La formule ἔλεγε δέ annonce, comme d'ordinaire, le dernier et vrai mot sur la situation (voir à 12.54). La repentance n'est pas seulement nécessaire ; elle est urgente. - Un sol de vigne est un excellent terrain pour les arbres fruitiers. Le figuier représente naturellement le peuple d'Israël. Dieu est le propriétaire, Jésus le vigneron qui intercède auprès de lui. Avec la conjonction ἱνατί, il faut sous-entendre le verbe γένηται : « Pour que quoi de bon arrive ? » Καί : de plus ; non seulement il est lui-même improductif, mais il rend de plus le terrain qu'il occupe inutile. Καταργεῖν, priver d'effet ; le sens d'anéantir, que veulent donner à ce mot les conditionalistes dans certains passages, est démontré faux par celui-ci. Bengel, Wieseler, Weizsäcker voient dans les trois années une allusion au temps, déjà écoulé, du ministère de Jésus, et tirent de cette parabole des conclusions chronologiques sur la durée de ce ministère. Bien à tort ; car de pareils traits doivent s'expliquer par leur relation avec l'ensemble du tableau dont ils font partie, et non par des circonstances complètement étrangères à ce tableau. Dans l'image choisie par Jésus, trois ans sont le temps d'une épreuve complète, à la suite de laquelle on peut conclure à la stérilité incurable. Ces trois ans représentent donc le temps de grâce accordé à Israël, et la dernière année qui est ajoutée, sur la demande du jardinier, le dernier répit entre la sentence et l'exécution, c'est-à-dire en réalité les quarante ans accordés à Israël entre le Vendredi-Saint et la ruine de Jérusalem. Ce répit fut l'exaucement de cette prière : « Père, pardonne-leur ! ». - Les Mss. présentent les deux formes κόπρια, de κόπριον, et κοπρίαν du substantif féminin κοπρία. La proposition κἄν μέν… est elliptique, comme souvent dans le bon grec ; il faut sous-entendre καλῶς ἔχει : « dans ce cas, tout va bien. » Les mots εἰς μέλλον, à l'avenir, ou l'année prochaine (en sous-entend : ἔτος), sont liés dans le T. R. et les anciennes versions au verbe suivant tu le couperas. Mais les alexandrins les rattachent à la proposition précédente : « S'il produit du fruit à l'avenir… » Il serait possible que ces mots eussent été transposés
avant le εἰ δὲ μήγε, sinon, afin de combler l'ellipse de la principale dans la première phrase. - Les soins extraordinaires du jardinier envers cet arbre malade représentent les merveilles d'amour que Jésus accomplira par sa mort et par sa résurrection d'abord, puis par la Pentecôte et par la prédication apostolique, afin d'essayer encore de tirer le peuple de son impénitence. Cette parabole fait comprendre aux auditeurs que leur vie ne tient plus qu'à un fil et que ce fil est dans la main de celui qui leur parle.
11. Les progrès du royaume de Dieu. (13.10-21)
Durant ce voyage, comme pendant tout son ministère, Jésus ne manquait pas de fréquenter les synagogues dans les jours de sabbat. Le récit suivant nous fait assister à l'une de ces scènes. Peut-être le sentiment qui a porté Luc à placer ici ce trait, est-il celui du contraste entre Israël, qui court à sa ruine, et l'Eglise qui peu à peu s'accroît. - Un fait glorieux agit fortement sur la multitude (v. 10-17) ; et Jésus est ainsi amené à décrire, dans deux paraboles, la puissance du règne de Dieu (v. 18-21).
1o Versets 10 à 17. La guérison de la femme paralysée.
Versets 10 à 13. Le miracle :