Il leur a prouvé par la vue et le toucher la réalité de son apparition corporelle. Mais par un effet même de la joie immense dont les remplit ce fait, ils ne peuvent encore y croire. Pour achever de les convaincre, Jésus mange devant eux, ce qui ne peut plus permettre aucun doute. - Comme Luc avait excusé le sommeil des apôtres à Gethsémané par l'excès de la douleur, il excuse ici la difficulté qu'ils éprouvent de croire par l'excès de la joie. Ce n'est pas un ennemi des Douze qui écrit ainsi. - Les mots du v. 42 ἀπὸ μελισσίου κηρίου, d'un rayon de miel, dans le T. R., ont sans doute pour appui, outre les Mjj. byz., depuis le VIIIe siècle, plusieurs documents de l'Itala et la Syriaque de Cureton. Mais ils manquent dans tous les anciens Mss. des trois familles, et il serait difficile de trouver une raison plausible pour expliquer un retranchement aussi général, s'ils étaient authentiques. - Le ἐνώπιον αὐτῶν, en leur présence, exprime très naturellement le souvenir des témoins ; comp. Act.10.41, parole qui nous fait connaître l'un de ces témoins, garants du fait (Pierre). - Nous ne connaissons pas assez les conditions d'existence d'un corps tel qu'était celui de Jésus à ce moment, pour affirmer que le fait raconté ici ne saurait être historique, surtout quand il est attesté par une autorité comme celle de Pierre. Il est clair qu'il ne s'agissait pas ici pour Jésus d'alimenter son corps, mais seulement de convaincre les disciples de la réalité de ce corps.
4. Les dernières instructions de Jésus. (24.44-49)
Ce morceau renferme deux résumés des instructions de Jésus à ses apôtres après sa résurrection. Le premier dit comment il leur rappela ses enseignements précédents et leur en fit comprendre la relation avec les prophéties de l'A. T. Il fit éclater dans leur esprit en ce moment une si nouvelle et si vive clarté qu'elle se répandit sur tout l'ensemble des Ecritures. Dans le second sont résumées les instructions par lesquelles Jésus dirigea leur pensée vers leur tâche à venir, leur mission à l'égard de l'humanité, et leur promit le secours d'en-haut qui les rendrait capables de la remplir (v. 46-49).