Avant d'entrer en matière, ce qu'il fait à verset 9, Jean adresse d'abord son livre aux sept Eglises d'Asie, pour lesquelles il a une mission spéciale, (comparez verset 11, 2e note) puis il ajoute, comme tous les apôtres dans leurs épîtres, une salutation. Celle-ci lui fournit l'occasion de jeter un premier et sublime regard sur la personne, sur l'œuvre et sur la gloire finale de Celui dont il va annoncer le règne. (versets 4-8) L'auteur de l'évangile et de l'épître qui portent le nom de Jean procède exactement de la même manière : il débute par un regard d'aigle sur tout le sujet, puis il l'expose dans les détails. (Jean 1.1 et suivants ; 1Jean 1.1 et suivants)
Traduction du nom ineffable de JEHOVA. (Comparer Exode 3.13,14) Cette manière de rendre : Je suis Celui qui suis, nous indique ce que Dieu est dans sa nature et dans ses rapports de providence ou de grâce avec les hommes : immuable dans le passé, dans le présent, dans l'avenir, qui ne sont pour lui qu'une seule et même chose. (Esaïe 41.4) Ces paroles expriment la grande et profonde vérité que Dieu seul est, tandis que toutes ses créatures n'ont qu'une existence d'emprunt. Jean rend la pensée que Dieu remplit l'avenir, en employant non le futur du verbe être, mais le mot : qui vient, ou plus exactement le participe présent : le venant. Le choix de cette expression lui a été dicté par la pensée fondamentale de l'Apocalypse, (comparez verset 1, 3e note) empruntée d'ailleurs à la prophétie de l'Ancien Testament, (Esaïe 40.3,9,10 ; 60.1,2) l'apparition finale de Dieu dans la personne du Messie, ( 2.13 ; 1Jean 2.28 ; 3.2) pour le salut de ceux qui s'attendent à lui et pour l'entier établissement de son règne.
Il s'agit ici de l'Esprit de Dieu, de la part de qui Jean souhaite aux Eglises la grâce et la paix, aussi bien que de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ. Afin d'expliquer la raison de cette désignation : les sept esprits, on a souvent recours à Esaïe 11.2, où sont énumérées diverses manifestations ou vertus de l'Esprit de Dieu. Mais dans ce passage, on ne compte que six de ces perfections divines. Il est plus probable que Jean a dans le souvenir un passage de Zacharie 3.9 ; 4.2,6,10, où ce prophète parle d'un chandelier d'or ayant sept lampes, et des "sept yeux de l'Eternel qui parcourent toute la terre," pour figurer l'action de l'Esprit de Dieu. Ces sept esprits représentent la toute science et la toute présence divines ; ils indiquent la diversité et la plénitude des dons et des opérations du Saint-Esprit ; car le nombre sept n'est pas seulement l'emblème de la plénitude et de la perfection ; formé du nombre trois qui est celui de Dieu, et du nombre quatre, qui symbolise la création, il désigne l'action de Dieu sur le monde, la réconciliation opérée, l'harmonie, la communion rétablies entre Dieu et son œuvre et par suite, le triomphe parfait du règne de Dieu. Jean recourt souvent à ce nombre symbolique : sept Eglises, (verset 11) représentées par les sept chandeliers ; (verset 12) sept étoiles. ; (versets 16,20, 2e note) comparer : Apocalypse 2.1 ; 3.1 ; 4.5 ; 5.6 ; 8.2.
Les sept esprits ne sont pas les sept archanges (Tobie 12 :15), car ils sont nommés avant Jésus-Christ.