Comme Jésus avait dit : Travaillez (littéralement opérez), les auditeurs, croyant entrer dans sa pensée, lui demandent : Comment opérer ? En quoi consistent les œuvres à accomplir pour obtenir l'aliment que tu nous offres ? Ils les appellent les œuvres de Dieu, en tant que réclamées de Dieu comme condition de ce don. Ils partent en cela du point de vue légal et visent dans ces œuvres à faire un travail dont l'aliment miraculeux doit être le salaire. Il m'est impossible d'entrevoir ce qu'il peut y avoir de « grotesque » ou d'invraisemblable dans cette réponse des Juifs (Reuss). Elle est conforme à de nombreuses questions du même genre dans les synoptiques (Matthieu 19.16 ; Luc 10.25, etc.). Jésus entre à son tour dans cette idée d'œuvres à faire ; seulement il les réduit toutes à une seule : l'œuvre, en opposition aux œuvres (v. 28). Cette œuvre est la foi en lui : en d'autres termes : le don de Dieu doit être, non mérité, mais simplement accepté. La foi en celui que Dieu envoie pour le communiquer est la condition unique pour le recevoir. - Il est évident que, dans ce contexte le génitif τοῦ θεοῦ, de Dieu, désigne, non l'auteur de l'œuvre (Augustin), mais celui en vue de qui elle est faite : il s'agit de l'œuvre que Dieu demande. - Ce qu'on appelle le paulinisme est impliqué dans cette réponse, trait d'union entre Paul et Jacques. La foi est réellement une œuvre, l'œuvre suprême, car par elle l'homme se donne, et l'être libre ne peut rien faire de plus grand que de se donner. C'est dans ce sens que Jacques oppose l'œuvre à une foi qui n'est qu'une morte croyance intellectuelle ; comme c'est dans un sens analogue que Paul oppose la foi aux œuvres de pure observance. La foi vivante de Paul est au fond l'œuvre vivante de Jacques, selon cette formule souveraine de Jésus : « L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez. » - A la discussion sur le vrai travail humain qui conduit à la possession du don céleste, s'en rattache une nouvelle sur le chemin pour parvenir à la foi. Les Juifs estiment qu'il leur faut pour cela des miracles toujours nouveaux. Jésus leur déclare que le vrai signe est là : c'est lui-même.
3o v. 30 à 33. Le chemin pour arriver à la foi.