Nous traduisons d'après la leçon reçue qui a pour elle 14 Mjj., la Peschitto et la plupart des documents de l'Itala. D'après elle, Jésus attribue aux disciples la connaissance et du but et du chemin. D'après la leçon alex. : « Et là où je vais, vous en connaissez le chemin, » il leur attribue la connaissance du chemin seulement. La différence n'est pas grande. Car si, d'après la seconde, la connaissance du but n'est pas énoncée, elle est certainement supposée, et cela en raison du v. 2 où le but (la maison du Père) avait été clairement indiqué. Mais le chemin pour y parvenir, les apôtres le connaissaient-ils ? Oui et non : oui, puisque ce chemin était Jésus et que Jésus était ce qu'ils connaissaient le mieux au monde. Non, en ce sens qu'ils ne le connaissaient point en tant que chemin. C'est pourquoi, si Jésus peut leur dire avec vérité : Vous connaissez le chemin, Thomas peut lui répondre avec non moins de vérité : Nous ne le connaissons pas. Préoccupée jusqu'alors d'un autre but, du règne terrestre du Messie, leur imagination n'avait pas encore transporté ses espérances du monde en Dieu, de la terre au ciel ; ils pensaient au fond comme les Juifs (12.34) : « Nous avons appris que le Christ demeure toujours (sur la terre, glorifiée par lui) ; comment donc dis-tu : Il faut que le Fils de l'homme soit élevé ? » Comparez Actes 1.6. Et ce faux but leur voilait jusqu'à un certain point le vrai. C'est Thomas, le disciple à l'esprit particulièrement positif, qui devient ici, comme d'autres fois, l'organe des pensées de doute et des impressions de découragement qui se trouvent plus ou moins chez tous ; comparez 11.16 et 20.25.
3o) 14.5-7.