1 Et je levai mes yeux et regardai ; et voici quatre cornes. 2 Et je dis à l’ange qui parlait avec moi : Que sont celles-ci ? Et il me dit : Ce sont ici les cornes qui ont dispersé Juda, Israël et Jérusalem. 3 Et l’Éternel me fit voir quatre ouvriers. 4 Et je dis : Que viennent faire ceux-ci ? Et il parla, disant : Ce sont là les cornes qui ont dispersé Juda, de manière que personne ne levait la tête ; mais ceux-ci sont venus pour les effrayer, pour jeter loin les cornes des nations qui ont levé la corne contre le pays de Juda pour le disperser.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
18 à 21 Deuxième vision :
Les quatre cornes et les quatre forgerons.
Quatre cornes. Cette nouvelle vision se rattache étroitement à la parole du verset 15 : Je suis violemment irrité contre les nations. La corne est le symbole habituel de la force. Il faut probablement se représenter ces quatre cornes comme apparaissant dans l'espace, car il n'est point parlé d'animaux qui les portent, et il est inutile de chercher le nom des empires qui correspondent à chacune d'elles, car rien n'indique une succession, mais elles apparaissent et disparaissent ensemble ; et l'Assyrie, qui devrait certainement être il une d'elles, puisque c'est elle qui a détruit le royaume des dix tribus, était déjà tombée depuis longtemps à l'époque de Zacharie. La chute de Babylone avait également eu lieu. Le nombre quatre représente donc, comme à l'ordinaire, les quatre côtés de l'horizon, c'est-à-dire le monde entier avec ses puissances hostiles au peuple de Dieu.
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Juda, Israël et Jérusalem. On a pensé que le premier de ces trois noms désignait l'ensemble du peuple, le second la population des campagnes, et le troisième, celle de la capitale ; ou bien, que Juda désignait le royaume du sud, Israël celui du nord, et Jérusalem, la capitale commune. D'après le groupement des mots dans l'hébreu, il semble plutôt que Juda ait sa place à part et désigne l'ensemble du peuple, et par Israël et Jérusalem, qui sont plus étroitement liés, le prophète désigne de nouveau le peuple par son nom d'honneur (Israël), puis sa capitale comme renfermant le sanctuaire.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Quatre forgerons. Ce sont les représentants des forces que Dieu a suscitées ou suscitera pour abattre les puissances ennemies de son peuple. Il y avait deux choses dans la vision précédente : la punition des nations qui avaient aidé au mal, et la glorieuse restauration du peuple de Dieu. L'accomplissement de la première de ces promesses est représenté dans la seconde vision ; l'accomplissement de la seconde, dans la troisième.
5 Et je levai les yeux, et je regardai ; et voici un homme, et dans sa main un cordeau à mesurer. 6 Et je dis : Où vas-tu ? Et il me dit : [Je vais] pour mesurer Jérusalem, pour voir quelle est sa largeur et quelle est sa longueur. 7 Et voici, l’ange qui parlait avec moi sortit, et un autre ange sortit à sa rencontre, 8 et lui dit : Cours, parle à ce jeune homme, disant : Jérusalem sera habitée comme les villes ouvertes, à cause de la multitude des hommes et du bétail [qui seront] au milieu d’elle. 9 Et moi, je lui serai, dit l’Éternel , une muraille de feu tout autour, et je serai [sa] gloire au milieu d’elle.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
1 à 5 Troisième vision :
L'homme au cordeau.
Un homme ayant à la main... Cet homme n'est point l'ange de l'Eternel ; c'est, comme le montre la suite, une simple figure passant devant les yeux du prophète.
Un cordeau à mesurer. Voir 1.16. Il se propose de délimiter le pourtour de la ville à reconstruire (verset 2).
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Zacharie voit paraître son ange interprète, et comme la place de celui-ci est auprès du prophète et qu'il ne peut pas s'éloigner de lui pour dire à l'homme au cordeau ce qu'il a à lui demander de la part de Dieu, un autre ange apparaît qui fera pour lui l'office de messager.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
A ce jeune homme. C'est à tort que quelques-uns ont rapporté ces mots à Zacharie lui-même ; il s'agit de l'homme au cordeau ; le prophète est simple spectateur de toute cette scène. Peut-être quelques interprètes ne se sont-ils pas trompés en croyant que ce terme de jeune homme fait pressentir quelque précipitation dans l'acte que l'homme au cordeau se disposait à accomplir.
C'est comme ville ouverte. Ce message a évidemment pour but d'engager l'homme au cordeau à renoncer à son dessein de tracer l'enceinte future de Jérusalem et l'emplacement de ses remparts. Jérusalem est appelée à de si hautes destinées que rien ne doit mettre obstacle à son accroissement indéfini, et voilà pourquoi elle doit ressembler à une ville ouverte de tous côtés sur la campagne. Cet homme est donc la personnification de la pensée humaine, à laquelle se substitue expressément la pensée divine, exprimée par l'ange.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Et moi je serai pour elle... C'est l'Eternel lui-même qui lui servira de rempart, et en même temps que sa protection sera pour elle comme une impénétrable muraille, sa présence au-dedans d'elle la fera resplendir de tout l'éclat des perfections divines (Esaïe 4.5 et suivants ; Apocalypse 21.23).
Ces paroles ne s'appliquent qu'imparfaitement à la Jérusalem qui fut rebâtie après l'exil. Les termes de la vision, surtout si nous y joignons les versets 10 à 12, débordent évidemment ce cadre si étroit. Sans doute, cette ville fut d'une manière remarquable, dans les siècles qui suivirent, l'objet de la protection divine ; elle échappa comme miraculeusement aux catastrophes qui atteignirent les peuples voisins. Elle parvint à un si haut degré de beauté et de prospérité qu'elle devint, au dire de Pline, de beaucoup la plus célèbre des villes de l'Orient ; mais c'est plus loin encore qu'il faut aller, si nous voulons contempler le plein accomplissement de ces promesses. La Jérusalem visible a eu ses fossés et ses remparts, qui en ont limité la longueur et la largeur ; tandis que le prophète annonce ici une Jérusalem sans limites extérieures. De telles paroles ne peuvent s'appliquer qu'à cette Jérusalem spirituelle sortie de la Jérusalem terrestre sous le nom d'Eglise du Christ et qui embrasse graduellement le monde entier, n'ayant d'autre protection que la souveraineté de son Chef et d'autre beauté que les merveilles de sa grâce accomplies au milieu d'elle.
10 Ho, Ho ! fuyez donc du pays du nord, dit l’Éternel , car je vous ai dispersés aux quatre vents des cieux, dit l’Éternel . 11 Ho ! échappe-toi, Sion, toi qui habites chez la fille de Babylone ! 12 Car ainsi dit l’Éternel des armées : Après la gloire, il m’a envoyé vers les nations qui ont fait de vous leur proie ; car celui qui vous touche, touche la prunelle de son œil. 13 Car voici, je secoue ma main sur elles, et elles seront la proie de ceux qui les servaient ; et vous saurez que l’Éternel des armées m’a envoyé.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
6 à 13 C'est ici l'application des trois visions précédentes plus spécialement des versets 6 à 9 de la 2ième, et des versets 10 à 13 de la 3ième.
Le discours, à la première personne, est mis dans la bouche de l'Eternel lui-même ; mais quand la troisième personne apparaît (verset 8 : Il m'a envoyé ; verset 9 : Vous saurez que l'Eternel m'a envoyé), les paroles sont attribuées à l'ange de l'Eternel.
Holà ! fuyez. Exclamation propre à faire sentir que quelque chose de grave se prépare. Cet appel s'adresse aux Juifs restés en Babylonie, pour les engager à venir rejoindre ceux qui déjà sont rentrés dans la patrie.
Du septentrion : de Babylone (verset 7). Sans doute cette ville était à l'est de la Terre Sainte, mais, pour éviter le désert oriental, on s'y rendait par la route du nord, en passant par Damas.
Je vous ai dispersés. Plusieurs entendent ce mot dans un sens favorable, en faisant de ce verbe un parfait prophétique : Je vous répandrai. Mais ce sens est forcé, car ceci s'applique plutôt à la dispersion de l'exil.
Comme les quatre vents... L'on ne peut traduire, comme plusieurs : Aux quatre vents des cieux ; le sens est plutôt : Comme les quatre vents dispersent, soit la poussière, soit la balle sur l'aire, soit les feuilles, ainsi le peuple avait été violemment dispersé quand la colère de Dieu l'avait envoyé en exil.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
La fille de Babylone : la population babylonienne personnifiée, au sein de laquelle Israël exilé avait été répandu.
Echappe-toi. Un grand nombre d'Israélites n'avaient pas profité de l'édit de Cyrus pour rentrer dans leur patrie ; ils avaient été retenus en Orient par leurs intérêts, l'amour de leurs propriétés, les privations qu'ils redoutaient, et surtout, probablement, par leur manque de zèle pour la cause de Dieu. C'est à ceux-là que s'adresse le prophète, en les invitant à fuir promptement une terre que les châtiments de Dieu vont frapper.
L'événement ne tarda pas à justifier ce conseil. L'histoire nous apprend qu'à la suite de deux grandes révoltes la ville de Babylone fut prise deux fois tôt après. Comparez l'inscription de Darius trouvée à Béhistûn (de la cinquième année de son règne), qui raconte ces faits. Les Juifs restés en Babylonie durent avoir beaucoup à souffrir des troubles de cette période.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Suivez la gloire ! Bien des fois, dans l'Exode, il est parlé de la gloire de l'Eternel, apparaissant dans la nuée. Zacharie invite les Israélites à suivre la manifestation de l'Eternel qui les conduit en ce moment à Jérusalem, comme leurs pères suivaient, au désert, la nuée dans laquelle Dieu apparaissait. Il vient de leur promettre que ce serait dans cette ville que se fixerait la présence glorieuse de leur Dieu (verset 5). Cette parole est donc comme le mot d'ordre que Dieu donne à la portion de son peuple encore captive.
Il m'a envoyé : pour châtier les ennemis qui vous ont tant fait souffrir.
Mais quel est le personnage qui parle ainsi ? Ce ne peut être l'ange interprète, qui a une mission particulière auprès du prophète ; ce ne peut être un ange quelconque, comme celui du verset 3, qui a été envoyé vers l'homme au cordeau. Cette parole du verset 9 : Je vais brandir ma main sur les nations..., et celle-ci : Vous saurez que l'Eternel des armées m'a envoyé, ne peuvent être prononcées que par l'ange de l'Eternel, parlant soit directement, depuis le verset 6 (Holà ! fuyez...), soit indirectement par la bouche de l'ange interprète, dès le verset 4.
La prunelle de son il : ce que l'homme a de plus précieux (Deutéronome 32.0 ; Psaumes 17.8). Sens : Celui qui porte la main sur le peuple élu de l'Eternel se fait du mal à lui-même.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Elles seront données en pillage : les grandes nations qui avaient successivement dominé en Orient et opprimé les Juifs.
A ceux qui leur sont asservis. Ces mots ne se rapportent pas seulement aux Juifs, mais à tous les peuples qui avaient été tributaires de ces empires.
14 Exulte, et réjouis-toi, fille de Sion ! car voici, je viens et je demeurerai au milieu de toi, dit l’Éternel . 15 Et beaucoup de nations se joindront à l’Éternel en ce jour-là, et elles me seront pour peuple, et je demeurerai au milieu de toi ; et tu sauras que l’Éternel des armées m’a envoyé à toi. 16 Et l’Éternel possédera Juda [comme] sa part sur la terre sainte, et il choisira encore Jérusalem. 17 Que toute chair fasse silence devant l’Éternel , car il s’est réveillé de sa demeure sainte.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
En même temps que le châtiment atteindra les ennemis d'Israël, Israël lui-même ressentira les effets de la bénédiction divine, et grandira. C'est là la promesse développée dans les versets 10 à 13.
Pousse des cris de joie : non seulement à cause de la chute de tes ennemis, mais dans l'attente des grâces qui vont t'être accordées.
Je vais venir et habiter... La présence de Jéhova est la plus grande des bénédictions qu'il puisse accorder aux siens, car elle renferme toutes les autres ; mais il est à remarquer que c'est l'ange de l'Eternel qui parle ; c'est donc en sa personne que Jéhova demeurera au milieu de son peuple. Cet envoyé de Jéhova (verset 8) est donc Jéhova lui-même, dans sa manifestation au monde, et nous comprenons ainsi que la promesse de sa présence au milieu de Jérusalem restaurée, verset 10, se réalisera quand il apparaîtra enfin comme Messie en Israël (comparez Jean 1.4).
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Et beaucoup de nations s'attacheront... En contemplant les effets de la présence de Dieu en la personne du Messie au milieu de son peuple, les nations païennes se joindront au peuple de l'Eternel. Seulement il faut remarquer que le prophète ne dit pas qu'elles s'attacheront à Israël, mais à l'Eternel lui-même ; ce qui implique que leur rapport avec l'Eternel sera distinct de celui qui lie Israël à son Dieu. Comparez les prophéties d'Esaïe chapitre 2 et de Michée chapitre 4.
Il est évident que le prophète contemple ici la conversion des païens au Dieu d'Israël, comme effet de la venue du Messie.
Beaucoup de nations : même expression qu'Esaïe 52.15.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
L'Eternel possédera Juda : Juda est ici le nom de la nation tout entière, comme il l'est devenu à la suite de l'exil, parce que la plupart des exilés rentrés dans leur pays appartenaient à cette tribu. Cette promesse remarquable montre que Juda et Jérusalem conserveront, même au milieu des peuples convertis, une relation particulière avec l'Eternel et formeront la portion la plus précieuse de l'humanité glorifiée.
Terre sainte. La Palestine elle-même conservera un privilège spécial, analogue à celui du peuple élu qui l'habitera.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Silence... à l'approche de l'Eternel. Au moment où l'Eternel se lève de sa demeure céleste pour exécuter ses menaces et ses promesses, toute créature doit demeurer dans le silence respectueux de l'attente. Comparez Habakuk 2.20 ; Sophonie 1.7.
Si la vision du cavalier parmi les myrtes nous a montré la restauration du peuple ayant de nouveau l'ange de l'Eternel pour son chef, les deux visions qui ont suivi nous ont présenté, d'un côté, la destruction des puissances ennemies, et de l'autre, le rétablissement de Jérusalem avec les glorieuses perspectives d'avenir réservées au peuple élu. A ces visions d'un intérêt plus général s'en rattachent maintenant deux autres, en rapport plus particulier avec les deux hommes chargés de présider à la renaissance du peuple de Dieu ; et d'abord, le représentant du sacerdoce, Jéhosua.