"Laisse ceux qui sont moralement et spirituellement morts, (Ephésiens 2.1 ; Apocalypse 3.1) rendre ce devoir à leurs morts," au sens littéral et corporel.
Cette parole absolue n'est pas facile à comprendre. Il faut qu'elle puisse se concilier avec les devoirs d'un fils, que Jésus lui même remplissait si parfaitement. (Luc 2.51 ; Jean 19.26,27) Il devait y avoir dans les dispositions intérieures de ce disciple ou dans ses circonstances de famille des raisons à nous inconnues, motivant l'ordre pressant que Jésus lui donne. Il était probablement en danger de ne plus suivre Jésus du tout, s'il ne le faisait pas à l'instant.
La parole du Maître voulait dire : Maintenant ou jamais ! L'intérêt suprême du règne de Dieu et du salut de son âme devait primer tout autre intérêt. C'est dans ce sens que Jésus disait aussi : "Si quelqu'un aime son père ou sa mère plus que moi, il n'est pas digne de moi." Mais si celui qui parle ainsi n'était qu'un homme ; ce serait de sa part l'extravagance de l'orgueil.
- Luc (Luc 9.57 et suivants, voir les notes) place ce récit beaucoup plus tard, au moment où Jésus se met en chemin pour aller mourir à Jérusalem, et il ajoute un troisième interlocuteur de Jésus aux deux que mentionne Matthieu. Il n'y a pas de raisons décisives pour préférer une époque à l'autre ; aussi les interprètes sont-ils divisés sur ce point.
On a dit que le moment solennel du départ de Jésus pour Jérusalem explique ce qu'il y a d'absolu dans son ordre à ce disciple. Peut-être ; mais ce n'est là qu'une supposition.