L'expression la montagne désigne, non une montagne particulière qui se trouvait là (car la localité n'a pas été désignée), mais la contrée montagneuse, en opposition à la plaine du littoral. Jésus avait cherché là un lieu solitaire et s'y entretenait avec ses disciples. - L'expression de Jean a quelques rapports avec celle de Matthieu 15.29, immédiatement avant la seconde multiplication des pains.
Quel est le but de la remarque du v. 4 ? Est-ce une notice chronologique ? Dans ce cas-là, elle aurait plutôt été placée au commencement du récit. Elle arrive ici occasionnellement, à la manière de Jean, comme remarque explicative (comparez 1.24). Mais dans quel but ? Selon Meyer, pour expliquer le grand rassemblement dont il est parlé v. 5. Mais cette explication le force à distinguer cette foule de celle du v. 2, ce qui est évidemment inadmissible. Weiss le reconnaît et voit au v. 2 et au v. 5 la foule des pèlerins qui se disposent à se rendre à Jérusalem pour la Pâque. Mais qu'avaient à faire les caravanes allant à cette fête dans ce lieu écarté ? Et ne résulte-t-il pas clairement du v. 2 que ces nombreux arrivants ne sont autres que les foules qui accompagnaient habituellement Jésus en Galilée ? La mention de la fête prochaine doit donc servir à expliquer, non la présence des troupes, mais la conduite de Jésus envers elles. Ne pouvant se rendre à Jérusalem pour la fête (7.1), Jésus, en voyant ces foules accourir vers lui au désert, reconnaît dans cette circonstance inattendue un signal du Père. Il met cette affluence en rapport avec la fête qui va se célébrer à Jérusalem et il se dit pour lui-même, pour ses disciples, pour cette multitude : « Nous aurons aussi notre Pâque ! » - C'est là la pensée qui met dans son vrai jour le miracle suivant, comme le confirment les discours qui s'y rattachent. Car Jésus s'y représente comme celui dont la chair et le sang sont destinés à faire vivre les croyants, ce qui rappelle sans doute l'immolation et le manger de l'agneau pascal. Par ce verset 4, Jean nous donne donc la clef de tout le récit, comme il nous avait donné, 3.1, par ces mots : d'entre les pharisiens, celle de tout l'entretien avec Nicodème. Les dénégations de Weiss et de Keil ne nous paraissent appuyées sur aucune raison suffisante. Le terme ἡ ἑορτὴ τῶν Ἰουδαίων, des Juifs, doit, selon Keil, expliquer le mot de Pâque, inconnu des lecteurs grecs, ou, selon d'autres, désigner cette fête comme « la fête par excellence pour les Juifs ; » mais comparez 2.13 et 7.2. Peut-être Jean veut-il faire sentir le divorce qui s'accentue de plus en plus entre Jésus et le peuple qui lui devient étranger. - Par le trait Luc 6.1-5 et parallèles, nous constatons aussi chez les synoptiques un printemps passé en Galilée durant le cours du ministère accompli dans cette province.