Cette pensée si émouvante pour Paul et pour ses auditeurs (verset 28) complète celle de verset 22 : les liens et les afflictions qu'il prévoyait par l'Esprit rendront leur séparation définitive, les anciens d'Ephèse ne verront plus celui qui leur a annoncé le salut et la vie ! Et il dit cela, non seulement à ses auditeurs présents, mais à tous ceux qui, en Asie, avaient entendu sa prédication.
Quel est son but en déclarant cette douloureuse conviction ? Non pas certes de provoquer une vaine émotion ; mais, comme dit Bengel, afin que tout ce discours pénétrât avec d'autant plus de puissance dans les cœurs.
C'étaient là ses dernières paroles : elles devenaient sacrées comme un testament.
- L'apôtre dit : je sais. Pendant sa captivité à Rome il exprime l'espoir d'être délivré par les prières de ses frères et de retourner en Asie. (Philippiens 1.25,2.24)
D'après 1Timothée 1.3 ; 2Timothée 4.13,20, il revint en effet dans ces contrées. (Voir l'Introduction aux ép. pastorales.) Son pressentiment ne s'est donc pas accompli. Il n'en était pas moins un produit de l'Esprit de Dieu, car le plan de Dieu ne se déroule pas avec une rigueur mécanique. (1Thessaloniciens 2.18)
Si l'on insiste sur le fait que Paul n'exprime pas seulement une appréhension, mais dit : Je sais, on peut supposer qu'aucun de ses auditeurs de Milet ne revit son visage.
"Après un grand nombre d'années, ils pouvaient être morts ou dispersés."Bengel