La première proposition du verset renferme trois déterminations. L'une est celle du lieu : à Jérusalem, au centre de la théocratie, théâtre normal de son travail. La seconde est celle du temps : à la Pâque dans ces jours où le peuple entier était rassemblé dans la capitale plus nombreux qu'en aucune autre circonstance de l'année. La troisième détermination est celle du mode : à la fête, au milieu des impressions solennelles que réveillaient les cérémonies journalières de cette semaine pascale. Le pronom πολλοί, un grand nombre, ne désigne plus que des individus ; ils font contraste avec la nation qui aurait dû croire collectivement. Comparez le contraste entre les οἱ ἴδιοι, les siens, et les ὅσοι, tous ceux qui, 1.11-12. - Mais un contraste plus douloureux encore est signalé par l'évangéliste : c'est celui qui existait entre la foi de ces croyants et la vraie foi. Leur foi, aux yeux de Jésus, n'était pas la foi. Sans doute elle avait pour objet sa révélation comme Christ et Fils de Dieu (son nom) ; mais elle ne reposait que sur le fait extérieur de ses miracles. La relation logique entre l'aoriste crurent et le participe présent voyant, est celle qu'exprimerait la conjonction parce que. Cette foi n'avait rien d'intime, de moral ; elle résultait uniquement de l'impression d'étonnement produite sur eux par ces prodiges. Les signes peuvent bien fortifier et développer la vraie foi, là où elle est déjà formée, en lui dévoilant complètement la richesse de son objet (2.11). Ils peuvent même parfois exciter l'attention, provoquer la réflexion, mais non produire la foi réelle. La foi est un acte moral qui s'attache à l'être moral en Jésus. - Les derniers mots : qu'il faisait, dépeignent bien la nature de cette foi : c'était l'opération matérielle qui frappait ces gens. - Ces miracles furent sans doute nombreux ; il y est fait allusion 4.45. Jean cependant n'en raconte pas un seul ; tant son but différait de celui des synoptiques. Il veut uniquement caractériser ici une situation spirituelle.