1 Et les pharisiens et quelques-uns des scribes, qui étaient venus de Jérusalem, s’assemblent auprès de lui. 2 Et voyant quelques-uns de ses disciples mangeant du pain avec des mains souillées, c’est-à-dire non lavées… ; 3 car les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas qu’ils ne lavent soigneusementa 3a ou : souvent, ou : jusqu’au coude. leurs mains, retenant la tradition des anciens ; 4 et [étant de retour] du marché, ils ne mangent pas qu’ils ne soient lavés. Et il y a beaucoup d’autres choses qu’ils ont reçues traditionnellement pour les observer, [comme] de laver les coupes, les pots, les vases d’airain, et les lits. 5 – Sur cela, les pharisiens et les scribes l’interrogent, [disant] : Pourquoi tes disciples ne marchent-ils pas selon la tradition des anciens, mais mangent-ils du pain avec des mains souillées ? 6 Mais lui, répondant, leur dit : Ésaïe a bien prophétisé de vous, hypocrites ; comme il est écrit : « Ce peuple-ci m’honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi ; 7 mais ils m’honorent en vain, enseignant, comme doctrines, des commandements d’hommes »b 7b Ésaïe 29. 13. . 8 Car, laissant le commandement de Dieu , vous observez la tradition des hommes, de laver les pots et les coupes ; et vous faites beaucoup d’autres choses semblables. 9 Et il leur dit : Vous annulez bien le commandement de Dieu , afin de garder votre tradition. 10 Car Moïse a dit : « Honore ton père et ta mère »c 10c Exode 20. 12. ; et : « que celui qui médirad 10d ou : injuriera, maudira. de père ou de mère, meure de mort »e 10e Exode 21. 17. ; 11 mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Tout ce dont tu pourrais tirer profit de ma part est corban, c’est-à-dire don… 12 Et vous ne lui permettez plus de rien faire pour son père ou pour sa mère, 13 annulant la parole de Dieu par votre tradition que vous vous êtes transmise [les uns aux autres] ; et vous faites beaucoup de choses semblables. 14 Et ayant de nouveau appelé la foule, il leur dit : Écoutez-moi, vous tous, et comprenez : 15 Il n’y a rien en dehors de l’homme, qui, entrant au-dedans de lui, puisse le souiller ; mais les choses qui sortent de lui, ce sont celles qui souillent l’homme. 16 Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Chapitre 7. Retraite dans les quartiers de Tyr et Sidon. 1 à 23.
Occasion de cette retraite : les pharisiens de Jérusalem attaquent Jésus au sujet des ablutions.
Voir sur les discussions qui suivent, Matthieu 15.1-20 notes.
Il faut remarquer ce verbe au présent : s'assemblent , qui rend la scène actuelle.
Cette réunion des adversaires de Jésus montre l'importance de leur démarche. Celle-ci avait peut-être un caractère officiel. On comprendrait à peine, en effet, comment ces pharisiens et ces scribes se trouvaient là, venus de Jérusalem , s'ils n'avaient été envoyés par le sanhédrin. Cette circonstance fait comprendre le sérieux de la discussion qui va suivre et les conséquences dangereuses qu'elle pouvait avoir pour Jésus.
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : "que quelques-uns de ses disciples mangent les pains (hébraïsme) avec des mains communes ."
Commun se disait par opposition à ce qui était mis à part, sanctifié, consacré. Il ne faut pas, en effet, s'arrêter à l'idée de mains malpropres. Il s'agit de quelque souillure légale qui devait être ôtée par une ablution rituelle, ainsi que cela va être expliqué aux versets 3,4.
Marc explique leur scrupule à ses lecteurs étrangers aux usages judaïques, en ajoutant cette phrase : c'est-à-dire non lavées (purifiées).
- Le texte reçu ajoute que les pharisiens blâmaient les disciples. Ce mot n'est pas authentique et la phrase reste inachevée, mais le blâme est impliqué dans la question des pharisiens au verset 5.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Marc interrompt son récit pour exposer tous ces usages juifs à ses lecteurs qui, convertis du paganisme, les ignoraient. Il attribue ces pratiques non seulement aux pharisiens , qui les observaient avec le plus de rigueur, mais à tous les Juifs. Se laver les mains avec le poing veut dire probablement se laver en frottant tour à tour une main ouverte avec l'autre fermée, de manière à enlever de la paume des mains toute impureté.
D'autres traduisent : jusqu'au poignet .
L'idée est en tous cas celle d'une ablution soigneuse. Une variante du Sin., que Tischendorf admet dans sa 8e édition, substitue au mot poing l'adverbe fréquemment , mais cette var., qui a contre elle toutes les autres autorités, paraît provenir de l'intention de corriger une expression qu'on ne comprenait plus. La plupart des critiques la rejettent.
- La tradition des anciens est ici, comme aux vers. 8 et 9, opposée aux prescriptions de la loi divine. Il s'agit des usages fondés sur l'autorité des anciens docteurs juifs et que souvent on mettait au-dessus de la loi elle-même.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
La place publique (grec l'agora ) était le lieu où le peuple s'assemblait et où se tenait le marché , terme ici préféré par quelques versions.
En revenant de là, les Juifs ne prenaient pas leurs repas sans s'être purifiés .
Telle est la leçon de Sin., B. Les autres autorités ont : baptisés , c'est-à-dire plongés dans l'eau. Cette variante parait formée d'après l'expression qui suit : les baptêmes des coupes.
Quelques interprètes appliquent cette purification non aux personnes, mais aux aliments rapportés du marché. Ce sens est d'autant plus invraisemblable qu'il n'est point sûr que l'évangéliste entende par la place publique un marché.
Grec : les baptêmes des coupes, etc., c'est-à-dire purifications complètes de tous ces objets avant le repas.
- Le setier est, en grec, en latin et en français, le nom d'une mesure de liquides. Ce mot désigne ici des vases à vin, en bois ou en terre.
Par les lits , il ne faut point entendre les lits où l'on couche, mais ces sortes de divans sur lesquels les anciens prenaient leurs repas, appuyés sur le coude gauche. Au reste l'authenticité de ce mot n'est pas incontestée. Il manque dans Sin., B, et quelques autres autorités ; mais son introduction s'expliquerait difficilement, s'il n'était pas authentique.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Selon Matthieu, (Matthieu 15.3) Jésus répond à la question des pharisiens par une autre question propre à les confondre ; puis il cite l'exemple que Marc a au verset 10 ; enfin, il leur applique la parole sévère du prophète Esaïe, par laquelle Marc (verset 6) lui fait commencer sa réponse. Matthieu nous paraît avoir mieux conservé l'ordre du discours, mais les pensées restent les mêmes.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Esaïe 29.13.
Voir, sur cette citation, Matthieu 15.7-9, notes.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Commandement de Dieu abandonné, annulé ; tradition des hommes retenue, observée : tout est là.
Tel est le caractère formaliste et fanatique de toutes les communautés religieuses déchues.
Fort bien ! dit le Sauveur avec une poignante ironie. (Comparer verset 6 où se trouve le même qualificatif.)
"C'est un étrange dérèglement de mettre les ordonnances des hommes à la place de la loi de Dieu. L'amour-propre est ravi de prendre le change et de donner à des pots et à des coupes le soin et l'application qu'on doit au cœur." Quesnel.
- Le texte reçu ajoute à la fin du verset 8 : les ablutions des setiers et des coupes, et vous faites beaucoup d'autres choses semblables . Ces mots sont supprimés par la plupart des critiques d'après Sin., B, etc. Ils ne paraissent être qu'une répétition du verset 4 et du verset 13.
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir sur ces paroles Matthieu 15.4,5, notes. J
ésus après avoir accusé les pharisiens d'annuler le commandement de Dieu par leurs traditions, leur en montre une preuve frappante dans la manière dont ils éludaient l'obligation sacrée imposée aux enfants par le cinquième commandement.
Après avoir rappelé ce commandement, (Exode 20.12) il ajoute la redoutable sanction tirée de Exode 21.17. Or, qu'enseignaient les pharisiens ? Qu'un homme, en présence du devoir d'assister son père ou sa mère âgés, pouvait leur dire : Ce dont tu pourrais être assisté par moi , j'en ai fait un corban , une offrande à Dieu, et qu'ainsi il était déchargé de toute obligation envers eux.
"C'est comme si un fils disait à son père dans le besoin : Mon père, je te donnerais volontiers ce qui peut t'assister dans tes vieux jours, mais j'en ai fait une offrande. Il vaut mieux que je le consacre à Dieu, tu en auras plus de profit." Luther.
Pour rendre ce sophisme plus frappant encore, Jésus ajoute vous ne lui permettez plus de rien faire , c'est-à-dire, vous l'autorisez à annuler ainsi la parole de Dieu par votre tradition que vous avez établie (grec que vous avez transmise les uns aux autres).
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Il faut remarquer ce mot : de nouveau , omis par le texte reçu.
Il indique que, pendant la discussion qui précède, la foule se tenait à distance. Mais comme elle avait entendu l'accusation portée contre Jésus et ses disciples, (verset 5) elle devait entendre aussi la réponse du Sauveur ; il la rappelle donc auprès de lui et il revient à la question qui lui a été adressée. (Comparer Matthieu 15.10, note.)
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 15.11. note.
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Ces paroles, que Jésus aimait à redire pour provoquer la réflexion de ses auditeurs, sont omises par Tischendorf, Westcott et Hort, et d'autres d'après Sin., B, versions égypt.
Mais on peut se demander quelle raison les copistes auraient eue de les intercaler ici.
17 Et quand il fut entré dans la maison, [s’étant retiré] d’avec la foule, ses disciples l’interrogèrent touchant cette parabole. 18 Et il leur dit : Vous aussi, êtes-vous ainsi sans intelligence ? N’entendez-vous pas que tout ce qui est de dehors, entrant dans l’homme, ne peut pas le souiller, 19 parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, et s’en va dans les lieux d’aisances, purifiant toutes les viandes ? 20 Et il dit : Ce qui sort de l’homme, c’est là ce qui souille l’homme ; 21 car du dedans, du cœur des hommes, sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les meurtres, 22 les vols, la cupiditéf 22f litt. : les cupidités. , les méchancetés, la fraude, l’impudicité, l’œil méchant, les injures, l’orgueil, la folie. 23 Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l’homme.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce qu'il faut entendre par une maison (ou, selon Sin. : la maison) n'est pas indiqué.
D'après Marc 6.53, Jésus se trouvait alors dans la contrée de Génésareth, où il enseignait et opérait des guérisons.
- Ce mot de parabole (voir Matthieu 13.3, note) désigne le langage figuré dont Jésus s'est servi au vers. 15.
La demande d'explication ici attribuée aux disciples fut adressée à Jésus par Pierre. (Matthieu 15.15.)
Marc, l'interprète de sa prédication omet fréquemment le nom de cet apôtre, parce que lui-même le passait sous silence par modestie.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
Jésus, en déclarant d'une manière si absolue que rien d'extérieur ne souille l'homme, veut-il dire qu'il n'existe point de souillure légale et abolir ainsi d'un mot toutes les distinctions que faisait la loi entre les aliments qu'elle déclarait purs ou impurs ? Cette conséquence ressortira certainement du principe qu'il posait ici (Matthieu 15.9, note), mais tel n'était pas son but immédiat.
L'erreur des pharisiens était de ne pas comprendre que toutes les prescriptions de la loi relatives à une souillure ou à une pureté légales n'avaient d'autre but que de révéler à l'homme la souillure ou la pureté morales.
Ils prenaient le moyen pour le but et, en s'attachant à la lettre de la loi, ils la matérialisaient et tombaient dans un misérable formalisme.
Jésus veut donc rétablir ici la distinction entre une souillure légale et la souillure morale. C'est ce que dit clairement ce mot conservé par Marc : cela n'entre pas dans le cœur , c'est-à-dire dans l'organe des pensées et des affections morales. Les aliments dont il s'agit ne font qu'entretenir la vie animale, et tout ce qui ne sert pas à la nutrition est rejeté ; et cet acte purifie les aliments eux-mêmes. En poursuivant sa pensée jusqu'à ces détails matériels, Jésus veut faire sentir d'autant mieux à ses auditeurs combien les interprétations pharisaïques de la loi la rabaissaient et la dégradaient.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Très souvent Marc emploie cette tournure avec le verbe à l'imparfait : il disait , introduisant par là, non un discours nouveau, mais une pensée nouvelle dans le discours. Ici cette pensée nouvelle c'est, comme l'indique la particule mais , l'idée vraie et morale de la souillure opposée aux idées fausses que s'en faisaient les Juifs d'après la loi mal comprise.
Tous les vices et les péchés que Jésus va énumérer souillent l'homme, parce qu'ils sont en lui, dans son cœur (vers. 21), et non pas seulement parce qu'ils sortent de l'homme ; mais Jésus emploie cette manière de parler pour faire opposition à ces choses extérieures qui entrent dans l'homme et qui ne peuvent le souiller. (verset 18)
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 15.19,, note.
Marc présente beaucoup plus complète cette énumération des péchés de l'homme. Il y a, dans les divers manuscrits, quelques variations quant à l'ordre des termes, mais tous les renferment également. On a fait diverses tentatives pour classer d'une manière psychologique et morale ces formes du mal ; mais ces distinctions sont plus ou moins arbitraires.
On pourrait admettre :
1° Que les mauvaises pensées sont l'élément générateur (Romains 1.21) dont tous les autres péchés ne sont que la réalisation.
2° Que les deux premiers termes (adultères, fornications ) indiquent les péchés qui ont leur source dans la sensualité.
3° Que les meurtres , les larcins , les cupidités proviennent d'une ambition dépravée, à moins qu'on ne veuille attribuer le premier de ces péchés à la haine.
4° Que les vices qui suivent sont des passions mauvaises, indépendantes des actes par lesquels elles se manifestent. Les méchancetés sont l'effet de cette malice qui se complaît à faire le mal, la fraude exprime ici, moins des actes d'injustice que la duplicité, la fausseté du caractère, tout ce qui est contraire à la droiture. (Comparer Jean 1.48.)
La dissolution ne signifie pas ici comme ailleurs (Romains 13.13 ; Galates 5.19) 1'impudicité, car cette idée a déjà été exprimée pleinement par deux termes ; ce mot indique plutôt, comme dans les auteurs classiques, l'insolence avec laquelle l'homme corrompu s'abandonne à sa dépravation ;
l'œil envieux (grec l'œil mauvais ) est l'envie méchante qu'on porte à un homme (comparez Matthieu 20.15) et à laquelle la croyance populaire en plus d'un pays, attribue une influence malfaisante ; la calomnie , grec le blasphème , pourrait être une parole impie prononcée contre Dieu, mais, comme tout, dans cette énumération, se borne aux rapports des hommes entre eux, il vaut mieux entendre par là une parole offensante, outrageante, adressée au prochain ; l'orgueil est littéralement, d'après le grec, la disposition de l'esprit superbe qui veut paraître au-dessus des autres ; la folie enfin, ne signifie point ici l'aliénation mentale, mais, comme fréquemment en hébreu, l'impiété qui est une suprême déraison. (Psaumes 14.1.)
On peut du reste remarquer que toute passion poussée à l'extrême produit la folie proprement dite.
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir verset 20, note.
Il est peu de passages de l'Ecriture qui nous révèlent d'une manière plus complète la corruption naturelle du cœur de l'homme, que ce discours de Jésus-Christ. D'où il ne faudrait pas conclure toutefois que tout mal moral dans le monde procède de l'homme.
Il y a un royaume des ténèbres qui exerce sur lui son influence, comme aussi une puissance de la grâce divine qui peut le régénérer ; et alors, de ce même cœur d'où sortent les mauvaises pensées et les péchés sortent aussi les bons sentiments et les bonnes actions.
24 Et se levant, il s’en alla de là vers les frontières de Tyr et de Sidon ; et étant entré dans une maison, il ne voulait pas que personne le sache : et il ne put être caché ; 25 carg 25g qqs. lisent : mais aussitôt. une femme dont la filleh 25h ici plutôt : jeune fille. avait un esprit immonde, ayant entendu parler de lui, vint et se jeta à ses pieds ; 26 (or la femme était grecque, syrophénicienne de race ;) et elle le pria qu’il chasse le démon hors de sa fille. 27 Et Jésus lui dit : Laisse premièrement rassasier les enfants ; car il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiensi 27i grec : petits chiens, plus méprisant que chiens. . 28 Et elle répondit et lui dit : Oui, Seigneur ; car même les chiens, sous la table, mangent des miettes des enfants. 29 Et il lui dit : À cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille. 30 Et s’en allant en sa maison, elle trouva le démon sorti, et sa fille couchée sur le lit.
v. 24 · Bible annotée · 18/10/2026
24 à 30
Jésus sur le territoire de Tyr. La cananéenne.
S'étant levé , dans la maison où, assis, il enseignait ses disciples, (verset 17) il partit de là , c'est-à-dire de la contrée de Génésareth. (Marc 6.53)
- Le texte reçu dit : le territoire de Tyr et de Sidon .
Ces derniers mots ont été transférés du premier évangile ici et au verset 31. Voir, sur le récit qui va suivre, Matthieu 15.21-29, notes.
On a pensé que cette maison dans laquelle Jésus entra était celle de quelqu'un de ses adhérents qui l'avait vu et entendu ailleurs. Il parait probable, en tous cas, que c'était une maison païenne.
En y entrant, Jésus bravait un des préjuges juifs les plus forts (Actes 10.28) et mettait en pratique les principes qu'il venait de proclamer sur la vraie pureté. (verset 15 et suivants)
Notre évangéliste, en faisant cette remarque qui lui est propre, que Jésus voulait que personne ne le sût , n'en dit pas la raison ; mais la cause pour laquelle il ne put être caché est indiquée au verset 25.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Ayant ouï parler de lui ne signifie pas seulement qu'elle apprit dans ce moment que Jésus était venu dans la contrée, mais bien qu'elle avait eu auparavant quelque connaissance de son ministère et de ses guérisons.
De là la confiance avec laquelle elle vint se jeter à ses pieds .
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
La désignation précise de la nationalité de cette femme appartient à Marc. La Phénicie faisait partie de la province romaine de Syrie.
On appelait cette contrée Syro-Phénicie , pour la distinguer des colonies phéniciennes qui s'étaient formées au nord de l'Afrique en Libye, et dont Carthage était la principale.
Marc joint au qualificatif de syro-phénicienne celui de grecque . Ce dernier désigne la religion de cette femme. (Comparer Actes 17.12, note.)
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir Matthieu 15.26, note.
Ce dernier évangile renferme (versets 23-25) quelques détails importants, qui ne se trouvent pas dans Marc.
Celui-ci tend à adoucir les refus du Sauveur ; il fait dire à Jésus qu'il veut premièrement rassasier les enfants, et qu'il n'est pas bien de prendre leur pain, tandis que Matthieu dit : Il n'est pas permis . Comparer Introduction générale.
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu porte : car aussi les petits chiens. Cette leçon parait empruntée à Matthieu.
- L'admirable réponse de cette pauvre mère est littéralement la même dans les deux évangiles. Voir Matthieu 15.27, note.
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
C'est ici que, selon Matthieu, le Sauveur s'écrie : "O femme, ta foi est grande, qu'il te soit fait comme tu le veux !"
Qu'est-ce qui avait révélé cette grande foi de la Cananéenne ? C'est la parole qu'elle venait de prononcer et que le Seigneur relève avec joie dans notre récit. Et c'est à cause de cette parole que Jésus répond à sa prière. Il ne lui dit pas : le démon sortira , mais est sorti de ta fille.
v. 30 · Bible annotée · 18/10/2026
Le texte reçu intervertit ici l'ordre des mots : "elle trouva le démon sorti et sa fille couchée sur le lit ;" puis il substitue le mot de fille à celui d'enfant ou plutôt à un gracieux diminutif, petit enfant , qui exprime la tendresse de la mère, aussi bien que son bonheur de retrouver son enfant calme, guérie, quoique un peu épuisée, et couchée sur le lit.
(Voir, sur les démoniaques, Matthieu 8.28, 2e note.)
31 Et étant de nouveau parti des confins de Tyr et de Sidon, il vint vers la mer de Galilée, à travers le pays de Décapolis. 32 Et on lui amène un sourd qui parlait avec peine, et on le prie pour qu’il lui impose la main. 33 Et l’ayant tiré à l’écart, hors de la foule, il lui mit les doigts dans les oreilles ; et ayant craché, il lui toucha la langue ; 34 et regardant vers le ciel, il soupiraj 34j ou : gémit. , et lui dit : Ephphatha, c’est-à-dire, ouvre-toi. 35 Et aussitôt ses oreilles s’ouvrirent, et le lien de sa langue se délia, et il parlait distinctement. 36 Et Jésusk 36k litt. : il. leur enjoignit de ne le dire à personne ; mais plus il le leur défendait, d’autant plus ils le publiaient. 37 Et ils étaient extrêmement étonnés, disant : il fait toutes choses bien ; il fait entendre les sourds et parler les muets.
v. 31 · Bible annotée · 18/10/2026
31 à 37
Retour de Jésus vers la mer de Galilée. Guérison d'un sourd-muet.
Le texte reçu dit encore ici, comme au verset 24, Tyr et Sidon , mais il omet ces mots par Sidon , qui se lisent dans Sin., B, D et plusieurs versions.
Jésus s'était avancé jusqu'aux limites septentrionales de la Galilée, où commençait le territoire de Tyr (verset 24) et où se passa la scène qui précède.
Maintenant, au lieu de revenir immédiatement sur ses pas, il fait un détour encore plus au nord, par Sidon , ou, comme d'autres l'entendent, par le territoire de Sidon, pour revenir vers la mer de Galilée , en franchissant le Liban dans la direction de Damas, puis en traversant la Décapole .
L'évangéliste ne nous dit pas pourquoi Jésus choisit cette route, l'on ne peut faire à ce sujet que des suppositions, mais l'on est fondé à penser que, dans ce long voyage en pays païen, il put s'entretenir d'une manière suivie avec ses disciples.
- La Décapole (c'est-à-dire, les dix villes ) était une vaste contrée, située au delà du Jourdain au nord-est de la Galilée. (Comparer Matthieu 4.25)
Jésus avait abordé une fois cette contrée ; il avait dû se retirer à la prière des habitants, mais y avait laissé un témoin de sa puissance. (Marc 5.17,19)
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : un sourd parlant avec peine , c'est-à-dire ne faisant entendre que des sons inarticulés, en un mot, un sourd-muet. Le mot se trouve au vers. 37.
- Le lieu de ce récit n'est pas clairement déterminé ; on ignore qui sont ceux qui amènent à Jésus cet infirme, mais on voit qu'ils avaient confiance en lui, puisqu'ils le prient de lui imposer les mains .
- Marc seul raconte cette guérison. Matthieu (Matthieu 15.30,31) en marque peut-être la place en nous montrant Jésus entouré de plusieurs malades, parmi lesquels il y avait des sourds-muets.
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce verset relate deux circonstances qui ont beaucoup occupé la sagacité des interprètes et donné lieu à diverses suppositions.
D'abord Jésus prend à part le sourd-muet : pourquoi chercher à ce fait si simple d'autres causes que le désir bien naturel de sortir de la foule empressée et bruyante, pour être seul avec le malade, entrer en rapport personnel avec lui et lui laisser une impression d'autant plus profonde de sa guérison ? Toutefois, Jésus resta en vue de la multitude, puisque le vers. 37 nous montre évidemment qu'elle fut témoin du miracle.
L'autre circonstance de ce récit est plus importante. Jésus,(grec) ayant craché, met ses doigts dans les oreilles, avec de la salive, et touche la langue du muet.
L'Evangile présente divers faits analogues. (Marc 8.23 ; Matthieu 8.3 ; Jean 9.6.)
A l'ordinaire Jésus guérissait uniquement par la parole. En agissant autrement, quel peut être son but ?
Les uns pensent qu'il voulait ainsi suppléer à ce qui manquait à la foi du malade ; l'encourager en lui montrant qu'il s'occupait de lui avec intérêt.
D'autres supposent qu'il avait en vue les témoins de la guérison et s'accommodait à leurs idées sur l'efficacité de certains moyens, afin de prévenir en eux la superstition qui pouvait s'attacher au miracle. Rien de pareil n'est indiqué dans le texte. Il faut simplement admettre que Jésus, qui ne faisait rien d'inutile, trouvait ces moyens nécessaires pour accomplir quelques-uns de ses miracles.
C'était là une sorte d'intermédiaire entre lui et le malade.
Seulement il faut remarquer avec Olshausen que, même là où Jésus ne guérit pas uniquement par la parole, il n'emploie jamais des moyens étrangers à sa personne ; en elle résidait exclusivement la puissance divine qui rendait la santé aux malades et même la vie aux morts.
v. 34 · Bible annotée · 18/10/2026
Il y a une grande solennité dans l'accomplissement de ce miracle. Jésus, comme il le faisait souvent, lève les yeux au ciel , où son regard cherchait auprès de Dieu toute lumière et toute puissance ; il soupire, soit en faisant monter vers Dieu son ardente prière, soit par la douleur qu'il éprouvait en prenant sur lui nos infirmités ; enfin il prononce la parole puissante qui rendra à un malheureux l'usage de l'ouïe et de la parole : Ephphatha ! ou proprement ethphatach , c'est l'impératif du verbe araméen ou syriaque que l'évangéliste a voulu conserver dans la langue originale et qu'il traduit lui-même par ouvre-toi !
v. 35 · Bible annotée · 18/10/2026
Dans le langage figuré, les oreilles du muet étaient fermées, sa langue était liée, de là ces termes : ses oreilles furent ouvertes, et (grec) le lien de sa langue fut délié .
- Aussitôt manque dans B, D, A, etc.
- Il parlait très bien , grec droitement, correctement .
v. 36 · Bible annotée · 18/10/2026
Voir, sur ces défenses de Jésus de publier ses miracles, Matthieu 8.4, note.
- Cette multitude, témoin du miracle, obéissait plutôt à son enthousiasme qu'aux ordres de Jésus. (Comparer Marc 1.45)
v. 37 · Bible annotée · 18/10/2026
Grec : Très bien ou très beau , tout ce qu'il a fait !
Cette expression d'admiration se rapporte à la guérison actuelle (verbe au parfait, fait accompli), tandis que les paroles qui suivent généralisent l'idée de la puissance de Jésus : il fait (présent) entendre même les sourds, et parler les muets !