Le donc paraît faire allusion à la liberté dont Jésus continuait à jouir (v. 20), malgré ses déclarations précédentes. Rien n'empêche d'admettre que ce témoignage nouveau n'ait eu lieu encore dans la même journée, le dernier et grand jour de la fête. C'était la dernière fois que Jésus se trouvait au milieu de tout son peuple rassemblé, avant la fête où il devait verser son sang pour lui. Dès le lendemain, cette multitude allait se disperser dans tous les pays du monde. A cette situation correspond bien le ton grave et douloureux de ce discours.
Le v. 21 avertit les auditeurs de l'importance de l'heure présente pour le peuple et pour chaque individu : Jésus, leur seul Sauveur, n'est plus avec eux que pour peu de temps. Une fois qu'ils l'auront rejeté, le ciel, où il va rentrer, leur sera fermé ; il ne leur restera que la perdition. Cette déclaration est une répétition plus accentuée de 7.33-34. Comme le dit Meyer, le chercher des Juifs ne sera pas celui de la foi : ce sera uniquement le soupir après la délivrance extérieure. - Les mots ἐν τῇ ἁμαρτία ὑμῶν, dans votre péché, indiquent l'état de dépravation intérieure et, par conséquent, de condamnation dans lequel les atteindra la mort : Jésus seul eût pu les en tirer. Hengstenberg et d'autres traduisent : par votre péché. Ce sens de ἐν est possible ; mais le premier sens convient mieux au substantif singulier. Le péché est ici l'égarement du cœur, l'éloignement de Dieu, en général ; au v. 24, ce seront les manifestations particulières de cette disposition. 13.33 Jésus parle aux apôtres, dans les mêmes termes qu'ici, de l'impossibilité de le suivre ; mais pour eux l'impossibilité ne sera que momentanée (ἄρτι, à cette heure), car Jésus reviendra les chercher (14.3). Pour les Juifs, au contraire, plus de pont entre la terre et le ciel ; la séparation est consommée par le rejet de celui « sans lequel nul ne parvient au Père » (14.6). - A leur tour, et comme par une sorte de revanche, les Juifs renchérissent sur la réponse qu'ils avaient faite à sa déclaration précédente, 7.35. « Certes, disent-ils, si c'est dans l'Hadès que tu veux descendre, nous n'avons pas l'intention de t'y suivre. » Cette moquerie peut s'expliquer sans qu'il soit nécessaire de recourir à l'idée qu'un châtiment particulier attendait dans l'Hadès ceux qui s'ôtaient la vie (Josèphe, Bell. jud., III, 8, 5). - Les paroles suivantes sont destinées à leur expliquer le : vous ne pourrez pas, qui les irrite :