Sermons sur les grands thèmes de l'Évangile · Charles G. Finney
Sermon 1
L'amour de Dieu pour un monde pécheur
« Car Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Jean 3,16)
Le péché est ce qui coûte le plus cher dans tout l'univers. Rien d'autre ne peut coûter autant. Qu'il soit pardonné ou non, son prix est immense, sans limite. S'il est pardonné, c'est surtout Celui qui a pris notre place pour payer la faute qui en porte le coût ; s'il n'est pas pardonné, c'est le pécheur coupable qui doit le porter lui-même.
Le péché existe : chacun en fait l'expérience, partout, et chacun le constate, partout. Il y a du péché partout dans l'humanité, et sous des formes terriblement graves.
Pécher, c'est désobéir à une loi d'une importance infinie, une loi pensée et faite pour assurer le plus grand bien de tout l'univers. Obéir à cette loi est, par nature, indispensable au bonheur des créatures. Sans obéissance, il ne pourrait pas y avoir de bonheur, même au ciel.
Puisque le péché viole une loi si importante, on ne peut pas le prendre à la légère. Aucun gouvernement ne peut se permettre de traiter la désobéissance comme une broutille, car tout, le bien-être du gouvernement et de tous ceux qu'il gouverne, dépend de l'obéissance. Plus les intérêts en jeu ont de valeur, plus il est nécessaire de protéger la loi et de punir la désobéissance.
Rien de ce que Dieu fait ne doit déshonorer sa loi. Or la désobéissance de l'homme l'a déshonorée ; Dieu doit donc d'autant plus la défendre, pour lui rendre son honneur. Le pire déshonneur qu'on puisse faire à une loi, c'est de la renier, de lui désobéir et de la mépriser. Et c'est exactement ce que l'homme pécheur a fait. Cette loi n'est pas seulement bonne : elle est en elle-même indispensable au bonheur de ceux qu'elle gouverne. Il devient donc absolument nécessaire que celui qui l'a donnée la fasse respecter. Il doit le faire, coûte que coûte.
Voilà pourquoi le péché a entraîné le gouvernement de Dieu dans une dépense immense. Ou bien la loi devait être appliquée, au prix du bonheur de toute l'humanité, ou bien Dieu devait accepter de subir les pires conséquences du mépris de sa loi ; et ces conséquences, sous une forme ou une autre, devaient entraîner une dépense immense.
Prenons l'exemple de n'importe quel gouvernement humain. Supposons que les lois justes et nécessaires qu'il impose soient reniées et bafouées. Dans ce cas, il faut rendre honneur à la loi violée en appliquant la peine prévue ; sinon, il faudra supporter autre chose qui ne coûtera pas moins cher, et probablement beaucoup plus. La désobéissance se paie forcément en bonheur perdu, quelque part, et en très grande quantité.
Dans le cas du gouvernement de Dieu, il a été jugé bon de prévoir un Remplaçant : quelqu'un qui permettrait de sauver le pécheur tout en rendant honneur à la loi. Une fois cela décidé, la grande question suivante était : comment couvrir la dépense ?
La Bible nous dit comment la question a été réglée. Par une levée de volontaires, dirai-je, ou par un don ? Appelons-le comme nous voudrons, ce fut une offrande volontaire. Qui va ouvrir la souscription ? Qui va donner le premier, quand il faut réunir une somme si énorme ? Qui fera le premier sacrifice ? Qui fera le premier pas dans un projet si immense ? La Bible nous le dit. Tout a commencé par le Père, le Dieu infini. C'est lui qui a fait le premier grand don. Il a donné son Fils unique, pour commencer ; et après l'avoir donné en premier, il donne aussi gratuitement tout ce que la situation peut encore exiger. D'abord, il a donné son Fils pour accomplir le sacrifice que réclamait la loi ; puis il a donné et envoyé son Saint-Esprit pour prendre en charge cette œuvre. Le Fils, de son côté, a accepté de se tenir à la place des pécheurs pour les représenter, afin de rendre honneur à la loi en souffrant à leur place. Il a versé son sang ; il a déposé sur l'autel, comme un don gratuit, toute une vie de souffrance ; il n'a pas détourné son visage des crachats, ni son dos des coups ; il n'a pas reculé devant les pires outrages que des hommes méchants pouvaient lui infliger. De même, le Saint-Esprit, lui aussi, se donne sans relâche, dans des efforts où il renonce à lui-même, pour mener à bien ce grand projet.
Il aurait été bien plus rapide de lever la main contre les méchants de notre race et de les envoyer tous en enfer sur-le-champ, comme il l'a fait autrefois quand certains anges « n'ont pas gardé leur origine » (Jude 6). La révolte avait éclaté au ciel. Dieu ne l'a pas supportée longtemps autour de son trône élevé. Mais dans le cas de l'homme, il a changé de manière d'agir : il ne les a pas tous envoyés en enfer ; il a conçu un vaste plan, avec des moyens qui demandaient des renoncements et des sacrifices de soi absolument étonnants, pour ramener les âmes des hommes à l'obéissance et au ciel.
Pour qui ce grand don a-t-il été fait ? « Dieu a tant aimé le monde » : cela veut dire toute l'humanité. Dans ce passage, le mot « monde » ne peut pas désigner seulement une partie des hommes ; il désigne toute la race humaine. La Bible le montre, et la nature même des choses le montre aussi : le sacrifice de Christ a forcément été fait pour le monde entier. En effet, s'il n'avait pas été fait pour toute l'humanité, personne ne pourrait jamais savoir qu'il a été fait pour lui ; et donc personne ne pourrait croire en Christ au sens où l'on reçoit par la foi les bienfaits de ce sacrifice. Si ce sacrifice ne concernait qu'un nombre limité de personnes, sans qu'on puisse savoir lesquelles, le don tout entier serait perdu, puisqu'il serait impossible de le recevoir par une foi raisonnable. Imaginez un homme riche qui fait un testament pour laisser certains biens à certaines personnes inconnues, désignées seulement sous le nom d'« élus ». Elles ne sont décrites par rien d'autre que ce mot. Tout le monde reconnaît que l'auteur du testament avait ces personnes précises en tête, mais qu'il n'a laissé d'elles aucune description que ni ces personnes elles-mêmes, ni les tribunaux, ni personne au monde ne puisse comprendre. Un tel testament est forcément nul, sans aucune valeur. Personne ne peut rien réclamer en vertu de ce testament ; et ce serait pareil si ces élus étaient décrits comme des habitants d'Oberlin. Puisque le testament ne concerne pas tous les habitants d'Oberlin, et qu'il ne précise pas lesquels, tout est perdu. Chacun ayant le même droit, et personne un droit précis, personne ne peut hériter. Si le sacrifice de Christ avait été fait de cette manière, personne n'aurait de raison valable de se croire parmi les élus avant d'avoir reçu l'Évangile. Il n'aurait donc aucun droit de croire et d'en recevoir les bienfaits par la foi. En réalité, dans cette hypothèse, le sacrifice de Christ ne servirait à rien du tout, à moins que Dieu ne fasse une révélation spéciale aux personnes à qui il est destiné.
Mais en réalité, le simple fait qu'un homme appartienne à la descendance d'Adam, qu'il soit un être humain, né d'une femme, suffit amplement. Cela le fait entrer dans le cercle. Il fait partie de ce monde pour lequel Dieu a donné son Fils, afin que quiconque croirait en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle.
Ce qui a poussé Dieu, au fond de lui, à faire ce grand don, c'est l'amour : l'amour pour le monde. Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils pour qu'il meure pour lui. Dieu aimait aussi l'univers entier, mais ce don de son Fils est né de son amour pour notre monde. Bien sûr, dans ce grand acte, il a pris soin de veiller aux intérêts de l'univers. Il a fait attention à ne rien faire qui puisse affaiblir le moins du monde le caractère sacré de sa loi. Il a voulu, avec le plus grand soin, éviter que l'on se trompe sur l'importance qu'il accorde à sa loi, et aux grands enjeux de l'obéissance et du bonheur dans l'univers des êtres libres qu'il gouverne. Il a voulu écarter une fois pour toutes le danger qu'un être libre et responsable soit tenté de prendre la loi morale à la légère.
Plus encore : s'il a livré son Fils à la mort, ce n'est pas seulement par amour pour les âmes, mais aussi par respect pour l'esprit de la loi de sa propre raison éternelle. C'est là que sa décision de livrer son Fils a pris naissance. La loi de sa propre raison doit être honorée et tenue pour sacrée. Il ne peut rien faire qui aille contre son esprit. Il doit faire tout ce qui est possible pour empêcher que le péché soit commis, et pour gagner la confiance et l'amour de ceux qu'il gouverne. Ces grands buts étaient si sacrés à ses yeux qu'il était prêt à plonger son Fils dans son propre sang plutôt que de mettre en danger le bien de l'univers. Il n'y a aucun doute : c'est l'amour, et le souci du plus grand bien de l'univers, qui l'ont poussé à sacrifier son Fils bien-aimé.
Examinons maintenant avec attention la nature de cet amour. Le texte insiste tout particulièrement là-dessus : Dieu a « tant » aimé. Son amour était d'une nature si merveilleuse et si unique qu'il l'a conduit à livrer son Fils unique à la mort. Cette expression veut évidemment dire plus que la grandeur de cet amour : elle dit qu'il est d'un genre tout à fait à part. Si nous ne le comprenons pas, nous risquons de tomber dans l'étrange erreur des universalistes, ceux qui croient que tous les hommes seront sauvés : ils parlent sans cesse de l'amour de Dieu pour les pécheurs, mais l'idée qu'ils se font de cet amour ne conduit jamais à la repentance ni à une vie sainte. Ils semblent voir cet amour comme une simple gentillesse, et se représentent Dieu comme un être très gentil, que personne n'a besoin de craindre. De telles idées ne poussent pas du tout à la sainteté, bien au contraire. C'est seulement quand nous comprenons quelle est la vraie nature de cet amour que nous sentons sa force morale nous pousser vers la sainteté.
On peut raisonnablement demander : si Dieu a aimé le monde d'un amour qui se distinguait par sa grandeur, et seulement par sa grandeur, pourquoi n'a-t-il pas sauvé le monde entier sans sacrifier son Fils ? Cette question suffit à nous montrer que ce petit mot « tant » a un sens profond, et elle devrait nous pousser à l'étudier avec soin.
1. Par nature, cet amour n'est pas le plaisir que l'on prend aux qualités de quelqu'un : Dieu ne prenait pas plaisir au caractère de l'humanité. C'était impossible, car il n'y avait rien d'aimable dans ce caractère. Si Dieu avait aimé une telle race en l'approuvant et en y prenant plaisir, cela l'aurait couvert d'une honte infinie.
2. Ce n'était pas une simple émotion ou un simple sentiment. Ce n'était pas un élan aveugle, même si beaucoup semblent le croire. On s'imagine souvent que Dieu a agi comme les hommes quand ils se laissent emporter par une forte émotion. Mais il n'y aurait là aucune vertu. Un homme pourrait donner tout ce qu'il possède sous le coup d'un tel élan aveugle, sans être plus vertueux pour autant. En disant cela, nous n'enlevons pas toute émotion à l'amour désintéressé, ni à l'amour de Dieu pour un monde perdu. Dieu a éprouvé de l'émotion, mais pas seulement de l'émotion. D'ailleurs, la Bible nous enseigne partout que l'amour de Dieu pour l'homme perdu dans ses péchés était un amour de père : l'amour d'un père pour ses enfants, ici pour des enfants révoltés, désobéissants et prodigues. Dans un tel amour se mêle forcément la plus profonde compassion.
3. Du côté de Christ, vu comme celui qui se tient entre Dieu et les hommes, cet amour est un amour de frère. « Il n'a pas honte de les appeler frères » (Hébreux 2,11). D'un certain point de vue, il agit pour des frères ; d'un autre, pour des enfants. Le Père l'a livré pour cette œuvre, et partage donc naturellement l'amour qui convient à ces liens.
4. Cet amour était forcément tout à fait désintéressé, car Dieu n'avait rien à espérer ni à craindre : il n'avait aucun profit à tirer de ses enfants s'ils étaient sauvés. D'ailleurs, il est impossible d'imaginer Dieu égoïste, puisque son amour embrasse toutes les créatures et tous les intérêts, selon leur vraie valeur. Sans doute, il a pris plaisir à sauver notre race ; pourquoi pas ? C'est un grand salut, à tous points de vue ; il augmente beaucoup le bonheur du ciel, et il touchera profondément la gloire et le bonheur du Dieu infini. Il se respectera éternellement lui-même pour un amour aussi désintéressé. Il sait aussi que toutes ses saintes créatures le respecteront éternellement pour cette œuvre et pour l'amour qui l'a fait naître. Mais disons-le aussi : il savait qu'elles ne le respecteraient pas pour cette grande œuvre si elles ne voyaient pas qu'il l'a faite pour le bien des pécheurs.
5. Cet amour était ardent. Ce n'était pas cette froideur de cœur que certains imaginent, ni une idée abstraite, mais un amour profond, ardent, sincère, qui brûlait en lui comme un feu que rien ne peut éteindre.
6. Ce sacrifice demandait un immense renoncement. Cela n'a-t-il rien coûté au Père de livrer son propre Fils bien-aimé à la souffrance, et à une telle mort ? Si ce n'est pas là renoncer à soi-même, qu'est-ce donc ? Livrer ainsi son Fils à tant de souffrances, n'est-ce pas le plus noble des renoncements ? L'univers n'aurait jamais pu avoir l'idée d'un grand renoncement sans un tel exemple.
7. Cet amour s'adressait à chacun parce qu'il s'adressait à tous, et il s'adressait à tous parce qu'il s'adressait à chacun. Dieu aimait chaque pécheur en particulier, et donc il les aimait tous. Parce qu'il les aimait tous sans distinction, sans favoriser personne, il aimait chacun en particulier.
8. C'était un amour d'une patience extrême. Comme il est rare de trouver un parent qui aime son enfant au point de ne jamais s'impatienter ! Laissez-moi faire le tour de l'assemblée et vous demander : combien d'entre vous, parents, peuvent dire qu'ils aiment tous leurs enfants si bien, avec tant d'amour, et d'un amour qui sait si sagement se maîtriser, qu'ils ne se sont jamais impatientés contre aucun d'eux ? Que vous pouvez les prendre dans vos bras même quand ils vous poussent à bout, et les vaincre par l'amour, les faire sortir de leurs péchés par l'amour, les amener par l'amour à la repentance et à un cœur d'enfant confiant ? De quel enfant pouvez-vous dire : « Merci, mon Dieu, je ne me suis jamais énervé contre cet enfant-là » ? De quel enfant pourriez-vous dire, si vous le retrouviez au ciel : « Je ne t'ai jamais fait perdre patience » ? J'ai souvent entendu des parents dire : « J'aime mes enfants, mais oh, comme la patience me manque ! » Et quand ces êtres chers sont morts, on peut les entendre gémir amèrement : « Oh, mon âme, comment ai-je pu faire trébucher si souvent mon enfant, et le pousser à tant de péchés ! »
Mais Dieu ne s'énerve jamais ; il ne s'impatiente jamais. Son amour est si profond et si grand qu'il est toujours patient.
Parfois, quand des parents ont des enfants malheureux, de pauvres êtres qui font pitié, ils peuvent tout supporter de leur part ; mais quand leurs enfants sont très méchants, ils ont l'impression d'avoir parfaitement le droit de s'impatienter. Dans le cas de Dieu, il ne s'agit pas d'enfants malheureux, mais d'enfants profondément méchants, et méchants en toute connaissance de cause. Mais oh, quelle patience étonnante est la sienne ! Il est si décidé à leur faire du bien, il désire tant leur plus grand bonheur, que, malgré tous leurs outrages, il s'applique encore à les bénir, à les gagner par ses larmes, à les attendrir jusqu'à la repentance et à l'amour, par la mort de son Fils à leur place !
9. C'est un amour jaloux, non pas dans un mauvais sens, mais dans un bon sens : au sens où il veille avec un soin extrême à ce que rien n'arrive qui puisse faire du mal à ceux qu'il aime. C'est comme un mari et une femme qui s'aiment vraiment : ils veillent jalousement, sans jamais relâcher leur attention, au bien l'un de l'autre, et cherchent toujours à faire tout ce qu'ils peuvent pour le vrai bonheur l'un de l'autre.
Ce don est déjà fait, et fait de bonne foi : il n'est pas seulement promis, il est réellement accompli. La promesse, faite longtemps à l'avance, a été tenue. Le Fils est venu, il est mort, il a payé la rançon, et il est vivant pour l'offrir : un salut tout prêt pour tous ceux qui veulent l'accepter.
Le Fils de Dieu n'est pas mort pour apaiser une soif de vengeance, comme certains semblent le comprendre, mais pour répondre aux exigences de la loi. La loi avait été déshonorée parce qu'on l'avait violée. Christ s'est donc chargé de lui rendre honneur en livrant à ses exigences sa vie de souffrance et sa mort qui répare la faute. Ce n'était pas pour apaiser chez Dieu un esprit de vengeance, mais pour assurer le plus grand bien de l'univers, dans le cadre d'un plan de miséricorde.
Puisque ce sacrifice a été accompli, tous les hommes de la race humaine y ont droit. Il est ouvert à tous ceux qui veulent l'accepter. Jésus reste toujours le Fils du Père, mais, par un droit qu'il nous accorde dans sa grâce, il appartient, en un sens important, à toute l'humanité, à chacun ; si bien que chaque pécheur a part à son sang, pourvu qu'il s'avance humblement pour le réclamer. Dieu a envoyé son Fils pour être le Sauveur du monde, de quiconque voudrait croire et accepter ce grand salut.
Dieu donne son Esprit pour faire entrer ce salut dans la vie des hommes. L'Esprit vient frapper à la porte de chacun, pour entrer s'il le peut, et montrer à chaque pécheur qu'il peut dès maintenant recevoir le salut. Oh, quel travail d'amour !
Ce salut, si on le reçoit, ne peut être reçu que par la foi. C'est la seule manière possible. Dieu gouverne les pécheurs d'une manière morale, et non physique, parce que le pécheur lui-même est un être libre et responsable, et non une chose qu'on déplace. Dieu ne peut donc agir sur nous d'aucune manière si nous ne lui donnons pas notre confiance. Il ne pourra jamais nous sauver simplement en nous emmenant dans un endroit appelé le ciel, comme si un changement de lieu pouvait changer un cœur qui choisit librement. Il ne peut donc y avoir aucun autre moyen d'être sauvé que la foi toute simple.
Ne vous trompez donc pas : n'allez pas croire qu'accepter l'Évangile, c'est seulement croire ces faits historiques, sans recevoir vraiment Christ comme votre Sauveur. Si c'était là le plan, Christ n'aurait eu qu'à descendre et mourir, puis retourner au ciel et attendre tranquillement de voir qui croirait ces faits. Mais la réalité est tout autre ! Maintenant, Christ descend pour remplir l'âme de sa propre vie et de son amour. Les pécheurs qui se repentent entendent la vérité sur Jésus et la croient ; puis ils reçoivent Christ dans leur âme, pour qu'il y vive et y règne en maître, pour toujours. Sur ce point, beaucoup se trompent et disent : « Si je crois ces faits comme des faits d'histoire, cela suffit. » Non ! non ! Ce n'est pas du tout cela. « Du cœur on croit à justice » (Romains 10,10). Le sacrifice de Christ a bien été accompli pour ouvrir le chemin, afin que Jésus puisse descendre dans le cœur des hommes et les attirer à lui, dans l'union et l'accord du cœur avec lui ; afin que Dieu puisse ouvrir les bras de son amour et serrer les pécheurs contre lui ; afin que la loi et le gouvernement de Dieu ne soient pas déshonorés par ces marques d'amitié que Dieu montre aux pécheurs. Mais le sacrifice de Christ ne sauvera les pécheurs que dans la mesure où il leur ouvre le chemin pour entrer en accord et en communion de cœur avec Dieu.
Maintenant, Jésus vient frapper à la porte de chaque pécheur. Écoutez ! Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que c'est ? Pourquoi frappe-t-il ainsi ? Pourquoi n'est-il pas resté au ciel, si le plan était que les hommes croient simplement les faits historiques et se fassent baptiser, comme certains le pensent, pour être sauvés ? Mais voyez comme il descend : il dit au pécheur ce qu'il a fait ; il lui révèle tout son amour ; il lui dit combien cet amour est saint et sacré, si sacré qu'il ne peut en aucun cas agir sans tenir compte de la sainteté de sa loi et de la pureté de son gouvernement. En gravant ainsi dans le cœur les idées les plus profondes et les plus larges de sa sainteté et de sa pureté, il fait comprendre qu'il faut se repentir profondément, et qu'on a le devoir sacré de renoncer à tout péché.
Remarques.
1. La Bible enseigne que les pécheurs peuvent perdre leur droit d'aînesse et se mettre hors de portée de la miséricorde. Il n'y a pas longtemps, je vous ai fait quelques remarques sur la nécessité évidente, pour Dieu, de se protéger contre ceux qui abusent de son amour. La situation est telle que le danger d'en abuser est très grand ; c'est pourquoi Dieu doit faire savoir aux pécheurs qu'ils ne doivent pas abuser de son amour, et qu'ils ne peuvent pas le faire sans en subir les conséquences.
2. Maintenant que l'Évangile leur est annoncé, les pécheurs ont la plus grande responsabilité qui soit. Ils courent le plus grand danger de piétiner le Fils de Dieu lui-même. Ils disent : « Venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous ! » (Marc 12,7). Quand Dieu envoie, en dernier lieu, son propre Fils bien-aimé, que font-ils ? À tous leurs autres péchés et à toutes leurs révoltes, ils ajoutent la pire des insultes envers ce Fils glorieux ! Imaginons qu'il se passe quelque chose de semblable sous un gouvernement humain. Une révolte éclate dans quelques provinces. Le roi y envoie son propre fils, non pas avec une armée pour écraser aussitôt les révoltés, mais avec douceur, humilité et patience ; il va parmi eux, leur explique les lois du royaume et les invite à obéir. Que font-ils alors ? D'un commun accord, ils s'unissent pour se saisir de lui et le mettre à mort !
Mais vous refusez de vous appliquer cela, et vous me demandez : « Qui a tué le Fils de Dieu ? N'étaient-ce pas les Juifs ? » Oui ; mais vous, pécheurs, n'avez-vous eu aucune part à ce meurtre ? Votre façon de traiter Jésus-Christ n'a-t-elle pas montré que vous êtes entièrement du côté des Juifs d'autrefois qui ont tué le Fils de Dieu ? Si vous aviez été là, quelqu'un aurait-il crié plus fort que vous : « Ôte, ôte ! crucifie-le ! » (Jean 19,15) ? N'avez-vous pas toujours dit : « Retire-toi de nous, nous ne prenons pas plaisir à la connaissance de tes voies » (Job 21,14) ?
3. Il est écrit de Christ : « Vous connaissez la grâce de notre seigneur Jésus Christ, comment, étant riche, il a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis » (2 Corinthiens 8,9). Comme c'est vrai, et frappant ! Notre rachat a coûté la vie à Christ ; il l'a trouvé riche et l'a rendu pauvre ; il nous a trouvés infiniment pauvres et nous a rendus riches, de toutes les richesses du ciel. Mais personne ne peut avoir part à ces richesses tant que chacun, pour lui-même, ne les a pas acceptées de la manière prévue. Il faut les recevoir aux conditions proposées ; sinon l'offre disparaît complètement, et vous restez plus pauvres encore que si de tels trésors n'avaient jamais été déposés à vos pieds.
Beaucoup de gens semblent comprendre cela tout de travers. Ils ont l'air de ne pas croire ce que Dieu dit, et répètent sans cesse : « Si, si, si seulement il y avait un salut pour moi ! Si seulement un sacrifice avait été prévu pour le pardon de mes péchés ! » C'est l'une des dernières choses qui se sont éclaircies dans mon esprit avant que je confie pleinement mon âme à Dieu. J'avais étudié le sacrifice de Christ ; j'en voyais la logique, je voyais ce qu'il demandait au pécheur ; mais cela m'irritait, et je disais : « Si je devenais chrétien, comment saurais-je ce que Dieu ferait de moi ? » Sous le coup de cette irritation, j'ai dit des choses stupides et amères contre Christ, au point que mon âme a été horrifiée de sa propre méchanceté, et j'ai dit : « Je vais tout réparer avec Christ, si c'est possible. »
De la même façon, beaucoup avancent vers les encouragements de l'Évangile comme si ce n'était qu'un « peut-être », un essai. Ils font chaque pas en avant avec une prudence extrême, avec crainte et tremblement, comme s'il était très douteux qu'il puisse y avoir de la miséricorde pour eux. C'était pareil pour moi. J'étais en route vers mon bureau quand la question s'est posée à mon esprit : « Qu'est-ce que tu attends ? Inutile d'en faire toute une histoire. Tout est déjà fait. Tu n'as qu'à dire oui à ce qu'on te propose, à y donner ton cœur tout de suite, sans réserve ; c'est tout. » C'est exactement cela. Tous, chrétiens et pécheurs, devraient comprendre que le plan est entièrement achevé : Christ tout entier, son caractère, son œuvre, sa mort qui répare la faute, et le fait qu'il est toujours vivant pour plaider notre cause, appartiennent à chacun, à tout homme, et n'ont besoin que d'être acceptés. Il y en a tout un océan. Il est là. Autant le prendre ! C'est comme si vous étiez au bord d'un océan d'eau douce et pure, mourant de soif : vous êtes invité à boire, et vous n'avez pas à craindre de vider cet océan, ni d'en priver qui que ce soit en buvant vous-même. N'allez pas penser que cet océan ne vous est pas librement offert : on vous invite, on vous presse de boire, et même de boire à volonté ! Cet océan répond à tous vos besoins. Vous n'avez pas besoin d'avoir en vous-même les qualités de Jésus-Christ, car ses qualités deviennent en pratique les vôtres, pour tout ce dont vous pouvez avoir besoin. Comme le dit l'Écriture, Christ « nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et sainteté, et rédemption » (1 Corinthiens 1,30). De quoi avez-vous besoin ? De sagesse ? La voici. De justice ? La voici. De sanctification, c'est-à-dire de devenir saint ? Vous l'avez ici. Tout est en Christ. Pouvez-vous penser à une seule chose nécessaire à la pureté de votre cœur, ou pour être utile, qui ne soit pas ici, en Christ ? Rien. Tout est prévu ici. Vous n'avez donc pas besoin de dire : « Je vais aller prier et essayer », comme dans ce cantique :
« J'irai à Jésus, même si mon péché s'est dressé comme une montagne ; peut-être qu'il acceptera ma demande, peut-être qu'il écoutera ma prière. »
Il n'y a pas besoin de « peut-être ». Les portes sont toujours ouvertes. C'est comme les portes du Broadway Tabernacle, à New York : elles ont été faites pour s'ouvrir et se bloquer d'elles-mêmes en position ouverte, pour qu'elles ne puissent pas se refermer sur la foule qui se pressait pour entrer. Quand il a fallu les fabriquer, je suis allé moi-même voir les ouvriers et je leur ai dit de faire absolument en sorte qu'elles s'ouvrent et se bloquent toutes seules dans cette position.
Ainsi, la porte du salut est toujours ouverte, bloquée en position ouverte, et personne ne peut la fermer : ni le pape lui-même, ni le diable, ni aucun ange du ciel ou de l'enfer. Elle est là, grande ouverte, et le passage est largement libre pour que tout pécheur de notre race entre, s'il le veut.
Je le répète : le péché est ce qui coûte le plus cher dans tout l'univers. Savez-vous bien, pécheur, quel prix a été payé pour vous, pour que vous soyez racheté et que vous deveniez héritier de Dieu et du ciel ? Oh, quelle affaire ruineuse pour vous que de vous laisser aller au péché !
Et quel impôt énorme le gouvernement de Dieu a payé pour sauver cette province de sa ruine ! Parlez-moi de l'impôt pour les pauvres en Grande-Bretagne, et ajoutez-y celui de toutes les autres nations : tout cela n'est rien à côté de l'impôt du péché que paie le gouvernement de l'Éternel, cet effroyable impôt du péché ! Pensez à toute la machinerie qui est en marche pour sauver les pécheurs ! Le Fils de Dieu a été envoyé ; les anges sont envoyés comme « des esprits administrateurs, envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut » (Hébreux 1,14) ; des missionnaires sont envoyés ; des chrétiens travaillent, prient et pleurent, dans une inquiétude profonde : tout cela pour « chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19,10). Quel impôt merveilleux, énorme, est prélevé sur la bonté de l'univers pour ôter le péché et sauver le pécheur ! Si l'on pouvait chiffrer ce coût en or massif, quelle quantité ce serait : tout un globe d'or ! Quelle somme de peines et de dépenses, de la part des anges, de Jésus-Christ, de l'Esprit divin et des hommes vivants ! Honte aux pécheurs qui s'accrochent à leur péché malgré tous ces efforts pleins d'amour pour les sauver ! Au lieu d'avoir honte et de quitter leur péché, ils disent : « Que Dieu paie cet impôt ; qu'est-ce que ça peut me faire ! Que les missionnaires travaillent, que des femmes pieuses s'usent les doigts à réunir des fonds pour faire tourner toute cette machinerie humaine ; peu importe : qu'est-ce que ça me fait ? J'ai aimé mes plaisirs, et je vais courir après eux ! » Quel cœur insensible !
Les pécheurs peuvent bien se permettre de faire des sacrifices pour sauver d'autres pécheurs. Paul le pouvait, pour ses compagnons pécheurs. Il sentait qu'il avait fait sa part pour fabriquer des pécheurs, et qu'il lui revenait maintenant de faire aussi sa part pour les ramener à Dieu. Mais regardez : ce jeune homme pense qu'il ne peut pas se permettre de devenir pasteur, parce qu'il a peur de ne pas être suffisamment payé. Ne doit-il rien à la grâce qui a sauvé son âme de l'enfer ? N'a-t-il pas, lui aussi, des sacrifices à faire, puisque Jésus en a fait tant pour lui ? Et les chrétiens qui étaient en Christ avant lui : n'ont-ils pas prié, souffert et peiné pour le salut de son âme ? Quant au risque de manquer de pain dans l'œuvre du Seigneur, qu'il fasse confiance à son grand Maître. Mais permettez-moi de dire aussi que les Églises peuvent être très fautives de ne pas donner à leurs pasteurs de quoi vivre correctement. Qu'elles le sachent : Dieu les affamera à coup sûr si elles affament leurs pasteurs. Leurs propres âmes et les âmes de leurs enfants deviendront stériles comme la mort, si, par avarice, elles laissent mourir de faim ceux que Dieu, qui veille sur elles, leur envoie pour les nourrir du pain de vie.
Combien il en coûte de débarrasser la société de certaines formes de péché, comme l'esclavage par exemple ! Combien a déjà été dépensé, et combien il reste encore à dépenser avant que ce mal terrible, cette malédiction, ce péché soit arraché de notre pays ! Cela fait partie de la grande entreprise de Dieu, et il la mènera jusqu'au bout. Mais à quel prix effrayant ! Combien de vies, combien de souffrances pour se débarrasser de ce seul péché !
Malheur à ceux qui font de l'argent avec les péchés des hommes ! Pensez au marchand d'alcool : il tente les hommes pendant que Dieu essaie de les détourner de foncer sur le chemin du péché et de la mort ! Pensez à la culpabilité de ceux qui se dressent ainsi contre Dieu ! Christ doit donc lutter contre les marchands d'alcool, qui font tout ce qu'ils peuvent pour freiner son œuvre.
Notre sujet montre de façon frappante que le péché n'est rien d'autre que de l'égoïsme. Peu lui importe ce qu'il coûte à Jésus-Christ, ce qu'il coûte à l'Église, combien il pèse sur la compassion et sur les efforts pleins de sacrifice de tous les gens de bien sur la terre et au ciel : peu importe ; le pécheur aime se faire plaisir, et il veut en profiter tant qu'il le peut. Combien d'entre vous ont coûté à leurs proches des larmes et des peines sans nombre pour vous faire revenir de vos chemins de péché ? N'avez-vous pas honte, quand on a tant fait pour vous, de ne pas vous laisser convaincre d'abandonner vos péchés et de vous tourner vers Dieu et vers une vie sainte ?
Tout ce que Dieu fait pour l'homme est fait de souffrance et de renoncement. Cela commence par le sacrifice de son propre Fils bien-aimé, et cela continue par des sacrifices sans cesse renouvelés et des travaux pénibles, à un prix immense et étonnant. Pensez seulement depuis combien de temps ces efforts durent déjà, combien de larmes, versées comme de l'eau, ils ont coûté, combien de souffrances de toutes sortes cette entreprise a causées et coûtées ; et tout cela à cause de ce péché même que vous savourez comme une friandise sous la langue ! Dieu peut bien le haïr, quand il voit ce qu'il coûte, et dire : « Ne faites point cette chose abominable que je hais » (Jérémie 44,4) !
Pourtant, Dieu n'est pas malheureux dans ces renoncements. Sa joie devant les résultats est si grande qu'il tient toute cette souffrance pour presque rien en comparaison, tout comme les parents sur la terre trouvent leur joie dans les efforts qu'ils font pour le bonheur de leurs enfants. Regardez-les : ils travaillent presque à s'en user les mains ; des mères veillent la nuit à coudre jusqu'à tituber de fatigue, les yeux brouillés ; mais si vous voyiez leur peine, vous verriez souvent aussi leur joie, tant elles aiment leurs enfants.
Tels sont le travail, la joie et le renoncement du Père, du Fils et du Saint-Esprit dans leur grande œuvre pour le salut des hommes. Souvent, ils sont attristés de voir tant de gens refuser d'être sauvés. Ils peinent ensemble, unis dans un même amour, et il n'y a rien, dans des limites raisonnables, qu'ils ne soient prêts à faire ou à souffrir pour mener à bien leur grande œuvre. C'est merveilleux de penser que toute la création, elle aussi, prend part à cette œuvre et aux souffrances qu'elle exige. Revenez à la scène des souffrances de Christ. Le soleil, dans le ciel, pouvait-il regarder une telle scène sans être bouleversé ? Oh non, il ne pouvait même pas la voir ; il s'est voilé la face ! Toute la nature a semblé se vêtir de son deuil le plus profond. La scène était trop dure à supporter, même pour la nature sans vie. Le soleil s'est détourné et n'a pas pu regarder un tel spectacle !
Ce sujet montre avec force la valeur de l'âme. Pensez-vous que Dieu aurait fait tout cela s'il avait eu de l'âme une idée aussi basse que celle que s'en font d'habitude les pécheurs ?
Les martyrs et les croyants trouvent de la joie dans leurs souffrances : ils achèvent dans leur propre corps « ce qui reste encore à souffrir des afflictions du Christ » (Colossiens 1,24), non pas dans le sacrifice même qui répare la faute, mais dans les parties secondaires de l'œuvre à accomplir. Il est dans la nature de la vraie foi d'aimer le renoncement.
Les résultats justifieront pleinement toute la dépense. Dieu avait bien calculé le prix avant de commencer. Longtemps avant de créer un univers d'êtres libres, il savait parfaitement ce qu'il lui en coûterait pour racheter les pécheurs, et il savait que le résultat justifierait largement tout le prix. Il savait qu'un miracle de miséricorde s'accomplirait, que la souffrance demandée à Christ, si grande qu'elle soit, serait supportée, et qu'il en sortirait des résultats d'une gloire infinie. Il regardait le long des siècles, vers les âges lointains où, au fil des temps, on verrait la joie des rachetés, qui chantent leurs cantiques et font vibrer de nouveau leurs harpes dans le chant éternel, tout au long, au long, au long de l'éternité de leur bonheur. Et n'était-ce pas assez pour combler de joie un cœur à l'amour infini ? Et vous, chrétien, qu'en pensez-vous ? Allez-vous dire maintenant : « J'ai honte de demander pardon. Comment puis-je supporter de recevoir une telle grâce ! C'est le prix du sang ; comment puis-je l'accepter ? Comment puis-je coûter si cher à Jésus-Christ ? »
Vous avez raison de dire que vous lui avez coûté très cher ; mais cette dépense a été payée de bon cœur ; la souffrance a été entièrement supportée, et elle n'aura pas à l'être de nouveau ; et cela ne coûtera pas plus si vous acceptez que si vous refusez. Considérez encore ceci : Jésus-Christ n'a pas agi sans sagesse ; il n'a pas payé trop cher le rachat de l'âme ; pas une douleur de plus que ce qu'exigeaient les intérêts du gouvernement de Dieu et que ne le justifiait la valeur de l'âme.
Oh, quand vous le verrez face à face et que vous lui direz ce que vous en pensez, quand vous aurez quelques milliers d'années de plus qu'aujourd'hui, n'adorerez-vous pas la sagesse qui a conduit ce plan, et l'amour infini dont il est né ? Oh, que direz-vous alors de cet étonnant abaissement qui a fait descendre Jésus pour venir à votre secours ! Dites-moi, chrétien, n'avez-vous pas souvent ouvert votre âme devant votre Sauveur pour reconnaître ce que vous lui avez coûté ? Et il vous a semblé que quelque chose se soulevait, comme si le fond même de votre âme montait et que vous alliez répandre tout votre cœur. Si quelqu'un vous avait vu, il se serait demandé ce qui vous était arrivé, pour que votre âme soit à ce point fondue de reconnaissance et d'amour.
Dites maintenant, pécheur : allez-vous vendre votre droit d'aînesse ? Combien en voulez-vous ? Combien voulez-vous pour votre part en Christ ? Pour combien allez-vous vendre votre âme ? Vendre votre Christ ! Autrefois, on l'a vendu pour trente pièces d'argent ; et depuis, les cieux pleurent des larmes de sang sur notre monde coupable. Si le diable vous demandait de fixer la somme pour laquelle vous vendriez votre âme, quel prix diriez-vous ? Un jour, Lorenzo Dow, qui allait à cheval sur une route isolée pour se rendre à une réunion prévue, rencontra un homme et lui dit : « Mon ami, avez-vous déjà prié ? » « Non. » « Combien voulez-vous pour ne plus jamais prier ? » « Un dollar. » Dow le lui paya et continua sa route. L'homme mit l'argent dans sa poche et poursuivit son chemin, en réfléchissant. Plus il réfléchissait, plus il se sentait mal. « Voilà, se dit-il, j'ai vendu mon âme pour un dollar ! J'ai dû rencontrer le diable ! Personne d'autre ne m'aurait tenté ainsi. Il faut que je me repente de toute mon âme, ou je serai perdu pour toujours ! »
Combien de fois avez-vous accepté de vendre votre Sauveur pour moins de trente pièces d'argent ! Que dis-je, pour la moindre broutille !
Enfin, Dieu veut des volontaires pour faire avancer cette grande œuvre. Dieu s'est donné lui-même, il a donné son Fils, il a envoyé son Esprit ; mais il faut encore plus d'ouvriers. Et vous, que donnerez-vous ? Paul disait : « Je porte en mon corps les marques du seigneur Jésus » (Galates 6,17). Aspirez-vous à un tel honneur ? Que ferez-vous ? Que souffrirez-vous ? Ne dites pas : « Je n'ai rien à donner. » Vous pouvez vous donner vous-même : vos yeux, vos oreilles, vos mains, votre intelligence, votre cœur, tout ; et sûrement, rien de ce que vous avez n'est trop sacré ni trop précieux pour être consacré à une telle œuvre, quand un tel appel vous est adressé ! Combien de jeunes hommes sont prêts à partir ? Et combien de jeunes femmes ? De qui le cœur bondit-il en criant : « Me voici, envoie-moi » (Ésaïe 6,8) ?
Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026), en français courant. Source : Sermons on Gospel Themes, New York, Dodd, Mead & Co, 1876 (archive.org) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).