Tout par grâce · Charles H. Spurgeon
Chapitre 1
À vous !
Ce livre n'a qu'un but : le salut de celui qui le lit. Celui qui l'a prononcé et écrit sera profondément déçu s'il ne conduit pas beaucoup de gens au Seigneur Jésus. Il est envoyé dans une dépendance d'enfant à l'égard de la puissance de Dieu le Saint-Esprit, pour qu'il s'en serve, si tel est son bon plaisir, à la conversion de millions de personnes. Sans doute beaucoup d'hommes et de femmes pauvres prendront en main ce petit volume, et le Seigneur viendra les visiter dans sa grâce. C'est dans ce but que j'ai choisi la langue la plus simple et que j'ai employé bien des expressions de tous les jours. Mais si des gens riches ou haut placés jettent un coup d'œil sur ce livre, le Saint-Esprit peut les toucher, eux aussi ; car ce que les gens sans instruction peuvent comprendre n'en est pas moins attirant pour les gens instruits. Oh ! si seulement quelques-uns de ceux qui le liront pouvaient devenir de grands gagneurs d'âmes !
Qui sait combien de personnes trouveront le chemin de la paix grâce à ce qu'elles liront ici ? Mais pour vous, cher lecteur, la question la plus importante est celle-ci : serez-vous l'une d'elles ?
Un homme avait installé une fontaine au bord du chemin, et il avait suspendu tout près une tasse, attachée par une petite chaîne. Quelque temps après, on lui rapporta qu'un grand critique d'art avait trouvé beaucoup à redire à son dessin. « Mais, dit-il, est-ce que beaucoup de gens qui ont soif viennent y boire ? » On lui répondit alors que des milliers de pauvres gens, hommes, femmes et enfants, venaient étancher leur soif à cette fontaine. Il sourit et dit que la remarque du critique ne le troublait guère ; il espérait seulement qu'un jour d'été étouffant, le critique lui-même remplirait la tasse, serait rafraîchi, et louerait le nom du Seigneur.
Voici ma fontaine, et voici ma tasse : critiquez si vous voulez, mais buvez de l'eau de la vie. C'est la seule chose qui m'importe. J'aimerais mieux faire du bien à l'âme du plus pauvre balayeur de rue ou du plus pauvre chiffonnier que de plaire à un prince du sang sans réussir à le convertir à Dieu.
Lecteur, est-ce pour de bon que vous lisez ces pages ? Si oui, nous voilà d'accord dès le départ ; mais sachez que ce que l'on cherche ici n'est rien de moins que ceci : que vous trouviez Christ et le ciel. Oh ! si nous pouvions le chercher ensemble ! Moi, je le fais en consacrant ce petit livre par la prière. Ne voulez-vous pas vous joindre à moi en levant les yeux vers Dieu et en lui demandant de vous bénir pendant votre lecture ? La Providence a mis ces pages sur votre chemin, vous avez un peu de temps libre pour les lire, et vous êtes disposé à y prêter attention. Ce sont de bons signes. Qui sait si le moment fixé pour votre bénédiction n'est pas venu ? En tout cas, comme le dit le Saint-Esprit : « Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs » (Hébreux 3,7-8).
Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026). Source : All of Grace, Robert Carter & Brothers, 1886 (archive.org, exemplaire du Princeton Theological Seminary) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).