Détail touchant, conservé par Marc seul. Une main attentive avait préparé pour Jésus, fatigué de sa journée, cet oreiller.
Plusieurs interprètes, il est vrai, remarquant que ce mot l'oreiller est écrit avec un article, supposent qu'il s'agit de l'appui destiné au batelier qui tenait la barre.
Tous ces traits par lesquels Marc achève de peindre la scène ne peuvent avoir été observés et retenus que par un témoin oculaire ; et ce témoin, c'est l'apôtre Pierre, dont Marc a rapporté les récits et la prédication. (Voir l'Introduction.)
Il faut remarquer ces verbes au présent qui rendent la scène si actuelle et si vive : ils le réveillent, ils lui disent. Nos versions ordinaires effacent ces nuances.
Il faut remarquer encore que les trois synoptiques conservent une parfaite indépendance dans leur relation des paroles que les disciples adressent à Jésus pour le réveiller et lui exprimer leur angoisse. Chacun lui donne un titre différent. Matthieu, Seigneur ; Marc, Maître, docteur, celui qui enseigne ; Luc, épistatês, surveillant, président, chef d'une maison. En outre, l'un dit : Sauve-nous, (Matthieu 8.25) l'autre lui fait adresser ce reproche inspiré par la peur : Ne te soucies-tu point ? les trois s'unissent dans ce cri d'angoisse : Nous périssons !
Ces diverses expressions proviennent du fait que les disciples parlaient tous à la fois. Mais ce qui domine toute la scène, c'est le recours unanime des pauvres disciples à Celui qui seul pouvait les sauver.