Plus de crainte qu'on ne le forçât de condamner Jésus.
Quelle était la cause de cette crainte croissante ?
Les interprètes sont à peu près unanimes à penser que Pilate, en entendant ce mot de Fils de Dieu, et sous l'impression qu'il pouvait avoir reçue de la présence et des paroles de Jésus, voyait réellement en lui quelque être surnaturel, le fils d'un dieu. Sa crainte aurait eu ainsi un caractère superstitieux, qu'elle pouvait avoir revêtu à la suite de l'avertissement que la femme de Pilate venait de lui donner. (Matthieu 27.19)
Cette explication n'est point, comme on l'a prétendu, psychologiquement improbable, car la superstition s'allie très bien avec le scepticisme ou l'incrédulité. Sans doute, on pourrait attribuer la crainte de Pilate à une autre cause.
On exigeait de lui la ratification d'une sentence de mort conformément à une loi (verset 7) qu'il ne connaissait pas et sur un grief religieux qu'il ne pouvait admettre
En outre, ce grief était formulé par des ennemis acharnés dont il pénétrait toute la haine, et qui changeaient de chef d'accusation en sa présence. Cette dernière circonstance devait frapper d'autant plus le magistrat, qu'il allait voir ces juges iniques revenir bientôt à leur accusation politique. (verset 12)
Mais ce qui décide en faveur de la première explication, c'est la question de Pilate à Jésus. (verset 9)