1 Mon fils, si tu t’es porté caution pour ton prochain, si tu as engagé ta main pour un étranger, 2 tu es enlacé dans les paroles de ta bouche, tu es pris dans les paroles de ta bouche. 3 Mon fils, fais donc ceci, et délivre-toi, puisque tu es tombé en la main de ton prochain : va, humilie-toi, et insiste auprès de ton prochain. 4 Ne permets pas à tes yeux de dormir, ni à tes paupières de sommeiller ; 5 dégage-toi, comme la gazelle, de la main [du chasseur], et comme l’oiseau, de la main de l’oiseleur.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Les avertissements relatifs à l'impureté cessent avec le chapitre 5 et reprennent à 6.20. Entre deux, versets 1 à 19, se trouvent quatre courts fragments renfermant des directions sur certains points spéciaux (cautionnement, paresse, fourberie, etc.). Ces fragments ne sont donc liés par leur contenu, ni avec ce qui précède, ni avec ce qui suit. Aussi les a-t-on parfois considérés comme un hors d'œuvre et comme ne provenant point de l'auteur des chapitres 1 à 9. Mais ils présentent des expressions spéciales, ou figurées, des menaces, des traits caractéristiques, qui se trouvent aussi dans les chapitres voisins et qui entraînent l'identité d'auteur. Comparez :
- 6.12 ; 4.24 : fausseté de la bouche
- 6.14 ; 2.12,14 : perversité
- 6.18 ; 3.29 : fomenter, machiner
- 6.15 ; 1.27 ; 3.25 : mêmes menaces
- 6.18 ; 1.16 : pieds qui se hâtent en courant au mal.
La présence de ces groupes isolés de conseils et d'exhortations n'a d'ailleurs rien de surprenant : nous avons pu constater, dans 3.12 ; 3.27 et suivants, un phénomène de ce genre.
1 à 5 Neuvième discours
Comme les Israélites ne devaient pas prêter à intérêt à d'autres Israélites (Lévitique 25.36, note), ils recouraient au cautionnement pour assurer du moins leur capital. Or notre livre blâme cette habitude (11.15 ; 17.18 ; 20.16 ; 22.26 ; 27.13). Prêter est bien (Matthieu 5.42 ; Deutéronome 15.7-11 ; Psaumes 37.26), car on prête ce qu'on a. Cautionner est mal, car on engage ainsi l'avenir, qui n'est pas à l'homme. L'Ecclésiastique, abandonnant cette distinction, envisagera cette question avec beaucoup moins de sévérité (Siracide 8.13) et dira même (Siracide 29.14) que l'homme de bien cautionne son prochain.
Si tu t'es engagé, littéralement : Si tu as donné tes mains pour un autre.
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
Introduction au chapitre 6
Dans ce chapitre, le sage détourne des cautionnements imprudents ; il dénonce le péché de paresse ; il fait le portrait de l'homme méchant ; il énumère sept choses que Dieu hait ; il exhorte à écouter les instructions et les préceptes des parents ; et il met en garde contre l'adultère. Le cautionnement est décrit (v. 1) et présenté comme un piège et un filet où l'on se fait prendre (v. 2) ; un conseil est donné sur la conduite à tenir en pareil cas, pour s'en tirer et s'en dégager (v. 3-5). Le péché de paresse est dénoncé : par l'exemple du travail de la fourmi (v. 6-8) ; par les remontrances faites au paresseux sur sa persistance dans la mollesse, jusqu'à le singer (v. 9-10) ; et par la pauvreté qu'elle lui attire (v. 11). Vient ensuite le portrait de l'homme méchant et vaurien - sa bouche, ses yeux, ses pieds, ses doigts, son cœur - dont la ruine est soudaine et inévitable (v. 12-15). Les sept choses odieuses à Dieu sont nommées une à une (v. 16-19). Puis est reprise l'exhortation des chapitres précédents à écouter les instructions des parents, qui se révéleront belles, agréables et utiles (v. 20-23) - en particulier pour préserver de la femme débauchée contre laquelle on met en garde (v. 24-25) ; dont on détourne de la compagnie : à cause de l'extrême pauvreté et de la détresse où elle réduit, et même du danger de mort (v. 26) ; à cause de la ruine inévitable où l'on tombe (v. 27-29) ; parce que le péché d'impureté est plus grand que celui de vol (v. 30-31) ; à cause de la folie dont l'adultère fait preuve, de la destruction de son âme et du déshonneur qu'il s'attire (v. 32-33) ; et à cause de la rage et de l'offense inexpiable du mari de la femme adultère (v. 34-35).
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
« Mon fils, si tu t'es porté caution pour ton prochain » - Envers un tiers : si tu t'es engagé, par promesse ou par acte, ou les deux, à payer sa dette s'il ne le peut pas ou si on te le réclame ; ou si tu t'es obligé envers quelqu'un à garantir la dette d'un autre.
« si tu as topé dans la main pour un étranger » - Ou « à lui » [122] : quelqu'un que tu ne connais pas et à qui tu ne dois rien, et à qui tu as donné ta main, en plus de ta parole et de ton engagement, que ce qu'un tel lui doit sera payé - geste en usage dans les cautionnements pour les confirmer (Proverbes 17:18 ; 22:26) ; ou « pour un étranger » [123]. Le sens : soit tu t'es engagé pour un ami, et à plus forte raison pour un étranger dont tu ne sais à peu près rien - imprudence et faiblesse ; soit, comme dit Gersom, tu t'es porté caution auprès de ton ami pour un étranger - encore une belle étourderie. C'est le cautionnement irréfléchi et inconsidéré qui est visé ici : celui qu'on donne sans s'informer, sans connaître suffisamment la personne pour qui on s'engage, et sans se demander si on pourra répondre de l'obligation, le cas échéant, sans se ruiner soi et sa famille. Autrement, on peut se porter caution légitimement, et faire du bien par là, sans dommage pour soi ni pour les siens. Jarchi l'interprète des Israélites s'engageant envers le Seigneur au Sinaï à garder ses commandements.
Notes
[122] rzl « extraneo », Pagninus, Montanus, Mercerus, Gejerus ; « alieno », Junius & Tremellius, Piscator, Michaelis, Schultens.
[123] « Pro extraneo », Tigurine version, Cocceius.
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Par les paroles de ta bouche. Ces mots, répétés deux fois, indiquent que l'attouchement des mains a été accompagné d'une déclaration positive qui engage absolument la caution.
v. 2 · John Gill · 18/10/2026
« Tu es pris au piège des paroles de ta bouche » - Tombé dans un piège dont on ne sort pas facilement ; tu n'es plus libre ni ton propre maître, mais obligé de payer la dette si on l'exige - par l'accord verbal conclu et confirmé en topant dans la main, et cela devant témoins.
« tu es capturé par les paroles de ta bouche » - Comme dans un filet, qui te tient serré et dont tu ne peux te dégager sans payer la dette - si le débiteur ne le fait pas - ou sans l'accord du créancier.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Entre les mains de ton prochain : de la personne (verset 1) en faveur de laquelle l'interpellé a consenti sa caution. Il ne s'agit pas ici du créancier. Les choses n'en sont pas encore venues à une demande de paiement. N'attends pas que cette heure fatale sonne ; compose, débats-toi, dût-il t'en coûter quelques plumes (verset 5), pourvu que tu sois libre !
v. 3 · John Gill · 18/10/2026
« Fais donc ceci, mon fils, et dégage-toi » - Suis le conseil qui suit, le meilleur qu'on puisse donner en pareille circonstance, pour être libéré d'une telle obligation, ou du moins être tranquille sous elle.
« puisque tu es tombé dans la main de ton prochain » - Ou « parce que tu es tombé dans la main de ton ami », comme le Targum ; ou « quoique tu sois », comme Aben Ezra. Ce qui peut s'entendre soit du créancier envers qui on s'est obligé, soit du débiteur pour qui on s'est obligé, soit des deux - car la caution est au pouvoir des deux : au pouvoir du créancier, qui peut lui réclamer le paiement ; et au pouvoir du débiteur, qui, s'il est négligent, ou retors et malhonnête, peut lui laisser la dette sur les bras. La Septante et l'arabe : « car tu es tombé aux mains d'hommes mauvais pour ton ami » ; et le syriaque : « puisque pour ton ami tu es tombé aux mains de ton ennemi » - il faut donc en tirer le meilleur parti possible, de la façon suivante :
« va, jette-toi à ses pieds » - Devant le créancier : prosterne-toi devant lui ; couche-toi à terre pour être foulé, comme le mot [124] le signifie ; mets-toi à genoux et supplie-le de te libérer de l'engagement, ou d'accorder un délai si l'échéance est venue ; car tu es entre ses mains, et il n'y a pas moyen de le prendre de haut : c'est l'humilité, non la morgue, qui a des chances de servir en pareil cas.
« et presse ton prochain » - Celui pour qui tu t'es porté caution, comme ajoutent le syriaque et l'arabe : sollicite-le, comme traduit le premier ; aiguillonne-le, comme la Septante ; secoue-le, presse-le de payer vite la dette et d'éteindre l'engagement, ou de te donner garantie et décharge. Ou « fais valoir ton ami » [125] auprès du créancier : présente-le comme un homme solvable et sérieux, honnête et fidèle, qui paiera à temps ; certains comprennent : parle en bien du débiteur à ton ami, pour le calmer et l'apaiser. Ou « multiplie tes amis » [126] : rassemble le plus d'intercesseurs possible, et fais-toi décharger de l'obligation d'une manière ou d'une autre - c'est le sens de Jarchi.
Notes
[124] sprth « conculca te », Montanus ; « calcandum te praebe », Junius & Tremellius, Piscator ; de même Gersom et Jarchi.
[125] Æy[r bhr « magnifica amicum tuum », quelques-uns chez Vatablus ; de même Mercerus, Gejerus.
[126] « Multiplica amicos tuos », version tirée de Jarchi.
v. 4 · John Gill · 18/10/2026
« Ne donne ni sommeil à tes yeux, ni assoupissement à tes paupières » - Tant que tout cela n'est pas fait : ce qui montre l'importance de l'affaire ; en pareille situation, il ne faut être ni insouciant, ni traînard, ni indifférent, mais déployer une grande diligence et ne négliger aucun moyen de se tirer d'affaire (voir Psaume 132:4).
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
De la main, c'est-à-dire des pièges, des filets, et, d'une manière générale, du pouvoir du chasseur.
v. 5 · John Gill · 18/10/2026
« Dégage-toi comme la gazelle de la main du chasseur » - Comme cette bête très rapide, une fois aux mains du chasseur, se débat et lutte pour s'échapper, ainsi faut-il tout tenter pour sortir de ses engagements de caution, surtout quand on s'y voit en danger ; et cela « immédiatement », « sur-le-champ » [127], comme l'expression employée le signifie parfois chez les auteurs juifs.
« et comme l'oiseau de la main de l'oiseleur » - Autre image, pour la même chose.
Notes
[127] Vid. T. Bab. Kiddushin, fol. 6. 2. & Sabbat, fol. 156. 1.
6 Va vers la fourmi, paresseux ; regarde ses voies, et sois sage. 7 Elle qui n’a ni chef, ni surveillant, ni gouverneur, 8 elle prépare en été son pain, elle amasse pendant la moisson sa nourriture. 9 Jusques à quand, paresseux, resteras-tu couché ? Quand te lèveras-tu de ton sommeil ? 10 Un peu de sommeil, un peu d’assoupissement, un peu croiser les mains pour dormir…, 11 et ta pauvreté viendra comme un voyageura 11 ou : rôdeur. , et ton dénuement comme un homme armé.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
6 à 11 Dixième discours
La paresse est, elle aussi, le fruit de la sottise, puisqu'elle ne songe pas au lendemain. Celui qui cautionne oublie que ses biens d'aujourd'hui peuvent lui être enlevés d'un moment à l'autre ; le paresseux oublie qu'il lui faudra peut-être vivre encore demain. A l'exemple de la fourmi les Septante ajoutent :
Ou va vers l'abeille ! Apprends combien elle est industrieuse, comme elle accomplit sa besogne comme une chose noble, elle dont rois et particuliers utilisent les travaux au profit de leur santé. Tous l'aiment et la célèbrent ; quelque faible qu'elle soit, elle est estimée pour sa sagesse.
Mais la facture de cette adjonction ne rappelle guère la manière de dire des auteurs de notre livre ; d'ailleurs nulle part dans l'Ancien Testament l'abeille n'est présentée comme le modèle de l'industrie ou de la persévérance ; voir au contraire Esaïe 7.18 et Psaumes 118.12.
v. 6 · John Gill · 18/10/2026
« Va vers la fourmi, paresseux » - Toi qui t'es porté caution pour un autre, qui es tombé dans le piège et le filet, et qui ne fais rien pour en sortir. Ou bien ces mots s'adressent non à la caution mais au débiteur, qui, par sa paresse, a contracté des dettes et ne déploie aucune industrie pour pouvoir les payer. Ou encore, sans lien avec ce qui précède : le sage passe à un nouveau sujet, pour détourner de l'oisiveté, qui ruine les familles et mène à tous les péchés ; et, pour instruire les paresseux, il propose l'exemple de la fourmi et les envoie apprendre d'elle le travail [128].
« observe ses voies » - Quelle diligence, quelle industrie elle met à se procurer sa nourriture : petite créature faible et fragile, elle traverse pourtant cailloux et silex, grimpe aux arbres, entre dans les tours, les granges, les caves, en haut et en bas, en quête de nourriture ; jamais les fourmis ne se gênent, mais s'entraident à porter leurs fardeaux ; elles aménagent de petites cellules pour y serrer leurs provisions, bâties de façon à les protéger de la pluie ; et si leur grain se mouille, elles le sortent pour le sécher, et en rongent le germe pour qu'il ne pousse pas. Tout cela, avec d'autres traits, est relevé par Frantzius [129], et en partie par Gersom sur ce passage.
« et deviens sage » - Apprends d'elle la sagesse ; « et sois plus sage qu'elle », comme la Septante et la version arabe. Belle mortification pour les orgueilleux qui se veulent sages, d'être envoyés chercher la sagesse auprès d'une créature aussi méprisable.
Notes
[128] « Parvula (nam exemplo est) magni formica laboris », Horat. Sermon. l. 1. Sat. 1. v. 33.
[129] Histor. Animal. Sacr. par. 5. c. 5. p. 734, etc.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Les fourmis, qui n'ont pas de reine comme les abeilles, n'ont pas même de surveillants ; elles travaillent librement.
v. 7 · John Gill · 18/10/2026
« Elle qui n'a ni chef, ni surveillant, ni maître » - Personne pour la guider et lui dire quoi faire ; personne pour la surveiller, vérifier qu'elle fait bien, l'obliger au travail et l'y tenir ; personne pour lui demander des comptes et la corriger quand elle fait mal - et pourtant diligente et travailleuse, faisant tout d'elle-même, par l'instinct de la nature, avec promptitude et bonne volonté. Et que les hommes sont paresseux, eux qui, en plus des voix de la nature, de la raison et de la conscience, ont parents, maîtres, ministres et magistrats pour les guider, les diriger, les exhorter, les instruire et les contraindre ! Aristote [130] dit de la fourmi qu'elle est agarcov, sans chef ni gouverneur.
Notes
[130] Hist. Animal. l. 1. c. 1.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
En été, au moment même où elle a abondance de nourriture, elle songe à la saison morte, et, la moisson terminée, sa provision est faite (30.25).
v. 8 · John Gill · 18/10/2026
« Elle prépare sa nourriture pendant l'été » - En vue de l'hiver, auquel elle pense - hiver pendant lequel elle ne sort jamais de son trou, ayant amassé l'été de quoi suffire dans ses cellules. Elle peine dans la chaleur de l'été pour rentrer ses provisions d'hiver, sachant qu'alors il n'y aura plus rien à trouver ; elle y travaille jour et nuit tant que dure la saison - tant elle est appliquée à faire ses réserves au bon moment [131].
« et amasse sa nourriture au temps de la moisson » - Quand le blé est mûr et tombe à terre : elle le ramasse et le range dans ses greniers pour le temps du besoin. Elle amasse les graines et les stocke ; elle en ronge le germe pour qu'elles ne poussent pas, comme l'observent Pline [132] et d'autres, et fassent une réserve d'hiver - de là son nom hébreu « nemalah », de « namal », « couper », ce qui se fait en rongeant. Bien plus, selon Élien [133], elle semble pressentir la famine à venir, et travaille alors d'arrache-pied à emmagasiner nourriture, fruits et graines ; et selon Virgile [134] et d'autres, elle semble prévoir sa vieillesse et s'y préparer. Leçon pour travailler quand on a la santé et la jeunesse : afin d'avoir non seulement de quoi vivre au présent, mais de quoi mettre de côté pour le temps de la maladie et de la vieillesse. La Septante et l'arabe ajoutent : « ou va vers l'abeille, et apprends quelle travailleuse elle est, et quel ouvrage admirable elle accomplit ; ses labeurs, rois et particuliers en usent pour leur santé ; elle est désirée de tous et fameuse ; et quoique faible de force, honorant la sagesse, elle est mise en avant. » Mais cela n'est pas dans le texte hébreu ; sans doute écrit en marge d'une copie de la Septante comme exemple parallèle, un copiste maladroit l'aura fait entrer dans le texte grec, d'où la version arabe l'a repris ; l'ajout est très ancien, puisque Clément d'Alexandrie le mentionne [135].
Notes
[131] « Ac veluti ingentem formicae farris acervum quum populant, hyemis memores, tectoque reponunt », Virgil. Aeneid. l. 4. [v. 402, etc.]
[132] Nat. Hist. l. 11. c. 30. Plutarch. vol. 2. de Solert. Animal. p. 968.
[133] De Animal. Natur. l. 1. c. 22.
[134] Georgic. l. 1. v. 186. « inopi metuens formica senectae ».
[135] Stromat. l. 1. p. 286.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Vive apostrophe. Il s'agit de secouer le dormeur.
v. 9 · John Gill · 18/10/2026
« Jusqu'à quand, paresseux, resteras-tu couché ? » - Ou « allongé » [136] au lit, à te vautrer dans la mollesse - pendant que la fourmi industrieuse rentre ses provisions, même au clair de lune, comme l'observent les naturalistes [137].
« Quand te lèveras-tu de ton sommeil ? » - Pour vaquer à ton métier légitime, aux devoirs de la religion et aux affaires de la vie ; pour pourvoir honnêtement, aux yeux de tous, à tes besoins et à ceux de ta famille, et avoir de quoi faire du bien aux autres ; en gardant une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes. Il ne faut pas dormir sa vie, au détriment des affaires d'ici-bas ni des intérêts de l'âme immortelle et de l'état à venir ; il ne faut être paresseux ni dans le temporel ni dans le spirituel. Quelle que soit l'heure convenable pour se réveiller le matin - selon la situation, la santé et le métier de chacun - il est toujours grand temps pour le pécheur de se réveiller du sommeil du péché et de se lever d'entre les morts, et pour le saint somnolent de sortir de sa léthargie et de sa fausse sécurité.
Notes
[136] bkçt « jacebis », Pagninus, Montanus, Vatablus, Junius & Tremellius, Piscator, Mercerus, Gejerus, Michaelis, Schultens.
[137] Aelian. de Animal. l. 2. c. 25. Plin. Nat. Hist. l. 11. c. 30.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
L'auteur cite ici la réponse du paresseux.
v. 10 · John Gill · 18/10/2026
« Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement » - Ou « de petits sommeils, de petits assoupissements » [138] : ce sont les paroles du paresseux, répondant à l'appel qui le presse de se réveiller - qu'on ne le dérange pas, qu'on le laisse dormir encore. Belle gradation dans les mots, qui peint au vif l'humeur du paresseux : il demande d'abord « quelques sommeils » de plus, quelques bons sommes à la file - tout à fait dans son caractère ; si on les lui refuse, il réclame au moins « quelques assoupissements », quelques sommes légers, le temps de se réveiller tout à fait ; et si même cela lui est refusé, il supplie qu'on lui passe au moins ceci :
« un peu croiser les mains pour dormir » - Ou « pour se coucher » [139] : encore quelques retournements sur le lit, les mains croisées sur la poitrine - geste de dormeur et posture de paresseux. La Septante et l'arabe : « un peu tu embrasseras ta poitrine de tes mains » ; le syriaque : « et un peu tu mettras ta main sur ta poitrine ». Les commentateurs juifs y voient une consigne : ne dormir et ne s'assoupir que peu, un peu de sommeil suffisant à la nature - sans quoi la pauvreté viendra, etc. ; mais le premier sens est le meilleur.
Notes
[138] twnç f[m twmwnt f[m « parum somnorum, parum dormitationum », Montanus.
[139] bkçl « ad jacendum », Montanus, Mercerus ; « ut cubes », Tigurine version ; « ad decumbendum », Michaelis ; « ut decumbas », Schultens.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
La pauvreté..., la misère, littéralement : ta pauvreté, ta misère, que tu mérites.
Un homme armé, littéralement : un homme à bouclier, capable de parer tes coups, si tu veux le repousser loin de ta maison où il est entré pendant que tu dormais encore un peu.
v. 11 · John Gill · 18/10/2026
« Et ta pauvreté viendra comme un rôdeur » - Soit vite et soudainement, comme le voyageur qui presse le pas pour arriver et tombe chez les siens à l'improviste ; soit, même en avançant par degrés, à pas lents et silencieux, sûrement : la pauvreté fondra sur le paresseux très vite et avant qu'il s'en doute ; et vînt-elle par degrés, elle viendra à coup sûr.
« et ta disette comme un homme armé » - Ou « tes disettes comme un homme au bouclier » [140] : une foule de besoins se ruant l'un sur l'autre, comme un homme armé du bouclier et de la rondache, avec une force et une terreur auxquelles on ne résiste pas. C'est dire que la paresse mène à la misère inévitablement, et combien cet état est terrible. La Septante, la Vulgate et l'arabe ajoutent : « mais si tu n'es pas paresseux, ta moisson viendra comme une source, et la disette fuira loin de toi comme un mauvais coureur » - ce qui n'est pas dans le texte hébreu.
Notes
[140] ˆgm çyak Æyrsjmw « et penuriae tuae quasi vir clypei », Montanus ; de même Gejerus, Michaelis.
12 Celui qui marche, la perversité dans sa bouche, est un homme de Bélial, un homme inique ; 13 il cligne de ses yeux, il parle de ses pieds, il enseigne de ses doigts ; 14 il y a des pensées perverses dans son cœur, il machine du mal en tout temps, il sème des querelles. 15 C’est pourquoi sa calamité viendra subitement ; il sera tout à coup brisé, et il n’y a pas de remède.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
12 à 15 Onzième discours
Contre la fourberie. Brève description du trompeur et annonce du châtiment, soudain qui l'atteindra. Cet être malfaisant est dessiné en sept coups de crayon (versets 12, 13 et 14).
Un homme de rien : un vaurien (Deutéronome 13.13, note).
v. 12 · John Gill · 18/10/2026
« Un vaurien, un homme inique » - Ou « un homme de Bélial, un homme d'iniquité » [141]. Le premier terme désigne un homme inutile, un bon à rien, qui ne sert ni Dieu ni les hommes ; ou un homme sans loi, qui a secoué le joug de la loi et refuse de s'y soumettre ; Bélial est un nom du diable, et il peut désigner ici ses enfants, qui accomplissent ses désirs. Le second désigne l'homme tout entier adonné à faire le mal. Ces traits conviennent bien à l'anomov, le sans-loi, l'homme de péché et fils de perdition, l'antichrist (2 Thessaloniciens 2:3, 8). Lui qui
« marche la fausseté à la bouche » - Disant des choses perverses, contraires à la lumière de la nature et de la raison, à la loi et à l'Évangile ; proférant mensonges, tromperies et blasphèmes contre Dieu et contre les hommes ; il s'y est habitué et il y persiste, comme le mot « marche » le signifie. Ainsi l'antichrist a une bouche qui profère des blasphèmes contre Dieu et ses saints (Apocalypse 13:5-6).
Notes
[141] l[ylb µda « homo Belijahal », Montanus, Michaelis, Schultens ; ˆwa çya « vir iniquitatis », Pagninus, Montanus.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Pour communiquer avec ses affiliés sans être compris des autres gens, il emploie des signes convenus d'avance.
Clignant des yeux. Voir 10.10.
v. 13 · John Gill · 18/10/2026
« Il cligne des yeux » - Non par infirmité naturelle, mais exprès et à dessein ; d'un œil, dit Aben Ezra, comme font ces gens-là : c'est l'air et le geste du ricaneur et du fourbe, qui fait un clin d'œil à ses amis pour se moquer de la faiblesse d'un tiers, ou pour leur signifier quelque dessein secret contre lui, qu'il ne veut pas déclarer autrement.
« il parle avec ses pieds » - Les mouvements des pieds ont leur langage : taper du pied dit la rage ; ici, il s'agit plutôt de faire signe à un autre en lui pressant discrètement le pied - pour qu'il se taise, qu'il parle, ou qu'il fasse telle ou telle chose.
« il fait des signes avec ses doigts » - En les étendant ou en les serrant, pour marquer soit le mépris et la dérision [142], soit la rage et la fureur. L'ensemble peint les manèges secrets, rusés et artificieux par lesquels les méchants se communiquent leurs intentions sans être compris des autres : ils ont un langage à eux, fait des mouvements des yeux, des pieds et des doigts. Et ce caractère d'artifice, de dissimulation et de fourberie convient bien à l'homme de péché (2 Thessaloniciens 2:10 ; Apocalypse 13:11). C'est ainsi qu'on dit des mimes qu'ils parlent avec leurs mains ; certains y ont excellé [143].
Notes
[142] « Ostendit digito », c'est-à-dire « medio », Persius, Sat. 2. v. 33.
[143] Vid. Barthii Animadv. ad Claudian. de Consul. Mall. Theod. Paneg. v. 313.
v. 14 · John Gill · 18/10/2026
« La perversité est dans son cœur » - Ou les choses perverses : les habitudes et les principes mauvais du péché ; toute espèce de méchanceté, d'erreurs et d'hérésies ; tout ce qui contredit la droite raison, répugne à la volonté et à la loi de Dieu, et est le contraire de la saine doctrine ; toutes les pensées mauvaises et toutes les choses mauvaises (voir Matthieu 15:19).
« il machine le mal en tout temps » - Contre ses voisins, et surtout contre les gens de bien : il passe son temps à monter des plans, à combiner méthodes, voies et moyens pour troubler, tourmenter et ruiner les hommes ; vrai enfant de Bélial - du diable - son cœur est la forge où il façonne sans relâche le mal sous une forme ou une autre, et le champ qu'il laboure sans cesse pour en faire lever le péché, et qui en est fertile.
« il sème les querelles » - Ou « les disputes » [144] ; le syriaque ajoute « entre deux » - ce que Jarchi entend : entre l'homme et son Créateur ; plutôt entre un homme et son prochain : entre amis, entre mari et femme, parents et enfants, frères et frères, magistrats et sujets, rois et princes de la terre - besogne où l'homme de péché, l'antichrist, s'est beaucoup employé. Le Targum : « il jette les querelles », comme des brandons parmi les hommes. L'hébreu porte : « il envoie la discorde » [145] - ce sont là les messagers qu'il dépêche pour faire le mal.
Notes
[144] µyndm « lites », V. L. Pagninus, Mercerus, Tigurine version ; « contentiones », Junius & Tremellius, Piscator, Michaelis.
[145] jlçy « immittit », Junius & Tremellius, Piscator ; « emittit », Michaelis, Schultens.
v. 15 · John Gill · 18/10/2026
« C'est pourquoi sa ruine arrivera soudain » - Sans qu'il y pense et sans qu'il s'y attende : celui qui trame en secret le mal des autres n'aura aucun avertissement de sa propre ruine, ni le temps ni les moyens de la prévenir. La destruction de l'antichrist sera soudaine, et celle de tous les méchants à la venue de Christ (1 Thessaloniciens 5:3 ; Apocalypse 18:7-8).
« soudain il sera brisé, sans remède » - Ou « et il n'y aura pas de guérison » [146] : ses os seront broyés sans remède ; ou il sera comme un vase de terre qui, une fois cassé, ne se recolle pas. La ruine des méchants est soudaine, inévitable et irréparable ; ainsi l'antichrist « viendra à sa fin, et personne ne le secourra » (Daniel 11:45).
Notes
[146] aprm ˆyaw « et non erit sanitas, vel medicina », Pagninus, Montanus, Gejerus.
16 L’Éternel hait ces six choses, et il y en a sept qui sont en abomination à son âme : 17 les yeux hautains, la langue fausse, et les mains qui versent le sang innocent, 18 le cœur qui machine des projets d’iniquité, les pieds qui se hâtent de courir au mal, 19 le faux témoin qui profère des mensonges, et celui qui sème des querelles entre des frères.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
16 à 19 Douzième discours
On a quelquefois rattaché ce morceau au précédent, dont il ne serait que le développement. La pensée finale, verset 19, est en effet à peu près la même que celle du verset 14. Mais la forme très spéciale de ce proverbe à nombre (voir Introduction) nous porte à croire que ces versets constituent un tout à part. C'est le seul exemple de proverbe à nombre dans les vingt-neuf premiers chapitres du livre. Remarquons que c'est le dernier péché cité qui est le plus odieux.
v. 16 · John Gill · 18/10/2026
« Il y a six choses que le Seigneur hait » - Les six qui suivent, qu'on trouve toutes chez l'homme de Bélial, le méchant décrit ci-dessus. Il y a d'autres choses que Dieu hait, et même davantage - les péchés contre la première table, qui s'attaquent plus directement à son être et à sa gloire ; celles-ci relèvent de la seconde table, mais sont mentionnées comme paraissant spécialement dans le caractère du personnage ; et elles doivent être odieuses à Dieu, comme contraires à sa nature, à sa volonté et à sa loi.
« et sept sont en abomination à son âme » - Ou « l'abomination de son âme » [147] : ce que son âme abhorre, ce qu'il abhorre du fond du cœur. Non pas sept autres, mais une de plus avec les six, qui fait sept - tour semblable en Proverbes 30:15, 18, 29 et Job 5:19. Il ne faut restreindre ni l'« abomination » à la septième, ni la « haine » aux six : toutes sont odieuses et abominables au Seigneur ; certains pensent toutefois que le cardinal est mis pour l'ordinal, « sept » pour « la septième » - comme si la septième, semer les querelles entre frères, était la plus abominable de toutes (v. 19), étant la dernière nommée dans le portrait du méchant (v. 14), et celle qui semble avoir donné lieu à toute cette énumération.
Notes
[147] wçpn tb[wt « abominatio animae ejus », Pagninus, Montanus, Cocceius, Michaelis, Schultens.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Les yeux hautains. L'orgueil mérite le premier rang comme étant la source de beaucoup d'autres péchés (8.13 ; 11.2 ; 13.10 ; 16.18 ; 29.23).
Qui répandent le sang innocent. Voir déjà 1.11,16.
v. 17 · John Gill · 18/10/2026
« Les yeux hautains » - Ou « les yeux élevés » [148] : qui dédaignent d'abaisser le regard sur les autres, ou les regardent avec mépris, ou les jugent indignes d'un regard, s'estimant eux-mêmes très haut. L'orgueil ouvre la liste des choses haïssables : il fut vraisemblablement le premier péché commis - celui des anges, et celui du premier homme ; c'est le mal dominant de la nature humaine, directement opposé à Dieu et à sa nature, et contre lequel il se dresse : « il résiste aux orgueilleux » (Jacques 4:6). L'orgueil du cœur se montre dans les yeux, dans les regards ; Gersom dit que l'expression désigne l'impudence et l'arrogance.
« la langue menteuse » - Deuxième chose haïssable : une langue qui dit le faux, sciemment et volontairement, avec l'intention de tromper - pour nuire à la réputation du prochain, ou pour flatter un ami ; mal des plus détestables : il devrait l'être aux hommes, il l'est forcément à Dieu, le Dieu de vérité ; et rien ne rend l'homme plus semblable au diable, le père du mensonge.
« et les mains qui répandent le sang innocent » - Le sang humain, celui de personnes qui n'ont commis aucun crime capital méritant la mort selon les lois de Dieu ou des hommes, et qu'on verse pourtant comme de l'eau. De telles mains sont souillées, et de tels hommes odieux à Dieu : ils détruisent son image, et ressemblent au diable, meurtrier dès le commencement. Ces trois péchés se voient à découvert chez le fils de Bélial, l'antichrist : il s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle dieu - les rois et les princes de la terre ; lui et les siens disent des mensonges par hypocrisie ; et il est la prostituée ivre du sang des saints (2 Thessaloniciens 2:4 ; 1 Timothée 4:2 ; Apocalypse 17:6).
Notes
[148] twmr µyny[ « oculi elati », Pagninus, Montanus, Junius & Tremellius, Piscator ; « oculi excelsi », Mercerus, Gejerus.
v. 18 · John Gill · 18/10/2026
« Le cœur qui forge des desseins pervers » - Ou « des pensées d'iniquité » [149], façonnées et formées dans le cœur ; et celui-ci, étant la source de toute méchanceté, est placé au milieu de ces choses odieuses (voir le commentaire du verset 14) : pensées et desseins mauvais, contre Dieu et contre les hommes, forgés et fabriqués dans le cœur méchant de l'homme ; ce qui peut viser les profondeurs de Satan dans la bête antichrétienne de Rome (Apocalypse 2:24).
« les pieds prompts à courir au mal » - À commettre avec avidité toute espèce de péché, surtout le meurtre (voir Proverbes 1:16).
Notes
[149] ˆwa twbçjm « cogitationes iniquitatis », Pagninus, Montanus.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Profère des mensonges, littéralement : souffle, met en circulation par le souffle de sa bouche... Voir 14.5,25, et dans 21.28 la punition des faux témoins.
Les disputes parmi les frères. Voici le comble : semer la discorde parmi ceux que le sang devrait unir étroitement.
v. 19 · John Gill · 18/10/2026
« Le faux témoin qui profère des mensonges » - Ou « celui qui profère des mensonges, le faux témoin » [150] - distinct, donc, de la langue menteuse, deuxième de ces maux : c'est le péché de porter faux témoignage contre son prochain, violation du commandement. On peut traduire « celui qui souffle des mensonges » [151] : qui les fabrique, les répand, et jure dessus, au préjudice d'autrui. Voilà la sixième ; et la septième suit :
« et celui qui sème les querelles entre frères » - Frères par le sang, par la société civile, ou par la communauté religieuse.
Notes
[150] rqç d[ « testis mendax », Pagninus, Montanus, Tigurine version, Junius & Tremellius, Piscator, Mercerus, Gejerus.
[151] µybzk jypy « efflat mendacia », Piscator, Gejerus ; « spirat mendacia », Michaelis, Schultens.
20 Mon fils, garde le commandement de ton père, et n’abandonne pas l’enseignement de ta mère ; 21 tiens-les continuellement liés sur ton cœur, attache-les à ton cou. 22 Quand tu marcheras, il te conduira ; quand tu dormiras, il te gardera ; et quand tu te réveilleras, il s’entretiendra avec toi. 23 Car le commandement est une lampe et l’enseignement une lumière, et les répréhensions de la disciplineb 23 ailleurs : instruction, correction. sont le chemin de la vie, 24 pour te garder de la mauvaise femme, des flatteries de la langue d’une étrangère. 25 Ne désire pas sa beauté dans ton cœur, et qu’elle ne te prenne pas par ses paupières ; 26 car par la femme prostituée [on en vient] jusqu’à un morceau de pain, et la femme d’autrui chasse après l’âme précieuse.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
20 à 35 Treizième discours
L'auteur revient ici au sujet qu'il avait laissé à la fin du chapitre 5, l'adultère et ses dangers ; et il va se placer de nouveau au point de vue utilitaire, plutôt que directement moral, qui est le sien. Comme la sagesse consiste à respecter les lois posées par Dieu, c'est-à-dire, en un mot, à craindre Dieu, qui dit sagesse dit bonheur et véritable vie. Il y a là un eudémonisme (recherche du bonheur par la piété) bien légitime et bien fondé ; mais on sent que ce point de vue devait être complété par celui du livre de Job. Trois morceaux :
- Si le jeune homme écoute les conseils de son père et les leçons de sa mère, il aura là un guide, une société de tous les instants, une lampe à son sentier ; il sera gardé de la femme perverse, versets 20 à 24.
- L'adultère a des suites désastreuses, qu'il est impossible d'éviter si l'on s'est une fois laissé aller à ce péché, versets 25 à 29.
- Il a des conséquences bien plus graves que le vol, versets 30 à 35.
Verset 20, répétition presque textuelle de 1.8.
v. 20 · John Gill · 18/10/2026
« Mon fils, garde le commandement de ton père » - Ce ne sont pas les paroles de David à Salomon, continuées depuis Proverbes 4:4, mais celles de Salomon à son fils - et pas seulement à son fils au sens strict et naturel, mais à quiconque venait se mettre sous son instruction, et à quiconque a un père pieux. Il ne s'agit pas ici de l'Être divin, Père de tous, comme veulent certains auteurs juifs ; encore que le commandement soit sans doute le commandement de Dieu enseigné par des parents pieux - ou un ensemble de préceptes fondé sur la volonté révélée de Dieu et conforme à elle ; et à ce titre, il faut le serrer et le garder dans le cœur, ne pas l'oublier, et l'observer et lui obéir toute sa vie comme au commandement de Dieu lui-même : car il n'est rien d'autre que ce que des parents pieux inculquent à leurs enfants et les pressent d'observer.
« et n'abandonne pas l'enseignement de ta mère » - Le même qu'avant ; mentionné pour montrer qu'on doit à la mère le même respect qu'au père, leur commandement et leur loi étant les mêmes, et leur relation la même ; distinction que les enfants sont pourtant enclins à faire : ils craignent leur père et ses préceptes, et négligent leur mère et ses directives - ce qui ne doit pas être. Certains l'entendent de la congrégation d'Israël, comme des auteurs juifs ; d'autres de l'Église de Dieu, notre mère à tous.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez 3.3.
Liés. Que rien ne t'en sépare (Romains 12.9).
v. 21 · John Gill · 18/10/2026
« Lie-les continuellement sur ton cœur » - Non sur la tête ou sur le bras, comme devaient être liées les paroles de la loi (Deutéronome 6:8) - allusion probable, qui confirme le sens donné : il s'agit de la loi de Dieu et de ses préceptes, enseignés par les parents ; mais eux doivent être liés sur le cœur, et avoir une demeure durable dans l'entendement, les affections, la mémoire et la volonté.
« attache-les à ton cou » - Comme une parure, au lieu d'un collier de perles ou de chaînes d'or : loin de les trouver pesants et gênants, il faut les tenir pour beaux et gracieux (voir Proverbes 1:9 ; 3:3, 22).
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Ils te guideront... ils converseront avec toi, littéralement : Elle te gardera..., elle conversera, c'est-à-dire la sagesse qui t'a parlé par les préceptes paternels et les leçons maternelles (verset 20).
v. 22 · John Gill · 18/10/2026
« Quand tu marcheras, ils te conduiront » - La loi de Dieu enseignée par les parents : elle dirige l'homme sur le chemin du devoir et dans les affaires de la vie ; elle lui apprend quelle voie fuir et laquelle prendre ; elle fait sortir des sentiers du péché et entrer dans le chemin qu'il faut suivre - le plus profitable pour lui et pour la gloire de Dieu ; elle le conduit sûrement, en sorte qu'il ne trébuche pas (Proverbes 3:23).
« quand tu te coucheras, ils te garderont » - Des rêves effrayants, des mauvais esprits, des dangers du feu ou des voleurs : celui qui l'observe en conscience peut se coucher et dormir, assuré de la garde de la Providence divine, sans craindre aucun mal ; ou « ils veilleront sur toi » [152] pendant la nuit.
« et quand tu te réveilleras, ils te parleront » - Familièrement, pour t'apprendre quoi faire et comment te conduire le jour venu ; ou « ils sortiront avec toi » [153], dans les champs pour la promenade du matin, et t'aideront à méditer. Jarchi l'interprète du sommeil de la mort et du réveil à la résurrection des morts.
Notes
[152] Æyl[ rmçt « custodiet te », Michaelis ; « custodiat te », Schultens ; « excubias aget pro te », Cocceius.
[153] ayh « ipsa colloquetur tecum », Michaelis ; « te compellabit », Schultens.
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Les remontrances de la sagesse, littéralement : les remontrances de la correction ; les répréhensions, réprimandes, peut-être même punitions corporelles (29.15).
v. 23 · John Gill · 18/10/2026
« Car le commandement est une lampe » - La loi de Dieu est une lampe, une chandelle, pour travailler et pour marcher : elle éclaire les yeux et dirige les pieds, rend le travail plus agréable et la marche plus sûre ; sans elle, à vrai dire, on ne sait ni ce qu'il faut faire, ni où marcher, ni où l'on marche (voir Psaume 119:105).
« et l'enseignement une lumière » - Il rend les choses claires et manifestes - ce qui est bien et ce qui est mal ; il éclaire les yeux de l'entendement, par quoi l'on voit à la fois son péché et son devoir, et il dirige pour éviter l'un et faire l'autre (voir Psaume 19:8).
« et les réprimandes de l'instruction sont le chemin de la vie » - Les bonnes réprimandes données par les parents, conformes à la parole de Dieu, qui apprennent ce qu'il faut fuir et ce qu'il faut faire : écoutées, elles mettent sur le chemin d'une vie honorable et utile, et préservent d'une vie scandaleuse et perdue.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
De la femme perverse, qui trahit ses devoirs d'épouse.
v. 24 · John Gill · 18/10/2026
« Pour te garder de la femme mauvaise » - Voilà un des profits qu'on tire des instructions des parents et de la loi de Dieu enseignée par eux : préserver de la fornication et de l'adultère - l'un de ses préceptes interdisant expressément l'adultère et toute impureté du corps, et l'ensemble dirigeant vers tous les devoirs envers Dieu et le prochain, ce qui demande travail et application, et prévient l'oisiveté, cette porte ouverte à tous les péchés et surtout à l'impureté [154].
« de la langue flatteuse de l'étrangère » - La même que la femme mauvaise, la débauchée et l'adultère (voir Proverbes 2:16 ; 5:3). Jarchi l'interprète de l'idolâtrie ; le portrait convient bien à l'Église idolâtre de Rome, l'antichrist, figurée par une prostituée (Apocalypse 17:1-2, 5). Comme cette femme est appelée « la femme du mal » [155] - on peut traduire ainsi : une femme foncièrement mauvaise, livrée au péché - l'antichrist est appelé « l'homme de péché » (2 Thessaloniciens 2:3) ; et comme elle a « la douceur d'une langue étrangère » [156] - traduction possible, et celle du Targum - la religion de cette fausse Église se donne dans une langue étrangère que le peuple ne comprend pas, par quoi on le tient dans l'ignorance et l'illusion. Or la parole de Dieu lue et expliquée dans la langue maternelle - et surtout sa partie évangélique, la doctrine de la sagesse - est un moyen de préserver des erreurs et des hérésies, de la superstition et de l'idolâtrie de l'Église de Rome, de ses gloses trompeuses, de son culte clinquant et de toutes ses séductions d'injustice.
Notes
[154] « Quaeritur Aegistus quare sit factus adulter ? in promptu causa est, desidiosus erat », Ovid. de Remed. Amor. l. 1. v. 161, 162.
[155] [r tçam « a muliere mali », Montanus ; « a muliere malitiae », Gejerus, Michaelis.
[156] hyrkn ˆwçl tqljm « a laevitate linguae extraneae », Montanus ; « a lenitate linguae peregrinae », Cocceius.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans ton cœur. La convoitise des yeux et du cœur est déjà le péché en germe (Matthieu 5.28).
Par ses paupières. Comparez Esaïe 3.16 : Lançant des regards.
v. 25 · John Gill · 18/10/2026
« Ne convoite pas sa beauté dans ton cœur » - Ne la regarde pas des yeux, ne t'y attarde pas en pensée : le regard mène à la convoitise et l'allume dans le cœur, la pensée l'y nourrit et l'attise en flamme ; et la convoitise ainsi conçue et entretenue dans le cœur n'est rien d'autre que l'adultère commis (Matthieu 5:28).
« et qu'elle ne te prenne pas par ses paupières » - Qu'elle ne t'arrache pas à l'instruction, dit Aben Ezra ; ou qu'elle ne te prenne pas ta sagesse, dit Jarchi ; ou plutôt qu'elle ne te prenne pas comme dans un filet, par l'éclat de ses yeux, par leurs œillades lascives et amoureuses - le syriaque : « qu'elle ne te captive pas ». Appliqué à l'Église antichrétienne, cela peut signifier sa pompe et sa grandeur extérieures, ses prétentions à l'antiquité, au siège apostolique, à l'infaillibilité, aux miracles, à la grande dévotion - autant d'appâts pour les hommes, la coupe de Circé avec laquelle elle ensorcelle et attire (Apocalypse 17:4). Le Targum : « qu'elle ne te séduise pas ».
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
On entend parfois : Pour payer une débauchée, il suffit d'un petit sacrifice, la valeur d'un peu de pain ; mais la femme mariée expose la vie même de celui qu'elle séduit. Nous ne pensons pas qu'il soit question ici du salaire à payer à la débauchée. Le sage veut mettre son élève en garde contre l'adultère tout particulièrement et fait observer que, lorsqu'on se laisse attirer par la femme mariée, on met en jeu, non seulement sa fortune, mais sa vie, à cause de la fureur du mari (verset 34 et 5.9).
v. 26 · John Gill · 18/10/2026
« Car pour une prostituée on se réduit à un morceau de pain » - À s'en réjouir, à le mendier, à en quémander la moindre miette : c'est dire l'extrême pauvreté et le dénuement où les prostituées réduisent les hommes - elles les dépouillent de tout leur bien, puis les envoient chercher leur pain comme ils peuvent ; ainsi le fils prodigue, ayant mangé son bien avec des prostituées, en fut réduit à convoiter les caroubes des porcs (Luc 15:13-16). De même la fornication spirituelle - l'idolâtrie - laisse les âmes sans pain, les plonge dans la misère spirituelle, et jusqu'au désespoir et à la mort.
« et la femme adultère chasse une vie précieuse » - Ou « une âme » [157] : non contente de son bien précieux, de ses joyaux, de son or et de son argent, l'ayant dépouillé de ses biens et de son gagne-pain - encore que certains pensent que c'est cela qui est visé - elle lui tend des pièges et l'entraîne dans des maux qui le livrent aux mains de son mari, lequel se venge en tuant l'adultère ; ou aux mains du magistrat, ce péché étant puni de mort ; bien plus, elle est l'occasion de la ruine de son âme précieuse et immortelle pour l'éternité. Les âmes précieuses des hommes font partie des marchandises de l'antichrist (Apocalypse 18:13).
Notes
[157] hrqy çpn « animam pretiosam », Pagninus, Montanus, Junius & Tremellius, etc.
27 Un homme prendra-t-il du feu dans son sein sans que ses vêtements brûlent ? 28 Si un homme marche sur des charbons ardents, ses pieds ne seront-ils pas brûlés ? 29 Ainsi celui qui entre vers la femme de son prochain…, quiconque la touchera ne sera point innocent. 30 On ne méprise pas un voleur s’il vole pour satisfaire son âme quand il a faim ; 31 et s’il est trouvé, il rendra le septuple, il donnera tous les biens de sa maison. 32 Celui qui commet adultère avec une femme manque de sens ; celui qui le fait détruit son âme : 33 il trouvera plaie et mépris, et son opprobre ne sera pas effacé ; 34 car dans l’homme, la jalousie est une fureurc 34 litt. : la jalousie est une fureur d’homme. , et il n’épargnera pas au jour de la vengeance ; 35 il n’acceptera aucune propitiation, et ne se tiendra pas pour satisfait, quand tu multiplierais les présents.
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
27 et 28 Raisonnement ab absurdo qui rappelle Amos 6.12-13. L'adultère aussi est un feu qui dévore ceux qui prétendent jouer avec lui. Il serait absurde de penser qu'on peut le pratiquer sans s'y brûler.
v. 27 · John Gill · 18/10/2026
« Peut-on prendre du feu dans son sein » - La prostituée est comparée au feu, et les poètes l'appellent ainsi [158] ; et c'est un mot de Pythagore : « c'est même chose de tomber dans le feu et dans une femme » [159]. Les mots hébreux ça, « esh », « feu », et hçya, « ishah », « femme », se ressemblent par le son ; et « prendre dans son sein » peint bien les étreintes impures d'une prostituée.
« sans que les vêtements brûlent ? » - Impossible ; et il est tout aussi vain de croire qu'on peut se livrer à la débauche sans que ça se sache, ou sans en pâtir dans sa réputation et son bien, ou dans son corps, son âme et sa vie.
Notes
[158] « Accede ad ignem hunc », Terent. Eunuch. Act. 1. Sc. 2. v. 5.
[159] Apud Maximum, Eclog. c. 39.
v. 28 · John Gill · 18/10/2026
« Peut-on marcher sur des braises sans se brûler les pieds ? » - Non : qu'on y pose les pieds, si peu de temps que ce soit, ils brûleront - à plus forte raison si l'on y marche. De même, l'homme qui cède aux convoitises brûlantes de son cœur pour une femme débauchée et commet l'adultère avec elle, même sans récidive, n'échappera pas au châtiment sous une forme ou une autre ; à plus forte raison s'il persiste dans cette vie. Ces pratiques sont extrêmement dangereuses [160], et il est impossible d'en sortir indemne (voir Job 31:12) ; l'étang de feu et de soufre, les brûlures éternelles, seront la part de ceux qui se prostituent avec la prostituée de Rome (Apocalypse 14:10-11).
Notes
[160] « Periculosae plenum opus aleae », Horat. Carmin. l. 2. Ode 1. v. 6.
v. 29 · John Gill · 18/10/2026
« Ainsi en est-il de celui qui va vers la femme de son prochain » - Pour avoir commerce avec elle, ou coucher avec elle, comme le Targum : il ne s'agit pas seulement d'entrer dans sa maison, sa chambre ou sa compagnie - même sans mauvais dessein au départ, ce qui peut déjà être dangereux - mais de commettre l'adultère avec elle, sens fréquent de l'expression (Genèse 19:31 ; 29:21, 23, 30).
« quiconque la touche » - Par des privautés impures, et surtout par l'union charnelle, sens du mot ici (voir le commentaire de 1 Corinthiens 7:1).
« ne restera pas impuni » - Ou ne sera pas quitte [161] : de la honte et de l'infamie, de la perte du bien et de la santé, du châtiment en cette vie - par le mari jaloux ou par le magistrat - et dans l'autre par le Seigneur lui-même : « Dieu jugera les impurs et les adultères » (Hébreux 13:4).
Notes
[161] hqny al « non erit innocens », Pagninus, Montanus, etc. ; « impune non feret quisquis », Michaelis, Schultens.
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Raisonnement a fortiori. Même s'il y a des circonstances atténuantes, telles que la faim, le voleur est puni. Combien plus l'adultère !
On ne laisse pas impuni, littéralement : On ne méprise pas... On ne traite pas à la légère...
Lorsqu'il vole : alors même qu'il vole pour se rassasier.
v. 30 · John Gill · 18/10/2026
« On ne méprise pas le voleur qui vole » - On ne le blâme pas, on ne le couvre pas d'opprobre, on ne le marque pas d'infamie, on ne l'expose pas à la honte publique du fouet ; on l'excuse plutôt, et on le plaint, quand on voit son cas, ce qui l'y a poussé, et qu'il n'avait d'autre but que celui-ci :
« pour se rassasier » - Apaiser la faim qui le tenaille, n'ayant rien à manger ni aucun autre moyen d'en trouver ; il faut compléter : « car il fait cela pour se rassasier », ou, comme le syriaque, « car il vole pour rassasier son âme » - raison pour laquelle on ne le méprise ni ne le maltraite : il n'y a chez lui ni dessein méchant de nuire au prochain, ni intention cupide d'accroître son bien par des voies illicites, mais seulement la nature aux abois ; et une autre raison suit, ou la confirmation de la première :
« quand il a faim » - Ou « car il a faim » [162] : pressé par la famine ; la tentation est grande, la nature le pousse ; et bien que ce soit un délit, les hommes, en pareil cas, ne l'accablent pas. Le Targum : « on ne s'étonne pas d'un voleur qui vole pour rassasier son âme affamée ». La Vulgate : « ce n'est pas une grande faute que de voler pour remplir une âme affamée » - c'est une faute, mais pas des plus graves ; du moins pas aussi grave que l'adultère, pour lequel l'exemple est donné et auquel il est comparé : le but de la comparaison est de montrer que l'adultère est bien pire que le vol. Et pourtant, de nos jours, on voit l'un puni sévèrement, jusqu'à la mort pour des vétilles, tandis que l'autre reste impuni.
Notes
[162] b[ry yk « quia esurit », Pagninus, Montanus, Mercerus, Gejerus ; « quum esurit », Junius & Tremellius, Piscator.
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
Ici, plus question du voleur pauvre du verset 30, mais d'un homme qui a des biens : S'il est pris, il....
Le septuple. La loi israélite ne connaît, dans les cas les plus graves, que la restitution au quintuple de la valeur dérobée. Voir Exode 22.1. Ici l'auteur a voulu dire que le voleur, pour effacer, si possible, toute trace de son péché et se réhabiliter entièrement, peut en venir à restituer sept fois.
Il restituera signifierait alors : Il pourra être appelé à restituer, volontairement, ensuite d'une entente avec la partie lésée.
v. 31 · John Gill · 18/10/2026
« Mais s'il est trouvé, il rendra sept fois » - Selon la loi (Exode 22:1, 4) : en cas de vol, on rendait le double si la bête volée était trouvée vivante entre ses mains, et en certains cas le quadruple et le quintuple ; Aben Ezra, observant que le double et le quintuple se suivent dans la loi, les additionne et obtient sept. Certains pensent que Salomon vise une loi d'autres nations imposant une restitution au septuple, ou que la peine avait été aggravée de son temps ; ni l'un ni l'autre n'apparaît. Le sens est plutôt : le voleur restituera selon la loi autant de fois qu'il sera trouvé coupable, fût-ce sept fois, ou septante fois sept fois (Matthieu 18:21-22) ; ou bien : il fera restitution parfaite, pleine et entière, comme la loi l'exige. Mais ce « s'il est trouvé » ne s'entend pas du flagrant délit de celui qui vole pour apaiser sa faim - exiger alors la restitution légale, incompatible avec sa situation, contredirait ce qui vient d'être dit, qu'on ne lui en fait pas reproche ; le sens est : s'il se trouve qu'il en va autrement - qu'il a de quoi se nourrir, comme l'observe Gersom, et n'a nul besoin de voler ; ou s'il est trouvé dans la maison d'autrui - alors il restituera comme la loi l'ordonne, pleinement (Exode 22:2-3).
« il donnera tout le bien de sa maison » - Pour payer le septuple, ou faire pleine restitution ; et même, s'il le faut, il sera vendu lui-même, comme la loi le prescrit.
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Qui veut se perdre lui-même. Ces mots sont expliqués par les versets 34 et 35. Pour s'exposer à de tels dangers, il faut vraiment vouloir se perdre. Dans un cas d'adultère, pas de réparation possible.
v. 32 · John Gill · 18/10/2026
« Mais celui qui commet l'adultère avec une femme » - Vol plus grave que l'autre : c'est voler la femme d'un autre.
« est dépourvu de sens » - Ou « de cœur » [163] : le voleur manque de pain, et c'est pourquoi il vole ; celui-ci manque de sagesse, et c'est pourquoi il joue un rôle si insensé ; l'un agit pour apaiser sa faim, l'autre une passion de brute.
« celui qui le fait détruit son âme » - Il s'expose à perdre la vie par la main du mari de l'adultère - selon la loi de Solon [164], l'adultère pris sur le fait pouvait être tué par le mari - ou par le magistrat, car selon la loi de Moïse il devait mourir, étranglé ou lapidé (voir le commentaire de Jean 8:5) ; et de plus, il ne ruine pas seulement les facultés naturelles de son âme - qu'il abrutit, corrompt et déprave en donnant son cœur à une prostituée - mais il attire sur elle la destruction éternelle ; et pourtant, si insensé est-il que, dût-il en coûter son âme précieuse, « il le fait » [165] - traduction possible du premier membre, qui vient en dernier dans le texte original.
Notes
[163] bl rsj « deficiens corde », Montanus ; « carens corde », Mercerus, Gejerus ; « qui caret corde », Piscator, Cocceius, Michaelis.
[164] Plutarch. in Vita Solon. p. 90.
[165] hnç[y awh « ipse faciet illud », Pagninus, Montanus ; « is id faciet », Cocceius.
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Sa honte. Pas non plus de réhabilitation possible.
v. 33 · John Gill · 18/10/2026
« Il récoltera coups et déshonneur » - Des coups : soit du mari de la femme, comme il arriva souvent [166] par la suite ; soit du magistrat, sur l'ordre de qui il était battu [167] ou lapidé ; soit de Dieu même, lui infligeant des maladies (voir Genèse 12:17, où le même mot est employé). Et le « déshonneur » des hommes : car si l'on ne méprise pas le voleur dans les circonstances dites plus haut, on méprise l'adultère et on parle de lui avec dédain chaque fois que l'occasion s'en présente.
« et son opprobre ne s'effacera pas » - Tant qu'il vivra, même si sa vie est épargnée ; il durera même après sa mort ; et cela, quand bien même il se repentirait et s'amenderait, comme dans le cas de David.
Notes
[166] Valer. Maxim. l. 6. c. 1. s. 13. Horat. Sermon. l. 1. Sat. 2. v. 41, etc.
[167] « Loris caedi solebant adulteri », Horat. ib. v. 41. Vid. Plaut. Poenulus, Act. 4. Sc. 2. v. 40.
v. 34 · John Gill · 18/10/2026
« Car la jalousie met l'homme en fureur » - Elle remplit de rage contre celui dont on est jaloux ; rage qui bouillonne au-dedans jusqu'à trouver l'occasion de se décharger ; et terrible : forte comme la mort, cruelle comme le séjour des morts.
« et il est sans pitié au jour de la vengeance » - Quand l'occasion de se venger se présente : qu'il trouve l'adultère dans sa maison, ou le surprenne au lit avec sa femme, il n'hésite pas à lui ôter la vie, et parfois à tous les deux - l'histoire en fournit des exemples ; ou il n'épargnera ni frais ni peine pour le poursuivre devant le magistrat et le livrer à la justice publique ; prières et supplications, présents et pots-de-vin n'y feront rien, comme suit.
v. 35 · John Gill · 18/10/2026
« Il n'aura égard à aucune rançon » - Son cas est donc bien pire que celui du voleur : celui-ci, s'il est pris, restitue selon la loi et il est quitte, on ne lui demande rien de plus ; au pis, il y laisse tout le bien de sa maison ; mais ici rien n'y fait. L'hébreu porte : « il n'acceptera la face d'aucune rançon » [168] - c'est-à-dire, comme paraphrase le Targum, « il n'acceptera la face de quiconque offre un présent » : il n'aura aucun égard pour lui à cause du présent ; quelque don qu'on offre pour racheter sa vie, il sera dédaigné.
« et il ne s'apaisera pas, même si tu multiplies les présents » - Augmente-les, donne sans arrêt : rien ne le satisfera que la vie de l'adultère, qu'il prendra lui-même ou obtiendra par voie de justice. Quelle folie, donc, que celle de l'homme qui expose son nom et son crédit, sa santé et son bien, sa vie en ce monde et son âme dans l'autre, à une ruine totale, pour contenter une passion sordide ! On peut aussi l'interpréter de Dieu, qui est un Dieu jaloux en matière de culte, et ne laissera pas impunie l'idolâtrie, qui est l'adultère spirituel.
Notes
[168] rpk lk ynp açy al « non accipiet faciem ullius expiationis », Michaelis ; « non feret faciem omnis lytri », Schultens.