On est surpris d'entendre les disciples répéter ici la même objection que lors de la première multiplication des pains ; (Matthieu 14.15) il semble que le souvenir de ce miracle aurait dû prévenir tous les doutes sur ce que leur Maître pouvait et voulait faire dans cette nouvelle nécessité.
Cette observation, et en général la similarité des deux miracles, ont inspiré à plusieurs interprètes la pensée qu'il s'agirait d'un seul et même fait, deux fois raconté, avec quelques circonstances différentes.
Ces circonstances sont pourtant assez importantes pour qu'il soit impossible d'identifier les deux faits : différence de la foule que Jésus nourrit : là, des habitants de la Galilée, au nombre de cinq mille ; ici une population des montagnes, au nombre de quatre mille ; là, cinq pains, ici sept, Ià, douze paniers de reste, ici sept. Mais ce qui met historiquement hors de doute la réalité des deux faits, ce n'est pas seulement le témoignage de Marc, (Marc 8.1 et suivants) identique à celui de Matthieu, mais c'est la parole de Jésus lui-même, rappelant les deux miracles et reprochant à ses disciples de n'en avoir pas gardé l'enseignement. (Matthieu 16.9,10 ; Marc 8.19,20)