1 *Et Josué assembla toutes les tribus d’Israël à Sichem, et il appela les anciens d’Israël, et ses chefs, et ses juges, et ses magistrats ; et ils se tinrent devant Dieu . 2 Et Josué dit à tout le peuple : Ainsi dit l’Éternel , le Dieu d’Israël : Vos pères, Térakh, père d’Abraham et père de Nakhor, ont habité anciennement au-delà du fleuvea 2 c.-à-d. : de l’Euphrate. , et ils ont servi d’autres dieux ; 3 et je pris votre père Abraham d’au-delà du fleuve, et je le fis aller par tout le pays de Canaan, et je multipliai sa semence : je lui donnai Isaac, 4 et je donnai à Isaac Jacob et Ésaü ; et je donnai à Ésaü la montagne de Séhir pour la posséder ; et Jacob et ses fils descendirent en Égypte ; 5 et j’envoyai Moïse et Aaron, et je frappai l’Égypte de plaies, selon ce que j’ai fait au milieu d’elle ; et ensuite je vous en fis sortir. 6 Je fis sortir vos pères de l’Égypte, et vous êtes venus à la mer ; et les Égyptiens poursuivirent vos pères avec des chars et des cavaliers jusqu’à la mer Rouge ; 7 et ils crièrent à l’Éternel , et il mit une obscurité entre vous et les Égyptiens, et fit venir la mer sur eux, et les couvrit ; et vos yeux virent ce que je fis aux Égyptiensb 7 qqs. : en Égypte. ; et vous avez habité longtemps dans le désert. 8 Et je vous amenai au pays des Amoréens qui habitaient au-delà du Jourdain ; et ils vous firent la guerre ; et je les livrai en votre main, et vous avez pris possession de leur pays, et je les détruisis devant vous. 9 Et Balak, fils de Tsippor, roi de Moab, se leva et fit la guerre contre Israël ; et il envoya et appela Balaam, fils de Béor, pour vous maudire ; 10 mais je ne voulus pas écouter Balaam, et il vous bénit expressément ; et je vous délivrai de sa main. 11 Et vous avez passé le Jourdain, et vous êtes venus à Jéricho ; et les hommesc 11 propr. : maîtres, possesseurs. de Jéricho, [et] l’Amoréen, et le Phérézien, et le Cananéen, et le Héthien, et le Guirgasien, le Hévien, et le Jébusien, vous firent la guerre, et je les livrai en votre main ; 12 et j’envoyai devant vous les frelons qui les chassèrent devant vous, [comme] les deux rois des Amoréens : ce ne fut point par ton épée ni par ton arc. 13 Et je vous donnai un pays où tu n’avais pas travaillé et des villes que vous n’aviez point bâties, et vous y habitez ; vous mangez [le fruit] des vignes et des oliviers que vous n’avez pas plantés. 14 Et maintenant, craignez l’Éternel , et servez-le en intégritéd 14 ailleurs aussi : perfection. et en vérité ; et ôtez les dieux que vos pères ont servis de l’autre côté du fleuve et en Égypte, et servez l’Éternel . 15 Et s’il est mauvais à vos yeux de servir l’Éternel , choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir, soit les dieux que vos pères qui étaient de l’autre côté du fleuve ont servis, soit les dieux de l’Amoréen, dans le pays duquel vous habitez. Mais moi et ma maison, nous servirons l’Éternel .
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
Adieux de Josué ; renouvellement de l'alliance.
Moïse, avait terminé son ministère en renouvelant dans les plaines de Moab l'alliance de Sinaï (Deutéronome 29.1 et suivants). Josué de même prend congé de ses frères en scellant tout de nouveau leur alliance avec Dieu.
Toutes les tribus : celles aussi de l'autre côté du Jourdain ; c'était l'assemblée plénière du peuple et de ses chefs.
A Sichem. Tandis que le lieu où s'étaient réunis les représentants du peuple n'était pas désigné (23.2), celui de cette assemblée-ci, beaucoup plus importante, est expressément indiqué ; voir encore verset 25. La localité de Sichem était chère au peuple par des souvenirs récents (8.30-35) et par les séjours prolongés que les patriarches y avaient faits. C'est à Sichem qu'Abraham avait reçu la promesse que sa postérité posséderait Canaan (Genèse 12.6), et que Jacob à son retour de Mésopotamie avait fait disparaître du sein de sa famille les dieux étrangers (Genèse 35.2). C'est à une décision toute pareille que Josué désire amener, en cette grande journée, son peuple tout entier (verset 14).
Devant Dieu : non sans doute que l'arche eût été transportée de Silo à Sichem, mais par les dispositions de recueillement et d'adoration du peuple et de ses chefs.
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
2 à 13 Dans la première partie de son discours, Josué signale quatre séries de bienfaits dont Israël a été l'objet :
- la vocation d'Abraham, versets 3 et 4
- la sortie d'Egypte, versets 5 à 7
- les victoires remportées sur les Amorrhéens, versets 8 à 10
- la conquête et le partage de Canaan, versets 11 à 13.
Vos ancêtres. Au lieu de s'arrêter à Abraham, Josué remonte jusqu'à Thérach, non seulement parce que, par Nachor, son fils et frère d'Abraham, Thérach était l'ancêtre de Rébecca et de Laban, le père de Léa et de Rachel (Genèse 11.27), mais aussi à cause de ce qui est dit ensuite : Ils ont servi d'autres dieux. L'idolâtrie du père d'Abraham, à laquelle la grâce divine avait arraché celui-ci, n'est nulle part dans le Pentateuque aussi expressément signalée qu'ici. Genèse 31.19,53 (note) et Genèse 35.2 sont tout à fait d'accord avec cette donnée.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Genèse 11.31 ; 12.1 ; 21.2.
v. 4 · Bible annotée · 18/10/2026
Genèse 25.24-26 ; 36.8 (Séir) ; Genèse 46.1 (en Egypte).
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
Exode 3.10 (Moïse) ; Exode 4.14 (Aaron).
Je frappai l'Egypte. Exode chapitres 7 à 11.
Ainsi que je l'ai fait : formule sommaire qui rend tout détail superflu.Voir une formule analogue Deutéronome 1.46.
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Vers la mer : Exode 14.10.
Les Egyptiens... : Exode 14.9.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
Et ils crièrent : Exode 14.10.
Ténèbres : Exode 14.20.
Il fit venir sur eux la mer : Exode 14.27.
Vos yeux ont vu : Exode 14.30.
Dans le désert : Nombres 14.33.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Au pays des Amorrhéens : Nombres 21.21-35.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Fit la guerre : non à la lettre et par les armes, car il fut arrêté par la crainte que lui inspirèrent les bénédictions de Balaam sur Israël ; mais par l'appel même de ce devin qui devait procurer à ses armées la bénédiction divine. On objecte Deutéronome 2.9, où il est dit que Dieu avait défendu à Israël de conquérir le territoire des Moabites ; mais ce qu'Israël conquit sur eux n'était plus leur territoire, mais celui que Sihon, roi des Amorrhéens, leur avait récemment pris (voir la note). Quant à Juges 11.25, qu'on objecte également, voir à ce passage.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Point écouter Balaam (Deutéronome 23.5). Dieu ne céda point aux sollicitations du devin qui cherchait à se le rendre favorable par ses sacrifices (Nombres 23.1, note).
Je vous délivrai de sa main : de la main de Balak, qui finit par ne pas faire la guerre à Israël.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
Combattirent contre vous : par leur résistance armée.
Josué 3.10, mêmes peuplades, mais dans un ordre différent.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Les frelons : voir Exode 23.28 et Deutéronome 7.20, notes.
Les deux rois des Amorrhéens. Il y a dans le texte simplement ces mots. Nous ajoutons : comme j'avais fait. L'exemple de ces deux rois est particulièrement rappelé, parce qu'il n'y en avait pas alors, dans la contrée à l'occident du Jourdain, d'aussi puissants que ces deux-là. Voir, Josué chapitre 12, le grand nombre des rois qui se partageaient alors la contrée à l'ouest du Jourdain et de la mer Morte.
Ni par ton épée, ni par ton arc : Psaumes 44.4.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
14 et 15 Seconde partie du discours. C'est l'application de la première.
Et maintenant... Obligations. imposées par de tels bienfaits.
En intégrité : de tout votre cur ; en vérité : sans hypocrisie.
Otez les dieux. L'idolâtrie existait toujours en secret, comme autrefois dans la famille de Jacob (Genèse 35.2) ; comparez verset 23 ; Amos 5.26 ; Ezéchiel 20.7,18,21; 23.8 ; Lévitique 17.7, note.
v. 15 · Bible annotée · 18/10/2026
Choisissez aujourd'hui : 1Rois 18.21.
16 Et le peuple répondit et dit : Loin de nous que nous abandonnions l’Éternel pour servir d’autres dieux ! 17 Car l’Éternel , notre Dieu , c’est lui qui nous a fait monter, nous et nos pères, du pays d’Égypte, de la maison de servitude, et qui a fait devant nos yeux ces grands signes, et qui nous a gardés dans tout le chemin par lequel nous avons marché, et parmi tous les peuples au milieu desquels nous avons passé. 18 Et l’Éternel a chassé de devant nous tous les peuples, et l’Amoréen qui habitait dans le pays. Aussi nous, nous servirons l’Éternel , car c’est lui qui est notre Dieu .
v. 16 · Bible annotée · 18/10/2026
16 à 18 Réponse du peuple.
v. 17 · Bible annotée · 18/10/2026
Début du verset, comparez Exode 20.2.
Fin du verset et suivant : Retour à l'idée du commencement, celle des bienfaits.
v. 18 · Bible annotée · 18/10/2026
Et les Amorrhéens. Ici aussi, comme au verset 12, ces ennemis sont mentionnés à part à cause de leur puissance.
Nous aussi, comme toi (verset 15).
19 Et Josué dit au peuple : Vous ne pourrez pas servir l’Éternel ; car il est un Dieu saint, il est un ✶Dieu jaloux : il ne pardonnera pas votre transgression et vos péchés. 20 Si vous abandonnez l’Éternel , et si vous servez des dieux étrangerse 20 ou peut-être : dieux des étrangers. , alors il se retournera et vous fera du mal et vous consumera après vous avoir fait du bien. 21 Et le peuple dit à Josué : Non, car nous servirons l’Éternel . 22 Et Josué dit au peuple : Vous êtes témoins contre vous-mêmes que c’est vous qui vous êtes choisi l’Éternel pour le servir. Et ils dirent : [Nous en sommes] témoins. 23 Et maintenant, ôtez les dieux étrangersf 23 ou peut-être : dieux des étrangers. qui sont au milieu de vous, et inclinez votre cœur vers l’Éternel , le Dieu d’Israël. 24 Et le peuple dit à Josué : Nous servirons l’Éternel , notre Dieu , et nous écouterons sa voix.
v. 19 · Bible annotée · 18/10/2026
19 et 10 Réplique de Josué.
Vous ne pouvez servir... Josué craint qu'Israël ne s'engage trop légèrement et sans s'être rendu compte de sa propre faiblesse. Il lui rappelle toute la difficulté et même l'impossibilité, au point de vue des forces naturelles, de satisfaire aux exigences d'un Dieu si saint, non pour qu'il renonce à s'engager à son service, mais pour qu'il ne le fasse qu'en s'appuyant sur son secours et qu'en rompant avec tout culte étranger.
v. 20 · Bible annotée · 18/10/2026
Il changera : de conduite envers vous. Dieu ne change pas en réalité, quand, l'homme venant à changer, il change sa relation avec lui ; comparez 2Timothée 2.13.
v. 21 · Bible annotée · 18/10/2026
21 à 28 Conclusion.
Israël refuse d'échapper par cette porte de l'apostasie que Josué ouvre devant lui ; comparez Jean 6.67 et suivants.
v. 22 · Bible annotée · 18/10/2026
Ce solennel entretien aboutit en quelque sorte à un acte judiciaire.
Vous êtes témoins... C'est comme si Josué voulait dire : J'ai entendu souvent vos frères se plaindre de ce qu'on les avait obligés contre leur gré à sortir d'Egypte ; si jamais vous veniez à prétendre aussi que je vous ai obligés contre votre gré à servir l'Eternel seul, vous serez les meilleurs témoins à citer contre vous-mêmes.
v. 23 · Bible annotée · 18/10/2026
Début du verset, voir verset 14.
Vos curs : Deutéronome 6.5.
25 Et Josué fit une alliance avec le peuple en ce jour-là, et lui établit un statut et une ordonnance, à Sichem. 26 Et Josué écrivit ces paroles dans le livre de la loi de Dieu . Et il prit une grande pierre, et la dressa là sous le chêne qui était auprès du sanctuaire de l’Éternel ; 27 et Josué dit à tout le peuple : Voici, cette pierre sera témoin contre nous, car elle a entendu toutes les paroles de l’Éternel , qu’il nous a dites ; et elle sera témoin contre vous, de peur que vous ne reniiez votre Dieu . 28 Et Josué renvoya le peuple, chacun à son héritage.
v. 25 · Bible annotée · 18/10/2026
Des prescriptions et des ordonnances. Mêmes termes que Exode 25.25. Comparez la note, qui s'applique aussi à la situation actuelle du peuple.
v. 26 · Bible annotée · 18/10/2026
Ecrivit ces paroles : tout ce qui s'est dit de la part du peuple dans cette grande journée de Sichem.
Au livre de la loi de Dieu : Deutéronome 31.26. A tout ce que Moïse avait consigné dans un livre (Josué 8.31 ; 23.6), Josué ajouta ce qu'à la suite de cette scène il trouva bon d'en consigner lui-même.
Sous le chêne : Genèse 12.6 ; Deutéronome 11.30, notes.
Qui était dans l'endroit consacré à l'Eternel. Il y avait là à Sichem une localité consacrée par les événements qui s'y étaient passés (Genèse 12.6 ; 33.20 ; 35.4, et plus récemment Josué 8.33 et suivants). Le voyageur Tristram a trouvé au pied du Garizim un enfoncement dans le rocher, de forme carrée, que les Mahométans appellent aujourd'hui le Pilier et dans lequel ils disent que se trouve une colonne dressée. Eux seuls ont le droit d'y entrer. Deux siècles après Josué, il est parlé (Juges 9.6) du chêne du monument qui est dressé à Sichem. Les Samaritains affirment que c'est là l'emplacement de la grande pierre que Josué dressa selon notre passage. Le mot de chêne doit être pris ici dans le sens collectif dans lequel il désigne un bois de chêne ; comparez Genèse 12.6, note.
v. 27 · Bible annotée · 18/10/2026
Elle a entendu. Les Orientaux aiment les expressions hardies : la terre dévore ses habitants ; elle rejette les impies ; le sang d'Abel, les crimes de Sodome, la rouille de l'argent des avares, les pierres crient à Dieu.
Afin que vous ne reniiez pas. Josué ne dit pas seulement : si vous venez à renier ; mais cette menace doit prévenir le reniement.
v. 28 · Bible annotée · 18/10/2026
Josué congédie le peuple sans se donner un successeur. Désormais c'est aux autorités légalement instituées en Israël à le diriger. Cependant sa présence même dans cette retraite, exerce encore une influence bienfaisante (verset 31).
29 Et il arriva, après ces choses, que Josué, fils de Nun, serviteur de l’Éternel , mourut, âgé de 110 ans. 30 Et on l’enterra dans les limites de son héritage, à Thimnath-Sérakh, qui est dans la montagne d’Éphraïm, au nord de la montagne de Gaash.
v. 29 · Bible annotée · 18/10/2026
29 à 33 Mort et ensevelissement de Josué et d'Eléazar.
Cent et dix ans : comme Joseph, son aïeul, Genèse 50.26.
Thimnath-Sérah : 19.50. Guérin a retrouvé en 1863, à 10 km de marche au nord de Gifné (Gofna), des ruines considérables appelées Dibneh ou Tibneh. En face de la colline qui porte ces ruines se trouve une montagne dont les flancs recèlent plusieurs excavations sépulcrales. La huitième d'entre elles consiste en un vestibule oblong taillé dans le rocher et soutenu par quatre piliers, sans autre ornement qu'une simple moulure dans la partie supérieure. Les parois en sont percées de 288 petites niches disposées pour recevoir des lampes dans le but de l'illuminer. Ces parois sont percées aussi de quatorze fours destinés à recevoir des cercueils, et d'un quinzième, placé en face de l'entrée qui s'ouvre sur une petite chambre sépulcrale évidemment destinée à recevoir le corps du chef de la famille à laquelle cette crypte était consacré. Ce sépulcre ne pouvait être destiné qu'a un défunt illustre, et, la localité répondant pour le nom et la situation à celle dont parle notre récit (Tibné = Thimna), il est bien probable que c'est là le tombeau de Josué. Un fait curieux a confirmé plus récemment ce rapprochement. Il est dit, non dans le texte hébreu, mais dans la traduction des Septante, à deux reprises, qu'on déposa dans le sépulcre de Josué les couteaux de pierre avec lesquels il avait circoncis le peuple à Guilgal. Or en 1870 l'abbé Richard a trouvé, dans les casiers de la chambre funéraire et dans les débris dont elle est remplie, une quantité de couteaux en silex. Il en a trouvé également en dehors de cette chambre, dans le vestibule et devant le vestibule, et il a constaté la ressemblance de ces couteaux avec ceux qu'il avait recueillis dans la plaine du Jourdain, à Guilgal, où eut lieu la circoncision du peuple.
31 Et Israël servit l’Éternel tous les jours de Josué, et tous les jours des anciens dont les jours se prolongèrent après Josué et qui avaient connu toute l’œuvre de l’Éternel , qu’il avait faite pour Israël.
32 Et on enterra à Sichem les os de Joseph, que les fils d’Israël avaient transportés d’Égypte, dans la portion de champ que Jacob avait achetée des fils de Hamor, père de Sichem, pour 100 kesitasg 32 kesita, poids d’or ou d’argent dont on ignore la valeur. , et qui devint l’héritage des fils de Joseph.
v. 32 · Bible annotée · 18/10/2026
Avaient emportés d'Egypte : Genèse 50.25 ; Exode 13.19.
Dans la pièce de terre : Genèse 33.19. Jacob l'avait spécialement léguée à Joseph : Genèse 48.22 ; voir note.
Les reçurent en propriété. Il ne faut pas traduiree contre le texte : la reçurent. Comme la pièce de terre était dans le territoire des fils de Joseph, il n'y avait plus à la leur donner ; il s'agit bien plutôt des os de Joseph (malgré le genre masculin du pronom les et le genre feminin du mot os en hébreu). Ce sens explique en même temps la place de cette notice. Ce dépôt des os de Joseph avait eu lieu sans doute bien avant la mort de Josué ; s'il est raconté ici, c'est en rapport avec la mention de l'ensevelissement de Josué : Ephraïm posséda dans son territoire ces deux tombes. La relation que nous signalons est expressément indiquée par le mot aussi. Comme Juda possédait Macpéla, avec les corps des patriarches, Ephraïm eut également sa part des reliques sacrées.
33 Et Éléazar, fils d’Aaron, mourut ; et on l’enterra dans le coteau de Phinées, son fils, qui lui avait été donné dans la montagne d’Éphraïm.
v. 33 · Bible annotée · 18/10/2026
Au récit de la mort du successeur de Moïse est rattaché celui de la mort du successeur d'Aaron.
Auquel elle avait été donnée. Si Guibéa était une ville lévitique, on comprend qu'on avait pu, par reconnaissance, en donner au souverain sacrificateur toute la partie non occupée par des Lévites. Dans ce cas il faudrait voir dans notre Guibéa soit Guéba (21.17) en Benjamin, soit Guibbéthon (21.23) en Ephraïm, villes désignées comme lévitiques. Josèphe parle d'une ville de Gabatha où se trouvait le sépulcre d'Eléazar.
Conclusion.
Le livre de Josué est la clôture de l'histoire patriarcale. La famille d'Abraham, devenue un peuple durant son séjour en Egypte, a été mise en possession du lieu de repos que Dieu avait promis à ses pères et où ce peuple devra servir désormais à préparer le salut du monde. Avant de le suivre dans la manière dont il a accompli cette tâche, relevons encore trois objections que l'on a faites fréquemment contre la moralité ou la vérité du récit contenu dans ce livre.
On s'est scandalisé de la guerre d'extermination que Dieu doit avoir ordonnée à son peuple. Mais pour comprendre cette mesure sévère on doit tenir compte de deux choses : la première que dès le temps d'Abraham l'existence de ces peuples, livrés déjà à la plus affreuse corruption (exemple de Sodome et Gomorrhe), n'était plus qu'une affaire de tolérance, comparez Genèse 15.10 où Dieu dit : L'iniquité des Amorrhéens n'est pas encore arrivée à son comble. Elle avait atteint le degré fatal. Puis il faut considérer que dans l'état d'infirmité morale où était encore Israël, avec ses dispositions à l'idolâtrie, à l'impureté et aux autres vices dans lesquels croupissaient les Cananéens, Dieu ne pouvait exposer son peuple à une communauté de vie avec eux sans perdre le premier, tout en ne sauvant pas les derniers ; comparez Deutéronome 7.2-4 : Tu ne t'allieras point avec eux, tu ne prendras point leurs filles pour tes fils car elles détourneraient tes fils de mon service et ils serviraient d'autres dieux et la colère de l'Eternel s'allumerait contre vous et il t'exterminerait aussitôt. C'est l'idolâtrie et la corruption que Dieu extirpe et non les ennemis d'Israël, puisqu'il extirpera Israël lui-même, si celui-ci vient à se livrer aux mêmes péchés. Ce qui le prouve encore, c'est que Dieu distingue expressément, Deutéronome 20.10 et suivants, entre la manière de procéder avec les villes des Cananéens et celles des ennemis étrangers. Un père interdit à son fils la société intime d'un camarade corrompu. Dieu n'avait pas d'autre moyen d'empêcher la communauté de vie entre Israël et les Cananéens, qui occupaient le pays destiné au premier, que de les détruire. Et il avait laissé écouler quatre siècles, jusqu'à ce que le jugement fût complètement mérité. Voilà le vrai sens des documents.
On signale en second lieu une contradiction dans le récit. D'un côté il semble parfois que la conquête soit absolument achevée, de l'autre il est dit qu'il reste encore beaucoup à conquérir ; comparez par exemple 21.43-45 et 23.1 avec 23.4. Mais remarquons que deux de ces passages, que l'on dit contradictoires, se trouvent dans le même discours de Josué. Il est donc impossible qu'ils se contredisent réellement. Il faut seulement ne pas exagérer le sens des expressions employées. En un sens la conquête a eu un caractère soudain et complet, c'est-à-dire que les deux grandes batailles, avec les expéditions qui ont suivi immédiatement, ont livré en une seule fois le pays au pouvoir d'Israël, dans le sens, par exemple, où l'Algérie était au pouvoir de la France à la suite des premières expéditions par lesquelles fut conquis le pays. Etait-ce à dire que la soumission fût complète ? Non, car les, tribus arabes ont bien des fois depuis lors relevé la tête et la guerre a dû recommencer à plusieurs reprises. De même la conquête de Canaan, à côté de son caractère soudain et immédiat, a eu aussi un caractère progressif. Les Cananéens s'étaient maintenus dans certaines villes fortifiées qu'il fallut prendre et reprendre, et dans certains districts difficilement accessibles aux Israélites, et lors même que ces districts avaient été assignés à telle ou telle tribu, ils étaient loin d'être complètement soumis. La guerre générale concernant tout le pays et tout le peuple était achevée ; mais les guerres particulières concernant les tribus et leurs districts devaient recommencer bientôt après le premier établissement, à moins qu'Israël ne faillit à sa mission.
Enfin l'on découvre une contradiction dans les trois explications différentes qui sont données du fait que Dieu laissa subsister une partie des Cananéens au milieu d'Israël : d'une part il est dit que ce fut pour empêcher la multiplication des bêtes sauvages dans un pays qui autrement fût resté en partie inhabité (Exode 23.29) ; dans d'autres passages ce fait est mis sur le compte de la lâcheté et de l'indolence d'Israël, dans d'autres enfin il est dit que Dieu voulait se servir de la présence de ces peuples pour exercer la fidélité morale et développer les capacités militaires de son peuple. On s'explique le premier motif quand on considère qu'à peu près un quart du peuple s'était fixé à l'orient du Jourdain et quand on se rappelle ce qui est raconté de la multiplication des bêtes féroces dans la Samarie à la suite de la prise du pays par les Assyriens (2Rois 17.25).Quant au second et au troisième motif, ils ne se contredisent pas en ce sens que la tolérance des Israélites à l'égard des Cananéens dépassa de beaucoup la mesure dans laquelle l'Eternel aurait consenti à laisser subsister quelques peuplades de ces derniers sur les confins du pays de Canaan, et comme voisins d'Israël. Le peuple aurait dû les détruire dans son propre sein, mais il devait demeurer moralement et militairement en lutte avec eux comme ennemis extérieurs. Malgré l'existence reconnue de documents divers au moyen desquels a été composé le récit, aucune contradiction réelle ne nous paraît compromettre la vérité des faits racontés dans ce livre.