Jean mentionne d'abord d'une manière indéterminée un disciple ; puis il précise : « C'était André. » On croit l'entendre raconter. Et comment ne pas se rappeler qu'André était précisément, d'après la tradition du Fragment de Muratori, présent au moment de la composition de l'évangile ? Sa qualité de frère de Simon Pierre avait déjà été indiquée 1.41. Cela ne suffisait-il pas ? Assurément : mais le personnage d'André ne peut se représenter à l'esprit de Jean, sans qu'il se rappelle combien il tenait de près à Simon Pierre, le principal d'entre les apôtres. Et l'on prétend que l'une des tendances de la narration johannique est de dénigrer Pierre ! - André donne aussi dans le piège tendu à son condisciple, et c'est sans doute avec une malicieuse gaieté que l'évangéliste se plaît à rapporter in extenso leurs paroles, qui contrastent si fort avec le magnifique déploiement de puissance qui se prépare. - Le mot ἕν, un seul, qu'avait rétabli Tischendorf en 1859, est supprimé par lui dans la 8e éd., d'après les alex. et Origène, à tort assurément. On comprend bien mieux comment il a pu être omis qu'ajouté. Il fait ressortir l'exiguïté de la ressource qui se présente : « Un seul qui ait quelque chose ! » C'était quelque petit revendeur qu'André venait d'aviser dans la foule. - Le pain d'orge était celui des classes pauvres.