Ces versets décrivent les effets immédiats de la mort du Seigneur, d'abord sur le capitaine romain (v. 47), puis sur le peuple (v. 48), enfin sur les adhérents de Jésus (v. 49). - Marc dit du centurion : Ayant vu. Ces mots se rapportent chez lui, comme il le dit lui-même, au dernier cri de Jésus et au fait de sa mort. Chez Matthieu et Luc, cette même expression se rapporte à tous les événements qui venaient de se passer. - Luc rend la parole de ce païen sous la forme la plus simple : Cet homme était juste, c'est-à-dire : Ce n'était pas un malfaiteur, comme on l'a prétendu. Comment Meyer peut-il dire que cette forme est le produit de la réflexion postérieure ? C'est l'expression du sentiment immédiat. Mais cet hommage en impliquait un autre ; car, Jésus s'étant donné pour le Fils de Dieu, s'il était un homme juste, il devait être plus que cela. C'est ce qu'exprime l'exclamation du centurion chez Matthieu et Marc. Deux fois, sur la croix, Jésus avait appelé Dieu son Père ; le centurion pouvait donc bien s'exprimer ainsi : « C'était un juste ; c'était réellement le Fils de Dieu. » - L'imparfait ἐδοξαζεν des alex. est moins naturel que l'aoriste du T. R., des byz., des anciennes versions et même de la Syriaque de Cureton. - Comme l'exclamation du centurion prélude à la conversion du monde païen, ainsi la consternation qui s'empare des Juifs, témoins de cette scène (v. 48), prélude à la pénitence et à la conversion finale de ce peuple (comp. Zach.12.10-14). Le terme de θεωρία, ce spectacle, fait allusion au sentiment de curiosité qui avait attiré cette foule.
Verset 49. Parmi les personnes connues de Jésus dont parle ce verset, devaient se trouver quelques-uns des apôtres. Cela ressort, nous paraît-il, du mot πάντες, tous. Μακρόθεν, de loin (surtout avec le ἀπό des alex.), trahit le sentiment de crainte qui les dominait. Jean et Marie s'étaient avancés au commencement plus près de la croix (Jean.19.26-27). - Luc n'indique que plus tard quelques-unes des femmes présentes ; Matthieu et Marc désignent ici Marie-Madelaine, dont parle aussi Jean ; Marie, mère de Jacques et de José, probablement la même que Jean appelle « Marie, femme de Clopas, » et qui était la tante de Jésus ; enfin la mère des fils de Zébédée, que Marc appelle Salomé, et sur laquelle Jean garde le silence, comme il le fait quand il s'agit des membres de sa famille. - Les synoptiques ne parlent pas de la mère de Jésus. Il faut probablement prendre à la lettre cette expression : « Dès cette heure-là ce disciple la prit chez lui » (Jean.19.27). Le cœur de Marie s'était brisé à l'ouïe de la parole pleine de tendresse que lui avait adressée Jésus, et elle s'était retirée à l'heure même, de sorte qu'elle n'était plus présente à la fin du supplice, quand les amis de Jésus et les autres femmes se rapprochèrent. - Εἰστήκεισαν, ils se tenaient là, est opposé à ὑπέστρεφον, ils s'en retournaient (v. 48). Tandis que le peuple quittait la croix, les amis s'en rapprochaient, pour se grouper peu à peu autour du corps de Jésus. Les mots : regardant ces choses, se rapportent à la fois aux circonstances de la mort de Jésus et au départ de ce peuple consterné. Ce petit trait, tiré de l'impression immédiate des témoins, trahit une source très rapprochée du fait, et, joint aux autres détails originaux de ce tableau, conduit à une tout autre supposition que celle de Weiss : « récit travaillé très librement d'après Marc.15.33-47. »
Versets 50 à 53. Inhumation de Jésus :