1 Les mouches mortes font sentir mauvais, elles font fermenter l’huile du parfumeur ; [ainsi fait] un peu de folie, [à l’égard de] celui qui est estimé pour sa sagesse et sa gloirea 1 ou : un peu de folie a plus de poids que sagesse et gloire. .
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Chapitres 10 et 11 : septième morceau
Proverbes sur les avantages de la sagesse.
On comprend qu'on ait fait commencer ici un nouveau chapitre, car, si le sujet traité est le même, la forme diffère : ce sont maintenant, comme au chapitre 7, des sentences plutôt que des discours, par où nous ne voulons point dire que ces sentences se suivent au hasard et ne présentent entre elles aucun lien logique.
Illustration de la vérité qui vient d'être exprimée 9.18.
Une mouche morte, littéralement : une mouche de mort, ce que plusieurs traduisent par : une mouche donnant la mort, venimeuse pour s'être posée sur un cadavre. Ce sens nous paraît recherché. Puis une de ces mouches ne gâte pas plus les huiles où elle vient à tomber qu'une mouche morte.
Un peu de folie l'emporte. Comparez 1Corinthiens 5.6.
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
Introduction au chapitre 10
Ce chapitre traite de la différence entre la sagesse et la folie, et de la préférence due à l'une sur l'autre, particulièrement dans le gouvernement civil. La folie est comparée à une mouche morte, ou mortelle, dont un peu suffit à gâter la réputation d'un sage, comme elle gâte le parfum le plus précieux (Ecclésiaste 10:1). Le sage et l'insensé diffèrent par la situation de leur cœur, qui est chez l'un à la droite, chez l'autre à la gauche (Ecclésiaste 10:2) ; et la folie du second ne gît pas seulement en son cœur, mais se trahit dans tout le cours de sa conduite (Ecclésiaste 10:3). C'est une part de la sagesse, chez un sujet, de supporter patiemment la colère de son prince, et de ne pas quitter son service d'un coup et par emportement (Ecclésiaste 10:4). Et parmi les folies des princes, celle-ci est grande : répandre leurs honneurs et leurs faveurs sur des personnes indignes, en négligeant celles qui les méritent (Ecclésiaste 10:5-7). Suivent plusieurs expressions proverbiales, mises en garde adressées au sage : contre les machinations ourdies contre autrui ; contre l'atteinte à la constitution et aux lois d'un État ; contre l'affaiblissement des forces publiques par quelque moyen que ce soit, et la semaille de la discorde ; et contre la conduite des affaires par la seule force, quand la sagesse, si l'on en usait, indiquerait les voies et moyens propres à les mener au mieux (Ecclésiaste 10:8-10). Puis le babil des insensés contre le gouvernement est exposé, semblable à la morsure secrète du serpent (Ecclésiaste 10:11) ; et la différence entre les paroles des sages - qui expriment la grâce et la bonté, et sont aimables et agréables aux hommes - et celles des insensés, qui les perdent eux-mêmes, commencent en folie et finissent en malfaisance ; bruyantes et vides de sens, elles ne mènent pas aux choses les plus claires et les plus aisées, mais lassent et fatiguent leurs auteurs comme les autres (Ecclésiaste 10:12-15). Ensuite est observé le malheur d'un pays dont les gouvernants sont puérils, intempérants, paresseux et prodigues, et le bonheur d'un pays où c'est le contraire (Ecclésiaste 10:16-19) ; et le chapitre se conclut par le conseil de ne maudire ni le roi ni aucun grand personnage - non pas même de la manière la plus privée et la plus secrète, car, par un moyen ou par un autre, la chose se découvrira (Ecclésiaste 10:20).
v. 1 · John Gill · 18/10/2026
Les mouches mortes font puer et fermenter l'huile du parfumeur, etc. Telles sont, comme l'observe Jarchi, celles de la saison d'hiver, faibles et près de mourir, qui se glissent dans un parfum précieux, préparé de la meilleure manière, y meurent, s'y corrompent et le gâtent ; ou « des mouches de morts » : des mouches mortelles, qui ont dans leur nature quelque chose de venimeux et de pernicieux, et qui, se posant sur le parfum le plus suave et le plus odorant, lui donnent une mauvaise odeur ;
ainsi un peu de folie l'emporte sur celui qui est en réputation de sagesse et d'honneur - le bon nom est comme un parfum précieux, de grand prix et de suave odeur ; le péché, qui est folie, est comme la mouche morte : non seulement léger et vil, bas et sans valeur, mais nuisible et pernicieux, mortel, et cause de mort ; et ce qui peut sembler peu de chose - une peccadille, ou du moins un seul acte de péché - peut flétrir la réputation d'un homme sage et honorable, l'exposer grandement à la honte et au mépris, le faire puer aux narines des hommes, et faire que les hommes lui reprochent sa faute, et qu'à cause de lui la religion et le gouvernement soient décriés. Ainsi l'affaire de Bath-Schéba et d'Urie : quelle tache n'imprima-t-elle pas sur le renom de David, si fameux en sagesse et en honneur, en religion et en piété ! Et l'idolâtrie de Salomon, le plus sage des hommes ; Josaphat, ce bon roi, s'alliant avec Achab ; le pieux Josias marchant en guerre contre le roi d'Égypte, contre la parole du Seigneur - et bien d'autres exemples. Cela enseigne combien les hommes éminents en dons et en grâce doivent veiller sur leurs paroles et sur leurs actions : la moindre chose qui cloche en eux est aisément discernée et bientôt relevée, comme la moindre paille dans un diamant ou la moindre tache sur un lin fin, net et blanc ; et il y a bien assez de méchants et d'envieux qui guettent leur chute, heureux d'avoir prise sur eux et d'en tirer tout le parti possible : avertissement pour les sages magistrats, les honorables ministres de la parole, et plus encore pour les professants éminents. Le Targum porte :
« la mauvaise concupiscence, qui demeure aux portes du cœur, est comme une mouche, et cause la mort dans le monde ; et elle corrompt le bon nom, qui était auparavant semblable à l'huile d'onction, parfumée d'aromates ; »
et dans le même sens le Midrash. L'un des noms de Satan est Béelzébul, le maître de la mouche ; lequel, par ses tentations, sollicite au péché et à la folie, qui produisent l'effet ici décrit - et qu'il faut donc fuir comme la mouche mortelle dans le parfum (Matthieu 12:24). Gussetius traduit :
« ce qui est précieux et digne d'honneur procède de la sagesse ; et la folie vient de la gloire - la gloire mondaine - en peu de temps. »
2 Le cœur du sage est à sa droite, et le cœur du sot, à sa gauche ; 3 et même, quand l’insensé marche dans le chemin, le sens lui manque, et il dit à chacun qu’il est un insensé.
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
L'auteur revient à 9.18 et démontre qu'après tout, la sagesse a sur la folie des avantages incontestables. La droite est le côté de l'habileté et de la réussite.
v. 2 · John Gill · 18/10/2026
Le cœur du sage est à sa droite, etc. Cela ne vise pas la position et la situation matérielles du cœur de l'homme, sage ou insensé, laquelle est la même chez tous deux - et qui, selon les anatomistes, est au milieu du corps, inclinant vers le côté gauche ; mais l'entendement et la sagesse des hommes, comme l'observe Aben Ezra : chez le sage, ils sont à portée de main, prêts à le diriger et à l'assister en toute affaire ; sous leur influence, il s'y porte avec grande promptitude et dextérité, et l'accomplit avec grande aisance et facilité, sans arrière-pensées ni vues intéressées ; ils l'inclinent à suivre le vrai chemin de l'honneur, du ciel et du bonheur, qui est à droite ; à chercher les choses d'en haut, à la droite de Dieu ; et, en tout, son honneur et sa gloire ;
mais le cœur de l'insensé est à sa gauche - il est dépourvu de la sagesse et de l'entendement qui le dirigeraient quand il a sur les bras une affaire de quelque poids ; il s'y prend d'une manière gauche, comme font les gauchers, et nourrit des vues obliques en ce qu'il fait ; il est, pour toute bonne œuvre, réprouvé et inapte, et cherche la terre et les choses terrestres, qui sont à gauche - et en tout, lui-même. Le Targum porte :
« le cœur du sage est pour acquérir la loi, qui fut donnée par la droite du Seigneur ; et le cœur de l'insensé pour acquérir les biens d'or et d'argent ; »
de même Jarchi :
« sa sagesse est prête à l'incliner (le sage) vers le chemin de droite, pour son bien ; mais le cœur de l'insensé l'en détourne. »
Les anciens avaient coutume d'appeler « de droite » les choses sages et prudentes, et « de gauche » les choses folles.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Même s'il lui arrive de prendre le bon chemin, le fou compromet tout par son manque de sens (Proverbes 13.15). D'autres traduisent : Et même en chemin, quand il marche, le sens lui manque, et [cependant] il pense de chacun : Il est fou ! Plus il se produit, plus nombreux sont les témoins de sa folie, qui n'est égalée que par son ridicule orgueil et par sa présomption.
v. 3 · John Gill · 18/10/2026
Et même, quand l'insensé marche par le chemin, etc. Sur la voie publique, la route commune ; quand il passe par les rues, allant en quelque lieu ou vaquant à quelque affaire ;
le sens lui manque - ou « son cœur » : il fait voir, à sa seule démarche, à sa manière de marcher, qu'il manque de cœur et qu'il est insensé - marchant la bouche perverse, clignant des yeux, parlant des pieds et enseignant des doigts, toutes choses qui montrent la perversité et la folie de son cœur (Proverbes 6:12-14) ; ou bien il la découvre dans tout le cours de sa conduite, dans toutes ses actions, en quelque affaire qu'il soit engagé et dans toutes les circonstances de la vie. Le Targum porte :
« quand il marche dans un chemin embarrassé ; »
alors sa sagesse lui fait défaut : il ne sait quel parti prendre, à droite ou à gauche - ce qui ne peut jamais s'entendre du chemin de la sainteté, où les hommes, fussent-ils simples, ne s'égareront pas (Ésaïe 35:8) ;
et il dit à chacun qu'il est insensé - sa folie est manifeste à tous : il la trahit, par ses paroles et par ses actions, à quiconque a affaire à lui ; ses péchés et ses transgressions, qui sont sa folie, il ne les cache pas - ils sont évidents à tous ; et, comme le rend le Targum :
« tous disent qu'il est insensé ; »
quoique lui-même, à la vérité, dise cela de tout autre : car, selon la Vulgate latine, étant insensé, il tient tous les autres pour tels.
4 Si l’esprit du gouverneur s’élève contre toi, ne quitte pas ta place ; car la douceur apaise de grands péchés.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Si la colère du souverain s'élève contre toi, littéralement : Si l'esprit du dominateur monte contre toi, dans un accès de colère non motivé.
Ne déserte pas ton poste, littéralement : Ne dépose pas ta place. Exhortation à la sagesse se manifestant sous la forme spéciale du sang-froid.
Le calme prévient de grands péchés, littéralement : dépose, congédie (même verbe que précédemment) de (plus) grands péchés (Proverbes 10.12 ; 15.4 ; 25.15). Vivacité contre vivacité envenime au contraire les choses.
v. 4 · John Gill · 18/10/2026
Si l'esprit de celui qui domine s'élève contre toi, etc. La colère du magistrat civil, du premier gouvernant du pays, du prince souverain ou du roi, à qui les hommes sont et doivent être soumis : si sa colère, en quelque occasion, éclate avec fureur et, semblable à l'orage et à la tempête, gronde et menace ;
ne quitte point ta place - à la cour ; ta charge sous le prince : ne la jette pas là dans un accès de colère, ne quitte pas son service sur cela ; et moins encore n'oublie ton devoir et ta fidélité envers lui, pour passer à la déloyauté et à la rébellion (voir Ecclésiaste 8:3) ;
car le calme apaise de grandes offenses - supporter sa colère avec patience, se soumettre paisiblement à son déplaisir, ne rien répliquer, ou du moins ne donner que des réponses douces, et se conduire avec modestie et humilité : avec le temps, sa colère s'apaisera ; il pardonnera les offenses commises, ou se convaincra qu'il n'y en eut point, ou du moins de moins graves qu'un tel ressentiment ne le supposait (voir Proverbes 15:1 ; 25:15). Le Targum porte :
« si un esprit de mauvaise concupiscence domine sur toi, ta bonne place, où tu avais coutume de te tenir, ne la quitte pas ; »
certains l'entendent d'un homme sur qui vient un esprit de commandement et de gouvernement, ou qui est élevé au pouvoir et à l'autorité : qu'il n'oublie pas alors la basse condition où il fut. Jarchi l'interprète de l'esprit du Gouverneur du monde, qui s'enquiert rigoureusement des actions des hommes et guérit leurs péchés par des châtiments qui les leur font quitter.
5 Il est un mal que j’ai vu sous le soleil, comme une erreur provenant du gouverneur : 6 le manque de sens est placé dans de hautes dignités, et les riches sont assis dans une position basse. 7 J’ai vu des serviteurs sur des chevaux, et des princes marchant sur la terre comme des serviteurs.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
5 à 7 Même courant d'idées 9.17 (celui qui domine) ; 10.4 (souverain) ; ici, celui qui gouverne. Voir encore versets 16 et 17 et verset 20.
Une erreur, involontaire. Il y a de la bienveillance dans ce mot.
Provenant de celui qui gouverne : du roi qui, éloigné comme il l'est de ses provinces, confie, sans mauvaise intention, des postes élevés à des gens qui en sont indignes.
v. 5 · John Gill · 18/10/2026
Il est un mal que j'ai vu sous le soleil, etc. Que Salomon avait observé au cours de sa vie, pratiqué en certains royaumes et par certains princes de la terre, sous le soleil ; car rien de semblable à ce qui suit ne se fait au ciel, au-dessus du soleil ;
comme une erreur qui procède de celui qui gouverne - du gouvernant suprême d'une nation, de son roi ; et ce n'est pas seulement « comme » une erreur, une erreur apparente : c'en est une réelle, que de répandre les places d'honneur et de profit sur des personnes indignes ; erreur qui procède de l'ignorance des personnes ; ou de l'affection qu'on leur porte, et de l'amitié cultivée avec elles au jeune âge, ayant été élevé avec elles ; ou des faux rapports et des manœuvres de l'entourage, qui a ses fins à servir par leur avancement ; ou des passions et convoitises du prince lui-même, que ces hommes flattent. On peut l'entendre de Dieu, le Gouvernant suprême, qui souffre que ces choses soient - et qui peut sembler à certains une erreur de la providence, quoiqu'elle n'en soit pas une ; mais l'autre sens est le meilleur.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Des riches, dans le sens favorable du mot (verset 20). Comparez Proverbes 13.22 ; 14.14.
v. 6 · John Gill · 18/10/2026
La folie est placée en grande dignité, etc. Ou « en de grandes hauteurs » : aux hautes places d'honneur et de confiance - des hommes insensés et méchants ; des hommes de basse extraction, de basse vie, de pauvres capacités ; et, qui pis est, des hommes vils et vicieux, comme Doëg l'Édomite, Haman l'Amalécite, et d'autres ;
et les riches sont assis dans l'abaissement - des hommes non seulement de fortune et de bien, au-dessus des actions basses et mesquines, et donc plus propres à ces hautes places ; mais des hommes riches en sagesse et en connaissance, de vastes capacités et de grands dons d'esprit, abondamment qualifiés pour les postes du gouvernement ; et, par-dessus tout, des hommes riches en grâce, craignant Dieu et haïssant la cupidité, comme doivent l'être les gouvernants (Exode 18:21) - et qui pourtant sont parfois négligés, et vivent dans l'obscurité, quand ils pourraient être fort utiles dans la vie publique. Le Targum interprète ce verset et le suivant des Israélites en exil et en pauvreté parmi les nations, à cause de leurs péchés ; de même Jarchi.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est le monde renversé (Proverbes 19.10).
Cela se voit et n'est pas toujours aussi motivé que dans Esther 6.8-9.
Allant à pied, littéralement : marchant sur le terrain.
v. 7 · John Gill · 18/10/2026
J'ai vu des serviteurs sur des chevaux, etc. Lesquels, rares en Judée, n'étaient montés que par les princes et les grands personnages, ou les gens d'opulente condition ; c'était donc un spectacle insolite et déplaisant que de voir des serviteurs dessus - signe qu'ils s'étaient élevés sur la ruine et la perte de leurs maîtres : un serviteur qui règne est non seulement chose malséante, mais l'une de celles sous lesquelles la terre tremble et qu'elle ne peut porter (Proverbes 30:21,22) ; les Parthes et les Perses distinguaient par là leurs nobles et le vulgaire, les hommes libres et les serviteurs : les serviteurs allaient à pied, et les hommes libres montaient à cheval ;
et des princes marchant à pied comme des serviteurs - dégradés de leur honneur ; bannis de leurs trônes et de leurs palais, ou contraints de les quitter, et réduits au plus bas état : ainsi David, quand son fils se révolta contre lui, forcé de fuir devant lui et de marcher à pied (2 Samuel 15:30) ; Alshech pense que ce peut être une prophétie de la captivité d'Israël, quand ils marchèrent comme serviteurs sur la terre, tandis que les nations montaient à cheval.
8 Qui creuse une fosse y tombe ; et qui renverse une clôture, un serpent le mord. 9 Qui remue des pierres en sera meurtri ; qui fend du bois se met en danger.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
8 à 11 Par suite des fautes de ceux qui gouvernent, il est pour la société des temps difficiles, dans lesquels il faut user de patience et de prudence. Vouloir trop hâtivement tout rectifier est une entreprise pleine de dangers. On risque d'échouer, soit en se laissant aller à des actes coupables qui amèneraient votre perte, soit simplement en s'abusant sur l'emploi des talents et des forces dont on dispose, et sur le succès possible d'efforts bien intentionnés, mais intempestifs. Pour réussir, il est trois règles à observer : prendre d'intelligentes précautions (versets 8 et 9) ; faire des préparatifs convenables (verset 10) ; choisir le bon moment (verset 11).
Toute activité a ses périls, contre lesquels il faut se mettre en garde. Telle est la vérité dont quatre exemples vont faire foi.
Tel qui creuse un fossé. Il ne faut pas citer ici Proverbes 26.27 ; il ne s'agit pas d'une fosse qu'on creuse dans l'espoir qu'un ennemi y tombera, mais d'un simple travail, aussi innocent que les trois suivants.
Y tombe : peut y tomber.
Mur..., serpent. Comparez Amos 5.19.
v. 8 · John Gill · 18/10/2026
Qui creuse une fosse y tombera, etc. Cette proposition et les trois suivantes sont des expressions proverbiales, enseignant aux hommes la sagesse et la prudence, de peur qu'ils n'attirent le malheur sur eux-mêmes par leur conduite ; car il arrive souvent que celui qui creuse une fosse pour autrui y tombe lui-même, comme le père du sage l'avait observé avant lui (Psaume 7:15,16 ; 9:15,16) : les rois qui tendent des pièges à leur peuple, et les sujets qui conspirent contre leur souverain ; les courtisans qui trament la ruine de ceux qui leur font obstacle ; et tout homme qui machine du mal contre un autre - souvent la même chose leur advient : ainsi Haman, qui dressa une potence pour Mardochée, y fut pendu lui-même ;
et qui renverse une clôture, un serpent le mordra - lequel se tient souvent caché dans les haies, les vieux murs et les clôtures pourries (Amos 5:19 ; Actes 28:3) ; ainsi celui qui abat les haies et les clôtures des royaumes et des États, qui enfreint les lois fondamentales d'une constitution civile, et surtout qui transgresse les lois de Dieu, morales ou civiles, peut s'attendre à en pâtir. Jarchi interprète cette clôture des sentences de leurs sages, dont les transgresseurs subiront la mort par la main du ciel ; mais il vaudrait bien mieux l'appliquer aux doctrines contenues dans la parole de Dieu, qui sont la haie et la clôture de l'Église de Dieu, et dont les transgresseurs en porteront la peine (voir 2 Jean 8,9). Le Targum entend par le « serpent » un roi impie, qui mord comme un serpent, aux mains duquel ces transgresseurs seront livrés ; et certains ont pensé au vieux serpent, le diable, comme Alshech, lui qui séduisit Adam et Ève.
v. 9 · John Gill · 18/10/2026
Qui remue des pierres en sera blessé, etc. Qui les transporte de la carrière où on les tire ; ou les prend d'un tas où elles gisent ; ou tente de les arracher d'un bâtiment où elles sont posées ; ou les déplace des lieux où elles servent de bornes et de limites - toutes choses pénibles, où les hommes se blessent : les pierres leur tombent dessus, ou sont trop lourdes pour eux, ou ils font ce qu'ils ne devraient pas et s'attirent ainsi des ennuis ; comme font tous ceux qui veulent déplacer les bornes des États et des communautés, changer les lois et altérer les constitutions ;
et qui fend du bois en sera menacé - de se couper : ainsi celui qui sème la discorde entre frères, qui met la division dans les familles, les voisinages, les royaumes et les Églises (voir Proverbes 6:16,19 ; Romains 16:18). Jarchi traduit : « en sera échauffé », ou « chauffé », selon le sens qu'il croit au mot en 1 Rois 1:2 - quoiqu'il l'entende du profit tiré de l'étude de la loi et des commandements, dont il interprète la proposition ; Ben Melech observe que le mot a ce sens en arabe, et M. Broughton traduit : « en sera échauffé ». Le Targum paraphrase :
« sera brûlé par le feu, par la main de l'Ange du Seigneur ; »
ou, en tout cas, il peut s'échauffer à l'excès et se faire tort à lui-même - comme il arrive souvent à ceux qui allument la flamme de la querelle et de la contention.
10 Si le fer est émoussé, et que [celui qui l’emploie] n’en aiguise pas le tranchant, il aura des efforts à faire ; mais la sagesse est profitable pour amener le succès.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Il ne suffit pas d'être prudent en agissant, il faut être prévoyant avant d'agir.
Si le fer..., avec lequel on se propose de fendre du bois (verset 9).
L'avantage de la réussite. On s'attendrait à : l'avantage d'une facile réussite. Mais l'auteur veut donner à entendre que l'absence de sagesse peut aller jusqu'à rendre inutiles les efforts les plus redoublés.
v. 10 · John Gill · 18/10/2026
Si le fer est émoussé, etc. Celui avec lequel on fend le bois : la hache, faite de fer ;
et qu'on n'en aiguise pas le tranchant - avec quelque instrument propre à le rendre plus affilé, pour qu'il coupe plus aisément -
il faut redoubler de force - donner un coup plus fort, frapper plus dur et employer plus de vigueur ; et encore cela peut-il ne pas suffire, ou ne servir de rien, et l'homme court le plus grand danger de se blesser - comme font ceux qui poussent les choses de toute leur force, sans jugement ni discernement ;
mais la sagesse est profitable pour diriger - c'est là l'« excellence » de la sagesse : elle met l'homme dans la droite manière de faire les choses, et de les bien faire ; elle le dirige vers les meilleures méthodes, les meilleures voies et les meilleurs moyens, pour son propre bien et pour celui d'autrui ; et par là elle vaut mieux que la force (Ecclésiaste 9:16,18).
11 Si le serpent mord parce qu’il n’y a pas de charme, celui qui a une langue ne vaut pas mieux.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
S'y prendre à temps.
L'enchanteur devient inutile, hébreu. : Il n'y a point avantage [à recourir] au maître de la langue, à celui qui charme en murmurant des prières, des incantations.
v. 11 · John Gill · 18/10/2026
Certainement, le serpent mordra faute d'enchantement, etc. Voir Jérémie 8:17. Ou plutôt : « sans chuchotement » - sans sifflement, sans nul bruit, ne donnant aucun avertissement ; ainsi la Vulgate latine : « en silence » ; certains serpents mordent, d'autres piquent, certains font les deux (voir Proverbes 23:32) ; certains sifflent, d'autres non, comme ici ;
et le médisant ne vaut pas mieux - le chuchoteur, le détracteur, le colporteur affairé qui va de maison en maison et qui, en secret, parle mal des gouvernements civils, des ministres de la parole et des autres personnes ; qui, en cachette, diffame les hommes et rabaisse leur réputation : un tel homme est semblable à une vipère venimeuse, à un serpent ou à un aspic empoisonné ; et il n'est pas plus possible de se garder de lui que d'une telle bête qui mord en secret.
12 Les paroles de la bouche du sage sont pleines de grâce, mais les lèvres d’un sot l’engloutissent. 13 Le commencement des paroles de sa bouche est folie, et la fin de son discoursb 13 litt. : de sa bouche. est un mauvais égarement. 14 Et l’insensé multiplie les paroles : l’homme ne sait pas ce qui arrivera ; et ce qui sera après lui, qui le lui déclarera ? 15 Le travail des sots les lasse, parce qu’ils ne savent pas aller à la ville.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
12 à 15 Ce n'est pas sur ses actions seulement qu'il faut veiller (versets 8 et 11), mais encore sur ses paroles. La transition du précédent morceau à celui-ci se trouve dans verset 11.
Sont pleines de grâce, littéralement : sont grâce. Quand un sage parle, il plaît et s'attire la faveur générale.
Mais les lèvres de l'insensé le perdent, littéralement : l'avalent. Jeu de mots. Comparez Proverbes 12.18 ; 14.3.
v. 12 · John Gill · 18/10/2026
Les paroles de la bouche du sage sont pleines de grâce, etc. Ou « sont grâce ». Il dit des choses bonnes et bienveillantes en faveur de la réputation des hommes, à l'inverse du détracteur babillard : il parle en bien des magistrats civils et des gouvernants de l'État, des ministres de la parole dans l'Église, et de tous ses semblables, autant que la vérité le permet ; et l'homme véritablement bon et en grâce - le sage de Salomon, opposé à l'insensé et au méchant - fera rouler son discours sur la grâce de Dieu, sur les doctrines de la grâce et sur l'expérience de la vérité de la grâce en son cœur : sur la grâce de Dieu le Père, qui aime et choisit les hommes, qui a formé le plan de leur salut, qui a conclu avec eux en Christ une alliance de grâce, qui l'a envoyé mourir pour eux, et qui accepte pour eux sa satisfaction et sa justice ; sur la grâce du Fils, devenu leur garant, ayant pris leur nature, étant mort en leur lieu et place, intercédant pour eux, prenant soin d'eux et leur fournissant la grâce de sa plénitude ; et sur la grâce de l'Esprit, dans la régénération et la sanctification - opérant en eux la foi, l'espérance et l'amour, leur appliquant les précieuses promesses et les scellant pour le jour de la rédemption : de ces choses, ils s'entretiennent souvent les uns avec les autres, et ne peuvent que parler de ce qu'ils ont senti et vu ; et de tels discours sont gracieux, aimables et bienvenus aux âmes véritablement pieuses, et leur communiquent la grâce ; ils sont aussi agréables à Dieu et au Christ, autant qu'ils concilient la faveur des hommes (voir Proverbes 22:11 ; Éphésiens 4:29) ;
mais les lèvres de l'insensé l'engloutissent lui-même - ses paroles ne sont pas seulement pénibles et déplaisantes aux autres : elles amènent sa propre ruine ; à trop parler librement des gouvernants et d'autrui, il s'attire des ennuis et se plonge en des difficultés dont il ne peut aisément sortir - il y est même englouti et détruit. Ou : « ses lèvres l'engloutissent » - le sage, dont les paroles sont pleines de grâce, et que sa calomnie et sa détraction, sa fourberie et ses mensonges, jettent dans la disgrâce et le danger ; ou : « l'engloutit », ou « cela » - la grâce du sage, ou ses paroles gracieuses, dont il empêche l'édification d'autrui et les bons effets. Le premier sens paraît pourtant le meilleur.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Le terme de ce qu'il dit, littéralement : la fin de sa bouche. Il ne se tait pas avant d'avoir passé des propos simplement insensés (folie) aux paroles les plus compromettantes. Proverbes 18.7 ; Psaumes 64.9.
v. 13 · John Gill · 18/10/2026
Le commencement des paroles de sa bouche est folie, etc. Sitôt qu'il ouvre la bouche, il trahit sa folie : le premier mot qu'il prononce est un mot fou ; ou c'est de l'abondante folie de son cœur qu'il parle, source et principe de tout son fol discours ;
et la fin de son parler est démence funeste - pour lui-même et pour autrui : à mesure qu'il avance, il paraît toujours plus insensé, et toujours plus assuré de sa propre sagesse ; il s'obstine résolument à imposer sa voie et sa volonté ; il s'échauffe, et brûle avec violence de faire compter ses paroles ; et, contredit, il est comme un furieux qui jette flèches, brandons et mort ; son discours, du premier mot au dernier, est un cercle de folie : commencé par quelque chose de faible et d'apparence innocente, il s'achève et se résout en méchanceté et en démence, en fureur et en colère, en jurements et en malédictions.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
L'insensé multiplie les paroles. Nouveau défaut : le babil. Comparez Proverbes 10.19 ; 14.23. Il se lance dans le domaine de l'inconnu. Or, une fois là, il n'y a plus de raison pour s'arrêter.
Qui lui dira ce qui sera après lui ? Voir 8.7, note. Impossible de lui fermer la bouche. A des conjectures, on ne saurait opposer que des conjectures !
D'autres : Il multiplie les paroles sans songer à ce qui peut en résulter. Or ces conséquences peuvent se faire sentir longtemps, même après sa mort.
Les anciennes versions, trouvant à tort une tautologie dans la fin du verset, corrigeaient le texte et arrivaient, au sens suivant : Nul homme ne sait ce qui a été et moins encore ce qui sera.
D'autres enfin : Nul homme ne sait ce qui adviendra dans l'avenir le plus rapproché ; qui donc lui indiquera ce qui arrivera plus tard encore ?
v. 14 · John Gill · 18/10/2026
L'insensé aussi multiplie les paroles, etc. Ou « multiplie les mots » : il est fort bavard, redit cent fois la même chose ; il use d'une profusion de paroles perdues, vides de sens ; il lâche tout ce qui lui monte à la bouche, sans ordre ni jugement ; il prétend discourir de tout sujet, qu'il y entende quelque chose ou rien ; et il accapare toute la conversation, quand de toute la compagnie il y est le plus impropre ;
l'homme ne sait pas ce qui sera ; et qui lui dira ce qui sera après lui ? - nul ne sait de quoi parle l'insensé, où tend son discours, ni où il aboutira, tant il est bruyant, confus et décousu ; ou bien : nul ne peut dire les choses futures, ni ce qui arrivera, et nul ne peut en instruire un autre ; et pourtant l'insensé se vante et se targue de ce qu'il fera et de ce qu'il aura, comme s'il était maître de l'avenir et savait de certitude ce qui adviendra - ce que les plus sages des hommes ne savent pas.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Le fou parle sur tout, blâme, s'agite, s'échauffe, se fatigue, se perd dans les questions les plus ardues, lui qui ne sait pas [même] le chemin de la ville, expression proverbiale pour dire qu'il ne sait pas même les choses les plus simples. Il est comme frappé d'aveuglement (2Rois 6.18) et il s'érige en conducteur d'autrui ! (Luc 6.39).
D'autres : Les difficultés et les ennuis que procurent les insensés finissent, par accabler celui qui ne sait pas intéresser à sa cause les magistrats qui résident dans le chef-lieu.
Ce sens aurait l'avantage de préparer les verset suivants. Mais on peut aussi considérer ceux-ci comme mentionnant de nouvelles illustrations de l'avantage de la sagesse sur la folie.
v. 15 · John Gill · 18/10/2026
Le travail des insensés les lasse tous, etc. Le labeur des insensés, en paroles comme en actions, lasse ceux qui ont affaire à eux, et eux-mêmes pareillement, tout leur labeur étant vain et stérile ;
parce qu'il ne sait pas aller à la ville - à quelque ville que ce soit, dont le chemin est d'ordinaire large, uni et aisé à trouver, et que l'insensé pourtant ne trouve pas : montrant que celui qui discourt de choses abstruses, trop hautes et trop merveilleuses pour lui, dont il affecte la connaissance, doit nécessairement y être étranger, puisqu'il ignore les choses les plus aisées à entendre et se lasse à les chercher ; ou bien il ne sait pas se conduire dans une ville, parmi les citoyens, d'une manière civile et polie. Le Targum porte :
« il n'apprend pas à aller à la ville où demeurent les sages, pour en apprendre l'instruction. »
Certains l'interprètent de la ville de Jérusalem, où étaient le temple, le sanhédrin, les synagogues, les écoles, etc. ; mais on peut mieux l'appliquer à la cité céleste, la nouvelle Jérusalem, dont les insensés et les méchants ne connaissent pas le chemin et qu'ils ne recherchent point (voir Psaume 107:7 ; Matthieu 7:13,14) ; ainsi Alshech l'interprète du ciel.
16 Malheur à toi, terre qui as pour roi un jeune garçon, et dont les princes mangent dès le matin ! 17 Bienheureuse toi, terre qui as pour roi le fils des nobles, et dont les princes mangent au temps convenable, pour [réparer] leurs forces, et non pour le [plaisir de] boire !
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
16 à 20 Folie et sagesse chez le roi et les gens haut placés.
Si nous avons besoin de prudence et de patience dans nos relations avec le souverain (verset 4) et plus encore avec les gouverneurs indignes qu'il peut, par erreur, établir sur telle province de son vaste empire (verset 7), combien plus quand ce souverain est un jeune homme qui a tous les défauts de son âge et qui s'entoure de mauvais conseillers, comme l'a fait, par exemple, Roboam.
Festoient dès le matin. Comparez Esaïe 5.14.
v. 16 · John Gill · 18/10/2026
Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant, etc. Non pas tant par l'âge - quoique ce soit parfois un malheur pour une nation d'être gouvernée par un mineur, surtout si le jeune roi n'a pas autour de lui de bons précepteurs, tuteurs, ministres et conseillers ; car autrement, une nation peut être fort heureuse sous une minorité ou sous le gouvernement d'un jeune prince : tels furent Salomon, Joas, Ozias, Josias, et notre Édouard VI ; mais il s'agit plutôt d'un enfant en entendement et en jugement, en mœurs et en conduite : qui s'occupe de ses plaisirs comme les enfants de leurs jeux ; volage et changeant, emporté et entêté, inhabile au gouvernement, et qui pourtant ne veut recevoir nul conseil. Le Targum applique ceci au pays d'Israël, et donne l'exemple de l'impie Jéroboam, qui fit cesser le sacrifice du matin (voir Ésaïe 3:12). Après avoir considéré les mauvais effets de la folie chez les hommes en général, chez les particuliers et chez les sujets, le sage passe à ses fâcheuses conséquences pour une nation, chez les rois et les princes, chez les magistrats civils ; Jérôme, ou Bède, l'interprète allégoriquement : malheur au pays dont le roi est le diable, toujours avide de nouveautés (2 Corinthiens 4:4) ;
et dont les princes mangent dès le matin - sitôt levés, comme des enfants ; et non seulement mangent - ce qui peut être commode et licite -, mais mangent avec excès, d'une manière dissolue et intempérante, se rendant ainsi impropres à tout service pour la journée ; le « matin » est nommé en particulier parce que c'est le temps le plus propre aux délibérations sur les affaires du gouvernement, le temps ordinaire des audiences et des jugements (Jérémie 21:12), comme aussi des actes de religion et de dévotion. Ainsi le Targum :
« et tes princes mangent le pain avant d'offrir le sacrifice perpétuel du matin. »
Triste est le cas d'une nation quand non seulement son roi est mineur ou insensé, mais quand ses tuteurs et gouverneurs, ses ministres d'État et ses conseillers, s'adonnent aux plaisirs des sens et négligent les affaires publiques ; et, au lieu d'être au conseil, au tribunal ou à leurs dévotions matinales, se vautrent dans le manger et le boire.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
De noble race : bien né et qui sait que noblesse oblige.
En hommes, littéralement : pour vigueur, pour se fortifier.
Et non en buveurs, littéralement : et non pour la boisson, pour le plaisir de boire.
v. 17 · John Gill · 18/10/2026
Heureux es-tu, pays dont le roi est fils de nobles, etc. Ou de « héros » - appelés « Hhorim » en hébreu, mot qui signifie « blanc » : soit du vêtement blanc qu'ils portaient, soit plutôt de la pureté et de la noblesse de leurs esprits et de leurs mœurs, étant des personnages illustres non seulement par la naissance et l'éducation, mais par leur vie et leurs actions. Un pays est heureux quand il est gouverné par un roi qui non seulement descend d'une race de héros et d'hommes illustres et a reçu une éducation princière et libérale, mais qui imite ses ancêtres, marche sur leurs traces, et se rend lui-même fameux en sagesse, en vertu et en piété véritable - en quoi consiste la vraie noblesse ; la Vulgate latine traduit : « dont le roi est noble » - d'un esprit noble, doué des vertus et des qualités princières, sage et prudent, versé dans les affaires du gouvernement, assidu et laborieux ; car si, d'un côté, des rois peuvent descendre - comme il arrive communément - d'illustres aïeux et se montrer pourtant vils et méchants, ignobles et infâmes dans leur administration, de l'autre, des personnes peuvent être élevées d'une basse condition à la dignité royale, comme David et d'autres, et se conduire avec grande prudence et noblesse. Le Targum applique ceci aussi au pays d'Israël, et donne l'exemple d'Ézéchias, homme puissant dans la loi ;
et dont les princes mangent au temps convenable, pour se fortifier, et non pour s'enivrer - qui prennent leurs repas aux heures propres, et après avoir vaqué aux affaires : pour restaurer la nature et refaire leurs forces, afin d'être propres à un service ultérieur ; et non pour s'abandonner et passer leur temps dans la débauche et l'ivrognerie, qui les rendraient tout à fait impropres aux affaires publiques, au conseil comme au tribunal ; selon le Targum, l'heure était la quatrième, c'est-à-dire dix heures du matin. Ou : « non pour le boire », ou « l'ivrognerie » : ils ne mangent pas de manière à s'exciter l'appétit ou le désir de boire à l'excès ; ou : « non avec le boire » : leur manger ne s'accompagne pas de boisson excessive - ils mangent et boivent avec mesure. Les Égyptiens avaient une loi qui fixait la mesure de vin allouée chaque jour à leurs rois, sans plus ; et Solon donna aux Athéniens la loi que si un prince était trouvé ivre, la mort était son châtiment ; et chez les Indiens, si une femme tuait un roi ivre, sa récompense était d'épouser son successeur : autant de témoignages de l'horreur que l'ivrognerie inspirait aux païens mêmes, surtout chez les rois et les princes (voir Proverbes 31:4,5). Platon observe pareillement :
« il faut s'abstenir de l'ivresse ; et on la passerait plutôt à quiconque qu'à un gardien (c'est-à-dire d'une cité et de ses lois, un magistrat civil) : car il serait ridicule qu'un gardien eût besoin d'un gardien. »
Jérôme, comme ci-devant, l'interprète figurément : « heureux le pays » - l'Église ; dont le « Roi » est le Christ, fils des nobles, Abraham, Isaac et Jacob ; et dont les « princes » sont les apôtres, qui ne cherchent point leur plaisir en ce monde, mais mangeront dans le monde à venir.
18 À cause de la paresse, la charpente s’affaisse ; et à cause des mains lâches, la maison a des gouttières.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Retour au verset 16. L'Etat est comparé à un édifice qui menace ruine (Esaïe 3.6 ; Amos 9.11) par la négligence du gouvernement. Comparez Proverbes 14.1.
Quand il y a paresse, littéralement : double paresse (atsalthajim), paresse des deux mains. Comparez, pour cette manière d'exprimer le superlatif, Juges 3.8, note.
v. 18 · John Gill · 18/10/2026
Par beaucoup de paresse, la charpente s'affaisse, etc. Ou « par les paresses » : le mot est au duel, et peut signifier la paresse des deux mains, comme dit Aben Ezra, et des deux pieds ; ou les diverses sortes de paresse, comme la version arabe - paresse du corps et de l'esprit ; ou de toutes sortes de personnes, supérieurs et inférieurs, princes et sujets, et au regard des choses présentes et futures. Et comme, par la paresse, un édifice matériel se délabre - la « poutre », selon le sens du mot, la charpente de la maison, le toit fait de chevrons et de poutres assemblés : quand la couverture est rongée par les vents et les pluies, ou que des brèches se font dans les chevrons, et que nul ne prend soin de réparer, le tout s'effondre et la maison tombe en ruine -, ainsi les édifices figurés, familles, Églises et royaumes, viennent à rien par la nonchalance des chefs de famille, des ministres de la parole et des magistrats civils ; et c'est à ces derniers surtout qu'il faut l'appliquer, quand ils s'abandonnent au luxe et à la paresse ;
et par la nonchalance des mains, la maison a des gouttières - ou « par l'abandon », le « laisser-pendre des mains » : ce relâchement qu'on observe chez les paresseux, qui ne les lèveront pas pour travailler - en particulier pour réparer une brèche dans une maison, par où la pluie s'égoutte à travers elle, la rendant incommode et peu sûre à habiter, jusqu'à ce qu'avec le temps elle tombe elle-même à terre ; et cela exprime la même chose : comment, par la négligence du magistrat civil, un État vient à rien, ou du moins ses membres deviennent misérables et malheureux.
19 On fait un repas pour s’égayer, et le vin rend la vie joyeuse ; mais l’argent répond à tout.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
L'argent répond à tout. Ils en ont assez pour ne rien se refuser, et, s'ils en manquent, ils augmentent les impôts.
v. 19 · John Gill · 18/10/2026
On fait des festins pour se réjouir, etc. Ou : « ceux qui font du pain pour le rire » - non les boulangers, qui font le pain pour l'usage commun et pour toutes sortes de personnes, les affligés comme les autres ; mais les hommes voluptueux, et particulièrement les princes ci-dessus dépeints : ils « font du pain », c'est-à-dire un festin, selon l'usage de l'expression (Daniel 5:1), non pour le simple soutien, mais pour pousser la gaieté et la joie jusqu'à l'excès - avec les débauches et l'ivrognerie, la luxure et le dérèglement, les orgies et les danses ;
et le vin réjouit - ou : « et [ils préparent] le vin », fourni en abondance dans les festins, et parfois mis pour le festin même, appelé banquet de vin (Esther 7:2) - vin qui réjouit, et dont on boit en ces festins somptueux jusqu'à l'ivresse ; ou : « qui égaie la vie », comme il fait quand on en use avec mesure - « il réjouit les vivants », selon Aben Ezra ;
mais l'argent répond à tout - il tient lieu de tout, et par lui les hommes obtiennent tout ce qu'ils veulent et souhaitent ; il répond aux demandes de tous et les pourvoit de ce dont ils ont besoin ou qu'ils peuvent désirer : ces festins dispendieux mêmes, ces réceptions somptueuses, se font à prix d'argent ; et par ce train de luxe, les coffres des princes s'épuisent, et ils sont contraints de lever de nouveaux impôts et d'imposer de nouvelles taxes à leurs sujets, à leur oppression. Ou bien le sens peut être que les princes doivent y songer, et n'être pas si prodigues en leur manière de vivre, mais plus frugaux et plus soigneux des deniers publics, et les mettre en réserve contre le temps du besoin : car c'est l'argent qui répond à tout ; il est le nerf de la guerre quand elle s'élève ; il procurera hommes et armes pour se garantir et se protéger de l'ennemi, et obtenir paix et sûreté pour eux et pour leurs sujets - ce qu'autrement ils ne sauraient espérer.
20 Ne maudis pas le roi, même dans ta pensée, et ne maudis pas le riche dans la chambre où tu couches, car l’oiseau des cieux en emporterait la voix, et ce qui a des ailes en divulguerait les paroles.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Voilà un pays malheureux, mais ce n'est pas par d'imprudents propos ou par des actes coupables (8.2) qu'on remédiera au mal. Il faut même veiller sur ses pensées, car de l'abondance du cur la bouche parle.
L'oiseau du ciel... Nous disons moins poétiquement : Les murailles ont des oreilles.
v. 20 · John Gill · 18/10/2026
Ne maudis point le roi, non pas même dans ta pensée, etc. Fût-il un enfant, inhabile au gouvernement, adonné à ses passions et à ses plaisirs, et négligent des affaires du royaume : garde-toi non seulement de te rebeller contre lui, de lui faire nul tort ou d'en parler mal, mais jusqu'à lui souhaiter du mal, ou d'appeler en ton for intérieur quelque malheur sur lui ; prie plutôt pour lui, souhaite-lui du bien, et fais tout pour l'avancement de sa personne et de son gouvernement - et cela tant pour l'amour du Seigneur que par motif de conscience ; c'est pourquoi ne le maudis pas « dans ta conscience », comme certains traduisent. Jarchi l'interprète de Dieu, le Roi du monde (voir Job 2:9), et Jérôme du Christ, qu'il ne faut point blasphémer, de peur que les anges qui parcourent la terre ne le portent au ciel ;
et ne maudis point le riche dans ta chambre à coucher - les gouvernants et magistrats subalternes, les ministres et conseillers du roi, qui sont communément riches ; ces princes voluptueux mêmes, ci-dessus dépeints, qui s'abandonnent au manger et au boire et dissipent les deniers publics en festins et en divertissements somptueux : que l'on prenne pourtant garde à ce que l'on dit contre eux ; et que l'on soit circonspect non seulement dans les compagnies et les cercles où les mécontents parlent librement, en propos qui rabaissent, mais jusque dans sa propre maison, où les serviteurs peuvent entendre - et jusque dans sa chambre à coucher, où il n'y a que la femme et les enfants ;
car l'oiseau du ciel emporterait la voix, et l'animal ailé publierait la chose - expression hyperbolique, montrant que, par des voies et moyens étranges et imprévus, la trahison, si secrète soit-elle, viendra à la connaissance du roi et de ses ministres - comme si un oiseau, posé à la fenêtre ou passant à tire-d'aile au même instant, l'entendait et la leur portait : tantôt par le moyen des espions et des délateurs que les rois entretiennent en tous lieux pour leur rapporter la conduite et les sentiments des hommes - et c'est d'eux que certains entendent le passage ; tantôt par ceux qui veulent du mal aux coupables, ou qui sont fidèles sujets du roi. Les Perses avaient certains officiers appelés les oreilles du roi et les yeux de l'empereur, par le moyen desquels on croyait le roi un dieu, puisque, par les oreilles et les yeux d'autrui, par ces espions, il savait tout ce qui se faisait partout. Certains l'interprètent des anges, bons ou mauvais ; Jarchi, de l'âme de l'homme, qui à la fin s'envole au ciel - l'oiseau du ciel selon lui - et de l'ange qui lui est associé, son ange gardien, désigné, pense-t-il, par l'animal ailé, ou « le maître des ailes ».