1 Mon fils, si tu reçois mes paroles et que tu caches par-devers toi mes commandements 2 pour rendre ton oreille attentive à la sagesse, si tu inclines ton cœur à l’intelligence, 3 si tu appelles le discernement, si tu adresses ta voix à l’intelligence, 4 si tu la cherches comme de l’argent et que tu la recherches comme des trésors cachés, 5 alors tu comprendras la crainte de l’Éternel et tu trouveras la connaissance de Dieu . 6 Car l’Éternel donne la sagesse ; de sa bouche [procèdent] la connaissance et l’intelligence : 7 il réserve de sains conseilsa 7 ou : le salut. pour les hommes droits ; il est un bouclier pour ceux qui marchent dans l’intégrité, 8 protégeant les sentiers de juste jugement et gardant la voie de ses saintsb 8 ailleurs : hommes pieux, c.-à-d. en qui est la grâce, la bonté; voir 2 Chroniques 6. 42. . 9 Alors tu discerneras la justice et le juste jugement et la droiture, toute bonne voie.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Troisième discours
La poursuite de la sagesse procure de grands avantages. Une seule période de vingt-deux versets, présentant cependant quatre morceaux distincts.
Par sa sagesse l'homme :
- parvient à la possession de toute science, versets 1 à 14
- évite le contact avec les pervers, versets 12 à 15
- est préservé de la femme étrangère, versets 16 à 19
- et obtient un bonheur durable, versets 20 à 22.
1 à 4 Progrès constant du premier de ces versets au dernier : recherche toujours plus ardente de la sagesse.
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
Introduction au chapitre 2
Ce chapitre indique les moyens de parvenir à la connaissance des choses divines, et montre le profit et l'avantage qu'on en tire. Les moyens : accueillir les doctrines de l'Évangile et garder ses ordonnances dans la mémoire et dans le cœur (v. 1) ; incliner l'oreille et appliquer son cœur à la connaissance de ces choses (v. 2) ; les désirer ardemment et sans relâche, par la prière (v. 3) ; et les chercher avec diligence et sans se lasser, comme on cherche l'argent et les trésors cachés (v. 4). Les avantages : ceux qui font ainsi parviendront à la crainte et à la connaissance de Dieu - ce qu'on peut conclure du fait que ce sont des dons de Dieu à son peuple, mis en réserve pour ceux qu'il garde et protège avec soin (v. 5-8) ; et pas seulement : ils apprennent aussi à pratiquer ce qui est juste et droit entre les hommes (v. 9). De plus, telle est la nature de la sagesse divine que, une fois installée dans le cœur et dans les affections, elle préserve à la fois des voies des hommes mauvais (v. 10-12), dont le portrait est fait (v. 13-15), et de la femme mauvaise, dont le caractère est décrit (v. 16-17), et dont le train de vie vicieux, avec les chemins où elle entraîne, est présenté comme très dangereux (v. 18-19). À l'inverse, la vraie sagesse a cette utilité qu'elle conduit sur le chemin des hommes de bien, qui seront heureux et en sécurité quand les méchants seront détruits (v. 20-22).
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
« Mon fils » - Ce sont soit les paroles de Salomon à son fils Roboam, qui continuent ; ou à quiconque venait à lui pour être instruit, ou pouvait profiter de son enseignement - et qu'il interpelle de cette façon tendre et affectueuse pour gagner son attention à ce qu'il va dire. Soit ce sont les paroles de la Sagesse, c'est-à-dire de Christ, qui continuent : il s'adresse ainsi à ses enfants et à son peuple, et leur donne des conseils très salutaires, appuyés des arguments les plus puissants et les plus persuasifs.
« si tu reçois mes paroles » - Ou mes doctrines : les doctrines de l'Évangile, qui concernent la personne, la fonction et la grâce de Christ, et le salut par lui ; les paroles de paix, de pardon, de justice et de vie. Il faut les recevoir non comme la parole d'un homme, mais comme la parole de Dieu ; avec empressement et bonne volonté, comme les Béréens ; et avec joie, comme les trois mille touchés au cœur sous la prédication de Pierre - et comme les reçoit et les recevra tout pécheur qui a pris conscience de son état.
« et si tu serres mes commandements chez toi » - Dans le cœur : les tenir en haute estime, les aimer sincèrement et y attacher du prix ; les retenir en mémoire, y penser souvent, les méditer, et les observer constamment (voir Psaume 119:11, 127-128).
v. 2 · John Gill · 18/10/2026
« En rendant ton oreille attentive à la Sagesse » - En écoutant la Sagesse, c'est-à-dire Christ ; ou plutôt l'instruction de la Sagesse, c'est-à-dire l'Évangile - appelé ainsi parce qu'il est le produit de la sagesse divine, ce que la sagesse humaine n'aurait jamais pu concevoir, et à quoi elle s'oppose ; et parce qu'il déploie magnifiquement la sagesse de Dieu dans la justification et le salut de son peuple par Christ (1 Corinthiens 2:6-7). Il mérite qu'on l'écoute avec la plus grande attention : c'est ce que l'expression veut dire.
« et en inclinant ton cœur à l'intelligence » - À une intelligence spirituelle et vécue de l'Évangile et de ses vérités. Car incliner l'oreille sans appliquer le cœur - ce qui signifie la concentration de l'esprit, un désir sérieux et sincère de connaître - ne servira à rien : un hypocrite peut sembler écouter avec grande attention et montrer beaucoup d'émotion, tandis que son cœur court après le monde et ses affaires (Ézéchiel 33:31 ; voir Psaume 119:112).
v. 3 · John Gill · 18/10/2026
« Oui, si tu appelles la connaissance » - Celle de Dieu, de Christ et de l'Évangile. Il ne s'agit pas seulement de pencher l'oreille et de tendre l'esprit vers ces choses, mais de les demander dans la prière, avec insistance et ferveur ; pas seulement de fréquenter le ministère de la Parole par les hommes, mais de crier à Dieu pour qu'il donne l'Esprit de sagesse et de révélation dans la connaissance des choses divines et spirituelles. Ça suppose qu'on sent qu'elle nous manque, qu'on la désire de tout cœur, qu'on mesure sa valeur et son prix ; et qu'elle est à portée - car il y a vraiment lieu de l'espérer et de l'attendre (Jacques 1:5).
« et si tu élèves ta voix vers l'intelligence » - Vers Christ, qui est l'intelligence autant que la sagesse (Proverbes 8:14) ; ou plutôt vers une intelligence de l'Évangile et de ses mystères, que les hommes ne comprennent pas naturellement, et pour lesquels il faut qu'une intelligence soit donnée, que les yeux de l'entendement soient éclairés, que Christ, par son Esprit et sa grâce, ouvre l'entendement pour qu'il comprenne ces choses - ce qui est accordé à ceux qui élèvent leur voix en prière pour l'obtenir.
v. 4 · John Gill · 18/10/2026
« Si tu la cherches comme l'argent » - « La », c'est la sagesse, la connaissance et l'intelligence, qui désignent toutes une seule et même chose : la doctrine de la sagesse, c'est-à-dire de Christ, autrement dit l'Évangile, et une connaissance spirituelle et vécue de lui et de ses vérités. Choses aussi désirables et précieuses que l'argent, et plus encore ; qu'on peut à bon droit lui comparer et lui préférer, pour leur pureté, leur solidité et leur durée (voir Psaume 119:72 ; 1 Corinthiens 3:12) ; et qu'il faut rechercher avec autant et plus d'ardeur, d'affection et de diligence que l'argent ne l'est par les plus avides (Proverbes 8:10).
« et si tu la creuses comme les trésors cachés » - L'Évangile est un trésor (2 Corinthiens 4:7), une accumulation de richesses. Il contient des vérités précieuses : précieuses par leur ancienneté ; parce qu'elles viennent de loin et ont coûté cher - venues du ciel, scellées du sang de Christ et des saints martyrs de Jésus ; et par leur abondance : il y a des trésors de sagesse et de connaissance dans l'Évangile, et en Christ qui en est la somme et la substance, lui qui est plein de vérité comme de grâce (Colossiens 2:3 ; Jean 1:14). Il contient les riches bénédictions de la grâce - spirituelles, solides, substantielles, sûres, irrévocables, et en multitude (Romains 15:29) ; et aussi de riches promesses, infiniment grandes et précieuses, absolues et inconditionnelles, adaptées aux situations diverses du peuple de Dieu, et assurées à toute la descendance. Il révèle les richesses de la bonté de Dieu, sa bonté spéciale en Christ ; les richesses insondables de Christ ; et les richesses de la grâce comme de la gloire.
Et c'est sous cette figure du trésor qu'il faut le chercher - d'un trésor caché : allusion à ce qu'on serre dans les cabinets des princes, ou à ce que la terre cache dans ses entrailles, comme les pierres précieuses. Pline [36] dit que « topazin », dans la langue des Troglodytes, veut dire chercher, parce qu'on cherche et recherche les topazes avec grand soin (voir le commentaire de Job 28:19). L'Évangile et ses vérités étaient largement cachés, sous l'ancienne économie, au monde païen, et en bonne partie aux Juifs eux-mêmes : enveloppés dans des prophéties obscures, des allusions voilées, des types et des sacrifices figuratifs ; et ils sont maintenant, et ont toujours été, entièrement cachés à la partie méchante et réprouvée du monde, à ceux qui périssent, et aux élus de Dieu eux-mêmes avant leur conversion. C'est « la dispensation du mystère caché en Dieu », dans son cœur, de toute éternité (Éphésiens 3:9-10) ; ses vérités sont les « trésors de la sagesse et de la connaissance cachés » en Christ (Colossiens 2:3) ; et aussi le « trésor caché dans le champ » des Écritures (Matthieu 13:44). Il faut donc y creuser pour les trouver, avec le même travail et la même résolution que les hommes mettent à fouiller la terre pour en tirer le minerai précieux de ses entrailles. Comment ? En les lisant assidûment ; en les méditant souvent et profondément ; en écoutant constamment la prédication des vérités de l'Évangile ; en priant avec ferveur pour que l'Esprit divin éclaire et fasse comprendre ; et en s'aidant de tout ce qu'on peut tirer des écrits des hommes de bien et de leur conversation. Voilà ce qu'il faut chercher et rechercher en premier, dès le début de la vie, et avec la plus grande diligence et le plus grand effort, comme étant ce qui compte le plus.
Notes
[36] Nat. Hist. l. 37. c. 8.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Alors tu comprendras la crainte de l'Eternel. On s'attendrait à trouver mentionnée ici la sagesse, qui est l'objet des recherches décrites versets 1 à 4. Mais il faut se rappeler que le commencement de la sagesse est la crainte de l'Eternel (1.7).
v. 5 · John Gill · 18/10/2026
« Alors tu comprendras la crainte du Seigneur » - La grâce de la crainte et son exercice : elle est le commencement de la sagesse et de la connaissance, et un trésor en elle-même (Proverbes 1:7 ; 9:10 ; Ésaïe 33:6). C'est par l'Évangile que le Seigneur l'opère dans le cœur des siens par son Esprit ; par lui aussi qu'il les conduit dans les richesses de sa grâce spéciale et de sa « bonté », qui les porte à « craindre », et à craindre le Seigneur à cause d'elle ; en particulier, ils sont conduits par là à la grâce et à la miséricorde de Dieu qui pardonne - ce pardon qui est auprès de lui « afin qu'on le craigne ». C'est l'Évangile qui produit et nourrit la vraie crainte filiale de Dieu, par laquelle les hommes « se détournent du mal » : il leur apprend à renoncer à tout péché et à mener une vie pieuse. Ainsi, par une recherche diligente de la connaissance de l'Évangile, et en l'obtenant, on parvient à une intelligence spirituelle, vécue et pratique de la crainte de Dieu comme grâce ; et comme elle englobe tout le culte de Dieu, on comprend aussi, à la lumière de l'Évangile, quel culte doit lui être rendu : un culte pur, spirituel, évangélique, conforme à sa nature et à sa volonté ; quelles sont les ordonnances du service divin ; et qu'il faut les garder telles qu'elles ont été transmises, dans l'exercice de la foi, par principe d'amour, en visant la gloire de Dieu, sans y mettre sa confiance ni en attendre le salut. Voilà l'avantage qu'on tire d'une recherche diligente de la doctrine de la sagesse, c'est-à-dire de l'Évangile, et de sa connaissance ; et il est présenté comme un argument pour y encourager. Un autre suit :
« et tu trouveras la connaissance de Dieu » - Une connaissance de Dieu qu'on ne trouve ni par la lumière de la nature, dans tout le livre des créatures, ni dans tous les écrits des philosophes ; non, ni même dans la loi de Moïse. Car si on peut voir et connaître beaucoup de Dieu et de ses perfections par les choses créées, et beaucoup de sa volonté par la loi qu'il a donnée, ni l'une ni l'autre ne donnent la connaissance de Dieu en Christ, qui est « la vie éternelle ». Celle-là ne se trouve que dans l'Évangile et par lui ; c'est là seulement qu'elle est mise en lumière ; et par lui, non seulement on la trouve, mais on y grandit toujours plus. On y voit un déploiement glorieux de ses personnes et de ses perfections, de ses conseils et de ses desseins, de son alliance et de ses promesses, de sa pensée et de sa volonté quant à la doctrine et au culte ; et du chemin de la paix, de la vie et du salut par Jésus-Christ - de quoi puissamment pousser à le rechercher avec diligence. Tout ce qui est dit ici vise à encourager la recherche assidue des choses divines ; car, comme dit le poète [37], rien n'est si difficile qu'on ne le trouve en cherchant.
Notes
[37] Terent. Heautont. Act. 4. Sc. 1.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
6 à 8 Sorte de parenthèse expliquant le verset 5 et faisant comprendre pourquoi, sur la voie des versets 1 à 4, on arrive à comprendre et à trouver Dieu : c'est que Dieu est un Dieu vivant qui donne, enrichit et bénit.
v. 6 · John Gill · 18/10/2026
« Car le Seigneur donne la sagesse » - La sagesse naturelle, dans toutes ses branches, avec tous ses perfectionnements, dans toute son étendue et sa perfection ; et la sagesse spirituelle, qui consiste à se connaître soi-même - sa propre folie, son impureté, son impuissance, sa misère ; à être sage à salut ; à connaître Christ comme le seul chemin du salut, et Dieu en Christ ; à participer à la vraie grâce, qui est la sagesse dans le secret du cœur ; à connaître par expérience les doctrines de l'Évangile ; et à marcher avec sagesse et vigilance, comme il convient - ce qui est la sagesse pratique. Tout ça est le don de Dieu ; comme l'est aussi Christ, qui est la sagesse et qui est donné à son peuple pour être sa sagesse : il est le don de Dieu dans tous les caractères qu'il porte et toutes les relations où il se tient ; un don immense, indicible, donné librement et libéralement, et jamais repris. Ceci est dit, d'une part pour avertir ceux qui cherchent la sagesse et la trouvent de ne pas l'attribuer à leur travail et à leur application, mais à la grâce de Dieu ; d'autre part pour indiquer où aller la chercher, et encourager à espérer l'obtenir, puisque le Seigneur la donne libéralement (Jacques 1:5).
« de sa bouche sortent la connaissance et l'intelligence » - Par les prophètes de l'Ancien Testament, qui venaient avec un « Ainsi parle le Seigneur » et étaient la bouche du Seigneur pour le peuple : d'eux découlait la connaissance des choses divines, de la volonté de Dieu, du Messie, de sa personne et de ses fonctions, de sa venue, de ses souffrances, de sa mort et du salut par lui. Par son Fils, par qui il a parlé dans ces derniers temps et déclaré toute sa pensée, et par qui les doctrines de la grâce et de la vérité, et leur connaissance, sont venues en plénitude et en clarté (Hébreux 1:1 ; Jean 1:17-18). Par les Écritures de vérité, Ancien et Nouveau Testament, qui sont la parole de Dieu - soufflées par lui, sorties de sa bouche, capables de rendre les hommes sages à salut. Et par les ministres de l'Évangile, qui parlent au nom du Seigneur, et le Seigneur par eux ; par leur moyen, il communique aux fils des hommes beaucoup de connaissance spirituelle et évangélique : la bouche d'un ministre de l'Évangile, qui est la bouche de Dieu pour les hommes, « profère la sagesse, et sa langue annonce le droit » (Psaume 37:30). Cette phrase est ajoutée pour encourager à chercher la sagesse dans l'usage des moyens : en s'attachant à la Parole et à son ministère.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Il réserve le salut. Le mot que nous rendons par salut : thouschia, est une des expressions caractéristiques de la sagesse hébraïque ; en dehors des Proverbes et de Job, il ne se retrouve que dans Michée 6.9 (voir note) et Esaïe 28.29. On pourrait le rendre aussi par consistance, solidité, vrai bonheur.
v. 7 · John Gill · 18/10/2026
« Il tient en réserve la vraie sagesse pour les justes » - Pour la donner à ceux qui la cherchent : encore un encouragement à la chercher. La « vraie sagesse » n'est pas la loi, comme disent Kimchi et Ben Melech - appelée ainsi parce qu'elle demeure à jamais quand tous les êtres défaillent et retournent à rien - mais l'Évangile, qui est la saine doctrine, pure et sans corruption ; sagesse vraie et réelle, à l'opposé de ce qui n'a que l'apparence de la sagesse et de la science faussement nommée ; caché en Dieu, en Christ, et mis en réserve comme un trésor dans les saintes Écritures. Ou bien la vraie grâce de Dieu, par opposition à la contrefaçon : cette bonté qu'il a mise en réserve dans son cœur et dans l'alliance de sa grâce, et la plénitude de grâce qu'il a déposée en Christ pour les siens (Psaume 31:19) ; ou encore la gloire et le bonheur éternels. Le mot employé signifie « essence », « substance » [38] : ce qui est réellement, ce qui est solide et substantiel ; et telles sont les gloires de l'autre monde - la couronne de justice, l'espérance mise en réserve dans le ciel, l'héritage qui y est gardé (Colossiens 1:5 ; 2 Timothée 4:8 ; 1 Pierre 1:4). Choses réelles, quoique invisibles ; riches et précieuses ; pleines de substance et de solidité, à l'opposé des richesses terrestres, vain spectacle, choses qui ne sont pas, et au mieux passagères et périssables - tandis que celles-là sont un bien qui demeure (Proverbes 8:21 ; 23:5 ; Hébreux 10:34). La Septante traduit par « salut », et le Targum par un mot qui signifie « gloire » et « honneur » ; tout cela peut très bien s'entendre de la vie éternelle, mise en réserve « pour les justes » : non pour ceux qui ne le sont qu'en apparence et en imagination, mais pour ceux qui le sont réellement et vraiment ; non pour les justes selon la loi, mais selon l'Évangile ; non pour ceux qui cherchent la justice par la loi, mais par la foi en Christ ; pour ceux qui sont rendus justes par la justice de Christ qui leur est imputée, qui la reçoivent par la foi et la saisissent comme leur justice - et qui, en conséquence, vivent dans la sobriété et la justice. Pour eux seuls la vie éternelle est préparée ; eux seuls y ont droit et y sont préparés, et ils en jouiront.
« il est un bouclier pour ceux qui marchent dans l'intégrité » - Ceux qui sont sincères dans leur conduite devant Dieu et devant les hommes ; qui marchent selon la règle de la parole divine ; qui marchent par la foi en Christ, et marchent en lui comme ils l'ont reçu ; et continuent à vivre par la foi en sa justice - ce qui est marcher dans son intégrité - jusqu'à être avec lui pour toujours au ciel. Pour ceux-là, le Seigneur est un « bouclier » : il les couvre du « bouclier de la foi », son propre Fils, son sang, sa justice et son sacrifice, que la foi saisit et oppose aux traits enflammés de Satan ; il leur donne « le bouclier du salut », qui les protège du péché, de la colère et de tout ennemi ; il les entoure de sa « faveur » comme d'un « bouclier », immuable et invariable ; et il les garde par sa puissance, par la foi, pour le salut (Éphésiens 6:16 ; Psaume 18:35 ; 5:12 ; 1 Pierre 1:5) ; comparer Genèse 15:1 ; Psaume 3:3 ; 18:2 ; 84:11. Certains [39] lisent ces mots par apposition et les rapportent à la vraie sagesse : c'est elle qui serait le bouclier des personnes décrites (voir Ecclésiaste 7:12).
Notes
[38] hyçwt « essentiam », Pagninus, Montanus, Tigurine version, Mercerus, Gejerus ; « quicquid revera est », Junius & Tremellius ; « solidam firmamque substantiam », Baynus ; « solidum, vel solidam rem », Schultens.
[39] Ainsi Mercerus, Piscator, Schultens. Gussetius préfère prendre le mot ˆgm pour un verbe et traduire « il la délivre » - c'est-à-dire la vraie sagesse, à ceux qui marchent dans l'intégrité ; Ebr. Comment. p. 454.
v. 8 · John Gill · 18/10/2026
« Il garde les sentiers du droit » - C'est le Seigneur qui les garde : il fait lui-même ce qui est juste et droit, dans le cours de sa providence et dans les voies de sa grâce ; et comme il conduit les pas de son peuple sur les chemins de la justice et de la sainteté, il les y maintient et les empêche d'en sortir. On peut aussi traduire : « pour garder les sentiers du droit » [40], ce qui exprime alors le but, le fruit et l'effet de sa protection (Proverbes 2:7) : il est leur bouclier, soit pour les tenir sur les bons chemins où ils doivent marcher, soit pour qu'ils s'appliquent à les observer et continuent d'y marcher sans y trébucher ni s'en écarter.
« et il protège la voie de ses fidèles » - Ceux envers qui il a été bon et généreux ; ou ceux qui ont été miséricordieux, généreux et larges envers les autres : ayant eux-mêmes reçu la grâce de Dieu, ils sont utiles aux hommes ; le Targum les appelle « les justes ». Ceux-là, le Seigneur les préserve par sa puissance et sa grâce, sur le chemin où il les a conduits - qui est son propre chemin - en sûreté jusqu'à son royaume et sa gloire ; car aucun de ses fidèles, de ses saints et de ses justes, ne périra jamais : le chemin où il les dirige et où il les garde mène à la vie éternelle (voir 1 Samuel 2:9).
Notes
[40] rxnl « ad custodiendum », Pagninus, Montanus ; « ad servandum », Baynus, Schultens.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Toute voie. Tu discerneras la justice et la droiture et la probité et toute autre voie, autant qu'il peut y en avoir, qui mène au bien ; littéralement : toute ornière de bien.
v. 9 · John Gill · 18/10/2026
« Alors tu comprendras la justice et le droit » - Autre fruit, autre effet de l'Évangile et de son intelligence spirituelle : outre la connaissance de Dieu et de la manière de se conduire avec respect envers lui (Proverbes 2:5), il donne aux hommes le sens de ce qui est droit et juste entre eux ; il leur donne une intelligence non seulement théorique mais pratique de la justice, et un jugement vrai du bien et du mal - ou plutôt une intelligence telle qu'ils la mettent en pratique : car il apprend aux hommes à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété (Tite 2:11-12). Il n'est pas seulement la révélation et le ministère de la justice de Christ, seule matière de la justification du pécheur devant Dieu ; il n'éclaire pas seulement le jugement, pour distinguer la vérité de l'erreur, le bien du mal, les bonnes et les mauvaises idées et pratiques : il agit sur les actions, la vie et la conduite, et engage à faire des œuvres de justice à partir des meilleurs principes, pour les meilleurs motifs et dans les meilleures vues.
« et l'équité ; oui, tout bon sentier » - Comprendre l'équité au point de pratiquer ce qui est équitable entre les hommes ; et comprendre tout bon sentier où la parole de Dieu dirige - tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur - au point d'y marcher : voilà ce que l'Évangile fait connaître et presse d'observer. On peut aussi traduire : « la droiture », ou « l'équité de tous les bons sentiers », comme la version syriaque - combien chacun est juste, droit, uni et équitable, et mérite donc qu'on y marche ; ou « toute planéité », « très uni sera tout bon sentier » [41], pour ceux qui ont une connaissance spirituelle et vécue de l'Évangile, et par lui l'intelligence de leur devoir. Un des mots signifie « uni » et « droit », un autre « rond » [42] ; et les deux sont vrais du sentier de la justice : car si les saints y marchent dans un cercle de devoirs, il est pourtant droit et uni.
Notes
[41] Ainsi Schmidt.
[42] µyrçym « complanationes », Schultens ; lg[m « orbitam », Montanus ; « ab lg[ rotundus », Gejerus.
10 Si la sagesse entre dans ton cœur et si la connaissance est agréable à ton âme, 11 la réflexion te préservera, l’intelligence te protégera :
v. 10 · John Gill · 18/10/2026
« Quand la sagesse entrera dans ton cœur » - Soit Christ, la Sagesse de Dieu, qui y entre à la conversion, y dresse un trône et y habite par la foi ; soit l'Évangile, la sagesse de Dieu en mystère - qui n'entre pas seulement dans la tête, comme chez les hypocrites et ceux qui n'ont que la profession extérieure ; ni seulement dans les affections naturelles, comme chez les auditeurs du sol pierreux ; mais dans le cœur, ouvert par l'Esprit de Dieu pour le recevoir, avec une intelligence spirituelle. C'est ce qui se produit quand l'Évangile vient non en paroles seulement, mais en démonstration et en puissance de l'Esprit ; quand un homme le comprend vraiment, l'approuve, l'aime, y croit ; quand il a sa place dans son cœur et y habite richement.
« et que la connaissance fera les délices de ton âme » - Celle que l'Évangile, en entrant ainsi, apporte : la connaissance de Dieu en Christ, comme Dieu de toute grâce, compatissant et miséricordieux, pardonnant l'iniquité, la transgression et le péché ; la connaissance de Christ, seul Rédempteur et Sauveur ; et la connaissance des vérités de l'Évangile qui mènent à lui et parlent de lui. Tout cela fait les délices d'une âme touchée par la grâce et remplit l'esprit d'une joie indicible ; c'est plus doux, comme chaque vérité de l'Évangile, que le miel et le rayon de miel (voir Proverbes 16:24).
v. 11 · John Gill · 18/10/2026
« La réflexion veillera sur toi » - Celle que donne la sagesse, ou l'Évangile, ou le Seigneur par son moyen : car l'Évangile rend un homme sage et avisé dans l'affaire du salut comme dans sa conduite ; et la prudence qu'il donne le met sur ses gardes et le porte à se défier de toute erreur et de tout chemin trompeur. On peut d'ailleurs traduire : « la réflexion montera la garde sur toi », pour te préserver de tout ce qui est pernicieux en doctrine et en pratique. La Septante traduit « le bon conseil », que la sagesse donne et dont l'Évangile est plein - et qui, si on l'écoute, est un moyen de préservation pour les saints.
« l'intelligence te gardera » - La même chose en d'autres mots. La Septante traduit « une pensée sainte » ; la version arabe : « une pensée juste te préservera dans tes derniers temps ». De quoi ces choses gardent et préservent, les versets suivants l'expliquent.
12 Pour te sauver du mauvais chemin, de l’homme qui prononce des choses perverses, 13 [de ceux] qui abandonnent les sentiers de la droiture pour marcher dans les voies de ténèbres, 14 qui se réjouissent à mal faire, qui s’égaient en la perversité du mal, 15 dont les sentiers sont tortueux et qui s’égarent dans leurs voies ;
v. 12 · John Gill · 18/10/2026
« Pour te délivrer de la voie du méchant » - De l'homme qui l'est par nature et par pratique, endurci dans le péché et abandonné à lui, dont toute la vie est mauvaise, et qui s'efforce d'entraîner les autres dans les mêmes pratiques. L'Évangile, et sa connaissance spirituelle, préservent de suivre l'exemple de tels hommes et de marcher avec eux dans les chemins du péché. Ou bien : de « la voie mauvaise » [43], de toute voie mauvaise, d'une vie de vice ; pas seulement de l'idolâtrie, comme certains l'interprètent - même si elle peut être incluse, et visée d'abord - mais de toute espèce de péché, de tout ce qui est contraire à la loi de Dieu et à la saine doctrine.
« de l'homme qui tient des discours pervers » - Des choses tordues, contraires à la lumière de la nature, à la révélation divine, à la parole de Dieu, loi et Évangile. Si un homme en particulier était visé, on pourrait penser à l'homme de péché, l'antichrist, qui a une bouche proférant des blasphèmes contre Dieu, son nom, son tabernacle et ceux qui y habitent (Apocalypse 13:5-6) ; et l'Évangile délivre les hommes de le suivre et de tomber dans ses doctrines et pratiques perverses. Mais le mot semble collectif : il désigne tous les méchants, à qui la description convient - elle est d'ailleurs développée au pluriel dans les versets suivants - eux qui, de leur cœur mauvais et de l'abondance de la méchanceté qui s'y trouve, disent des choses mauvaises, propres à corrompre l'esprit et les mœurs des autres ; en être délivré est une grâce singulière. Jarchi restreint le passage aux hérétiques et à ceux qui firent apostasier Israël vers l'idolâtrie et tournèrent la loi en mal. L'Évangile est sans aucun doute un moyen de préservation contre l'erreur et l'hérésie.
Notes
[43] [r Ærdm « a via mala », V. L. Pagninus, Montanus, Mercerus, Cocceius, Gejerus, Michaelis.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez Jean 3.20 ; Esaïe 29.15 et l'expression œuvres des ténèbres dans Romains 13.12.
v. 13 · John Gill · 18/10/2026
« Qui abandonnent les sentiers de la droiture » - Ou « de la justice », les chemins « droits et unis » [44], où dirigent la lumière de la nature et la loi de Dieu, et surtout l'Évangile de Christ ; et où ils ont été élevés, ayant reçu une éducation religieuse - car le texte suppose qu'ils ont été extérieurement dans ces chemins, puisqu'il dit qu'ils les quittent. On ne quitte pas facilement ni couramment les chemins où on a été élevé ; pourtant ça arrive, il y en a des exemples - et ceux-là sont généralement les pires des hommes.
« pour marcher dans les chemins des ténèbres » - Le péché, l'ignorance, l'incrédulité : ceux qui y marchent ne savent ni où ils sont ni où ils vont - marche aussi inconfortable que dangereuse ; on n'y fait que des œuvres de ténèbres ; et ils mènent à l'obscurité des ténèbres, aux ténèbres de l'enfer. Misérable choix, triste échange ! Schultens traduit : « des chemins d'horribles ténèbres ».
Notes
[44] rçy twjra « semitas rectas », Mercerus ; « itinera recta », Piscator ; « itinera planissima », Schultens.
v. 14 · John Gill · 18/10/2026
« Qui se réjouissent de faire le mal » - En le faisant, ou une fois qu'ils l'ont fait : ils sont contents de trouver une occasion de nuire, et s'en vantent après coup ; c'est pour eux un jeu et un divertissement (Proverbes 10:23) ; ils prennent plaisir à l'acte du péché, sans aucun remords de conscience ensuite ; ils en parlent avec jubilation, s'en glorifient, et mettent leur gloire dans leur honte.
« et qui mettent leur plaisir dans la perversité du méchant » - De l'homme méchant, comme complètent Aben Ezra et Gersom : dans les perversités et les contradictions de tout méchant. Ils ne prennent pas seulement plaisir à leurs propres péchés, mais aux péchés des autres et à ceux qui les commettent - ce qui aggrave leur méchanceté (Romains 1:32). Ils aiment entendre un homme dire des choses tordues et perverses - contre Dieu, contre Christ et la religion, contre tous les gens de bien et tout ce qui est bon, contre l'Évangile, ses doctrines et ses ordonnances ; et ils aiment le voir faire des choses perverses et contraires à la volonté de Dieu. La Vulgate traduit : « ils exultent dans les pires choses ».
v. 15 · John Gill · 18/10/2026
« Leurs voies sont tortueuses » - Elles s'écartent de la règle de la parole divine - loi de Dieu ou Évangile de Christ - et ne s'y accordent pas. Le péché est une déviation, un écart hors de la règle de la parole de Dieu, une transgression de sa loi ; et y marcher est indigne de l'Évangile de Christ. Il y a là bien des détours et des replis de serpent, plein de distorsions, d'écarts et de retours en arrière (voir Psaume 125:5 ; Ésaïe 59:8).
« et ils sont pervers dans leurs sentiers » - Déviant ici et là, allant tantôt d'un côté tantôt de l'autre, mais suivant toujours le mal, et bien décidés à y rester.
16 Pour te sauver de la femme étrangère, de l’étrangère qui use de paroles flatteuses, 17 qui abandonne le guide de sa jeunesse, et qui a oublié l’alliance de son Dieu ; 18 – car sa maison penche vers la mort, et ses chemins vers les trépassés : 19 aucun de ceux qui entrent auprès d’elle ne revient ni n’atteint les sentiers de la vie ; 20 – afin que tu marches dans la voie des gens de bien, et que tu gardes les sentiers des justes. 21 Car les hommes droits habiteront le pays, et les hommes intègres y demeureront de reste ; 22 mais les méchants seront retranchés du pays, et les perfides en seront arrachés.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour te délivrer... Ces mots rattachent ce qui va suivre aux versets 10 et 11. Gardé des hommes pervers (versets 12 à 15), l'ami de la sagesse sera aussi gardé des femmes corrompues.
De la femme d'autrui, de l'étrangère : non pas des femmes israélites vouées à la prostitution, mais des Israélites mariées devenant infidèles à leurs époux (verset 17, début) et à leur Dieu (verset 17, fin).
v. 16 · John Gill · 18/10/2026
« Pour te délivrer de la femme étrangère » - Comme l'Évangile de Christ et ses doctrines, les instructions de la sagesse, délivrent du méchant, de sa compagnie, de ses voies et de ses œuvres, ils délivrent aussi de la femme mauvaise, l'adultère, appelée femme « étrangère » - non parce qu'elle serait d'une autre nation ou inconnue, mais parce qu'elle appartient à un autre homme, et non à celui qu'elle attire dans ses bras. Gersom l'interprète de l'appétit sensitif, Jarchi de l'idolâtrie ; d'autres de la superstition, de toute fausse doctrine et de tout ce qui contredit la vraie sagesse. Et tout ce qui est dit ici et plus loin peut fort bien s'appliquer à la prostituée de Rome, de la fornication de laquelle - l'adultère spirituel, c'est-à-dire l'idolâtrie, le culte de fabrication humaine et les doctrines antichrétiennes - l'Évangile délivre les hommes ; voir Proverbes 7:5 et suivants.
« de l'étrangère qui flatte par ses paroles » - Qui use de mots doux et onctueux pour travailler les passions, émouvoir les affections et gagner le cœur des hommes, les prendre au piège et les entraîner à mal faire avec elle (voir Proverbes 5:3 ; 7:21). Ainsi l'antichrist, et tous les faux docteurs et hérétiques, séduisent par de bonnes paroles et de beaux discours le cœur des simples (Romains 16:18).
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
L'alliance de son Dieu. Voir Malachie 2.14, note.
v. 17 · John Gill · 18/10/2026
« Qui abandonne le compagnon de sa jeunesse » - Non pas Dieu, le Dieu de sa vie, qui avait pourvu à ses besoins depuis sa jeunesse ; ni ses parents, qui avaient pris soin d'elle dans son enfance et veillé sur sa virginité ; mais son mari, qu'elle avait épousé dans sa jeunesse et à qui elle s'était donnée pour être guidée et dirigée, conduite et gouvernée par lui. Et si c'est une circonstance aggravante pour un homme de trahir la femme de sa jeunesse, la femme de son alliance (Malachie 2:14), c'en est une pour une femme d'abandonner « l'ami » ou « le compagnon de sa jeunesse » [45], comme on peut traduire : celui qui l'a aimée et épousée dans son jeune âge, avec qui elle a longtemps vécu dans l'amour, l'amitié et un grand bonheur - et que maintenant elle abandonne, ses affections s'étant détournées de lui : elle quitte sa compagnie et son lit, et va avec d'autres. Gersom l'interprète de l'entendement humain, chargé de gouverner les autres facultés de l'âme.
« et qui oublie l'alliance de son Dieu » - Non pas l'alliance faite avec Noé, où l'adultère était défendu avec d'autres choses ; ni la loi de Moïse, l'alliance du Sinaï, qui le condamnait ; mais l'alliance du mariage, contractée avec son mari lors de leurs fiançailles, quand ils se sont engagés l'un envers l'autre à se rester fidèles. Elle est appelée « l'alliance de Dieu » non seulement parce que Dieu est l'auteur et l'instituteur du mariage, et qu'il a ordonné aux hommes de contracter un tel engagement ; mais parce qu'il y est présent, qu'il en est témoin, et qu'on l'y prend à témoin - ce qui, ajoutant à la solennité de l'acte, rend sa violation d'autant plus criminelle. C'est ainsi que l'Église de Rome a abandonné Christ, son guide à ses débuts, l'époux auquel elle se disait fiancée comme une vierge pure ; elle a suivi d'autres amants et est devenue la mère des prostituées. Ainsi les faux docteurs quittent leur guide, les Écritures, introduisent des hérésies de perdition, et renient le Seigneur qui les a rachetés (2 Pierre 2:1).
Notes
[45] hyrw[n Pwla « amieum adolescentiae suae », Deuteronomy Dieu, Michaelis ; « socium juventutis suae », Schultens.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Les ombres. Voir Esaïe 14.9, note.
v. 18 · John Gill · 18/10/2026
« Car sa maison penche vers la mort » - Elle s'incline, glisse et pointe de ce côté-là ; elle est sur le chemin de la mort, elle y conduit et s'y enfonce comme dans une fosse. Ou bien : tous ceux qui sont dans sa maison, qui la fréquentent, vivent avec elle et font le mal avec elle, sont exposés à perdre - et perdent - leur nom, leur réputation, leur honneur, ce qui est déjà une mort ; ils attirent sur leur corps des maladies qui finissent par la mort physique ; ils risquent de mourir de la main du mari outragé ou de celle du magistrat ; et ils s'exposent aussi à la mort éternelle. Ou encore : « elle penche vers la mort, qui est sa maison » [46] - lecture d'Aben Ezra et de Kimchi, à laquelle s'accorde le Targum : « car dans la fosse de la mort est sa maison » ; c'est-à-dire la maison où elle finira et devra habiter, avec tous ceux qu'elle aura pris au piège (voir Proverbes 5:5 ; Apocalypse 21:8) ; et la seconde mort sera la part de la prostituée de Rome et de tous ceux qui la suivent (Apocalypse 14:10-11 ; 17:8 ; 19:20).
« et ses sentiers vers les morts » - Ses voies mauvaises, où elle marche et où elle entraîne les autres avec elle, la conduisent, elle et eux, vers les « damnés » [47] de l'enfer, pour leur tenir compagnie et partager leur châtiment. Le mot « rephaïm » employé ici signifie parfois « géants » - c'est ainsi que le Targum le rend ; il peut renvoyer aux géants de l'ancien monde, exterminés pour leur débauche et leur impureté (Genèse 6:4, 11-12), et avec qui de telles personnes seront à jamais.
Notes
[46] hytb twm la « ad mortem quoad domum suam », Cocceius ; « ad mortem domum suam », Gejerus ; « quod ad domum suam », Michaelis.
[47] µyapr la « ad damnatos », Tigurine version ; « ad orcinos », Schultens.
v. 19 · John Gill · 18/10/2026
« Aucun de ceux qui vont à elle ne revient » - Ceux qui se livrent à la débauche avec elle ne reviennent pas par la repentance à une vie sobre et chaste - du moins très peu ; d'où l'opinion de certains anciens, que l'adultère était le péché impardonnable. Il est pourtant certain que quelques-uns ont été relevés par la puissance de la grâce divine, amenés à la repentance pour leur vie impure, à une vraie foi en Christ et à une vie sobre et pieuse ensuite ; mais, comme ajoute le Targum, ils ne reviennent pas « en paix » : c'est dans une grande détresse d'esprit, avec des remords de conscience et l'amertume dans l'âme. Et ces cas sont rares : en général, ceux que prend au piège la femme adultère - dont le cœur est filets et rets, et les mains des liens - sont tenus si serrés qu'ils s'en sortent rarement, même si quelques-uns échappent (Ecclésiaste 7:26). On peut traduire : « tous ceux qui entrent chez elle [48] ne reviendront pas » - non, très peu d'entre eux. Et c'est chose bien rare, quand des hommes sont tombés dans l'idolâtrie, la superstition, le culte de fabrication humaine et l'hérésie, qu'ils soient retirés de ce piège du diable ; peut-être le seront-ils, mais il n'arrive pas souvent qu'ils en soient dégagés (2 Timothée 2:25-26).
« et aucun ne saisit les sentiers de la vie » - Christ, et les voies de Christ, qui mènent à la vie éternelle : il y en a peu qui trouvent ces sentiers et qui y marchent (Matthieu 7:14) ; et surtout parmi ceux qu'une femme impure a détournés : ils sont tenus si fort par ses charmes, si égarés par son art de tromper, qu'ils sont comme des gens qu'on a fait sortir de leur chemin et qui ne peuvent plus le retrouver.
Notes
[48] hyab lk « omnes ingredientes eam », Pagninus, Montanus.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour que tu marches... : troisième résultat (voir versets 11 et 16) de la pratique de la sagesse. Ici, il s'agit d'une bénédiction positive (verset 21). Comparez Psaumes 37.9,22.
v. 20 · John Gill · 18/10/2026
« Ainsi tu marcheras dans la voie des gens de bien » - Qui ne le sont pas par nature, mais rendus tels par la grâce de Dieu : les saints, les prophètes, les patriarches d'autrefois, qui ont marché dans la voie de la justice, de la sainteté et de la vérité, dirigés par l'Esprit et la parole de Dieu. Car l'utilité et le profit des instructions de la sagesse - de l'Évangile de Christ, de ses doctrines et de leur intelligence spirituelle - ne sont pas seulement de délivrer du méchant et de la femme mauvaise, mais aussi de pousser et d'engager à suivre l'exemple des gens de bien, et à marcher dans les mêmes bons vieux sentiers qu'eux (Hébreux 6:12).
« et tu garderas les sentiers des justes » - Non seulement les observer et y marcher, mais y demeurer : dans les sentiers de la foi et de la sainteté. Car les justes - ceux qui sont rendus justes par la justice de Christ, créés de nouveau pour la justice et la vraie sainteté, et qui en conséquence vivent selon la justice - marchent par la foi en Christ et d'une manière digne de son Évangile, dans toutes ses ordonnances et tous les devoirs de la religion ; et l'Évangile enseigne à tous ceux qui le reçoivent et le professent de faire de même.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Le pays : non pas la terre en général, mais le pays de Canaan (Exode 20.12 ; Deutéronome 5.16 ; 25.15).
v. 21 · John Gill · 18/10/2026
« Car les hommes droits habiteront le pays » - Ceux qui sont droits de cœur, en qui un esprit droit a été renouvelé ; dont le cœur est droit envers Dieu et qui ont en eux la grâce véritable ; dont la foi est sans feinte, l'amour sans hypocrisie, l'espérance sans fard ; et qui sont droits dans leur vie et leur conduite. Ceux-là - Israélites selon la chair autant qu'Israélites véritables au sens spirituel - habiteront le pays de Canaan, que le Seigneur a promis à de tels hommes et dont les gens de bien jouissaient en vertu de cette promesse. Ou bien le sens est qu'ils habiteront le monde paisiblement et tranquillement, et posséderont ses biens - même en petite quantité - d'une manière heureuse, avec l'amour de Dieu et le sentiment de cet amour, comme les méchants ne le peuvent pas. Ou encore ils habiteront le monde à venir, comme l'interprète Jarchi : non seulement l'état de bonheur futur au ciel, mais le royaume du Messie sur la terre, les nouveaux cieux et la nouvelle terre où la justice habite (2 Pierre 3:13).
« et les hommes intègres y resteront » - Ou « y seront laissés » [49] ; ou y seront « affermis » [50], confirmés, établis ; ou y demeureront comme une tente attachée par des cordages solides (voir Ésaïe 33:20) ; ou y resteront quand les autres n'y auront plus de place, comme suit. Les « intègres » (ou « parfaits »), ce sont ceux qui ont toute grâce implantée en eux en germe, même si elle n'est pas arrivée à maturité ; qui ont une perfection de parties, non de degrés ; qui sont vraiment des hommes en Christ, sans avoir atteint la mesure de la stature de sa plénitude ; parfaitement saints en Christ, non en eux-mêmes ; parfaitement justifiés par sa justice et parfaitement beaux de sa beauté, tout imparfaits qu'ils restent en eux-mêmes. Et ceux qui habiteront les nouveaux cieux et la nouvelle terre, et y resteront mille ans, seront entièrement parfaits en âme et en corps, absolument sans péché, et accomplis en connaissance, en sainteté et en paix. Le Targum traduit : ceux qui sont « sans tache », les hommes sans souillure : ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes - avec la femme étrangère dont on vient de parler -, dont les vêtements ne sont pas salis, et qui sont exempts de la pollution de la fausse doctrine, du culte humain, de la superstition et de l'idolâtrie (Apocalypse 3:4 ; 14:4).
Notes
[49] wdtwy « superstites erunt », Tigurine version, Mercerus ; « superstitabunt », Cocceius ; « reliqui fient », Junius & Tremellius, Piscator ; « relinquentur », Michaelis.
[50] « Nervabuntur », Schultens.
v. 22 · John Gill · 18/10/2026
« Mais les méchants seront retranchés du pays » - Soudainement, par la mort ; ou judiciairement, par la main du magistrat, avant d'avoir vécu la moitié de leurs jours ; et ils ne jouiront pas des biens de la terre qu'ils cherchaient, qu'ils entassaient, et dont ils se promettaient une longue et paisible possession ; au contraire, comme des arbres stériles, ils seront coupés et jetés au feu ; et surtout ils n'habiteront pas la terre du second Adam, la nouvelle terre, mais périront hors de son pays (Psaume 10:16 ; voir Psaume 37:2, 9, 22, 28, 38).
« et les perfides en seront arrachés » - Ceux qui ont agi en traîtres et en fourbes [51], et qui s'opposent aux hommes droits comme les méchants aux justes, purs et sans tache. Ceux-là ne seront pas seulement coupés comme des arbres jusqu'à la souche : ils seront déracinés, sans qu'il leur reste ni racine ni branche ; ils n'auront pas de postérité pour leur succéder, et leur mémoire périra entièrement (voir Malachie 4:1). Ou « ils seront raclés », « balayés » [52], comme la poussière et les scories de la terre, comme les balayures de toutes choses.
Notes
[51] µydgwb « perfide agentis », Junius & Tremellius, Piscator ; « perfidi », Cocceius, Michaelis, Schultens.
[52] wjsy « eradentur », Montanus, Mercerus, Gejerus ; « everrentur », Schultens.