Quelque chose dans le ton et l'expression de Jésus a fait entendre à Marie que ce refus laisse place à un exaucement plus modeste. Peut-être, dans ce récit si sommaire, y a-t-il ici l'omission d'un détail que le lecteur doit suppléer lui-même d'après ce qui suit (absolument comme cela a lieu 11.28), détail qui motiverait la recommandation de Marie aux serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira. » Comment, dans ce moment de joie céleste, où Jésus recevait son Epouse des mains de son Père, eût-il repoussé complètement la prière de celle qui, pendant trente années, venait de prendre de lui le soin le plus tendre et dont il allait se séparer pour toujours ? Jésus, sans avoir besoin d'autre signe de la volonté de son Père, accorde à la foi de sa mère un exaucement analogue à celui que plus tard il n'a point refusé à une étrangère, à une païenne (Matthieu 15.25). - Si la critique a trouvé dans les obscurités de ce dialogue une preuve contre la vérité du récit, c'est gauchement conclure. Cette concision unique est, au contraire, le sceau de son authenticité. - Par cette expression : quoi qu'il vous dise, Marie réserve la pleine liberté d'action de son fils et rentre ainsi dans les limites qu'elle avait tenté de franchir.