1 Et maintenant, sacrificateurs, ce commandement est pour vous.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
1 et 9 Menaces et punition.
Ce décret. Ce n'est pas un ordre à accomplir, mais une sentence que Dieu lui-même exécutera.
2 Si vous n’écoutez pas, et si vous ne prenez pas à cœur de donner gloire à mon nom, dit l’Éternel des armées, j’enverrai parmi vous la malédiction et je maudirai vos bénédictions, et même je les ai maudites, parce que vous ne le prenez pas à cœur. 3 Voici, je vais flétrir vos semences, et je répandrai de la fiente sur vos visages, la fiente de vos fêtes, et on vous emportera avec elle. 4 Et vous saurez que je vous ai envoyé ce commandement, afin que mon alliance subsiste avec Lévi, dit l’Éternel des armées. 5 Mon alliance avec lui était la vie et la paix, et je les lui donnai pour qu’il craignea 5 litt. : [pour] crainte. ; et il me craignit et trembla devant mon nom. 6 La loi de vérité était dans sa bouche, et l’iniquité ne se trouva pas sur ses lèvres ; il marcha avec moi dans la paix et dans la droiture, et il détourna de l’iniquité beaucoup de gens. 7 Car les lèvres du sacrificateur gardent la connaissance, et c’est de sa bouche qu’on rechercheb 7 ou : doivent garder… doit rechercher. la loi, car il est le messager de l’Éternel des armées. 8 Mais vous vous êtes écartés du chemin, vous avez fait broncher beaucoup de gens à l’égard de la loi, vous avez corrompu l’alliance de Lévi, dit l’Éternel des armées. 9 Et moi aussi, je vous ai rendus méprisables et vils devant tout le peuple, parce que vous n’avez pas gardé mes voies, et avez fait acception des personnes dans ce qui concerne la loi. 10 N’y a-t-il pas pour nous tous un seul père ? Un seul ✶Dieu ne nous a-t-il pas créés ? Pourquoi agissons-nous perfidement chacun envers son frère, en profanant l’alliance de nos pères ?
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Vos revenus. On traduit parfois vos bénédictions, celles que les sacrificateurs prononçaient sur le peuple. Mais ce châtiment frapperait le peuple plus que les sacrificateurs eux-mêmes. Le terme hébreu pourrait être traduit par vos bénéfices, mot qui désigne les revenus en nature que les sacrificateurs prélevaient sur les offrandes du peuple ou qu'ils retiraient de la dîme.
Déjà je les ai maudits. La malédiction de Dieu avait déjà frappé les produits de la terre et diminué ainsi les revenus des sacrificateurs. Comparez Aggée 1.6 ; 2.19.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Je ferai manquer vos semences. Les semences que le peuple répand sur ses terres sont indirectement celles des sacrificateurs, puisque ceux-ci en retirent la dîme. C'était menacer à la fois le peuple et les sacrificateurs de la famine. Les LXX et la Vulgate ont lu zeroa (bras, épaule), au lieu de zérâ (semence), ce qui signifierait ou bien : Je vous ôterai l'épaule des victimes (qui rentrait dans la portion attribuée au sacrificateur) ; ou bien : Je tancerai votre bras ; en vous rendant incapables d'accomplir votre office à l'autel. Le texte hébreu ne permet que le sens adopté.
Je répandrai du fumier. Cette expression paraît correspondre à la précédente. A la semence qu'ils répandent sur le sol, Dieu oppose le fumier qu'il répandra sur leurs faces.
Le fumier de vos victimes. Littéralement. : le fumier de vos fêtes, c'est-à-dire des victimes que vous sacrifiez dans vos fêtes solennelles. La fiente des victimes devait être emportée hors du camp ou de l'enceinte du temple et de la ville, dans un lieu non consacré, et y être brûlée ; Exode 29.14. Comparez Jérémie 31.40, note. Sens : Je vous rendrai mépris pour mépris.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Afin que mon alliance avec Lévi subsiste. On traduit parfois : Afin que mon alliance soit avec Lévi... comme si Dieu, par ce châtiment, voulait préparer une nouvelle alliance qu'il traitera avec la tribu de Lévi. Mais la traduction admise nous parait plus conforme au texte ; le but du châtiment est de maintenir l'alliance spéciale faite jadis avec cette tribu, en empêchant qu'elle ne se rompe tout à fait par l'infidélité des sacrificateurs.
Avec Lévi. La tribu tout entière dont les sacrificateurs, descendants d'Aaron, sont les plus nobles représentants. Deutéronome 33.8-11.
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
La vie et la paix. C'étaient là les biens que la relation particulière formée entre l'Eternel et la tribu de Lévi garantissait à celle-ci.
Pour qu'il eût de la crainte. On traduit aussi : Je lui donnai la vie et la paix, ou : Et je les lui donnai (la vie et la paix), ainsi que la crainte, et il me craignit. Mais le texte est plus favorable à la traduction adoptée.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
La loi de vérité était dans sa bouche. On pourrait traduire : L'enseignement de vérité... Car le mot thôra, loi, peut avoir ce sens général. Mais si l'on admet l'origine mosaïque de la loi en tout ou en partie, il est plus naturel d'entendre thôra dans son sens technique : la loi en tant qu'énonçant les vrais rapports entre l'homme et Dieu. Le moment de l'histoire où la tribu de Lévi paraît avoir le mieux mérité cet éloge est l'époque de la vie de Moïse et des temps qui suivirent, lorsqu'elle avait pour chefs des hommes tels qu'Eléazar et Phinée. Malgré les jours de défaillance qui, bien souvent, succédèrent à ces premiers temps, cette tribu exercera pourtant en général une influence sanctifiante et préservatrice en Israël.
Pas de fraude sur ses lèvres. Les Lévites appliquaient la loi et rendaient leurs sentences avec impartialité.
Ils marchaient avec moi, joignant l'exemple aux préceptes.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
La science : en Israël, la connaissance de Dieu et de sa volonté, révélée dans la loi. On s'adressait aux sacrificateurs comme aux gardiens des oracles divins, pour obtenir instruction dans les cas embarrassants.
Parce qu'il est l'ange de l'Eternel. Le mot ange signifie proprement messager. Aggée 1.13, il est employé pour désigner un prophète. Le sacrificateur était l'interprète ordinaire et régulier de la loi ; les prophètes étaient suscités dans des occasions spéciales. Ce titre d'ange, qui se retrouve I3.1, n'est donné à aucun homme dans les livres qui datent d'avant l'exil. Est-ce de ce passage que Jean a tiré l'expression qu'il emploie dans Apocalypse chapitres 1 à 3 ?
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Mais vous. Le prophète oppose au caractère idéal du vrai sacrificateur et à sa réalisation relative dans les temps passés l'état actuel du sacerdoce.
Ecartés de la voie. Par votre exemple dans votre conduite et par votre enseignement.
Fait broncher plusieurs. En autorisant des choses défendues par la loi ; comparez 1.7-8 ; Néhémie 13.29.
Perverti l'alliance de Lévi. Violé les engagements pris au commencement par la tribu.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Je vous ai rendus méprisables. Les sacrificateurs, ne respectant pas Dieu, sont devenus eux-mêmes l'objet du mépris du peuple ; c'est le châtiment que Dieu leur inflige.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
10 à 16 Les reproches renfermés dans ce morceau s'expliquent par ce qui est raconté dans les livres d'Esdras (chapitre 10) et de Néhémie (chapitre 13), au sujet des mariages des Israélites avec les femmes idolâtres des pays avoisinants. Quant à la répudiation des femmes israélites, elle n'était sans doute qu'un moyen de faciliter ces mariages avec des païennes, auxquels inclinait le cur charnel du peuple.
N'avons-nous pas un même père ? Malachie commence ici, comme dans 1.6, par poser une vérité d'ordre général. Ce père n'est ni Adam, ni Abraham, mais Dieu, dont Israël est la famille. Toute atteinte portée à l'intégrité et à la pureté de cette famille est une offense à la sainteté de Dieu et à la dignité du peuple lui-même, par conséquent une violation de l'alliance faite par Dieu avec les pères du peuple.
Pourquoi sommes-nous infidèles ?... Pourquoi répudier une femme juive et épouser une païenne ?
11 Juda a agi perfidement, et l’abomination se commet en Israël et dans Jérusalem ; car Juda a profané le sanctuairec 11 ailleurs : lieu saint, ou chose sainte. de l’Éternel , qu’il aima, et a épousé la fille d’un ✶dieu étranger. 12 L’Éternel retranchera des tentes de Jacob l’homme qui fait cela, celui qui veille et celui qui répond, et celui qui apporte une offrande à l’Éternel des armées. 13 Et en second lieu, voici ce que vous faites : vous couvrez l’autel de l’Éternel de larmes, de pleurs et de gémissements, de sorte qu’il n’a plus égard à l’offrande, ni ne l’agrée de vos mains. 14 Et vous dites : Pourquoi ? Parce que l’Éternel est témoin entre toi et la femme de ta jeunesse, envers laquelle tu as agi perfidement ; cependant elle est ta compagne et la femme de ton alliance. 15 Et un seul ne [les] a-t-il pas faits ? Toutefois il avait le reste de l’Esprit. Et pourquoi ce seul [a-t-il fait ainsi] ? Il cherchait une semence de Dieu d 15 qqs., bien à tort, voudraient qu’on lise : L’un (Abraham) ne l’a-t-il pas fait ? lui qui avait le résidu de l’Esprit. Mais que cherchait ce seul [homme] ? Une semence de Dieu. . Or prenez garde à votre esprit ; et n’agis pas perfidement envers la femme de ta jeunesse 16 (car je hais la répudiation, dit l’Éternel , le Dieu d’Israël)… ; il couvre aussi de violence son vêtement, dit l’Éternel des armées. Prenez donc garde à votre esprit, et n’agissez pas perfidement. 17 Vous fatiguez l’Éternel par vos paroles, et vous dites : En quoi l’avons-nous fatigué ? – En ce que vous dites : Quiconque fait le mal est bon aux yeux de l’Éternel , et c’est en eux qu’il prend plaisir – ou bien : Où est le Dieu de jugement ?
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Profané ce qui est consacré : la femme israélite, consacrée à l'Eternel et objet de son amour ; à moins qu'on ne veuille entendre le mariage lui-même comme lien conclu au nom de l'Eternel.
Des filles de dieux étrangers : Filles dans le sens d'adoratrices.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
La menace suivante peut être comprise de deux manières très différentes ; ou bien : l'Eternel ôtera à un tel homme tout descendant ; celui qui veille, pour dire celui qui s'éveille à la vie ; celui qui répond, celui qui peut parler ; celui qui offre, tout fils adulte capable d'offrir un sacrifice. Ou bien : l'Eternel privera un tel homme de toute garantie de sécurité et de tout moyen de réconciliation, celui qui veille désignant la sentinelle sur les murailles de la ville ; celui qui répond, la sentinelle voisine répondant à son appel ; celui qui offre l'oblation, le sacrificateur. Qu'il ne s'en trouve pas un assez infidèle à son devoir pour offrir un sacrifice en faveur d'un pareil homme !
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
Une seconde chose. L'objet principal du reproche précédent était le mariage avec des païennes ; le prophète relève surtout dans ce qui suit le péché du divorce avec des femmes juives.
Vous couvrez de larmes l'autel. Ces larmes sont celles des femmes répudiées qui s'en vont pleurer devant Dieu dans le parvis.
De pleurs et de sanglots. Expression de la détresse à laquelle elles se trouvent réduites.
De sorte que l'Eternel n'a plus égard. Le culte du mari devient odieux à l'Eternel, par l'injure faite à sa femme.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
Et vous dites. Les Israélites ne veulent pas convenir que leur manière d'agir puisse déplaire à Dieu.
A été témoin. Comparez Genèse 31.50. On envisageait le mariage comme un lien formé en présence de Dieu. Proverbes 2.17, il est dit d'une femme infidèle qu'elle n'a pas observé l'alliance de son Dieu.
La femme de ta jeunesse. En général, les Israélites se marient jeunes. Le prophète fait appel au souvenir de cet amour juvénile.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
On traduit et explique les paroles suivantes de bien des manières. Il nous paraît que le prophète met dans la bouche de l'Israélite une objection tirée de l'exemple d'Abraham prenant une esclave égyptienne et païenne, Agar, pour femme, et laissant de côté Sara, à cause de sa stérilité. Pour cela, cependant, l'Esprit de l'Eternel ne lui a pas été retiré, Dieu n'a pas rompu avec lui.
Mais que voulait cet Un ? C'est ici la réponse du prophète : Abraham n'obéissait pas, comme les Israélites auxquels parlait Malachie, à un instinct charnel ; il cherchait seulement à obtenir cette postérité divine que Dieu lui avait promise. Le prophète aurait pu répondre, en outre, qu'Abraham, malgré cette infidélité, n'a pas répudié Sara, ni, par conséquent, rompu avec la femme de sa jeunesse (voir les mots suivants).
Cet Un : l'unique, l'incomparable, le modèle.
Nous ne mentionnerons qu'une seule des traductions différentes de la nôtre :
Pas un seul n'a fait cela, qui ait un reste de sens (ces mots étant placés dans la bouche du prophète). Et que fit l'Un ? (question adressée par les Israélites au prophète ; l'Un, c'est-à-dire Abraham.) Il cherchait une postérité de Dieu (réponse du prophète).
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
Je hais la répudiation. On traduit aussi : Si l'un hait [sa femme], qu'il la répudie ; ce serait une ironie ou : il la répudie ; le fait serait mentionné avec indignation, et la suite en indiquerait la conséquence.
C'est couvrir de violence son vêtement. Le premier motif était la haine de Dieu pour le divorce ; le second est la culpabilité qu'assume sur lui le mari en rompant le lien qui l'unit à sa femme. Au lieu de la couvrir de tendresse et de protection, selon le symbole dont nous avons un exemple Ruth 3.9, en lui faisant tort il se fait tort à lui-même, comme un homme qui déchirerait violemment son propre vêtement.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
2.17 à 4.6 L'annonce dernière du jour de l'Eternel.
Depuis Abdias, tous les prophètes avaient parlé de ce jour où la volonté des hommes se tairait devant la volonté de Dieu qui, enfin, s'exercerait souverainement pour le jugement des uns et le salut éternel des autres. Les Juifs avaient appliqué le jugement aux païens et le salut à eux-mêmes, et comme les anciens prophètes avaient rattaché dans leurs tableaux messianiques le jour de l'Eternel au retour de la captivité, une partie des Israélites rentrés dans leur patrie voyaient avec un profond mécontentement les années s'écouler, sans que l'avenir glorieux qu'ils attendaient se réalisât. De là les murmures que rappelle Malachie et qui sont le point de départ du morceau suivant, par lequel le prophète clôt son livre et en même temps la prophétie de l'Ancien Testament.
Vous avez fatigué l'Eternel. Ce n'était pas, il est vrai, tout le peuple qui était dans ce cas, mais ceux dont il est parlé 3.5 et 4.1 ; les Juifs vraiment pieux sont expressément distingués de ceux-là, 3.16 et 4.2.
Quiconque fait le mal. Ce sont, sans doute, les païens que désignent ainsi ceux qui murmurent. Ils semblent réellement être les privilégiés de l'Eternel, dans leur puissance et dans leur prospérité. S'il en est autrement, pourquoi Dieu ne les juge-t-il pas ?