Tel est le texte de Sin., B. Le texte reçu, avec la plupart des majuscules porte : "ils le suivaient. Et les scribes et les pharisiens, voyant, etc."
Il est probable qu'on aura corrigé l'expression peu usitée de scribes des pharisiens. (grec)
Par cette expression, l'évangéliste voulait désigner des scribes qui se rattachaient au parti des pharisiens, comme ils le faisaient pour la plupart, (Matthieu 23.2, note) ou pour mieux dire, des pharisiens qui se distinguaient de la masse de leur parti par leur qualité de scribes. Ils avaient suivi cette foule composée de disciples du Sauveur et de péagers qui s'était rendue dans la maison de Lévi. Le spectacle qui s'offrit à leurs yeux provoqua leurs critiques.
Cette question est rendue avec quelques variantes dans les divers manuscrits. La texte reçu avec A, C, majuscules porte littéralement : Qu'est ce fait qu'il mange et boit,...c'est-à-dire : "qu'est-ce que cela signifie ?"
B et un autre majuscules ont : Il mange avec les péagers et les pécheurs !
Le texte que nous suivons est celui de Sin. et de D. Les mots et il boit manquent dans Sin., B, D.
Quelle que soit la variante qu'on adopte, la phrase exprime l'étonnement et l'indignation. On comprend d'autant mieux un tel sentiment chez ces orgueilleux imbus de leur propre justice que, dans les mœurs orientales, manger et boire avec quelqu'un indique un degré de familiarité et d'intimité que cet acte n'implique pas dans nos idées modernes. Et pourtant, non seulement Jésus se met à table avec ces péagers et ces pécheurs, mais il va choisir au milieu d'eux l'un de ses apôtres, manifestant ainsi, par un fait éclatant, la puissance et la souveraineté de la grâce. Quelle réponse à ces pharisiens qui s'indignent de sa compassion pour les pécheurs !