attirent des procès qui le ruinent, lui et les siens, dès à présent ; et pour ses paroles vaines et coupables il sera condamné dans l'au-delà (Matthieu 12:35). Il y a tout un monde d'iniquité dans la bouche et la langue du méchant, qui cause sa perte et celle des autres (Jacques 3:6,8).
Et ses lèvres sont un piège pour son âme : voulant se défendre, il dit des choses qu'il ne devrait pas dire et par lesquelles il s'empêtre toujours davantage ; il est pris à ses propres paroles et condamné par elles. Ou bien : le bavardage où il se complaît est un piège qui lui fait dire des choses qui ne lui conviennent pas et qui lui nuisent (voir Proverbes 12:13).
8 Les paroles du rapporteur sont comme des friandises, et elles descendent jusqu’au-dedans des entraillesa 8 litt. : dans les chambres intérieures du ventre. .
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Après les dangers des paroles de l'insensé (versets 6 et 7), l'attrait de celles du médisant.
Du rapporteur. Voir 16.28 ; 26.20-22. Les gens écoutent avec avidité les mauvais rapports qui leur sont faits ; ce sont pour eux des friandises (26.22). La seconde partie du verset développe l'idée que les nouvelles les plus fâcheuses pour la réputation d'autrui, trouvent toujours un accès complaisant dans le cœur naturellement malin de l'homme.
D'autres établissent entre le début et la fin du verset une relation d'opposition : Les paroles d'un rapporteur paraissent douces (au palais), mais elles descendent jusqu'au fond des entrailles (et y produisent de l'amertume). Comparez Apocalypse 10.10.
v. 8 · John Gill · 18/10/2026
Les paroles du rapporteur sont comme des blessures ; ou plutôt : elles sont des blessures ; elles blessent le crédit et la réputation de celui dont on colporte l'histoire ; elles blessent celui à qui on la colporte et détruisent son affection pour son ami ; et à la fin elles blessent et ruinent le rapporteur lui-même. Ou : elles sont « comme celles de gens blessés » ; ils font mine d'être touchés du cas qu'ils rapportent et affligés des fautes et des faiblesses de ceux qu'ils exposent en secret, alors qu'en réalité ils s'en réjouissent. Ou : elles sont « secrètes », cachées, comme l'interprète Aben Ezra ; elles sont dites en secret et blessent en secret, par-derrière. Ou : elles sont « douces » ou flatteuses, dit Kimchi ; plus douces que l'huile, elles se glissent aisément dans l'esprit d'autrui. Ou plutôt : elles sont « avalées avec avidité », sens que le mot a en arabe, comme Schultens l'a montré et comme il traduit. D'où la suite :
Et elles descendent jusqu'au fond des entrailles : elles descendent agréablement et s'enfoncent profondément dans le cœur de ceux à qui on les dit, où elles trouvent place et demeurent, au dommage de ceux qui les reçoivent comme de ceux dont on les dit ; et si agréables qu'elles paraissent d'abord, elles sont comme des blessures dans les parties vitales, qui sont mortelles.
9 Celui-là aussi qui est lâche dans son ouvrage est frère du destructeur.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Du dissipateur, littéralement : de celui qui détruit (la fortune déjà faite à la tête de laquelle il se trouve).
Fainéantise et humeur dépensière conduisent au même résultat : la misère.
Pour le second membre, comparez 28.24.
v. 9 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui se relâche dans son travail - qui y est négligent, qui laisse pendre ses mains et n'a pas envie de s'en servir, et qui néglige ses affaires -
est frère de celui qui dissipe : du prodigue qui mange son bien dans les débauches. Le paresseux et le prodigue sont frères en iniquité ; car même s'ils prennent des chemins différents, tous deux sont coupables et aboutissent au même résultat : tous deux mènent à la pauvreté et à la disette. Ou : « frère d'un maître qui dissipe » : un serviteur paresseux et un maître dépensier sont proches parents et finissent dans la même condition. Jarchi l'interprète ainsi :
« celui qui se sépare de la loi, fût-il disciple d'un sage, est frère de Satan » ;
lui qui s'appelle Apollyon, le destructeur. L'homme paresseux dans les choses spirituelles, fût-il de ceux qui font profession de religion et qui ont leur place dans la maison de Dieu, est frère de celui qui la dévaste et la persécute (voir Matthieu 12:30).
10 Le nom de l’Éternel est une forte tour ; le juste y court et s’y trouve en une haute retraiteb 10 ou : et est inapprochable. .
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Le nom de l'Eternel, la révélation de l'Eternel. Dieu se fait connaître par son action dans la nature et dans l'histoire, et son nom est le résumé de l'impression qu'il produit ainsi sur le cœur de l'homme. Il faut mettre sa confiance en ce qu'on connaît du vrai Dieu.
Une forte tour. Comparez 29.25 et Psaumes 61.4.
v. 10 · John Gill · 18/10/2026
Le nom du Seigneur est une tour forte. Par « le nom du Seigneur », on peut entendre soit ses attributs et ses perfections, par lesquels il se fait connaître, et qui sont la force et la sûreté des siens : sa bonté, sa grâce et sa miséricorde sont leur défense ; sa faveur les entoure comme un bouclier ; sa justice les protège de toute injure et de tout outrage ; sa vérité et sa fidélité les préservent ; ils sont gardés par sa puissance comme dans une place forte ; et son immutabilité fait qu'ils ne périssent pas. Soit le Seigneur lui-même, son nom étant mis pour sa personne (Psaume 20:1), ce qu'on peut fort bien entendre du Messie, comme le faisaient les anciens Juifs : c'est en lui et par lui que Dieu se fait connaître aux hommes comme le Dieu de grâce ; c'est en lui qu'il proclame son nom, Dieu de bonté et de miséricorde ; c'est en lui qu'est son nom, lui qui a la même nature et les mêmes perfections que lui ; son nom est Jéhovah notre justice, Emmanuel Dieu avec nous, le Dieu puissant et le Prince de la paix ; et il est appelé Jésus, parce qu'il sauve son peuple de ses péchés, et il est donc leur sûreté contre la ruine éternelle. Ce qu'est une tour forte pour ceux qui sont dedans, contre l'ennemi qui est dehors, la puissance, la force et la vertu du Christ le sont pour les siens : comme personne divine, il est fort et puissant, tout-puissant ; comme homme, il est l'homme de la droite de Dieu, rendu fort pour lui et pour nous ; comme Médiateur, il a tout pouvoir dans le ciel et sur la terre ; en lui est pour les siens une force éternelle ; il est leur ville de refuge, où fuir en toute occasion ; il est la forteresse vers laquelle les prisonniers pleins d'espérance sont invités à se tourner ; il est leur place de défense et leur rocher fortifié ; une tour forte, imprenable : si profondément fondée qu'aucun ennemi ne peut creuser dessous ni y placer une mine pour la faire sauter ; si haute qu'aucune échelle ne l'atteint ; si fortifiée qu'aucun boulet ne peut percer ses murs ni ses remparts, qui sont son salut ; les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle ; elle ne peut être emportée d'assaut ni par la plus violente attaque de tous les hommes et de tous les démons ensemble.
Le juste s'y réfugie en courant : non pas les hommes qui se croient justes, car ceux-là fuient loin du Christ et de sa justice, au lieu d'y courir ; mais ceux qui voient que leur propre justice ne les justifiera pas ; qui sont pécheurs, qui le savent et le reconnaissent ; qui vont au Christ en pécheurs, et qu'il reçoit comme tels ; et qui sont rendus justes par la justice du Christ qui leur est imputée, et qui vivent avec sobriété, justice et piété. Et c'est l'occupation constante de leur foi de recourir au Christ en toute occasion : ils viennent sans cesse à lui et exercent sans cesse leur foi en lui comme en celui qui est le Seigneur leur justice - ce que signifie « courir ». Cela suppose qu'on connaît la tour forte, la ville de refuge ; qu'on connaît le chemin qui y mène et l'accueil qu'on peut y attendre ; cela suppose un principe de vie spirituelle et quelque force spirituelle ; le sentiment du danger ou de sa propre indigence et de la sûreté et de la plénitude qui sont en Christ ; et cela exprime la hâte, la promptitude et l'empressement, qui viennent de l'attrait de la grâce efficace. Et celui qui court ainsi
y est en sûreté : à l'abri de la justice vengeresse de Dieu ; de la malédiction et de la condamnation de la loi ; du péché et de toutes ses suites effroyables ; de Satan et de tous ses ennemis spirituels ; de la colère à venir, de l'enfer et de la seconde mort. Ou bien : il est « placé en haut » ; car cette tour, qui est forte, est aussi haute : c'est un rocher de refuge plus haut que les hommes, plus haut que les anges, plus haut que le ciel même ; et ceux qui y sont sont hors d'atteinte de tout danger et de tout ennemi.
11 Les biens du riche sont sa ville forte, et comme une haute muraille, dans son imagination.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Après la forteresse sûre, la forteresse imaginaire. Voir 10.15, note
v. 11 · John Gill · 18/10/2026
La fortune du riche est sa ville forte : celle où il habite et sur laquelle il règne ; celle où il met sa confiance et son assurance, et où il se croit à l'abri de tout ennemi et de tout malheur. Comme l'observe un auteur :
« l'abondance des biens d'un homme riche lui paraît comme l'abondance de la population dans une "ville" ; compter son argent lui semble voir les gens aller et venir dans les rues ; ses sacs empilés côte à côte, autant de maisons serrées les unes contre les autres ; ses coffres bardés de fer, autant de bastions ; ses billets et ses créances, autant de canons et de grosses pièces d'artillerie ; et au milieu de tout cela il se croit entouré d'un "grand mur" qu'aucun malheur ne peut franchir et qu'aucune misère ne peut percer. »
C'est bien ce qui suit :
Et comme une haute muraille, dans son imagination : elle ne le sépare et ne le distingue pas seulement des autres, mais elle le mettra, s'imagine-t-il, à l'abri de tout danger, et elle durera toujours. Or tout cela n'est que « dans son imagination » ou « sa représentation » : dans les chambres de son imagerie, dit Jarchi, en renvoyant à Ézéchiel 8:12, où se trouve le même mot. Car cette muraille ne tiendra pas : ces richesses ne peuvent pas même se conserver elles-mêmes - elles prennent des ailes et s'envolent -, et encore moins leur propriétaire : ni des calamités publiques, ni des maladies personnelles, ni de la mort, ni de la colère à venir.
12 Avant la ruine le cœur de l’homme s’élève, et la débonnaireté va devant la gloire.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Début du verset, comparez 16.18 et Psaumes 30.6.
Fin du verset, comparez 15.33.
v. 12 · John Gill · 18/10/2026
Avant la ruine, le cœur de l'homme s'élève : gonflé par ses richesses. Les riches sont enclins à l'orgueil, et il faut donc les en avertir et les en garder ; ils regardent volontiers de haut leurs voisins pauvres et avec mépris ; et bien souvent cette hauteur est le présage de leur perte et de leur ruine. Ces airs hautains viennent de l'orgueil du cœur, quand une « brèche » est proche, selon le sens du mot, ou quand ils sont sur le point d'être brisés ; et de toute façon, leur superbe finit tôt ou tard par être abattue par quelque épreuve (voir Proverbes 16:18).
Et l'humilité précède la gloire (voir Gill sur « Proverbes 15:33 »).
13 Répondre avant d’avoir entendu, c’est une folie et une confusion pour qui le fait.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Il faut de la réflexion (1.4).
v. 13 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui répond avant d'avoir écouté : celui qui, impatient, ne peut attendre la fin et coupe la parole à celui qui parle ; ou qui, précipité et irréfléchi, répond aussitôt sans avoir pesé ni compris entièrement ce qu'on lui a dit -
c'est pour lui folie et honte : sa réponse sera forcément sotte et lui attirera honte et confusion. Il faut être « prompt à écouter et lent à parler » (Jacques 1:19).
14 L’esprit d’un homme soutient son infirmité ; mais l’esprit abattu, qui le supporterac 14 ou : relèvera. ?
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Le soutient dans sa maladie, littéralement : supporte sa langueur.
L'esprit abattu. Voir déjà 15.13 et 17.22. L'esprit a pour fonction de maintenir dans l'homme l'équilibre moral. Il doit avoir la haute main dans l'être tout entier. S'il manque à sa mission, il n'y a plus d'espoir. Voir cependant Esaïe 66.2 : Dieu porte ses regards sur celui qui souffre et dont l'esprit est abattu.
v. 14 · John Gill · 18/10/2026
L'esprit d'un homme le soutient dans sa maladie : l'esprit d'un homme fort, dit Jarchi ; d'un homme de cœur, qui a la force d'âme, fût-elle simplement naturelle, et à plus forte raison la force d'âme chrétienne ; sur qui repose un esprit de force, de puissance et de sagesse ; un homme d'un esprit chrétien, renouvelé dans les dispositions de son esprit ; un homme spirituel, en qui est l'Esprit de Dieu, en plus d'une âme raisonnable, substance immatérielle, immortelle et impérissable. Un tel homme tiendra bon sous bien des épreuves et bien des difficultés de la vie ; il supportera les infirmités du corps ; il prendra patiemment la perte de ses amis et de ses biens ; il supportera avec sérénité l'insulte et la perte de sa bonne réputation, à cause de la justice ; et il souffrira la persécution pour le Christ et l'Évangile d'un esprit ferme et invaincu. La paix de conscience qu'il ressent, la présence de Dieu avec lui, l'amour de Dieu répandu dans son cœur, la vue que toutes ses afflictions découlent de cet amour et concourent à son bien, et la perspective de la gloire de l'autre monde : tout cela lui fait supporter et traverser toutes ses afflictions avec aisance et même avec plaisir ; sa conscience est nette, son cœur est entier, son esprit est en paix ; car ses blessures sont guéries, ses péchés pardonnés et son âme sauvée en Christ.
Mais un esprit abattu, qui le supportera ? Ou : un esprit « frappé », frappé par le Seigneur, par sa Parole, dont il se sert comme d'un marteau pour briser les cœurs de pierre ; par la loi de Dieu, qui produit la colère et l'attente d'une ardente indignation ; par l'Esprit de Dieu, qui réveille la conscience et la convainc de péché, de justice et de jugement - coups fort douloureux, quoiqu'ils tendent à amener à la repentance, qu'ils visent à guérir et qu'ils soient donnés par amour. Ou : « un esprit brisé », comme en Proverbes 17:22 ; brisé par le sentiment du péché et par l'excès du chagrin qu'il en a ; quand un homme perd toute force et toute espérance, n'espérant plus ni vie ni salut, et se trouve dans le plus grand désarroi ; tous ses projets et tous ses desseins sont brisés, comme son cœur ; il ne sait plus que faire ni quel chemin prendre ; il est inconsolable et refuse d'être consolé - et cela, sur le moment, est insupportable. Le Seigneur pourtant a des égards pour ceux-là et se tient près d'eux ; il a envoyé son Fils panser les cœurs brisés ; bien plus, il a été brisé lui-même pour eux ; et c'est un bonheur pour eux qu'ils tombent sur lui et soient brisés, plutôt que lui sur eux. Ou : « un esprit blessé » - blessé par la vue du péché commis contre l'Être qui sait tout et peut tout, un Dieu pur et saint, un Dieu juste, dont la nature est infinie, si bien que le péché commis contre lui exige une satisfaction infinie qu'aucune créature ne peut donner ; un Dieu aussi qui est l'auteur de leur être et le Père de toutes leurs grâces - ce qui rend le péché contre lui d'autant plus cuisant et d'autant plus déchirant. Ils sont blessés encore par la vue de la malignité du péché et des circonstances qui l'aggravent, et par les terreurs de la loi rangées en bataille contre eux. Et un tel esprit, « qui le supportera » ? Nul, sinon en voyant un Sauveur blessé ; en voyant l'expiation faite par son sacrifice ; en recevant la découverte et l'application de la grâce qui pardonne ; en sentant la paix et la réconciliation faites par le sang du Christ ; ou en concevant quelque espérance de salut par lui - et à moins que le bon Samaritain ne verse l'huile et le vin sur ses plaies et ne les bande.
15 Le cœur de l’homme intelligent acquiert la connaissance, et l’oreille des sages cherche la connaissance.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour le premier membre, comparez 15.14, et pour la pensée exprimée, 1.5. Pour comprendre tout le prix de la sagesse, il faut avoir déjà une certaine mesure d'intelligence. C'est précisément cette condition préliminaire qui manque à l'insensé : 17.16.
v. 15 · John Gill · 18/10/2026
Le cœur de l'homme intelligent acquiert la connaissance : davantage de connaissance ; car il en a nécessairement déjà, et beaucoup, pour être appelé « intelligent », que ce soit dans les choses naturelles, civiles ou spirituelles ; et un tel homme désirera ardemment en avoir plus et usera de tous les moyens pour y parvenir, si bien qu'il en obtient une large part.
Et l'oreille des sages cherche la connaissance : l'homme sage cherche à l'acquérir par l'ouïe ; il prête l'oreille à ce que disent les autres, et surtout ceux qui sont plus sages et plus savants que lui. De même ceux qui sont sages pour le salut : désirant mieux connaître le Christ et les choses divines, ils usent de tous les moyens pour cela, et entre autres écoutent avec attention ce que laissent tomber, dans les entretiens particuliers, les chrétiens plus avancés qu'eux ; et surtout ils assistent constamment au ministère de la Parole - et cherchant ainsi, ils obtiennent d'y croître.
16 Le don d’un homme lui fait faire place et l’introduit devant les grands.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Un présent : non pas fait en secret à un juge pour le gagner, le terme employé ici est différent, mais offert à propos et en bonne conscience. En donnant en temps utile quelques marques de largesse, on s'ouvre accès auprès de personnes avec lesquelles on n'aurait, sans cela, jamais eu de relations. Cette maxime énonce, sans l'apprécier au point de vue moral, un fait d'expérience qui avait frappé l'auteur.
v. 16 · John Gill · 18/10/2026
Les présents d'un homme lui ouvrent le chemin ; ou : « l'élargissent » ; ils le tirent de prison, ou des difficultés et des embarras où il était pris ; ou ils lui ouvrent l'accès auprès d'un juge et lui assurent qu'on entendra sa cause avec faveur ; ou ils élargissent le cercle de ses relations et lui gagnent la considération.
Et le mènent devant les grands : ils lui ouvrent l'accès à la présence et à la compagnie des grands, en servant de gratification à leurs serviteurs ; ou ils lui procurent une place à leur service. Il n'est pas nécessaire de l'entendre d'un présent fait à titre de pot-de-vin : il peut s'agir de se faire présenter à quelqu'un, de se rendre agréable et d'apaiser sa colère, comme dans les cas de Jacob et d'Abigaïl (Genèse 32:20 ; 43:11 ; 1 Samuel 25:27).
17 Celui qui est le premier dans son procès est juste ; son prochain vient, et l’examine.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Ne juge jamais, que tu n'aies ouï les deux parties. Qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son. Un précepte latin dit de même : Audiatur et altera pars !
v. 17 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui parle le premier dans sa cause paraît juste - comme le fit peut-être Tertulle avant que Paul ne présentât sa défense, et comme fit Tsiba, le serviteur de Mephiboscheth, avant que son maître ne l'eût démasqué. Cela se vérifie souvent quand on raconte une histoire, dans la conversation privée, dans les procès devant les tribunaux, et dans les controverses théologiques.
Mais son adversaire vient et l'examine : son adversaire entre dans la maison où il raconte son histoire et la rapporte tout autrement, faisant voir la fausseté de son récit ; ou il vient au tribunal et présente la cause sous un tout autre jour ; ou il paraît en public par des écrits et expose les erreurs d'un homme engagé dans une mauvaise cause et réfute ses arguments. On l'entend généralement des affaires judiciaires : le premier qui expose une cause prévient facilement le juge et la cour en sa faveur, et ils sont portés à croire d'abord qu'il a raison ; mais il ne faut pas se hâter de juger avant d'avoir entendu l'autre partie, car l'adversaire vient discuter l'affaire, la démêler tout entière, montrer la faiblesse de la cause et la vanité des prétentions, et détruire toutes les allégations. Et alors « il » - le juge, selon certains interprètes - « examine » : il s'enquiert de plus près de l'affaire, pour découvrir la vérité et rendre un jugement et une sentence justes.
18 Le sort fait cesser les querelles et sépare les puissants.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Plus haut (16.33) on a vu d'où le sort tire sa valeur. Ici est mise en lumière sa puissance : on voit des grands accepter sans récriminations ses arrêts. Il décide même entre les puissants.
v. 18 · John Gill · 18/10/2026
Le sort met fin aux querelles : quand une affaire ne peut être réglée entre les parties, ni à l'amiable ni devant un tribunal, on tire au sort, et cela met fin à toute contestation et satisfait les deux parties, qui s'y soumettent et s'y tiennent.
Et il décide entre les puissants : les rois et les princes de la terre, les hommes de grand pouvoir et de grande autorité, de grande fortune et de grande influence, capables donc de se disputer et de faire durer la dispute, ce qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences, et qu'on ne dissuade pas facilement d'y persister. Ou bien cela peut désigner ceux qui sont le plus violemment en désaccord : des gens d'un caractère entier, obstinés et têtus, qui ne céderont jamais et qu'on ne peut départager ni par les arguments ni par les décisions légales ; ceux-là, le sort les départage et les fait cesser de se quereller, et leur fait accepter la part qu'il leur attribue - comme les enfants d'Israël acceptèrent la portion du pays de Canaan qui leur échut par le sort.
19 Un frère offensé est plus [difficile] à gagner qu’une ville forte, et les querelles sont comme les verrous d’un palais.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Traduction littérale : Un frère est plus résistant qu'une ville forte, et les différends sont comme les barres d'un château, ce qui signifie : Un frère offensé est plus difficile à gagner qu'une forteresse, et les différends entre frères... Plus les liens de parenté sont étroits, plus les dissensions qui surviennent, sont graves. Vérité d'expérience, énoncée sans aucun commentaire.
v. 19 · John Gill · 18/10/2026
Un frère offensé est plus difficile à gagner qu'une ville forte : on prendra plus vite une ville fortifiée qu'on ne réconciliera deux frères dont l'un a offensé l'autre ; leur ressentiment l'un contre l'autre est plus vif que contre n'importe qui d'autre ; et leur amour changé en haine est plus amer ; et il est plus difficile d'aplanir un différend entre frères qu'entre ennemis. Aussi doivent-ils prendre garde à ne pas se brouiller en chemin. Cela est vrai des frères au sens naturel, comme le montrent les cas d'Abel et de Caïn, de Jacob et d'Ésaü, de Joseph et de ses frères, d'Amnon et d'Absalom, et d'autres encore ; et cela est vrai aussi des frères au sens spirituel, comme Paul et Barnabas, Luther et Calvin, et d'autres.
Et leurs querelles sont comme les verrous d'une forteresse, qu'on ne peut ni briser ni sectionner facilement : ainsi les querelles, surtout entre frères, ne s'apaisent qu'à grand-peine, et leurs différends ne s'arrangent guère ; ils tiendront bon les uns contre les autres aussi longtemps qu'une ville forte ou un château verrouillé contre un ennemi.
20 Le ventre d’un homme est rassasié du fruit de sa bouche ; du revenu de ses lèvres il est rassasié.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Littéralement : Du fruit de la bouche d'un homme son ventre sera rassasié. Comparez 12.14 et 13.2, qui disaient : Par le fruit de sa bouche l'homme se rassasie de bien ou jouit du bien. Ici il est question, d'une manière générale, de l'effet, soit heureux, soit fâcheux, de tout ce qu'on peut avoir dit. Comparez pour les conséquences des mauvaises paroles, Matthieu 15.11.
v. 20 · John Gill · 18/10/2026
C'est du fruit de sa bouche que l'homme rassasie son ventre : de ses propres paroles et de ses propres discours, quand ils sont sages, pieux et savoureux, quand ils sont pleins de grâce et qu'ils la communiquent ; ils rassasient l'homme lui-même, son esprit et sa conscience, et rassasient sa maison, tous ceux qui y vivent, laquelle est comme son ventre. Mais s'il en va autrement, ils ne seront profitables ni rassasiants pour personne. Aussi, si l'on veut garder sa conscience en paix et être utile aux autres, faut-il prendre garde à ce qu'on dit (voir Proverbes 12:14 ; 13:2).
Il se rassasie du produit de ses lèvres : c'est la même chose dite en d'autres mots, par allusion aux semailles et à la récolte ; l'homme moissonne selon ce qu'il a semé et jouit du fruit de sa peine ; et selon ce qu'il sème avec ses lèvres, telle sera la moisson à laquelle il aura part.
21 La mort et la vie sont au pouvoir de la langue, et celui qui l’aime mangera de son fruit.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
L'auteur insiste, comme Jacques, sur la puissance de la langue dans toutes les directions. Comparez 12.18 ; 15.4. Aimer la langue, c'est, comme aimer la vie, en faire un bon usage (Psaumes 34.12-16 ; 1Pierre 3.10).
v. 21 · John Gill · 18/10/2026
La mort et la vie sont au pouvoir de la langue : de celle des témoins, selon le témoignage qu'ils rendent ; de celle des juges, selon la sentence qu'ils prononcent ; de celle des maîtres, selon la doctrine qu'ils enseignent ; de celle de tous les hommes, qui, en parlant bien ou mal, apportent la vie ou la mort à eux-mêmes et aux autres. Certains, par leur langue, par l'usage trop libre qu'ils en font ou par les faussetés qu'ils débitent, causent la mort à eux-mêmes et aux autres ; d'autres, par leur silence, ou par une parole avisée et une intercession efficace, obtiennent ou assurent la vie à eux-mêmes et aux autres. Bien plus, le jugement du dernier jour se fera selon les paroles d'un homme : « par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné » (Matthieu 12:37). La langue est l'instrument soit d'un grand bien, soit d'un grand mal.
Et ceux qui l'aiment en mangeront le fruit : ceux qui se plaisent à parler beaucoup, qui aiment se servir de leur langue, en bien ou en mal, seront rétribués en conséquence et recueilleront les avantages ou les désavantages qui en découlent.
22 Celui qui a trouvé une femme a trouvé une bonne chose, et il a obtenu faveur de la part de l’Éternel .
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Une femme, sans adjectif qualificatif : une vraie femme. Voir verset 4 : les paroles de la bouched'un homme .
Comparez 19.14 et le triste corollaire Ecclésiaste 7.26.
v. 22 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui a trouvé une femme - une bonne épouse ; c'est ainsi que le suppléent la Septante, la Vulgate, la version syriaque et la version arabe, et de même le Targum, quoiqu'il omette le mot « bonne » dans le second membre ; et il ne peut s'agir que de cela : une femme d'un bon naturel, sage, avisée, attentive et travailleuse, une aide qui lui convienne, une femme vertueuse comme en Proverbes 31:10. Celui qui cherche une telle femme et la trouve, et surtout une femme qui ait la grâce de Dieu - ce qu'il doit chercher parmi ses proches, avec leur aide, et par la prière à Dieu -
a trouvé le bonheur : ce qui tournera à son bien, tant sur le plan humain que sur le plan spirituel. La Septante ajoute :
« celui qui répudie une bonne épouse répudie le bonheur ; mais celui qui garde une prostituée est insensé et impie » ;
ce que suivent la Vulgate, la version syriaque et la version arabe, mais qui ne se trouve pas dans le texte hébreu. Jarchi l'interprète mystiquement de la loi, mais, au sens littéral, d'une bonne épouse.
Et il a obtenu une faveur du Seigneur : c'est du Seigneur, et sous sa conduite, que vient de trouver une bonne épouse quand on la cherche ; et l'on doit l'estimer comme une faveur du Seigneur et comme une preuve de sa bienveillance, et s'en encourager à en espérer d'autres. Hésiode dit qu'un homme ne peut rien obtenir de meilleur qu'une bonne épouse.
23 Le pauvre parle en supplications, mais le riche répond des choses dures.
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Encore une vérité d'expérience. Il s'agit de montrer au pauvre qu'il ne doit pas s'étonner si pareille chose lui arrive, et au riche qu'il court le risque de devenir un être inhumain s'il se confie en sa richesse. Comparez 10.15. On a vu aussi dans le premier membre de notre verset l'exhortation au pauvre à ne pas se laisser par trop abattre par son humble condition. Ceci encore nous ferait songer à Jacques 2.5-6.
v. 23 · John Gill · 18/10/2026
Le pauvre parle en suppliant ; ou : par des « supplications » ; il est un humble suppliant auprès des autres, et demande ce qu'il lui faut avec humilité et modestie ; il n'exige rien et ne prescrit pas ce qu'on doit faire pour lui, mais expose modestement son cas et s'en remet à autrui. Ainsi ceux qui sont pauvres en esprit sont d'humbles suppliants devant le trône de la grâce.
Mais le riche répond durement : orgueilleux et hautains, enflés par leurs richesses, et ne craignant personne, les riches répondent aux autres par des paroles dures et rudes, surtout à ceux qui leur sont inférieurs, et particulièrement aux pauvres. Ce n'est pas ainsi qu'il devrait en aller, mais c'est ainsi qu'il en va d'ordinaire.
24 L’homme qui a [beaucoup] de compagnons va se ruinant ; mais il est tel ami plus attaché qu’un frère.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Les a pour son malheur : peut les avoir pour son malheur et n'en pas posséder un véritable. Il ne faut pas être l'ami de chacun ; il convient de se montrer difficile en fait d'amitié.
Plus attaché qu'un frère. Comparez 17.17.
v. 24 · John Gill · 18/10/2026
L'homme qui a des amis doit se montrer ami : l'amitié doit être mutuelle et réciproque, comme entre David et Jonathan ; celui qui reçoit de l'amitié doit la rendre, faute de quoi il se rend coupable d'une grande ingratitude. On peut appliquer cela spirituellement : le croyant est « un homme d'amis », selon la traduction possible ; il a beaucoup d'amis. Dieu est son ami, comme le montrent son amour prévenant, son choix, les provisions de grâce qu'il a faites pour lui ; l'envoi de son Fils pour le sauver ; les visites qu'il lui fait, non seulement par sa providence mais par sa grâce ; le fait qu'il lui découvre ses secrets, lui montre son alliance et le fasse son héritier, cohéritier avec le Christ. Le Christ est son ami, comme le montrent sa venue parmi les hommes à son incarnation, et spirituellement la communication de ses secrets, ses conseils sincères et ses reproches fidèles, tout ce qu'il a entrepris et fait pour lui, et surtout ses souffrances et sa mort à sa place. Le Saint-Esprit est son ami, ce qu'il a montré en lui découvrant son état misérable par nature et le chemin du salut par le Christ ; en opérant en lui toutes ses œuvres ; en tenant auprès de lui le rôle de consolateur ; en lui révélant les choses divines ; en le soutenant dans toutes ses faiblesses ; en intercédant pour lui selon la volonté de Dieu ; et en le rendant apte à la gloire et au bonheur éternels. Les anges sont ses amis, comme il ressort de la joie qu'ils manifestent à l'incarnation du Christ pour les hommes et à la conversion des pécheurs ; de leur ministère auprès des croyants, de la protection qu'ils leur donnent, et de tous les bons offices qu'ils leur rendent, dans la vie comme à la mort. Et les saints sont amis les uns des autres. Or, un croyant doit se montrer ami envers Dieu, son Dieu et son Père d'alliance, en le visitant souvent au trône de la grâce, en se confiant en lui, en prenant garde de ne pas l'offenser mais de lui plaire, et en s'attachant fidèlement et fermement à sa cause et à ses intérêts. Envers Jésus-Christ son Rédempteur, en obéissant volontiers à ses commandements ; en le reconnaissant et en le traitant comme son ami ; en ayant des égards pour ses amis, ses serviteurs et ses pauvres ; en s'attachant à lui et en renonçant à l'amitié de ses ennemis. Envers le Saint-Esprit aussi, en ne l'attristant pas, en ne l'éteignant pas et en ne le méprisant pas, mais en se servant de lui et en se livrant à son influence et à sa conduite, et en le reconnaissant comme l'auteur de toute leur grâce. Envers les anges également, en parlant bien d'eux, en reconnaissant leurs bons offices et en tenant à honneur d'être venus se joindre à une telle compagnie. Et envers les saints, par des entretiens chrétiens avec eux, en compatissant à leur condition quelle qu'elle soit, par des conseils sincères, des reproches et des avertissements fidèles, et en les secourant dans toutes leurs détresses, intérieures et extérieures.
Et il y a un ami plus attaché qu'un frère : quelqu'un qui est à un homme comme son âme même (Deutéronome 13:6), et qui n'a avec lui qu'un cœur et qu'une âme, comme Jonathan et David, et comme les premiers chrétiens. Cela est vrai du Christ, et peut exprimer l'union étroite qui existe entre lui et les siens, son attachement inébranlable à leur cause et à leurs intérêts, sa constance et sa permanence comme ami en tout temps, et sa fidélité et son immutabilité (voir Proverbes 17:17). Les païens avaient une divinité présidant à l'amitié, qu'ils appelaient Jupiter Philios ; ce titre convient bien mieux au vrai Dieu, qui est lui-même un ami pour les hommes et qui aime qu'il y ait de l'amitié entre eux.