Quatrième vision :
Le souverain sacrificateur Jéhosua accusé par Satan devant l'ange de l'Eternel
Ce chapitre est composé de deux parties, dont l'une renferme la vision proprement dite (versets 1 à 5) et l'autre une déclaration de l'ange de l'Eternel au souverain sacrificateur, Jéhosua (versets 6 à 10).
La vie israélite avait deux organes constitutifs : la sacrificature, destinée à représenter le peuple devant, Dieu ; et la royauté, représentant la majesté divine devant le peuple. Afin donc que la restauration du peuple fût complète et que le peuple rétabli pût accomplir sa mission, ces deux charges principales devaient être mises en état de fonctionner de nouveau d'une manière aussi normale que le permettait l'état des choses. Nous ne devons donc pas nous étonner qu'après avoir assisté, dans les visions précédentes, au rétablissement du peuple dans la Terre Sainte, nous soyons appelés à contempler maintenant, par l'il du prophète, la réinstallation de la sacrificature. Rien ne pouvait soutenir et stimuler le peuple dans l'accomplissement de sa tâche actuelle, comme l'assurance que l'ange de l'Eternel présidait lui-même à ces faibles commencements de restauration, et qu'il lui rendait cette sacrificature instituée par Moïse et dont l'exercice avait été forcément suspendu pendant les 70 années de l'exil. Sans doute, le sanctuaire n'étant pas encore rebâti, les sacrificateurs ne pouvaient offrir l'encens dans le Lieu saint, ni le souverain sacrificateur se présenter devant l'arche pour y faire une fois l'année, l'expiation des péchés du peuple. Mais ce qui ne pouvait se faire en réalité, l'Eternel pouvait le montrer à son prophète et, par lui, au peuple, s'accomplissant sous forme de vision. Le sanctuaire dans lequel Jéhosua paraît devant l'ange de l'Eternel, dans la vision suivante, n'est donc pas un Lieu très saint déjà existant ; c'est celui qui existera plus tard, lorsque le peuple aura rempli sa tâche de reconstruire le sanctuaire ; ou plutôt, c'est le sanctuaire idéal dont celui-là ne sera que la représentation visible. Jéhosua est là en sa qualité de souverain sacrificateur ; son titre est expressément relevé ; et il se tient devant l'ange de l'Eternel, c'est-à-dire comme remplissant une fonction officielle. Il ne doit donc pas devenir souverain sacrificateur ; il l'est par droit d'hérédité, mais il doit de nouveau être divinement investi de cette charge après l'interruption qu'elle a subie, et le peuple doit sentir qu'il possède de nouveau, sinon le Lieu très saint où Jéhosua fonctionnera, du moins la personne sainte qui peut accomplir pour lui l'expiation.
Il me fit voir. Le sujet ne peut être que l'ange interprète, intermédiaire entre le prophète et la vision soit pour lui montrer, soit pour lui expliquer celle-ci (comparez 4.1).
L'ange de l'Eternel. Il ne représente pas ici le peuple, en tant qu'intercesseur, comme au chapitre 1, mais Dieu lui-même, au nom duquel il reçoit l'adoration du peuple.
Satan : littéralement : l'Adversaire, car l'article dont ce mot est précédé montre qu'il n'est pas pris ici comme nom propre, mais comme qualificatif. Le verbe hébreu, d'où il vient, signifie s'opposer à, attaquer (Psaumes 38.21 ; 109.14) ; le substantif est employé souvent dans le sens usuel d'adverversaire. Avec l'article, il prend le sens de l'Adversaire proprement dit, dans le sens absolu du mot ; comparez Job 1.7 ; 2.2. L'Ecriture nous apprend qu'il y a non seulement des êtres d'une nature supérieure à l'homme mais qu'entre ces êtres il existe des rapports de subordination ; elle donne le nom d'archanges ou chefs d'anges à ceux qui occupent parmi eux la position la plus élevée, et comme une partie de ces êtres, dans l'épreuve que toute créature libre doit subir, a persisté dans l'obéissance et que l'autre s'est jetée dans la révolte, il doit, des deux parts, y avoir des chefs exerçant une influence plus ou moins étendue sur les anges qui se sont rattachés à eux. Satan apparaît comme le plus élevé des esprits révoltés. Jésus a reconnu son grand pouvoir non seulement sur les anges déchus, mais encore sur notre terre, en l'appelant le Prince de ce monde. Nous renvoyons à Genèse chapitre 3 et à Job chapitre 1, passages qui prouvent suffisamment que l'idée de Satan chez les Hébreux n'a pas été, empruntée par eux à la religion persane pendant l'exil, comme on l'a souvent prétendu. D'après cela, Satan est à la fois l'adversaire de Dieu, de son uvre sur la terre, et de ceux qui sont soit les agents, soit les objets de celle-ci. C'est en cette qualité qu'il se présente ici dans le sanctuaire comme il le fait Job chapitres 1 et 2, dans le ciel même.
Se tenait à sa droite. L'accusateur se tenait, en général, à la droite de l'accusé (Psaumes 110.6).
Pour lui faire opposition : comparez Apocalypse 12.10, accusateur des élus. Il voulait empêcher le rétablissement du culte lévitique, condition de vie indispensable du peuple israélite, et pour cela il cherchait a montrer que Jéhosua n'était pas digne d'être investi de nouveau de la fonction sacerdotale. Or, la personne du souverain sacrificateur était le centre du sacerdoce tout entier.