Mémoires · Charles G. Finney
Conclusion
Ceux qui ont lu les pages qui précèdent se demanderont naturellement ce que furent les dernières années d'une vie si remplie de travaux et si utile. Le récit, achevé au début de 1868, laisse M. Finney encore pasteur de la Première Église d'Oberlin et professeur au séminaire. Il continua d'assumer les responsabilités de pasteur, avec l'aide de son collègue, quatre ou cinq ans encore, prêchant, autant que sa santé le permettait, en général une fois chaque dimanche. En même temps, comme professeur de théologie pastorale, il donnait chaque trimestre d'été un cours sur le ministère pastoral, sur l'expérience chrétienne ou sur les réveils. Il quitta sa charge de pasteur en 1872, mais garda ses liens avec le séminaire, et acheva son dernier cours en juillet 1875, quelques jours seulement avant sa mort. Il prêchait de temps à autre, quand ses forces le lui permettaient ; et au cours du dernier mois de sa vie, il prêcha un dimanche matin à la Première Église, et un autre à la Seconde.
Malgré les travaux abondants et épuisants de sa longue vie publique, le poids des années semblait peser légèrement sur lui. Il se tenait toujours droit comme un jeune homme, conservait ses facultés à un degré remarquable, et montra jusqu'à la fin la vivacité de pensée, de sentiment et d'imagination qui l'avait toujours caractérisé. Sa vie et son caractère ne parurent peut-être jamais plus riches des fruits et de la beauté de la bonté qu'en ces dernières années et ces derniers mois. Ses travaux publics étaient naturellement très limités, mais la puissance tranquille de sa vie se faisait sentir comme une bénédiction sur cette communauté que, pendant quarante ans, il avait tant contribué à guider, à façonner et à bénir.
Son dernier jour sur la terre fut un dimanche paisible, qu'il passa avec bonheur au milieu de sa famille ; au coucher du soleil, il sortit se promener avec sa femme pour écouter la musique, à l'ouverture du culte du soir, dans l'église voisine. Au moment de se coucher, il fut saisi de douleurs qui semblaient indiquer une affection du cœur ; et après quelques heures de souffrance, au lever du jour, il mourut, le 16 août 1875, deux semaines avant d'avoir achevé sa quatre-vingt-troisième année.
Le récit qui précède le montre surtout dans une seule direction de son œuvre, et sous un seul aspect de son caractère. Il le présente dans le dessein dominant, et même la passion de sa vie : celle d'un évangéliste, d'un prédicateur de la justice. Son œuvre de théologien, de maître à penser, dans l'élaboration et l'expression d'une véritable philosophie chrétienne, et d'enseignant, qui éveillait et formait la pensée des autres, a été moins en vue, et sans doute, à ses propres yeux, entièrement secondaire ; mais, aux yeux de beaucoup, elle n'a guère été moins féconde en bien pour l'Église et pour le monde. Exposer les fruits de sa vie sous ces aspects demanderait un autre volume, qui ne sera probablement jamais écrit ; mais d'autres générations en recueilleront les bienfaits, sans savoir de quelle source ils ont jailli.
Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026). Source : Memoirs of Rev. Charles G. Finney, A. S. Barnes, 1876 (archive.org, exemplaire de la bibliothèque de Cornell) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).