La sixième heure, à compter de six heures du matin, c'était midi ; la neuvième heure, trois heures.
Les trois premiers évangélistes s'accordent sur ce moment où se produisirent les ténèbres. Si elles avaient eu lieu dès le commencement du supplice de Jésus, il ne serait pas difficile de concilier ce récit avec celui de Jean Jean 19.14 qui nous apprend que ce fut environ la sixième heure (midi) que Pilate livra Jésus pour être crucifié.
Mais la difficulté gît dans le récit de Marc (Marc 15.25) (voir la note), qui place le crucifiement dès la troisième heure (neuf heures du matin), en sorte que, selon lui, Jésus avait déjà souffert trois heures le supplice de la croix au moment des ténèbres. Tout ce qui a été dit pour concilier cette différence est insuffisant. Ne vaut-il pas mieux se résigner à ce que quelque obscurité plane sur un point de détail, que de vouloir l'éclaircir à tout prix, par des raisons sans valeur ?
- Quant aux ténèbres qui s'étendirent sur toute la terre (ou selon un hébraïsme, sur tout le pays), et que les premiers évangélistes mentionnent d'un commun accord, la critique s'est efforcée de les expliquer comme un phénomène naturel. Ce ne pouvait pas être une éclipse de soleil, puisqu'au quinze du mois de nisan la lune était pleine. Ce n'était probablement pas non plus un obscurcissement causé par un orage ou par le tremblement de terre mentionné ci-après. (verset 51)
Evidemment les évangélistes entendent raconter un miracle. Sa réalité est attestée par l'impression profonde qu'en reçurent les assistants. (verset 54) Ce miracle fut une manifestation de la puissance de Dieu, dans ce moment unique de l'histoire de notre humanité.
Le sentiment religieux ne s'y est pas trompé ; il a toujours reconnu les harmonies profondes qui existent entre le monde visible et le monde des esprits ; quand le soleil de justice s'éteint au sein de la perversité humaine, le soleil de la nature se voile de ténèbres. La poésie religieuse est ici le meilleur commentaire :
A ta mort la nature entière Se répand en cris de douleur Le soleil cache sa lumière ; Les élus pleurent leur Sauveur.