Ce récit manque dans Marc et Matthieu. Il y a là chez eux une lacune, car Jésus s'arrêta certainement au moins une nuit à Jéricho. La source de Luc était donc non seulement indépendante des deux autres synoptiques, mais plus complète. Elle était d'origine araméenne, comme le prouvent les καί accumulés, la forme paratactique, ainsi que l'expression ὀνόματι καλούμενος, v. 1-2. Comp. 1.61. - Le nom Zachée, de זכד, être pur, prouve, quoiqu'en dise Reuss, l'origine juive de cet homme. - Il devait y avoir à Jéricho un bureau de péage principal, tant à cause de l'exportation du baume qui croissait dans cet oasis et qui se vendait dans tous les pays du monde, qu'en raison du transit considérable qui avait lieu sur cette route, par laquelle on allait de Pérée en Judée et en Egypte. Zachée était à la tête de ce bureau. La personne de Jésus l'intéressait particulièrement, sans doute parce qu'il avait entendu parler de la bienveillance que ce prophète témoignait aux gens de sa classe. Bleek, Weiss prétendent que le τίς ἐστί (v. 3) signifie : lequel c'était, dans cette multitude qui passait ; mais s'il voulait savoir lequel c'était, ce ne pouvait être en tout cas que pour savoir quel il était, c'est-à-dire se faire une idée de sa personne. Ce second sens seul est admissible. Après avoir accompagné un moment le cortège sans atteindre son but, il le devance. - Le sycomore est un arbre aux branches basses et parallèles au sol, par conséquent d'une ascension facile. Ἐκείνης à sous-entendre διά (chez les alex.) et ὁδοῦ (chez tous, v. 19). Jésus fut-il rendu attentif à sa présence sur l'arbre par les regards du peuple qui se portèrent sur lui ? Ou regardait-il en haut par hasard ou par un avertissement intérieur ? La plus simple supposition est la première. Quant à la connaissance du nom de Zachée, plusieurs (Olshausen, Hofmann) admettent une révélation semblable à celle de Jean.4.17-18. Cela n'est nullement nécessaire. Jésus peut avoir entendu prononcer le nom de Zachée autour de lui. - Il y a de l'aménité et même de la gaieté dans cette forme : Descends promptement ; car il faut que je loge aujourd'hui chez toi. Ce mot il faut, indique que Jésus vient de comprendre, par le désir empressé que cet homme éprouve de le voir, que c'est lui que son père lui a choisi pour hôte à Jéricho. Il reconnaît en même temps qu'il y a là une brebis perdue à retrouver. C'est le même sentiment incessant de sa mission que dans la rencontre avec la Samaritaine. Quel dévouement constant à l'œuvre divine et quelle indépendance souveraine de l'opinion humaine !
Versets 6 à 8. L'accueil :