1 Comme la neige en été, et comme la pluie dans la moisson, ainsi la gloire ne sied pas à un sot.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
La neige en été est une calamité (25.13, note). La pluie à l'époque de la moisson serait en Palestine une anomalie. Il serait de même tout à fait intempestif et dangereux de confier quelque charge à un sot. Il s'imaginerait qu'il la mérite et ne ferait que s'ancrer davantage dans sa sottise ; et d'autre part la chose publique en pâtirait. Voir verset 8 et 19.10.
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
Comme la neige en été et la pluie pendant la moisson - choses fort peu souhaitables et fort peu de saison, et même très nuisibles aux fruits de la terre, un grand obstacle pour les moissonneurs et un empêchement à la rentrée des récoltes ; et fort rares en Judée : il fallut même un miracle pour qu'il y eût tonnerre et pluie au temps de la moisson des blés (1 Samuel 12:17) -
ainsi la gloire ne convient pas à l'insensé, c'est-à-dire au méchant : de telles gens ne devraient pas être favorisés des rois ni élevés à de hautes charges d'honneur et de confiance ; « la folie placée en haut lieu », ou les insensés et les méchants placés dans des postes honorables, sont aussi déplacés et aussi malvenus que la neige et la pluie en été et pendant la moisson, et devraient être aussi rares ; et ils sont aussi nuisibles et pernicieux, puisqu'ils découragent la vertu, encouragent le vice et empêchent la prospérité de l'État. De tels gens vils sont méprisés des gens de bien et rejetés de Dieu, qui ne leur donnera de gloire ni ici-bas ni dans l'au-delà : « les sages hériteront la gloire, mais les insensés ont la honte en partage » (Proverbes 3:35 ; voir Ecclésiaste 10:6).
2 Comme le moineau qui va çà et là, et l’hirondelle qui vole, ainsi la malédiction sans cause n’arrivera point.
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Est sans effet, littéralement : n'arrive pas, ne se pose pas. Une leçon mise en marge du texte hébreu remplace la négation ne... pas par les mots à lui : cette malédiction retombe sur celui qui l'a proférée. Mais le contexte et les images employées dans le premier membre parlent en faveur de la leçon du texte.
v. 2 · John Gill · 18/10/2026
Comme l'oiseau qui s'échappe, comme l'hirondelle qui s'envole : comme un oiseau, et particulièrement le passereau - car le mot est parfois ainsi rendu -, qui quitte son nid et s'en éloigne, vole çà et là et ne se pose nulle part ; et comme l'hirondelle qui s'envole vers le lieu d'où elle est venue ; ou le pigeon sauvage, selon certains, qui s'envole très rapidement. L'hirondelle tire son nom hébreu de la liberté, parce qu'elle vole hardiment et librement et fait son nid jusque dans les maisons, où elle va et vient sans crainte.
Ainsi la malédiction sans cause n'atteint pas : la bouche des insensés et des méchants est pleine de malédictions et d'amertume, surtout de ceux qui sont élevés au-dessus des autres et placés en haut lieu, et qui croient avoir le droit de jurer contre leurs inférieurs et de les maudire, et de soutenir ainsi leur autorité et leur pouvoir. Mais que signifient leurs malédictions, quand elles sont sans cause ? Elles sont vaines et sans effet, comme la malédiction de Schimeï contre David ; elles s'envolent, comme les oiseaux dont on vient de parler, et passent par-dessus la tête de ceux qu'elles visaient ; bien plus, elles reviennent et retombent sur la tête de ceux qui les profèrent, comme l'hirondelle retourne d'où elle est venue - car c'est un oiseau migrateur (Jérémie 8:7) : en hiver elle s'envole et se réfugie dans certaines îles ou sur des rochers appelés pour cela « chélidoniens ». Selon le qeré, la lecture marginale - car il y a ici une double lecture -, on peut traduire : « ainsi la malédiction sans cause retombera sur celui » qui la prononce sans raison. La Septante retient les deux :
« ainsi une malédiction vaine ne tombera sur personne. »
Que valent donc tous les anathèmes de l'Église de Rome ? Qui peut maudire celui que Dieu n'a pas maudit ? Bien plus, ceux qui le font seront eux-mêmes maudits (voir Psaume 109:17).
3 Le fouet est pour le cheval, la bride pour l’âne, et la verge pour le dos des sots.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 5.13 ; 19.29 et, pour le premier membre, Psaumes 32.9. Malheur à qui n'écoute ni menaces ni exhortations !
v. 3 · John Gill · 18/10/2026
Le fouet est pour le cheval - celui qui est lourd à la marche, ou rétif et mal dressé ;
la bride pour l'âne : non pour le retenir d'aller trop vite, l'âne étant généralement lent, mais pour le diriger et le faire tourner quand il le faut, car il est têtu et obstiné ; quoique la Septante, la version syriaque et la version arabe traduisent « un aiguillon », quelque chose qui pique et le pousse à marcher, et de même le Targum ; car sinon on penserait que le fouet conviendrait mieux à l'âne et la bride au cheval ;
et la verge pour le dos des insensés : ce qui laisse entendre que l'insensé, le méchant, ressemble au cheval ou au mulet - car s'il n'est pas dépourvu d'intelligence dans les choses naturelles, il l'est dans les choses divines et morales - et qu'il est aussi stupide que l'âne, si sage qu'il se croie lui-même, étant né comme l'ânon d'un âne sauvage ; et qu'au lieu de lui rendre honneur, il faudrait lui donner des coups, le reprendre vertement et le corriger de sa méchanceté, et particulièrement celui qui maudit sans cause (Proverbes 19:29).
4 Ne réponds pas au sot selon sa folie, de peur que toi aussi tu ne lui ressembles.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
4 et 5 Ces deux maximes semblent se contredire si bien, que plusieurs rabbins ont mis en question la valeur canonique du livre qui les a admises l'une et l'autre. Mais elles se justifient pleinement toutes deux, et l'on trouve chez les Pythagoriciens des oppositions toutes pareilles : Marche sur la voie royale ! Ne marche pas sur la voie royale ! (la grande route)
Ne suis pas le sot sur son terrain ; il pourrait en conclure qu'il est dans le vrai. Ne descends pas à son niveau de grossière colère ; ce serait approuver son allure.
v. 4 · John Gill · 18/10/2026
Ne réponds pas à l'insensé selon sa folie. Parfois il ne faut pas répondre du tout à l'insensé ou au méchant : ainsi les serviteurs d'Ézéchias ne répondirent pas un mot à Rabschaké ; ni Jérémie à Hanania ; ni le Christ aux scribes et aux pharisiens. Et quand on répond, il ne faut pas le faire à sa manière insensée, en rendant le mal pour le mal et l'insulte pour l'insulte, dans le même langage venimeux, menteur, calomnieux et injurieux ;
de peur que tu ne lui ressembles : de peur que toi, homme intelligent et sensé, et tenu pour tel jusque-là, tu ne tombes sous le même reproche et ne passes pour un insensé comme lui.
5 Réponds au sot selon sa folie, de peur qu’il ne soit sage à ses propres yeux.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Réponds-lui comme il le mérite, péremptoirement, en lui montrant son insanité et en lui faisant sentir la différence immense qu'il y a entre lui et un sage.
v. 5 · John Gill · 18/10/2026
Réponds à l'insensé selon sa folie. Le Targum porte :
« mais parle au sot selon ta sagesse » ;
et la version syriaque :
« oui, parle au sot selon ta sagesse » ;
ce qui lèverait d'un coup la contradiction apparente avec le verset précédent, mais ce n'est pas une traduction exacte. Il est vrai pourtant, et c'est bien le sens, que lorsqu'on répond à un insensé - comme il le faut parfois -, on doit le faire avec sagesse et de manière à démasquer sa folie. Il faut lui répondre ou ne pas lui répondre selon les moments, les lieux, les circonstances et la manière de répondre ; il faut lui répondre quand on peut espérer lui faire du bien ou faire du bien à d'autres, ou empêcher que ses propos ne laissent une mauvaise impression sur les autres ; quand la gloire de Dieu, le bien de l'Église et la cause de la vérité l'exigent ; et quand, autrement, il triompherait, comme si ses paroles et ses actes étaient sans réplique - ce que dit la suite :
de peur qu'il ne se croie sage ; ce que les insensés sont fort enclins à faire, et d'autant plus quand on ne leur répond pas, s'imaginant que cela tient à la force de leurs arguments et à la vigueur de leur raisonnement, alors que cela vient plutôt du dédain et du mépris qu'on a pour eux.
6 Celui qui envoie des messages par la main d’un sot, se coupe les pieds [et] boit l’injusticea 6 litt. : violence; ou : tort. .
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Il se coupe les pieds : il s'ôte toute possibilité d'atteindre le but qu'il s'était proposé.
Il s'abreuve de peines. Le message mal fait lui vaut des déboires sans fin. Comparez 10.26 et 25.13.
v. 6 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui envoie un message par un insensé - qui ne sait pas le délivrer comme il faut, qui est incapable de rapporter la réponse, ou qui est infidèle et rapporte un compte rendu faux ou mauvais, comme firent les espions au sujet du bon pays -
se coupe les pieds : il ferait aussi bien de se couper les pieds avant de l'envoyer, ou d'envoyer un homme sans pieds ; car la prudence, la diligence et la fidélité dans l'exécution d'un message et le rapport de la réponse sont aussi nécessaires à un messager que ses pieds ;
et il boit l'amertume : il s'attire du dommage, son message n'ayant pas été exécuté comme il fallait et l'affaire n'ayant pas abouti ; ce qui est une perte pour lui et une atteinte à son crédit auprès de celui à qui il l'a envoyé, lequel en conclura qu'il faut être bien peu avisé pour envoyer un tel imbécile porter son message. Tels sont les ambassadeurs malhabiles des princes ; et tels sont les serviteurs infidèles, les messagers des Églises (voir Proverbes 10:26). Le texte hébreu porte trois propositions sans conjonction : « celui qui se coupe les pieds ; celui qui boit l'amertume ; celui qui envoie un message par la main d'un insensé » - c'est-à-dire qu'ils se valent.
7 Les jambes du boiteux sont sans force : tel est un proverbe dans la bouche des sots.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est une belle et bonne chose que d'avoir des jambes ; mais quel service en retire un impotent ? Une maxime, si vrai soit-elle, perd toute force en passant par les lèvres d'un sot, qui d'ailleurs ne sait la citer à propos.
v. 7 · John Gill · 18/10/2026
Les jambes du boiteux sont sans force ; ou : de même que « le boiteux qui lève les jambes » pour danser au son de la flûte ou du violon est un spectacle bien peu convenable, qui ne fait qu'étaler davantage son infirmité et ne peut donner de plaisir à personne, mais provoque la moquerie et le mépris,
telle est une sentence dans la bouche des insensés : une maxime de son cru, qu'il débite comme une belle sentence, mais qui boite et cloche ; elle ne tient pas debout, elle est comme les jambes d'un boiteux, l'une plus longue que l'autre. Ou bien il s'agit de l'un des proverbes de ce livre, ou plutôt de quelque passage de l'Écriture, dans la bouche d'un méchant, ou de quelque propos religieux qu'il tient, ce qui est fort déplacé, sa vie et sa conduite ne s'y accordant pas ; il est aussi désagréable d'entendre un tel homme parler de religion qu'il est désagréable de voir un boiteux danser ; ou dont les jambes imitent les seaux d'un puits, dont l'un monte quand l'autre descend, selon l'interprétation que Gussetius donne du mot.
8 Celui qui donne de la gloire à un sot, c’est comme un sachet de pierres précieuses dans un tas de pierresb 8 ou : c’est comme d’attacher une pierre à une fronde. .
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
La fronde lance au loin les pierres qu'on y dépose, elles n'y restent pas longtemps. Le sot ne garde guère l'honneur qu'on lui fait. La Vulgate traduit : C'est jeter une pierre sur le monceau consacré à Mercure, que de... Allusion à la coutume exclusivement païenne de dresser au bord des routes des colonnes portant une image de Mercure et au pied desquelles se trouvaient des monceaux de pierres. Le voyageur en passant y jetait, pour honorer le dieu, un caillou. Mais y jeter une pierre [précieuse], c'est folie.
v. 8 · John Gill · 18/10/2026
Comme celui qui attache une pierre à la fronde - de manière qu'elle ne puisse en sortir, ce qui la rend inutile et manque le but ; ou qui l'y place pour qu'elle en soit lancée, et elle l'est, et la voilà perdue et sans usage ; ou qui met une pierre précieuse, selon certains, dans un tas de pierres ordinaires, et même dans un tas de celles dont on lapide les criminels ; ou qui accroît le tas de pierres sur un tel homme, ce qui l'expose davantage et le charge de plus d'opprobre : ainsi plus on loue un insensé, plus on rappelle sa folie et plus on aboutit à sa honte, dit Gussetius. Ou plutôt il s'agit d'une pierre précieuse mise dans un tel tas de pierres, comme le pense Luther ; ou, selon Schultens, dans un tas de pierres tombales ; ou bien, selon Aben Ezra, de celui qui enveloppe de pourpre une pierre ordinaire, ce qui est ridicule - ainsi R. Joseph Kimchi. La Vulgate traduit :
« comme celui qui jette une pierre au tas de Mercure » ;
divinité païenne, appelée chez les Orientaux Mertholin et Margena, ce dernier nom étant proche du mot hébreu employé ici. On dressait sa statue aux carrefours pour guider les voyageurs ; et ceux-ci, en signe de respect et de reconnaissance, avaient coutume de jeter une pierre sur le tas pour le soutenir. Ces pierres, dressées en ces lieux incertains, lui étaient consacrées et portaient son nom ; et les voyageurs le faisaient non seulement en son honneur et pour rendre sa statue plus visible, mais aussi par utilité, pour débarrasser le chemin des pierres. Cet usage était répandu chez les Indiens, les Arabes, les Sarrasins, et il l'est encore chez les mahométans ; et l'on plaçait aussi de tels tas de pierres dans les villes et à la porte des maisons en l'honneur de Mercure, et on les appelait de son nom hermae ; on en dressait aussi comme bornes des pays. Mais il est peu probable que cet usage existât au temps de Salomon ; et pourtant certains auteurs juifs l'entendent ainsi, comme si celui qui rend honneur à un insensé faisait comme celui qui jette une pierre à Mercure ; et Jarchi rapporte comme l'avis de quelques-uns de leurs rabbins
« que celui qui enseigne la loi à un disciple qui n'en est pas digne fait comme celui qui jette une pierre à Mercure » ;
et jeter une pierre à Mercure équivaut chez eux à commettre une idolâtrie. Mais l'un des sens précédents est le meilleur ;
tel est celui qui rend honneur à un insensé : tout cela est perdu, comme une pierre lancée par la fronde ; ou aussi déplacé que de mettre une pierre précieuse dans un tas de cailloux, ou une pierre ordinaire dans la pourpre (voir Gill sur « Proverbes 26:1 »).
9 Une épine qui entre dans la main d’un homme ivre, tel est un proverbe dans la bouche des sots.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Au verset 7, l'inefficacité, ici, le danger d'une maxime, même vraie, dans la bouche des sots.
v. 9 · John Gill · 18/10/2026
Comme une épine qui se plante dans la main d'un homme ivre - et il ne la sent pas ; ou qui, l'ayant à la main, en fait un mauvais usage et se blesse et blesse les autres -
telle est une sentence dans la bouche des insensés : une maxime touchant les choses religieuses, ou un passage de l'Écriture qu'il ne comprend pas plus, et dont il n'a pas plus de discernement spirituel, que l'homme ivre n'a conscience de l'épine plantée dans sa main ; ou dont il fait un jeu de mots ou une plaisanterie, comme certains ont coutume de le faire avec l'Écriture, et par où il se blesse et blesse les autres, meurtrissant sa propre conscience et perdant les âmes d'autrui. Car il est dangereux de manier des outils tranchants et rude de regimber contre les aiguillons ; et faire ainsi, c'est manier des épines comme un homme ivre, qui le fait sans discernement et à son propre dommage et à celui des autres. Gussetius entend cela d'un hameçon qui remonte vide dans la main d'un homme ivre, sans rien prendre - image de l'inutilité de ce que dit un insensé.
10 Le puissant use de violence envers tout le monde : il prend à gages le sot et il prend à gages les passantsc 10 ou : les transgresseurs; selon d’autres : L’archer qui blesse tout le monde, celui qui prend à gages le sot, et celui qui prend à gages les passants, [c’est la même chose]. .
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Cette maxime est l'une des plus obscures du livre et l'on en a tiré les sens les plus divers. Parmi les traductions qui s'abstiennent de modifier le texte, celle que nous donnons offre un sens acceptable. On est responsable du tort fait à autrui par des employés inhabiles. Un tireur maladroit ne peut pas s'excuser en disant : Ce n'est pas moi qui t'ai blessé, mais ma flèche. Morale : Soyez prudents dans le choix de vos employés.
v. 10 · John Gill · 18/10/2026
Le grand Dieu, qui a tout formé - qui a fait les cieux, la terre et la mer et tout ce qu'ils contiennent ; qui est grand par les perfections de sa nature et par les œuvres de ses mains, et digne de toute louange -
rétribue l'insensé comme il rétribue les transgresseurs, selon leurs œuvres ; toute transgression de la loi recevant sa juste rétribution, qu'on la commette par ignorance ou volontairement ; car telle sera la punition que telle aura été la faute, commise par erreur ou par présomption. Certains, comme Kimchi, l'entendent pourtant du bien que le Seigneur fait par sa providence aux sages et aux insensés, aux justes et aux méchants. D'autres traduisent en un tout autre sens : « un grand afflige tout le monde, et il paie l'insensé et il paie les transgresseurs », c'est-à-dire qu'un grand personnage, un prince tyrannique, afflige tous ses bons sujets ; ou, comme le fait Hottinger d'après l'usage arabe du mot, il bouleverse tout, renverse l'ordre des choses et administre tout à sa guise, c'est-à-dire mal ; quand il paie des insensés et des méchants pour faire à sa place ce que d'autres refuseraient, au grand détriment de l'État, et les récompense en leur donnant des charges d'honneur et de confiance, au grand chagrin de ses meilleurs sujets.
11 Comme le chien retourne à son vomissement, le sot répète sa folie.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Réitère sa sottise. L'abandon de la folie est pour le sot un procédé contre nature. Si des corrections sévères peuvent l'y résoudre, il ne tarde pas à céder à son instinct. Cette parole est citée 2Pierre 2.22 avec la remarque que c'est un proverbe véritable.
v. 11 · John Gill · 18/10/2026
Comme le chien retourne à ce qu'il a vomi - malade de ce qu'il a mangé, il le rejette, puis revient et le lèche -
ainsi l'insensé revient à sa folie ; ou il la « répète », mainte et mainte fois, comme dit Ben Melech ; ou le méchant retourne à sa méchanceté, lui qui, ayant eu quelque remords de conscience, avait quitté le péché pour un temps ; mais cette crise passée, oubliant toute son horreur et tout son malaise passés, il revient à sa vie d'autrefois. Le méchant est ici comparé à un chien, comme il l'est ailleurs, à cause de son effronterie et de son avidité à pécher ; et la souillure du péché est exprimée par le vomissement du chien, la chose la plus dégoûtante et la plus répugnante qui soit ; et l'apostasie du pécheur, sorti extérieurement d'une vie honnête, est figurée par le retour du chien à ce vomissement. Cela est appelé « un proverbe véritable » en 2 Pierre 2:22, où il est cité et appliqué.
12 As-tu vu un homme sage à ses propres yeux ? Il y a plus d’espoir pour un sot que pour lui.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Il y a tout à craindre d'un sage présomptueux qui oublie que la sagesse est de Dieu seul. Un sot qui sent sa pauvreté spirituelle, se laissera peut-être toucher par des avis sensés. La seconde partie de cette maxime se retrouve 29.20.
v. 12 · John Gill · 18/10/2026
Vois-tu un homme qui se croit sage ? Ou : « sage à ses propres yeux » ; et l'on peut en voir des multitudes en regardant autour de soi. L'homme n'est qu'une créature de fort peu de savoir dans les choses naturelles, civiles, mécaniques, philosophiques, morales ou divines, et pourtant il a le plus souvent une haute idée de son savoir et de sa sagesse. Et comme, dans ce livre, « l'insensé » désigne généralement le méchant et le profane, « le sage » désigne l'homme de bien et le juste, et c'est ainsi qu'il faut l'entendre ici. Or beaucoup de gens ne sont bons et justes qu'à leurs propres yeux et dans leur propre estime, et non en vérité : ils font consister leur justice dans les choses extérieures, dans l'observation de devoirs extérieurs ; et s'il y a en eux quelque imperfection, ils s'imaginent que, puisqu'ils ont de bonnes intentions, Dieu leur tiendra compte de l'intention pour l'acte ; et certains s'imaginent même avoir atteint la perfection. Et de telles gens sont généralement pleins de suffisance, d'orgueil et de hauteur, et méprisent les autres ; tout cela procédant de l'ignorance, car s'ils s'imaginent être sages, ils s'ignorent profondément eux-mêmes, ignorent le mal qui ronge leur cœur, ignorent la loi de Dieu et son caractère spirituel et l'étendue de ses exigences ; ignorent la justice stricte de Dieu, qui n'accepte pas une justice imparfaite à la place d'une justice parfaite ; et ignorent enfin la justice de Jésus-Christ et la nécessité d'être justifiés par elle. Et se trouvant dans cet état, ils sont dans la situation la plus dangereuse : ils bâtissent sur le sable, ils risquent de tomber dans la fosse, ils ne peuvent être ni justifiés ni sauvés par leurs propres œuvres, ils s'opposent à la manière dont Dieu justifie et sauve les pécheurs, et Dieu lui-même se dresse contre eux, car il résiste aux orgueilleux. C'est pourquoi
il y a plus à espérer d'un insensé que de lui : plus à espérer d'un pécheur déclaré que d'un homme qui se croit juste ; car le Christ est venu sauver les pécheurs, les appeler à la repentance, et il les reçoit comme tels, et non les hommes qui se croient justes. Et, humainement parlant, il est plus vraisemblable et plus facile de convaincre les pécheurs, de les amener à la repentance et de les faire renoncer à leurs péchés, que de convaincre l'homme qui se croit juste de l'insuffisance de sa justice et de la folie de s'y fier, et de l'amener à se repentir d'une telle confiance et à l'abandonner. Car cette confiance lui est toute naturelle ; elle est son propre bien, le fruit de grands efforts ; et elle nourrit sa vanité et lui laisse de quoi se glorifier, ce dont il serait privé s'il y renonçait (voir Matthieu 21:31,32).
13 Le paresseux dit : Il y a un [lion] rugissant sur le chemin, un lion dans les rues.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
13 à 16 Maximes concernant le paresseux.
Parallélisme tautologique, le deuxième membre reproduisant presque identiquement le premier. Dans 22.13 le paresseux se donnait la peine de varier davantage ses expressions.
v. 13 · John Gill · 18/10/2026
Le paresseux dit - en lui-même, ou à ceux qui le poussent à l'application et au travail, à s'occuper des affaires de son métier, à cultiver son champ et à tailler sa vigne. La Septante et la version arabe ajoutent : « quand on l'envoie en chemin », quand son maître lui ordonne d'aller travailler, il s'excuse ainsi :
« Il y a un lion sur le chemin, il y a un lion dans les rues » : sur le chemin de son champ ou de sa vigne, et dans les rues qui y mènent. Excuse bien vaine, puisqu'on ne trouve d'ordinaire les lions ni dans les villes, les bourgs ou les villages, ni dans leurs rues, mais dans les bois, les forêts et les lieux déserts (voir Proverbes 22:13). On peut l'appliquer à celui qui est paresseux dans les devoirs de la religion : le « chemin » et les « rues » peuvent désigner les ordonnances publiques, qui sont les voies fixées et indiquées par Dieu, où les gens de bien marchent et trouvent plaisir et profit, et qui sont les rues où la Sagesse crie et où le Christ est prêché, cherché et trouvé. Mais que d'excuses certains inventent pour ne pas y aller ! (voir Luc 14:17-20) - excuses aussi vaines, aussi frivoles et aussi sottes que celle-ci ; car dans ces chemins et dans ces rues on peut voir les pieds des messagers de la paix ; on peut y entendre la voix de la tourterelle, l'heureuse annonce du salut par le Christ ; on y montre l'Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde, immolé et ayant versé son sang pour les racheter. Et quoique la voix terrible de la loi s'y fasse parfois entendre - ce qui est nécessaire pour réveiller les pécheurs endormis et détacher ceux qui se croient justes de leur confiance dans les œuvres de la loi -, elle est suivie de la voix douce et légère de l'Évangile, qui proclame la délivrance de la malédiction et de la condamnation de la loi par le Christ. Il est vrai qu'à certaines époques il y a eu des persécuteurs violents, comparables à des lions, et des dénonciateurs dans les chemins et dans les rues, pour effrayer les fidèles et les détourner de leur devoir ; mais rien de tout cela n'a pu faire reculer les âmes touchées par la grâce ni les séparer de leur amour pour le Christ. En revanche, les chrétiens charnels et paresseux se scandalisent dès que la tribulation ou la persécution surviennent à cause de la Parole : voilà leurs lions ; et en temps de paix et de liberté, ils savent se peindre des lions terribles et se forger des difficultés insurmontables : une petite indisposition, un temps un peu rude, le moindre risque de prendre froid, et voilà leur lion. Sans songer qu'ils ont plus près d'eux un lion dévorant, dans leur maison, dans leur chambre et jusque dans leur lit : Satan, entre les griffes duquel ils sont, qui garde leurs biens en paix, qui les mène captifs et à qui ils échoient en proie. Sans craindre non plus la colère du Roi des rois, semblable au rugissement du lion : la colère de Dieu et de l'Agneau, qui est aussi le Lion de la tribu de Juda, et dont le jour de colère sera tel que nul ne pourra le supporter.
14 La porte tourne sur ses gonds, et le paresseux sur son lit.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 6.9-10. La porte tourne sur ses gonds sans jamais sortir de sa place.
v. 14 · John Gill · 18/10/2026
Comme la porte tourne sur ses gonds - et va de-ci de-là, s'ouvre et se ferme, et pourtant reste où elle est, sans bouger de sa place -
ainsi le paresseux dans son lit : il se retourne d'un côté sur l'autre, mais reste au lit et n'en sort pas pour aller à ses affaires. Aben Ezra mentionne une autre lecture et un autre sens : « la porte tourne sur ses gonds » et s'ouvre pour laisser sortir les gens, l'un après l'autre, vers leur travail ; « mais le paresseux, lui, reste au lit » : quoique les uns et les autres se lèvent et s'en aillent à leurs affaires, et qu'il entende la porte s'ouvrir maintes et maintes fois, il ne bouge pas et garde le lit. Ainsi les pécheurs profanes restent couchés sur le lit de leurs convoitises et de leurs plaisirs charnels, se complaisant dans la débauche et le dérèglement, et ne veulent pas s'en lever pour marcher honnêtement, comme en plein jour ; et si leur conscience les pique parfois et s'ils sont un peu ébranlés par les reproches de leurs proches ou par les jugements de Dieu, cela passe vite : ils se retournent et se rendorment. Il leur vient parfois quelques mouvements, quelques pensées et quelques résolutions de changer, quelque velléité de bonnes œuvres ; mais hélas, leur paresse est si grande et les habitudes du péché si fortes qu'ils ne peuvent les rompre, secouer leur torpeur et sortir de là : ils restent où ils étaient. Et il en va de même des chrétiens charnels, qui se reposent dans leurs propres œuvres et dans une routine de devoirs, et qui, après dix, vingt ou trente ans de profession, en sont exactement au même point, sans avoir gagné ni en connaissance, ni en discernement, ni en expérience spirituels.
15 Le paresseux enfonce sa main dans le plat, il est las de la ramener à sa bouche.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Se retrouve, avec une légère variante, 19.24.
v. 15 · John Gill · 18/10/2026
Le paresseux plonge la main dans le plat - pour la tenir au chaud ; la note de Jarchi est :
« il met la main dans un bassin chaud, à cause du froid » ;
car le mot employé pour « plat » désigne parfois un pot ou un bassin. Ou bien il la cache sous son bras, comme d'autres traduisent, ne se souciant pas de s'en servir pour travailler ; ou il la dissimule dans son sein, prétextant quelque faiblesse ou quelque douleur qui l'empêche de travailler (voir Proverbes 19:24) ;
il trouve pénible de la ramener à sa bouche : de la sortir de dessous son bras, ou de son sein, ou même du plat où est sa nourriture - expression hyperbolique, qui peint sa paresse extrême ; et un tel homme ne devrait pas manger, mais mourir de faim. On peut traduire : « il est las » ; c'est pour lui une « fatigue » ; c'est même un travail trop grand pour lui que de se nourrir, tant sa paresse est grande. Et telle est la paresse des hommes charnels : c'est pour eux une fatigue que d'écouter la Parole et d'assister aux ordonnances, ou de lever les mains vers Dieu dans la prière, ou d'employer quelque moyen que ce soit pour recevoir la nourriture de leur âme ; prier, écouter et lire leur sont un fardeau. Et c'est pourquoi il est bien juste que Dieu leur envoie une famine de la Parole et leur retire tout appui de pain et d'eau.
16 Le paresseux est plus sage à ses yeux que sept [hommes] qui répondent avec bon sens.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans 24.30 la paresse est mise sur le même pied que le manque de sens. Ici aussi il s'agit de la paresse d'esprit. En présence d'hommes qui, par de longues études et par une pratique assidue de la vertu, ont acquis la sagesse, le paresseux s'imagine posséder une réelle supériorité, car il pense préférable de ne pas s'épuiser dans des veilles laborieuses.
Que sept hommes. Voir 24.16.
Qui répondent avec sens. Leur sagesse se montre tout particulièrement dans la solution des cas embarrassants sur lesquels on les consulte.
v. 16 · John Gill · 18/10/2026
Le paresseux se croit plus sage. C'est une sorte de contradiction dans les termes qu'un paresseux soit sage, lui qui est trop paresseux pour employer les moyens d'acquérir la sagesse et la connaissance ; et il faut qu'il soit bien infatué de lui-même pour se croire sage, et même plus sage
que sept hommes qui répondent avec bon sens - ce qui ne fait pas allusion, comme le pense Aben Ezra, au nombre des conseillers d'un roi qui lui répondent quand il les consulte, tels que les « sept » princes du roi de Perse (Esther 1:14) ; car il n'est pas certain qu'un tel nombre fût en usage au temps de Salomon, ni en Perse, ni à sa cour, ni ailleurs. Cela désigne un grand nombre, beaucoup d'hommes sages, comme le remarque Guershom, qui répondent à quiconque les interroge ; qui, ayant été appliqués et laborieux, ont acquis assez de connaissance pour être capables de rendre raison de ce qu'ils disent, croient et font. Et tels sont ceux qui, par la grâce de Dieu et l'usage des moyens, sont sages au sens spirituel : qui se connaissent eux-mêmes, qui connaissent Jésus-Christ et le chemin du salut par lui ; qui ont l'intelligence des Écritures et des doctrines de l'Évangile ; qui ont les sens exercés à discerner le vrai du faux ; qui ont un jugement affermi et sont capables d'enseigner aux autres le bon sens et la connaissance ; et de rendre raison de leur foi, de leur espérance et de leur conduite (voir 1 Pierre 3:15). Or, tel est l'aveuglement d'un paresseux ignorant qu'il se croit plus sage que dix mille de ces hommes-là : il s'imagine être le plus sage, puisqu'il jouit du repos et de la tranquillité dans sa stupidité, tandis que les autres peinent et se donnent bien du mal pour acquérir la connaissance ; et parce qu'il garde une peau saine et échappe aux censures et aux reproches que les autres subissent pour leur exactitude en religion et leur constance dans les devoirs qu'elle impose ; et parce qu'il s'imagine parvenir au ciel plus commodément, sans tant de soins ni tant de peines, en se contentant de dire à la fin : « Seigneur, aie pitié de moi. »
17 Il saisit un chien par les oreilles, celui qui, en passant, s’emporte pour une dispute qui n’est pas la sienne.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Une querelle qui ne le concerne pas, littéralement : qui n'est pas à lui. Plusieurs rapportent au chien le mot passant (ôver) et traduisent : C'est prendre par les oreilles un chien qui passe que de s'emporter... Le danger, disent-ils, consiste à tirer les oreilles d'un chien étranger qui passe. Mais les Massorètes, qui font de passant le premier mot du second membre, savaient qu'en Orient les chiens sont tous plus ou moins sauvages.
v. 17 · John Gill · 18/10/2026
Comme celui qui saisit un chien par les oreilles, tel est le passant qui s'échauffe dans une querelle qui ne le regarde pas : celui qui, passant dans la rue et devant une porte où deux ou trois personnes se disputent, s'y jette et se mêle d'une affaire qui ne le concerne pas et prend parti dans une querelle où il n'a rien à voir, sous prétexte de connaissance, de parenté ou de charge ; et surtout quand, au lieu d'être médiateur et pacificateur, il prend parti et s'échauffe lui-même - c'est ainsi qu'Aben Ezra interprète le mot rendu par « s'échauffe » -, attisant l'affaire et montant les uns contre les autres. Un tel homme
est comme celui qui saisit un chien par les oreilles : elles sont courtes et difficiles à tenir, et sensibles ; le chien ne supporte pas qu'on l'y tienne, et encore moins qu'on l'y tire et l'y secoue, ce qui l'exaspère ; et non seulement l'homme a fort à faire pour le tenir, mais il risque d'être mordu, du moins quand il est bien obligé de lâcher prise. Il en va de même de celui qui se mêle avec violence d'une querelle : il est bien étonnant que l'une des parties ne se retourne pas contre lui pour le maltraiter. La Septante et la version arabe traduisent : « comme celui qui saisit un chien par la queue ».
18 Comme un fou qui jette des brandons, des flèches, et la mort, 19 ainsi est l’homme qui trompe son prochain, et qui dit : N’était-ce pas pour plaisanter ?
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
18 et 19 Contre la duplicité. L'homme qui trompe son prochain et qui, s'il est découvert, prétend avoir simplement voulu plaisanter, est aussi dangereux qu'un fou furieux.
v. 18 · John Gill · 18/10/2026
Comme un fou qui lance des brandons, des flèches et la mort - ou les instruments de la mort, dit Aben Ezra ; ou les flèches aiguës de la mort, disent le Targum et la version syriaque ; celui qui jette des brandons dans les maisons et les granges de ses voisins pour les consumer, ou des flèches contre eux et leurs bêtes pour les tuer, ou tout autre instrument mortel - ce que nul, sinon un fou ou un scélérat, ne saurait faire. Ou bien : « comme celui qui feint la folie », qui fait semblant d'être fou et, sous ce prétexte, nuit à la personne et aux biens de son voisin ; ou : « comme celui qui se cache », qui lance en secret ces brandons, ces flèches et ces objets mortels, de manière à n'être pas vu et à ce qu'on ne sache pas d'où ils viennent ; ou : « comme celui qui s'épuise », dit Jarchi, à faire du mal de cette manière. Le mot signifie en arabe jouer et s'amuser, et désigne donc celui qui fait cela par jeu, comme c'est un jeu pour l'insensé de mal faire - sens qui s'accorde avec ce qui suit.
v. 19 · John Gill · 18/10/2026
Tel est l'homme qui trompe son prochain - en lui débitant un mensonge, ou en répandant sur lui de fausses histoires, ou en le fraudant dans le commerce, ou en lui prenant secrètement son bien ; et qui, une fois surpris,
dit : « N'était-ce pas pour rire ? » ; ne te fâche pas, je n'ai pas voulu te nuire, ce n'était qu'une plaisanterie. Mais s'il n'avait pas été pris, ce l'aurait été bel et bien pour de bon. Ce n'est là qu'une excuse, et aussi absurde que si un homme mettait le feu à la maison et aux granges de son voisin, ou lui lançait des flèches, ou le frappait de quelque instrument mortel, d'une épée par exemple, et disait ensuite qu'il ne faisait que plaisanter, ou prétendait avoir été fou.
20 Faute de bois, le feu s’éteint ; et, quand il n’y a plus de rapporteurs, la querelle s’apaise.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez ce qui est dit du moqueur 22.10.
v. 20 · John Gill · 18/10/2026
Faute de bois, le feu s'éteint ; ou : « faute de bois » au pluriel ; là où il y a beaucoup de bois ou de combustible, le feu se maintient ; mais là où il y en a peu ou point, il s'éteint de lui-même.
De même, faute de rapporteur, la querelle s'apaise ; ou : « se tait » ; les hommes cessent de se quereller et gardent le silence quand il n'y a personne pour colporter des propos de l'un à l'autre, ni de médisant ni de calomniateur pour insinuer du mal des uns et des autres ; ou quand de telles gens sont découragées de part et d'autre et qu'on n'écoute pas leurs racontars ; ou quand on les démasque et qu'on les met dehors comme ils le méritent : alors la querelle tombe et la paix revient. La discorde est comme un feu, dont les rapporteurs et les médisants attisent la flamme, étant comme des incendiaires - et c'est comme tels qu'il faut les traiter.
21 Du charbon sur le brasier et du bois sur le feu, ainsi est l’homme querelleur pour échauffer les disputes.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Contrepartie du verset 20. Il n'y a pas, pour échauffer une dispute, de meilleur moyen que d'y faire intervenir un homme difficultueux.
v. 21 · John Gill · 18/10/2026
Comme le charbon donne de la braise et le bois du feu : comme des tisons, du bois à demi consumé, ou des charbons éteints, mis auprès de charbons ardents, prennent feu à leur tour, deviennent semblables à eux et leur servent de combustible, augmentant leur chaleur -
ainsi l'homme querelleur attise la dispute ; ou : « un homme de querelles », celui qui s'y adonne et en est plein, à qui elles conviennent par tempérament et par nature, et qui est dans son élément quand il s'y trouve : un tel homme est au feu ce que le bois y est, et ce qu'un charbon éteint est à un charbon ardent, qu'il fait redoubler ; ainsi fait-il, il attise et propage la flamme de la discorde et de la querelle.
22 Les paroles du rapporteur sont comme des friandises, et elles descendent jusqu’au-dedans des entraillesd 22 litt. : dans les chambres intérieures du ventre. .
v. 22 · John Gill · 18/10/2026
Les paroles du rapporteur sont comme des blessures, et elles descendent jusqu'au fond des entrailles. Ces expressions sont les mêmes qu'en Proverbes 18:8, et elles sont répétées ici parce qu'on les trouvait avec d'autres parmi celles que recueillirent les gens d'Ézéchias (Proverbes 25:1), comme c'est le cas de quelques autres ; et aussi à cause de leur importance, et pour imprimer aux hommes le sentiment du mal que fait une telle pratique, afin qu'ils l'évitent et fuient ceux qui s'y adonnent (voir Gill sur « Proverbes 18:8 »).
23 Les lèvres brûlantes et le cœur mauvais sont comme de la litharge d’argent appliquée sur un vase de terre.
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
23 à 26 De l'hypocrisie.
Ecume d'argent : litharge, oxyde de plomb fondu et cristallisé dont on se sert encore pour donner à la plus vulgaire poterie un reflet argenté.
Paroles chaleureuses, littéralement : lèvres brûlantes, fausses protestations d'amitié. Selon d'autres des baisers perfides.
v. 23 · John Gill · 18/10/2026
Des lèvres brûlantes et un cœur mauvais : soit brûlantes de colère et de malveillance, respirant la menace et le meurtre, poursuivant les autres de reproches et de calomnies venus d'un cœur mauvais ; soit plutôt brûlantes de professions d'amour envers Dieu et d'affection envers les gens de bien, faisant de grandes protestations de bonté et de belles promesses, alors qu'elles ont le cœur mauvais et n'entendent rien tenir ; disant une chose des lèvres, avec les marques de l'affection et de la sincérité les plus vives, et en pensant une autre au fond du cœur. Cela
est comme un vase de terre couvert d'un vernis d'argent : ce qui, de loin, ou pour un œil peu exercé, ressemble à de l'argent et passe pour tel, alors que la couverture n'est qu'une scorie et que ce qu'il y a dessous n'est qu'un vase de terre, ou un tesson bon à rien. Telles sont les belles professions et les paroles trompeuses qui coulent d'un cœur mauvais.
24 Celui qui hait se déguise par ses lèvres ; mais au-dedans de lui il nourrite 24 litt. : place, établit. la fraude. 25 Quand il rend sa voix gracieuse, ne le crois point, car il y a sept abominations dans son cœur.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
Il met la tromperie... il la tient soigneusement cachée, et la réserve pour l'heure décisive.
v. 24 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui hait dissimule avec ses lèvres : celui qui garde une rancune dans son esprit et de la haine dans son cœur contre quelqu'un la cache autant qu'il peut, jusqu'à ce qu'il ait l'occasion de la montrer à son aise ; il fait de grandes démonstrations d'amitié de bouche, afin qu'on ne s'aperçoive pas de sa haine ; il veut passer pour un ami, alors qu'il est en réalité un ennemi ; il ne veut pas encore se faire connaître pour ce qu'il est. Certains traduisent au sens contraire : « l'ennemi », ou « celui qui hait, se fait connaître par ses lèvres » ; ainsi le Targum, la Vulgate et la version syriaque : si tu l'observes bien et si tu prêtes attention à ses paroles, tu découvriras la haine qui est dans son cœur ; il ne peut s'empêcher de dire, à un moment ou à un autre, quelque chose qui trahit la malignité de son esprit ;
et il cache la fraude au-dedans de lui ; ou : « quoiqu'il cache » et dissimule autant qu'il peut, elle se montrera d'une manière ou d'une autre.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Sept abominations. Voir déjà, verset 16 et 24.16, le nombre sept indiquant la variété et la plénitude.
v. 25 · John Gill · 18/10/2026
S'il prend une voix douce, ne t'y fie pas : s'il te donne de belles paroles, s'il te flatte de ses lèvres, s'il te fait de grandes protestations de bonté et d'estime, s'il s'exprime avec la plus grande grâce et la plus grande amabilité pour gagner ton attention et tes égards ; ou s'il se présente d'un air soumis et suppliant, avec de grandes marques de déférence ; ou d'un ton plaintif et pitoyable, comme s'il avait pour toi la plus tendre affection et la plus vive sollicitude : ne sois pas trop crédule, ne te laisse pas abuser, tiens-toi sur tes gardes, soupçonne le serpent caché sous l'herbe ;
car il y a sept abominations dans son cœur : une foule de desseins pervers, de plans et de projets qu'il y a formés contre toi et qu'il n'attend que le bon moment pour exécuter ; choses abominables devant Dieu et devant les hommes. Aben Ezra pense qu'il y a ici une allusion aux sept abominations de Proverbes 6:16.
26 La haine se cache-t-elle sous la dissimulation, sa méchanceté sera découverte dans la congrégation.
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans l'assemblée. Là, dans cette affaire importante où vous pensiez pouvoir compter sur lui, il vous abandonne.
v. 26 · John Gill · 18/10/2026
Il a beau déguiser sa haine par la fourberie - la haine de son cœur, qu'il couvre de paroles trompeuses et de fortes protestations d'amour et d'estime, dont ceux à qui il les fait sont abusés. Ou bien : sa haine « est cachée dans un lieu désert », où on ne la voit pas ; car ce qui se fait dans les lieux déserts échappe aux regards, ces lieux étant peu fréquentés - sens qui s'accorde avec ce qui suit et maintient l'opposition entre les deux membres. Schultens traduit : avec un tumulte bruyant, avec des acclamations publiques (voir Zacharie 4:7) ;
sa méchanceté sera dévoilée devant toute l'assemblée : dans un tribunal ouvert, où il sera traduit, mis en accusation et jugé, et où sa méchanceté, quoique commise en secret, sera exposée et prouvée contre lui. Ou bien devant l'Église de Dieu, où la Parole le convaincra et l'obligera à reconnaître son péché ; et, s'il en est membre, il sera repris devant tous et retranché. Ou, de toute façon, au grand jour du jugement, devant les anges et les hommes, quand tous seront rassemblés, et où toute œuvre cachée sera produite au jour et recevra sa juste rétribution.
27 Qui creuse une fosse y tombera, et la pierre retournera sur celui qui la roule.
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez Psaumes 7.16-17 ; Ecclésiaste 10.8.
Qui la roule, dans l'intention d'écraser son ennemi.
v. 27 · John Gill · 18/10/2026
Celui qui creuse une fosse y tombe : celui qui machine le mal contre autrui, ce mal retombera sur lui-même. L'image est celle des fosses qu'on creuse pour prendre les bêtes sauvages et qu'on recouvre légèrement de terre, et où les chasseurs eux-mêmes tombent parfois par mégarde. Le passage semble tiré du Psaume 7:15,16.
Et la pierre revient sur celui qui la roule : celui qui roule une pierre vers le haut, s'il n'y prend garde, la verra revenir et retomber lourdement sur lui. Ainsi le mal auquel le méchant travaille de toutes ses forces, comme on travaille à creuser une fosse ou à rouler une pierre, finit avec le temps par retomber sur lui-même ; de la mesure dont il a mesuré aux autres, il lui est mesuré. Jarchi mentionne une haggada, une explication, qui illustre ce passage par le cas d'Abimélec, qui tua soixante-dix personnes sur une seule pierre et fut lui-même tué par un morceau de meule qu'on lui lança (Juges 9:18,53). Cela peut rappeler la fable de Sisyphe, condamné aux enfers à rouler une grosse pierre jusqu'au sommet d'une montagne, laquelle retombait aussitôt sur sa tête et rendait sa peine inutile.
28 La langue fausse hait ceux qu’elle a écrasés, et la bouche flatteuse amènef 28 litt. : opère. la ruine.
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Ne t'attends pas à trouver la moindre pitié chez ceux qui t'ont ruiné par leurs tromperies. Et qui sait si ces tromperies n'ont pas revêtu d'abord les dehors agréables de la flatterie ?
v. 28 · John Gill · 18/10/2026
La langue mensongère hait ceux qu'elle écrase : l'homme à la langue menteuse, celui qui s'adonne au mensonge, hait ceux qu'il blesse et écrase par ses mensonges ; s'il les blesse ainsi, c'est parce qu'il les hait ; et, les ayant blessés, il les hait d'autant plus, en ayant fait ses ennemis et redoutant leur vengeance. De plus, il hait ceux que ses mensonges troublent et inquiètent, les « contrits » et les humbles ; ou ceux qui le « frappent », comme certains traduisent en prenant le mot au sens actif, c'est-à-dire qui le reprennent et le couvrent de honte pour ses mensonges. Certains traduisent : un homme « contrit », ou « chacun de ceux qui sont brisés, hait la langue menteuse » : ceux qui ont l'esprit brisé et contrit et qui tremblent devant la Parole de Dieu, ou qui souffrent des mensonges, ceux-là les ont en horreur. Le Targum porte :
« la langue menteuse hait les voies de la vérité » ;
et la Septante, la version syriaque et la version arabe traduisent : « la langue menteuse hait la vérité » ; et de même la Vulgate : « la langue menteuse n'aime pas la vérité » ; car rien n'est plus contraire au mensonge que la vérité.
Et la bouche flatteuse cause la ruine, la sienne et celle de ceux qu'elle flatte. Ou : « elle fait une poussée » : elle repousse et chasse ceux qui ne peuvent supporter ses flatteries, et elle pousse ceux qui s'y laissent prendre au péché et à la ruine.