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Discours sur les réveils religieux · Charles G. Finney

Discours 2

Quand faut-il attendre un réveil ?

Ne nous rendras-tu pas à la vie, afin que ton peuple se réjouisse en toi ? (Psaumes 85,7)

Ce psaume semble avoir été écrit peu après le retour du peuple d'Israël de la captivité de Babylone, comme vous le verrez facilement d'après les paroles qui l'ouvrent. Le psalmiste sentait que Dieu avait été très favorable à son peuple ; et tandis qu'il contemple la bonté du Seigneur, qui les a ramenés du pays où ils avaient été emmenés captifs, et qu'il regarde l'avenir qui s'ouvre devant eux, il éclate en une prière pour un réveil religieux : « Ne nous rendras-tu pas à la vie, afin que ton peuple se réjouisse en toi ? » Puisque Dieu, dans sa providence, avait rétabli parmi eux le culte de sa maison, il demande qu'il y ait aussi un réveil religieux, pour couronner l'œuvre.

Vendredi dernier au soir, j'ai essayé de montrer ce qu'un réveil religieux n'est pas, ce qu'il est, et quels agents doivent être employés pour le favoriser. Les sujets sur lesquels je veux attirer votre attention ce soir sont les suivants :

I. Quand un réveil religieux est nécessaire. II. L'importance d'un réveil quand il est nécessaire.

III. Quand on peut attendre un réveil religieux.

I. QUAND UN RÉVEIL RELIGIEUX EST-IL NÉCESSAIRE ?

1. Quand l'amour fraternel et la confiance chrétienne font défaut entre les chrétiens de profession, alors un réveil est nécessaire. Alors il y a un appel pressant à Dieu pour qu'il ranime son œuvre. Quand les chrétiens sont tombés dans un état de langueur et de recul, ils n'ont pas les uns pour les autres le même amour et la même confiance que lorsqu'ils sont tous vivants, actifs, et qu'ils mènent une vie sainte ; et ils ne doivent pas les avoir, et il n'y a pas de raison qu'ils les aient. L'amour de bienveillance peut être le même, mais non l'amour de complaisance. Dieu aime tous les hommes d'un amour de bienveillance, mais il n'éprouve d'amour de complaisance que pour ceux qui vivent saintement. Les chrétiens ne s'aiment pas et ne peuvent pas s'aimer d'un amour de complaisance, si ce n'est dans la mesure de leur sainteté. Si l'amour chrétien est l'amour de l'image de Christ dans son peuple, il ne peut jamais s'exercer que là où cette image existe réellement ou en apparence. Il faut qu'une personne reflète l'image de Christ et montre l'esprit de Christ pour que les autres chrétiens puissent l'aimer d'un amour de complaisance. C'est en vain qu'on demande aux chrétiens de s'aimer les uns les autres de cet amour, en tant que chrétiens, quand ils sont plongés dans la torpeur. Ils ne voient rien les uns chez les autres qui puisse produire cet amour. Il est presque impossible qu'ils éprouvent les uns pour les autres autre chose que ce qu'ils éprouvent pour les pécheurs. Savoir simplement qu'ils appartiennent à l'Église, ou les voir de temps en temps à la table de communion, ne produira pas l'amour chrétien, s'ils ne voient pas en eux l'image de Christ.

2. Quand il y a des dissensions, des jalousies et des médisances entre les chrétiens de profession, alors un réveil est grandement nécessaire. Ces choses montrent que les chrétiens se sont beaucoup éloignés de Dieu, et qu'il est temps de penser sérieusement à un réveil. La religion ne peut pas prospérer quand de telles choses se trouvent dans l'Église, et rien ne peut y mettre fin comme un réveil.

3. Quand il y a un esprit mondain dans l'Église. Il est évident que l'Église est tombée dans un état de langueur et de recul quand vous voyez les chrétiens se conformer au monde dans leur toilette, leurs équipages, leurs soirées, rechercher les divertissements du monde, lire des romans et d'autres livres comme ceux que lit le monde. Cela montre qu'ils sont loin de Dieu, et qu'un réveil religieux est grandement nécessaire.

4. Quand l'Église voit ses membres tomber dans des péchés grossiers et scandaleux, il est temps pour elle de se réveiller et de crier à Dieu pour un réveil religieux. Quand il se passe des choses qui donnent aux ennemis de la religion une occasion d'opprobre, il est temps que l'Église demande à Dieu : « Que feras-tu pour ton grand nom ? » (Josué 7,9)

5. Quand il y a un esprit de controverse dans l'Église ou dans le pays, un réveil est nécessaire. L'esprit de la religion n'est pas l'esprit de controverse. La religion ne peut pas prospérer là où règne l'esprit de controverse.

6. Quand les méchants triomphent de l'Église et l'injurient, il est temps de rechercher un réveil religieux.

7. Quand les pécheurs sont insouciants et engourdis, et qu'ils s'enfoncent en enfer sans s'en inquiéter, il est temps que l'Église se remue. C'est le devoir de l'Église de se réveiller, tout autant que c'est le devoir des pompiers de se réveiller quand un incendie éclate la nuit dans une grande ville. L'Église devrait éteindre les feux de l'enfer qui saisissent les méchants. Dormir ! Si les pompiers dormaient et laissaient brûler toute la ville, que penserait-on de tels pompiers ? Et pourtant leur culpabilité ne serait rien à côté de celle des chrétiens qui dorment pendant que les pécheurs, autour d'eux, s'enfoncent, engourdis, dans les feux de l'enfer.

II. JE DOIS MONTRER L'IMPORTANCE D'UN RÉVEIL RELIGIEUX DANS DE TELLES CIRCONSTANCES.

1. Un réveil religieux est la seule chose qui puisse effacer l'opprobre qui couvre l'Église et rendre à la religion la place qu'elle devrait avoir dans l'estime du public. Sans réveil, cet opprobre couvrira l'Église de plus en plus, jusqu'à ce qu'elle soit submergée par le mépris universel. Vous pouvez faire tout ce qu'il vous plaira, et vous pouvez changer à certains égards l'aspect de la société, mais vous ne ferez aucun bien réel ; sans réveil religieux, vous ne faites qu'empirer les choses. Vous pouvez aller construire une nouvelle et splendide maison de culte, garnir vos bancs de damas, élever une chaire coûteuse, acheter un orgue magnifique, et tout ce qui s'ensuit, pour faire de l'effet et de l'éclat ; vous pouvez de cette façon procurer à la religion une sorte de respect parmi les méchants, mais en réalité cela ne fait aucun bien. Cela fait plutôt du mal. Cela les trompe sur la vraie nature de la religion ; et bien loin de les convertir, cela les éloigne davantage du salut. Regardez partout où l'on a entouré l'autel du christianisme de splendeur, et vous verrez que l'impression produite est contraire à la vraie nature de la religion. Il faut que l'énergie des chrétiens se réveille et que l'Esprit de Dieu soit répandu, sinon le monde se moquera de l'Église.

2. Rien d'autre ne rétablira l'amour et la confiance chrétienne entre les membres de l'Église. Rien qu'un réveil religieux ne peut les rétablir, et rien d'autre ne doit les rétablir. Il n'y a pas d'autre moyen de réveiller cet amour des chrétiens les uns pour les autres que l'on ressent parfois, quand ils ont un amour tel qu'ils ne peuvent l'exprimer. Vous ne pouvez avoir un tel amour sans confiance ; et vous ne pouvez rétablir la confiance sans les preuves de piété que l'on voit dans un réveil. Si un pasteur s'aperçoit qu'il a perdu à quelque degré la confiance de son troupeau, il doit travailler à un réveil, comme le seul moyen de regagner cette confiance. Je ne veux pas dire que regagner la confiance de son troupeau doive être son motif quand il travaille à un réveil, mais qu'un réveil dont il est l'instrument, et ordinairement rien d'autre, lui rendra la confiance de la partie de son troupeau qui prie. De même, si un ancien ou un simple membre de l'Église trouve ses frères froids à son égard, il n'y a qu'un moyen d'y remédier : c'est d'être lui-même réveillé, et de laisser rayonner de ses yeux et de sa vie la splendeur de l'image de Christ. Cet esprit se communiquera et se répandra dans l'Église ; la confiance renaîtra, et l'amour fraternel régnera de nouveau.

3. En un tel temps, un réveil religieux est indispensable pour détourner de l'Église les jugements de Dieu. Ce serait une étrange prédication si les réveils n'étaient que des miracles, et si l'Église n'avait pas plus de part à les produire qu'à faire éclater un orage. Dire à l'Église : « S'il n'y a pas de réveil, vous pouvez vous attendre à des jugements », serait alors aussi ridicule que de dire : « Si vous n'avez pas d'orage, vous pouvez vous attendre à des jugements. » Le fait est que les chrétiens sont plus coupables de n'être pas réveillés que les pécheurs de n'être pas convertis. Et s'ils ne se réveillent pas, ils peuvent savoir avec certitude que Dieu les visitera par ses jugements. Combien de fois Dieu a visité l'Église juive par des jugements, parce qu'elle ne voulait pas se repentir et se réveiller à l'appel de ses prophètes ! Combien de fois avons-nous vu des Églises, et même des dénominations entières, frappées par la malédiction (Malachie 3,9), parce qu'elles ne voulaient pas se réveiller, chercher le Seigneur et prier : « Ne nous rendras-tu pas à la vie, afin que ton peuple se réjouisse en toi ? »

4. Rien qu'un réveil religieux ne peut préserver une telle Église de l'anéantissement. Une Église qui décline ainsi ne peut continuer d'exister sans réveil. Si elle reçoit de nouveaux membres, ce seront pour la plupart des personnes sans piété. Sans réveils, il n'y aura pas ordinairement autant de personnes converties qu'il en meurt en une année. Il y a eu dans ce pays des Églises dont les membres sont morts les uns après les autres, sans qu'il y ait de réveils pour en convertir d'autres à leur place, jusqu'à ce que l'Église s'éteigne et que la communauté soit dissoute.

Un pasteur m'a raconté qu'il avait travaillé autrefois comme missionnaire en Virginie, sur le terrain même où un homme comme Samuel Davies avait jadis brillé et resplendi comme une torche ardente ; et que l'Église de Davies était tellement réduite qu'il n'y restait qu'un seul membre masculin, et encore, si je me souviens bien, c'était un homme de couleur. L'Église était devenue orgueilleuse, et elle s'était complètement éteinte. J'ai entendu parler d'une Église de Pennsylvanie, autrefois florissante, qui négligea les réveils et devint si réduite que le pasteur devait envoyer chercher un ancien dans une Église voisine quand il célébrait la communion.* * Pourquoi, en pareil cas, ne pas laisser n'importe quel membre de l'Église, homme ou femme, distribuer les éléments ? Est-il indispensable d'avoir un ancien ?

5. Rien qu'un réveil religieux ne peut empêcher les moyens de grâce de faire un grand mal aux impies. Sans réveil, ils s'endurciront de plus en plus sous la prédication, et subiront une damnation plus horrible que s'ils n'avaient jamais entendu l'Évangile. Vos enfants et vos amis iront en enfer vers un sort bien plus horrible, à cause des moyens de grâce, s'il n'y a pas de réveils pour les convertir à Dieu. Il vaudrait mieux pour eux qu'il n'y ait pas de moyens de grâce, pas de sanctuaire, pas de Bible, pas de prédication, et qu'ils n'aient jamais entendu l'Évangile, plutôt que de vivre et de mourir là où il n'y a pas de réveil. L'Évangile est une odeur de mort, donnant la mort, s'il n'est pas rendu une odeur de vie, donnant la vie (2 Corinthiens 2,16).

6. Il n'y a pas d'autre moyen par lequel une Église puisse être sanctifiée, croître dans la grâce et être rendue propre au ciel. Qu'est-ce que croître dans la grâce ? Est-ce écouter des sermons et acquérir quelques idées nouvelles sur la religion ? Non, rien de tel. Le chrétien qui fait cela, et rien de plus, devient de pire en pire, de plus en plus endurci, et chaque semaine il est plus difficile de le tirer de sa torpeur pour le ramener à son devoir.

III. JE DOIS MONTRER QUAND ON PEUT ATTENDRE UN RÉVEIL RELIGIEUX.

1. Quand la providence de Dieu indique qu'un réveil est proche. Les indications de la providence de Dieu sont parfois si claires qu'elles équivalent à une révélation de sa volonté. Il y a un concours d'événements qui ouvrent le chemin, une préparation des circonstances qui favorisent un réveil, de sorte que ceux qui sont aux aguets peuvent voir qu'un réveil est proche, aussi clairement que si cela leur avait été révélé du ciel. Il s'est présenté dans ce pays des cas où les signes de la providence étaient si clairs que les observateurs attentifs n'hésitaient pas à dire que Dieu allait venir répandre son Esprit et accorder un réveil religieux. Dieu a divers moyens d'indiquer sa volonté à un peuple : quelquefois en lui donnant des moyens particuliers, quelquefois par des événements particuliers et alarmants, quelquefois en favorisant remarquablement l'emploi des moyens, par le temps qu'il fait, la santé publique, etc.

2. Quand la méchanceté des méchants afflige, humilie et tourmente les chrétiens. Quelquefois les chrétiens ne semblent pas se soucier le moins du monde de la méchanceté qui les entoure. Ou, s'ils en parlent, c'est d'une manière froide, endurcie, insensible, comme s'ils désespéraient de voir les choses changer : ils sont portés à gronder les pécheurs, non à ressentir pour eux la compassion du Fils de Dieu. Mais quelquefois la conduite des méchants pousse les chrétiens à la prière, les brise, les rend tristes et tendres de cœur, de sorte qu'ils peuvent pleurer jour et nuit ; et au lieu de gronder les pécheurs et de leur faire des reproches, ils prient ardemment pour eux. Alors vous pouvez attendre un réveil. En fait, c'est déjà un réveil commencé. Quelquefois les méchants organisent une opposition contre la religion. Et quand cela pousse les chrétiens à genoux devant Dieu, avec de grands cris et avec larmes, vous pouvez être certains qu'il va y avoir un réveil. Le règne de la méchanceté n'est pas du tout une preuve qu'il n'y aura pas de réveil. C'est souvent le moment que Dieu choisit pour agir. Quand l'ennemi viendra comme un fleuve, l'esprit de l'Éternel le mettra en fuite (Ésaïe 59,19). Souvent le premier signe d'un réveil, c'est que le diable invente quelque chose de nouveau pour s'y opposer. Cela aura invariablement l'un de ces deux effets : ou bien cela poussera les chrétiens vers Dieu, ou bien cela les éloignera encore plus de Dieu, vers quelque calcul charnel qui ne fera qu'empirer les choses. Fréquemment, la méchanceté la plus scandaleuse des impies est suivie d'un réveil. Si les chrétiens sont amenés à sentir qu'ils n'ont d'espoir qu'en Dieu, et s'il leur reste assez de sensibilité pour se soucier de l'honneur de Dieu et du salut des âmes des impénitents, il y aura certainement un réveil. Que l'enfer déborde s'il le veut, et qu'il vomisse autant de démons qu'il y a de pavés dans les rues : pourvu que cela pousse les chrétiens vers Dieu dans la prière, les démons ne peuvent pas empêcher un réveil. Que Satan fasse du tapage et sonne de sa trompe aussi fort qu'il lui plaira : si seulement les chrétiens s'humilient et prient, ils verront bientôt le bras de Dieu découvert dans un réveil religieux. J'ai connu des cas où un réveil a fait irruption dans les rangs de l'ennemi, presque aussi soudainement qu'un coup de tonnerre, et les a dispersés, a pris comme trophées les meneurs eux-mêmes et a mis leur parti en déroute en un instant.

3. On peut attendre un réveil quand les chrétiens ont un esprit de prière pour un réveil, c'est-à-dire quand ils prient comme si leur cœur était tout entier attaché à un réveil. Quelquefois les chrétiens ne sont pas appliqués à prier pour un réveil, pas même lorsqu'ils prient avec chaleur. Leur esprit est ailleurs ; ils prient pour autre chose, le salut des païens et d'autres sujets semblables, et non pour un réveil parmi eux. Mais quand ils sentent le besoin d'un réveil, ils prient pour l'obtenir ; ils sont émus pour leurs propres familles et leur voisinage, et ils prient pour eux comme s'ils ne pouvaient essuyer un refus. Qu'est-ce qui constitue l'esprit de prière ? Sont-ce beaucoup de prières et des paroles chaleureuses ? Non. La prière est un état du cœur. L'esprit de prière est un état de désir continuel et d'anxiété de l'âme pour le salut des pécheurs. C'est quelque chose qui accable ceux qui l'éprouvent. C'est la même chose, en ce qui concerne le fonctionnement de l'esprit humain, que lorsqu'un homme se tourmente pour quelque intérêt terrestre. Un chrétien qui a cet esprit de prière est anxieux pour les âmes. C'est l'objet de ses pensées tout le temps, et cela lui donne l'air et la conduite d'un homme qui a un poids sur l'esprit. Il y pense le jour et il en rêve la nuit. C'est là proprement prier sans cesse (1 Thessaloniciens 5,17). Les prières de cet homme semblent couler de son cœur, limpides comme l'eau : « Ô Seigneur, ranime ton œuvre. » Quelquefois ce sentiment est très profond ; des personnes en ont été si accablées qu'elles ne pouvaient ni se tenir debout ni rester assises. Je puis nommer dans cet État des hommes aux nerfs solides, d'une haute réputation, qui ont été littéralement écrasés de douleur à cause de l'état des pécheurs. Ils ont éprouvé pour les pécheurs un véritable enfantement de l'âme, jusqu'à être aussi impuissants que des enfants. Le sentiment n'est pas toujours aussi fort, mais de telles choses sont beaucoup plus communes qu'on ne le suppose. Dans les grands réveils de 1826, elles étaient communes. Ce n'est nullement de l'exaltation. C'est exactement ce que Paul éprouvait quand il dit : « Mes enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement » (Galates 4,19). J'ai entendu parler d'une personne de cet État qui priait pour les pécheurs et qui finit par se trouver dans un tel état d'esprit qu'elle ne pouvait vivre sans prière. Elle ne pouvait avoir de repos ni jour ni nuit, à moins que quelqu'un ne fût en train de prier. Alors elle était tranquille ; mais si l'on cessait, elle criait d'angoisse jusqu'à ce qu'on se remît à prier. Et cela dura deux jours, jusqu'à ce qu'elle l'emportât dans la prière et que son âme fût soulagée. Cet enfantement de l'âme, c'est l'angoisse profonde que ressentent les personnes qui saisissent Dieu pour obtenir une telle bénédiction et ne veulent pas le laisser aller qu'elles ne l'aient reçue. Je ne veux pas qu'on me comprenne comme si je disais qu'il est essentiel à l'esprit de prière que la détresse soit aussi grande. Mais ce désir profond, continuel et ardent du salut des pécheurs, voilà ce qui constitue l'esprit de prière pour un réveil. Partout où s'étend cet esprit de prière, c'est un réveil commencé.

Quand ce sentiment existe dans une Église, à moins que l'Esprit ne soit attristé et chassé par le péché, il y aura infailliblement un réveil des chrétiens en général, et il entraînera la conversion des pécheurs à Dieu. Cette anxiété et cette détresse augmentent jusqu'à ce que le réveil commence. Un pasteur de W...n m'a parlé d'un réveil dans son Église, qui commença par une femme zélée et dévouée. Elle se mit à s'inquiéter pour les pécheurs et à prier pour eux ; elle priait, et sa détresse augmentait ; à la fin elle vint trouver son pasteur, s'entretint avec lui et lui demanda de convoquer une réunion pour les âmes inquiètes, car elle sentait qu'il en fallait une. Le pasteur l'éconduisit, car il ne sentait rien de tel. La semaine suivante elle revint et le supplia de convoquer une réunion pour les âmes inquiètes ; elle savait qu'il y viendrait quelqu'un, car elle sentait que Dieu allait répandre son Esprit. Il l'éconduisit de nouveau. Finalement, elle lui dit : « Si vous ne convoquez pas de réunion pour les âmes inquiètes, j'en mourrai, car il va certainement y avoir un réveil. » Le dimanche suivant, il annonça une réunion et dit que, s'il y avait des personnes désireuses de s'entretenir avec lui du salut de leur âme, il les recevrait tel soir. Il n'en connaissait pas une seule ; mais quand il arriva sur les lieux, il trouva, à son grand étonnement, un grand nombre d'âmes inquiètes venues l'interroger. Or, ne pensez-vous pas que cette femme savait qu'il allait y avoir un réveil ? Appelez cela comme vous voudrez, une nouvelle révélation, une ancienne révélation, ou autre chose. Je dis que c'est l'Esprit de Dieu qui a appris à cette femme de prière qu'il allait y avoir un réveil. « Le secret de l'Éternel » était avec elle (Psaumes 25,14), et elle le savait. Elle savait que Dieu avait été dans son cœur et l'avait tellement rempli qu'elle ne pouvait plus se contenir.

Quelquefois des pasteurs ont éprouvé cette détresse au sujet de leur troupeau, au point de sentir qu'ils ne pourraient vivre s'ils ne voyaient pas un réveil. Quelquefois des anciens et des diacres, ou de simples membres de l'Église, hommes ou femmes, ont l'esprit de prière pour un réveil religieux, au point de tenir bon et de l'emporter auprès de Dieu, jusqu'à ce qu'il répande son Esprit. Le premier rayon de lumière qui perça la nuit où étaient plongées les Églises du comté d'Oneida, à l'automne de 1825, vint d'une femme de santé fragile qui, je crois, ne s'était jamais trouvée dans un réveil puissant. Son âme était travaillée au sujet des pécheurs. Elle était dans l'angoisse pour le pays. Elle ne savait pas ce qu'elle avait, mais elle continuait de prier de plus en plus, jusqu'à ce qu'il semblât que son angoisse allait détruire son corps. À la fin, elle fut remplie de joie et s'écria : « Dieu est venu ! Dieu est venu ! Il n'y a pas d'erreur, l'œuvre est commencée, et elle va s'étendre sur toute la région. » Et, de fait, l'œuvre commença ; presque toute sa famille fut convertie, et l'œuvre se répandit dans toute cette partie du pays. Eh bien, pensez-vous que cette femme se trompait ? Je vous dis que non. Elle savait qu'elle l'avait emporté auprès de Dieu dans la prière. Elle avait éprouvé les douleurs de l'enfantement pour des âmes, et elle le savait. Ce ne fut pas, de loin, le seul cas de ce genre que j'aie connu dans cette région.

En général, il n'y a que peu de chrétiens de profession qui sachent quelque chose de cet esprit de prière qui l'emporte auprès de Dieu. J'ai été stupéfait de voir les récits qu'on publie souvent sur les réveils, comme si le réveil était venu sans aucune cause, sans que personne sût pourquoi ni comment. Je me suis quelquefois renseigné sur de tels cas, quand on avait fait courir le bruit que personne ne savait rien de rien jusqu'à ce qu'un dimanche on vît sur le visage de l'assemblée que Dieu était là, ou qu'on le vît dans la salle de réunion ou à la réunion de prière ; et l'on s'étonnait de la mystérieuse souveraineté de Dieu, qui amenait un réveil sans aucun lien apparent avec les moyens. Or, faites bien attention. Allez vous informer parmi les membres obscurs de l'Église, et vous trouverez toujours que quelqu'un avait prié pour un réveil et s'y attendait : quelque homme ou quelque femme avait lutté dans l'angoisse de la prière pour le salut des pécheurs, jusqu'à obtenir la bénédiction. Il se peut qu'elle ait trouvé le pasteur et le gros de l'Église profondément endormis ; ils se réveillaient tout d'un coup, comme un homme qui se frotte les yeux pour les ouvrir, court dans la chambre en renversant tout et se demande d'où vient toute cette agitation. Mais, bien que peu de gens l'aient su, vous pouvez être sûrs qu'il y a eu quelqu'un en sentinelle sur la tour, persévérant dans la prière jusqu'à ce que la bénédiction vienne. En général, un réveil est plus ou moins étendu selon qu'il y a plus ou moins de personnes qui ont l'esprit de prière. Mais je ne m'arrêterai pas davantage sur ce sujet pour le moment, car le sujet de la prière reviendra dans cette série de discours.

4. Un autre signe qu'on peut attendre un réveil, c'est quand l'attention des pasteurs se porte spécialement sur cet objet précis, et que leurs prédications et leurs autres efforts visent particulièrement la conversion des pécheurs. La plupart du temps, les travaux des pasteurs sont, semble-t-il, tournés vers d'autres objets. Ils semblent prêcher et travailler sans dessein particulier de produire la conversion immédiate des pécheurs. Et alors il ne faut pas s'attendre à ce qu'il y ait un réveil sous leur prédication. Il n'y aura jamais de réveil tant que quelqu'un ne fera pas des efforts particuliers dans ce but. Mais quand l'attention d'un pasteur se porte sur l'état des familles de son assemblée, que son cœur est plein du sentiment de la nécessité d'un réveil, et qu'il fait les efforts convenables dans ce but, alors vous pouvez vous préparer à un réveil. Comme je l'ai expliqué la semaine dernière, le lien entre le bon usage des moyens pour obtenir un réveil et le réveil est aussi sûr, selon les lois de la nature, que celui qui unit le bon usage des moyens de faire pousser le grain et une récolte de blé. Je crois même qu'il est plus certain, et qu'il y a moins de cas d'échec. L'effet est plus certain de suivre. L'importance suprême des choses spirituelles rend raisonnable qu'il en soit ainsi. Prenez la Bible, la nature des choses et l'histoire de l'Église, tout ensemble, et vous trouverez moins d'échecs dans l'usage des moyens pour obtenir un réveil que dans l'agriculture ou toute autre affaire de ce monde. Dans les affaires de ce monde, il y a quelquefois des cas où des causes contraires anéantissent tout ce qu'un homme peut faire. Pour faire pousser le grain, par exemple, il y a des circonstances qui échappent au pouvoir de l'homme, comme la sécheresse, un hiver rigoureux, les vers, et ainsi de suite. De même, quand on travaille à favoriser un réveil, il peut survenir des choses qui le contrarient, quelque chose ou autre qui détourne de la religion l'attention du public et qui peut déjouer tous les efforts. Mais je crois qu'il y a moins de cas semblables dans le monde moral que dans le monde physique. J'ai rarement vu un homme échouer quand il employait sérieusement les moyens propres à favoriser un réveil, de la manière indiquée dans la parole de Dieu. Je crois qu'un homme peut entreprendre de favoriser un réveil avec une attente de succès aussi raisonnable que pour n'importe quelle autre entreprise : avec la même attente que le cultivateur a d'une récolte quand il sème son grain. J'ai quelquefois vu tenter la chose, et réussir, dans les circonstances les plus défavorables qu'on puisse concevoir.

Le grand réveil de Rochester commença dans les circonstances les plus défavorables qu'on puisse imaginer. Il semblait que Satan eût dressé tous les obstacles possibles contre un réveil. Les trois Églises étaient en désaccord : l'une n'avait pas de pasteur, une autre était divisée et sur le point de congédier le sien. Un ancien de la troisième Église presbytérienne avait porté contre le pasteur de la première Église une accusation de conduite non chrétienne, et ils allaient justement passer en jugement devant le presbytère. Après que l'œuvre eut commencé, une des premières choses qui arrivèrent fut que la grande église de pierre céda et provoqua une panique. Ensuite, une des Églises alla de l'avant et congédia son pasteur en plein milieu du réveil. Une autre Église faillit s'effondrer. Bien d'autres choses survinrent, si bien qu'il semblait que le diable fût résolu à détourner de la religion l'attention du public. Mais il y eut quelques cas remarquables d'esprit de prière, qui nous assurèrent que Dieu était là, et nous allâmes de l'avant ; et plus Satan faisait opposition, plus l'esprit de l'Éternel élevait haut l'étendard contre lui, jusqu'à ce qu'enfin une vague de salut déferlât sur la ville.

5. On peut attendre un réveil religieux quand les chrétiens commencent à se confesser leurs péchés les uns aux autres. En d'autres temps, ils se confessent d'une manière générale, comme s'ils n'étaient sérieux qu'à moitié. Ils peuvent le faire en un langage éloquent, mais cela ne signifie rien. Mais quand il y a un brisement sincère, et que les cœurs s'épanchent dans la confession de leurs péchés, les vannes ne tarderont pas à céder, et le salut se répandra sur la ville.

6. On peut attendre un réveil chaque fois que les chrétiens se montrent disposés à faire les sacrifices nécessaires pour le poursuivre. Ils doivent être disposés à sacrifier leurs sentiments, leurs affaires, leur temps, pour faire avancer l'œuvre. Les pasteurs doivent être disposés à dépenser leurs forces et à exposer leur santé et leur vie. Ils doivent être disposés à offenser les impénitents en leur parlant franchement et fidèlement, et peut-être à offenser beaucoup de membres de l'Église qui ne veulent pas se mettre à l'œuvre. Ils doivent prendre résolument parti pour le réveil, quelles qu'en soient les conséquences. Ils doivent être prêts à poursuivre l'œuvre, dussent-ils perdre l'affection de tous les impénitents et de toute la partie froide de l'Église. Le pasteur doit être prêt, si c'est la volonté de Dieu, à être chassé de l'endroit. Il doit être résolu à aller droit devant lui, et à laisser entièrement l'issue entre les mains de Dieu.

J'ai connu un pasteur qui avait avec lui un jeune homme pour l'aider dans un réveil. Le jeune homme prêchait assez franchement, et les méchants ne l'aimaient pas. Ils disaient : « Nous aimons notre pasteur, et nous voulons que ce soit lui qui prêche. » Ils en dirent tant qu'à la fin le pasteur dit au jeune homme : « Monsieur Un tel, qui donne tant pour mon traitement, dit ceci et cela. Monsieur A. le dit, et Monsieur B. le dit. Ils pensent que cela va disloquer la paroisse si vous continuez à prêcher, et je pense que vous feriez mieux de ne plus prêcher. » Le jeune homme s'en alla ; mais l'Esprit de Dieu se retira aussitôt de l'endroit, et le réveil s'arrêta net. Le pasteur, en cédant aux désirs pervers des méchants, l'avait chassé. Il avait peur que le diable ne le chasse de son troupeau, et en entreprenant de contenter le diable, il offensa Dieu. Et Dieu dirigea les événements de telle sorte que, peu de temps après, il dut quitter son troupeau malgré tout. Il avait voulu se tenir entre le diable et Dieu, et Dieu le congédia.

Le peuple, lui aussi, doit être disposé à avoir un réveil, quel que soit le sacrifice. Il ne suffit pas de dire : « Nous voulons bien assister à tant de réunions, mais nous ne pouvons pas en suivre davantage. » Ou : « Nous voulons bien avoir un réveil, s'il ne dérange pas l'organisation de nos affaires et ne nous empêche pas de gagner de l'argent. » Je vous le dis, de telles gens n'auront jamais de réveil, tant qu'ils ne seront pas disposés à faire n'importe quoi et à sacrifier n'importe quoi de ce que Dieu leur montre être leur devoir. Les négociants chrétiens doivent être disposés à fermer leurs magasins pendant six mois, s'il le faut pour poursuivre un réveil. Je ne veux pas dire que rien de tel soit demandé, ni que ce soit leur devoir de le faire. Mais si les esprits se trouvaient dans un état qui le demande, alors ce serait leur devoir, et ils devraient être disposés à le faire. Ils devraient être disposés à le faire si Dieu les appelle, et il peut facilement brûler leurs magasins s'ils ne le font pas. En fait, je ne serais pas fâché de voir à New York un réveil tel que chaque négociant de la ville fermât son magasin jusqu'au printemps, en disant qu'il a vendu assez de marchandises et qu'il va maintenant consacrer tout son temps à conduire des pécheurs à Christ.

7. On peut attendre un réveil quand les pasteurs et les chrétiens de profession sont disposés à laisser Dieu le favoriser par les instruments qu'il lui plaira. Quelquefois les pasteurs ne veulent pas de réveil à moins d'en avoir la direction, ou à moins que leur action n'y soit bien en vue. Ils veulent prescrire à Dieu ce qu'il devra diriger et bénir, et quels hommes il devra mettre en avant. Ils ne veulent pas de mesures nouvelles. Ils ne peuvent supporter rien de cette prédication des « nouvelles lumières », ni de ces évangélistes qui parcourent le pays en prêchant. Ils ont beaucoup à dire sur la souveraineté de Dieu, et sur ce qu'il veut que les réveils viennent à sa manière et à son heure. Mais alors il faut qu'il choisisse de le faire venir exactement à leur manière à eux, sinon ils ne veulent rien avoir à faire avec lui. De tels hommes dormiront sans réveil jusqu'à ce que la trompette du jugement les réveille, à moins qu'ils ne consentent à ce que Dieu vienne à sa manière, à moins qu'ils ne consentent à ce qu'on emploie n'importe quel moyen ou n'importe quelle personne qui fera le plus de bien.

8. À strictement parler, je devrais dire que, lorsque les choses qui précèdent se produisent, un réveil existe déjà dans la même mesure. En vérité, on devrait attendre un réveil chaque fois qu'il est nécessaire. Si nous avons besoin d'être réveillés, c'est notre devoir d'être réveillés. Si c'est un devoir, c'est possible ; et nous devrions nous mettre à être réveillés nous-mêmes, et, nous appuyant sur la promesse de Christ d'être avec nous pour faire des disciples, toujours et partout, nous devrions travailler à réveiller les chrétiens et à convertir les pécheurs, avec l'attente confiante du succès. C'est pourquoi, chaque fois que l'Église a besoin d'être réveillée, elle doit et peut s'attendre à être réveillée et à voir des pécheurs convertis à Christ. Quand on voit les choses qui ont été nommées sous les points précédents, que les chrétiens et les pasteurs prennent courage et sachent qu'une bonne œuvre est déjà commencée. Poursuivez-la.

REMARQUES.

1. Frères, vous pouvez savoir, d'après notre sujet, si vous avez besoin ou non d'un réveil ici, dans cette Église et dans cette ville, et si vous allez en avoir un ou non. Anciens de l'Église, hommes, femmes, chacun de vous et vous tous, qu'en dites-vous ?

Avez-vous besoin d'un réveil ici ?

Vous attendez-vous à en avoir un ?

Avez-vous quelque raison d'en attendre un ?

Inutile d'entourer la question de brouillard ; car vous savez, ou vous pouvez savoir si vous le voulez, si vous avez quelque raison d'attendre un réveil ici.

2. Vous voyez pourquoi vous n'avez pas de réveil. C'est uniquement parce que vous n'en voulez pas. Parce que vous ne priez pas pour l'obtenir, que vous n'en êtes pas en souci, que vous ne faites pas d'efforts pour l'avoir. J'en appelle à votre propre conscience. Faites-vous maintenant ces efforts pour favoriser un réveil ? Vous savez, frères, ce qu'il en est vraiment. Vous lèverez-vous pour dire que vous avez fait des efforts pour un réveil et que vous avez été déçus, que vous avez crié à Dieu : « Ne nous rendras-tu pas à la vie ? » et que Dieu n'a pas voulu le faire ?

3. Désirez-vous un réveil ? En voulez-vous un ? Si Dieu vous demandait en ce moment, d'une voix qui se ferait entendre du ciel : « Voulez-vous un réveil ? », oseriez-vous répondre : Oui ? « Êtes-vous disposés à faire les sacrifices ? », répondriez-vous : Oui ? « Quand faut-il qu'il commence ? », répondriez-vous : Qu'il commence ce soir, qu'il commence ici, qu'il commence dans mon cœur MAINTENANT ? Oseriez-vous parler ainsi à Dieu, si vous entendiez sa voix ce soir ?

Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026). Source : Lectures on Revivals of Religion, Oberlin, E. J. Goodrich, 1868 (archive.org) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).

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