Le sommeil dont les disciples étaient accablés sur la montagne et l'offre d'un abri faite par Pierre paraissent prouver que la transfiguration avait eu lieu dans la soirée ou durant la nuit. Le lendemain matin, Jésus et ses trois compagnons redescendirent, dans la plaine. Une grande foule attendait Jésus et vint même à sa rencontre. D'après Marc, son arrivée excita une sorte de stupéfaction. Le peuple accourut et le salua. On pourrait attribuer cette émotion à un dernier reflet de gloire qui illuminait encore sa personne. Mais il est plus naturel de l'expliquer par la scène violente qui venait de se passer, en présence de cette foule, entre les disciples et des scribes, ce qui donnait à l'arrivée du Maître un à-propos particulier. Matthieu omet tous ces détails et va droit au fait. - Les symptômes de la maladie, crampes, écume, cris, montrent à quel genre de désorganisation physique elle appartenait ; c'était une forme de l'épilepsie Mais le v. 42 et l'entretien suivant, chez Matthieu et Marc, prouvent que, dans la conviction de Jésus, l'altération du système nerveux était en relation de cause ou d'effet avec un état mental du genre de ceux dont nous avons déjà vu plusieurs exemples (4.33 et suiv. ; 8.20 et suiv.). D'après Matthieu, les crises avaient un caractère périodique et se rattachaient aux phases lunaires (σεληνιάζεται). Marc ajoute trois traits au tableau de la maladie : le mutisme (dans l'expression démon muet, il y a confusion de la cause avec l'effet ; comp. 8.12-14,23 des exemples analogues), le grincement des dents et l'amaigrissement du malade. Ce sont des symptômes ordinaires dans l'épilepsie.
Les disciples s'étaient trouvés impuissants en face d'une maladie aussi invétérée (elle remontait à l'enfance du jeune homme, voir Marc, v. 22) ; et la présence des scribes, qui n'avaient sans doute épargné les moqueries ni à eux ni à leur Maître, les avait à la fois humiliés et exaspérés. L'attente du peuple était donc à son paroxysme. - Quel contraste, pour Jésus, entre les heures de divine paix qu'il venait de passer dans la communion du ciel, et le spectacle de la détresse de ce père et de toutes les passions diverses qui s'agitaient autour de lui !
Versets 41 à 43a. La guérison :