Mémoires · Charles G. Finney
Chapitre 21
Le réveil de Rochester, en 1830
En quittant New York, je passai quelques semaines à Whitestown ; et, comme cela arrivait souvent, pressé de partir dans bien des directions, je ne savais pas du tout où était mon devoir. Mais, entre autres, je reçus une invitation pressante de la Troisième Église presbytérienne de Rochester, dont M. Parker avait été le pasteur, pour aller y assurer le ministère pendant un temps.
Je me renseignai sur la situation et découvris que, pour plusieurs raisons, c'était un champ de travail très peu prometteur. Il n'y avait que trois Églises presbytériennes à Rochester. La Troisième, celle qui m'invitait, n'avait pas de pasteur, et la vie religieuse y était bien basse. La Deuxième Église, ou « l'Église de brique », comme on l'appelait, avait un pasteur, un homme excellent ; mais sa prédication divisait sérieusement l'Église, et lui-même, mal à l'aise, était sur le point de partir. Un différend opposait un ancien de la Troisième Église au pasteur de la Première, et l'affaire allait être jugée devant le presbytère. Cette querelle et d'autres choses avaient éveillé, jusqu'à un certain point, des sentiments peu chrétiens dans les deux Églises ; et, tout bien considéré, c'était à ce moment-là un champ de travail rebutant. Les amis de Rochester désiraient extrêmement que j'y aille : je veux parler des membres de la Troisième Église. Restés sans pasteur, ils sentaient qu'ils couraient le grand danger d'être dispersés, et peut-être anéantis en tant qu'Église, si l'on ne faisait pas quelque chose pour ranimer chez eux la vie religieuse.
Avec ces invitations pressantes devant moi, je me sentis, comme cela m'est souvent arrivé, très perplexe. Je restai chez mon beau-père et réfléchis à la question, jusqu'au moment où je sentis qu'il me fallait m'atteler à l'ouvrage quelque part. Nous fîmes donc nos malles et descendîmes à Utica, à environ sept milles de là, où j'avais beaucoup d'amis qui priaient. Nous y arrivâmes l'après-midi, et le soir, à ma demande, un bon nombre des principaux frères, dans les prières et la sagesse desquels j'avais une grande confiance, se réunirent pour se concerter et prier au sujet de mon prochain champ de travail. Je leur exposai tous les faits concernant Rochester, et, autant que je les connaissais, les principaux faits concernant les autres champs où l'on m'invitait alors. Rochester semblait le moins attirant de tous.
Après avoir examiné toute l'affaire et passé plusieurs moments dans la prière, entrecoupés de conversation, les frères donnèrent leur avis l'un après l'autre sur ce qu'il leur paraissait sage que je fasse. Ils furent unanimes : Rochester était un champ de travail bien trop peu engageant pour être mis le moins du monde en balance avec New York, ou Philadelphie, et quelques autres champs où j'étais alors invité. Ils étaient fermement convaincus que je devais partir d'Utica vers l'est, et non vers l'ouest. Sur le moment, c'était aussi mon impression et ma conviction ; et je quittai cette réunion, à ce que je croyais, bien décidé à ne pas aller à Rochester, mais à New York ou à Philadelphie. C'était avant l'existence des chemins de fer ; et, quand nous nous séparâmes ce soir-là, je comptais prendre le bateau du canal, qui était le moyen le plus commode pour une famille de voyager, et partir le lendemain matin pour New York.
Mais, une fois retiré dans mon logement, la question se présenta à mon esprit sous un autre jour. Quelque chose semblait m'interroger : « Quelles sont les raisons qui te détournent d'aller à Rochester ? » Je pouvais facilement les énumérer, mais alors la question revenait : « Ah ! mais sont-ce de bonnes raisons ? À coup sûr, on a d'autant plus besoin de toi à Rochester à cause de ces difficultés. Fuis-tu ce champ parce qu'il y a tant de choses à corriger, parce qu'il y a tant de choses qui vont mal ? Mais si tout allait bien, on n'aurait pas besoin de toi. » J'en vins bientôt à conclure que nous nous étions tous trompés, et que les raisons qui nous avaient fait décider contre mon départ pour Rochester étaient justement les plus fortes raisons d'y aller. J'eus honte de reculer devant l'ouvrage à cause de ses difficultés ; et j'eus la forte impression que le Seigneur serait avec moi, et que c'était là mon champ. Avant d'aller me coucher, j'étais tout à fait décidé : Rochester était l'endroit où le Seigneur voulait que j'aille. J'informai ma femme de ma décision ; et, en effet, de bon matin, avant que les gens de la ville ne soient pour la plupart sur pied, le bateau de ligne passa, nous embarquâmes, et nous partîmes vers l'ouest au lieu de l'est.
Les frères d'Utica furent très surpris quand ils apprirent ce changement de destination, et ils en attendirent l'issue avec beaucoup d'inquiétude.
Nous arrivâmes à Rochester de bon matin, et nous fûmes invités à loger pour un temps chez M. Josiah Bissell, qui était le principal ancien de la Troisième Église, et qui était celui qui avait porté plainte devant le presbytère contre le docteur Penny. À mon arrivée, je rencontrai dans la rue mon cousin, M. S..., qui m'invita chez lui. Il était ancien de la Première Église, et, ayant appris que l'on m'attendait à Rochester, il tenait beaucoup à ce que son pasteur, le docteur Penny, me rencontre et s'entretienne avec moi, et soit prêt à collaborer à mon travail. Je déclinai son aimable invitation, en lui disant que je devais être l'hôte de M. Bissell. Mais il revint me voir après le déjeuner et m'annonça qu'il avait organisé chez lui une entrevue entre le docteur Penny et moi. Je m'empressai d'aller rencontrer le docteur, et nous eûmes une entrevue chrétienne très encourageante. Quand je commençai mon travail, le docteur Penny assista à nos réunions, et il m'invita bientôt dans sa chaire. M. S... s'employa à établir une bonne entente entre les pasteurs et les Églises, et un grand changement se manifesta bientôt dans l'attitude et l'état spirituel des Églises.
Il y eut très vite quelques conversions très frappantes. La femme d'un avocat en vue de la ville fut parmi les premiers convertis. C'était une femme d'un rang élevé, une dame cultivée et d'une grande influence. Sa conversion fut très marquante. La première fois que je la vis, une de ses amies vint avec elle dans ma chambre et me la présenta. La dame qui me la présentait était une chrétienne, qui avait remarqué que son amie était très tourmentée dans son esprit, et l'avait persuadée de venir me voir.
Mme M... avait été une femme frivole et mondaine, qui aimait beaucoup la vie de société. Elle me raconta plus tard que, lorsque j'étais arrivé, elle l'avait beaucoup regretté et avait craint qu'il n'y ait un réveil ; or un réveil aurait beaucoup gêné les plaisirs et les divertissements qu'elle s'était promis pour cet hiver-là. En m'entretenant avec elle, je découvris que l'Esprit du Seigneur agissait réellement en elle, et sans la ménager. Elle était accablée sous une profonde conviction de péché. Après une assez longue conversation, je la pressai vivement de renoncer au péché, au monde, à elle-même et à tout pour Christ. Je voyais que c'était une femme très orgueilleuse, et c'était ce qui me frappait comme le trait le plus marqué de son caractère. À la fin de notre conversation, nous nous mîmes à genoux pour prier ; et, comme j'avais l'esprit tout rempli de l'orgueil de son cœur, tel qu'il se manifestait, j'en vins très vite à ce texte : « Si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux » (Matthieu 18,3). Je tournai et retournai ce sujet dans ma prière ; et presque aussitôt j'entendis Mme M..., agenouillée à côté de moi, répéter ce texte : « Si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, comme les petits enfants... Si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants. » Je remarquai que son esprit en était saisi, et que l'Esprit de Dieu l'imprimait dans son cœur. Je continuai donc à prier, en tenant ce sujet sous ses yeux, et en la présentant à Dieu comme ayant besoin de cela même : être convertie, devenir comme un petit enfant.
Je sentais que le Seigneur exauçait la prière. J'étais sûr qu'il faisait exactement l'œuvre que je lui demandais de faire. Son cœur se brisa, son émotion jaillit, et, avant que nous nous relevions, elle était vraiment devenue un petit enfant. Quand j'eus fini de prier, que j'ouvris les yeux et la regardai, elle avait le visage tourné vers le ciel, les larmes ruisselaient, et elle était en train de prier pour devenir un petit enfant. Elle se leva, la paix revint en elle, elle s'établit dans une foi joyeuse, et elle s'en alla. Dès ce moment, elle parla ouvertement de ses convictions religieuses et travailla avec zèle à la conversion de ses amis. Sa conversion, bien entendu, fit beaucoup de bruit dans le milieu auquel elle appartenait.
Jusqu'à mon arrivée à Rochester, je n'avais jamais, je crois, sauf en de rares occasions, employé comme moyen de favoriser les réveils ce qu'on a appelé depuis « le banc des âmes inquiètes ». J'avais quelquefois demandé à des personnes de l'assemblée de se lever ; mais je ne l'avais pas fait souvent. Pourtant, en réfléchissant à la question, j'avais souvent senti la nécessité d'une mesure qui oblige les pécheurs à prendre position. Par ma propre expérience et mes propres observations, j'avais constaté que, dans les classes élevées surtout, le plus grand obstacle à surmonter était la crainte d'être connus comme des âmes inquiètes qui cherchent. Ils étaient trop orgueilleux pour prendre une position qui les révélerait aux autres comme inquiets pour leur âme.
J'avais constaté aussi qu'il fallait quelque chose pour leur faire sentir qu'on attendait d'eux qu'ils donnent leur cœur sur-le-champ ; quelque chose qui les appelle à agir, et à agir aussi publiquement devant le monde qu'ils l'avaient fait dans leurs péchés ; quelque chose qui les engage publiquement au service de Christ. Quand je les avais simplement appelés à se lever dans l'assemblée, j'avais constaté que cela avait un très bon effet ; et, dans cette mesure, cela atteignait le but visé. Mais, malgré tout, je sentais depuis quelque temps qu'il fallait quelque chose de plus pour les faire sortir de la masse des impies, pour qu'ils renoncent publiquement à leurs voies de péché et se donnent publiquement à Dieu.
C'est à Rochester, si je me souviens bien, que j'introduisis pour la première fois cette mesure. C'était des années après qu'on eut lancé le cri des « mesures nouvelles ». Quelques jours après la conversion de Mme M..., j'invitai, je crois pour la première fois, toutes les personnes dont la conviction était assez mûre pour qu'elles soient disposées à renoncer à leurs péchés et à se donner à Dieu, à s'avancer vers certains bancs que j'avais fait libérer, et à s'offrir à Dieu pendant que nous prierions pour elles. Il en vint beaucoup plus que je ne l'attendais, et parmi elles une autre dame en vue ; et plusieurs autres personnes de ses relations, appartenant au même cercle de la société, s'avancèrent aussi. Cela accrut l'intérêt dans ce milieu ; et l'on vit bientôt que le Seigneur visait à la conversion des plus hautes classes de la société. Mes réunions furent bientôt envahies par ces gens-là. Les avocats, les médecins, les négociants, et en fait toutes les personnes les plus instruites, furent de plus en plus intéressés et de plus en plus faciles à toucher.
Très vite, l'œuvre fit sentir son effet, et largement, parmi les avocats de la ville. Il y a toujours eu un grand nombre des principaux avocats de l'État qui résidaient à Rochester. L'œuvre gagna bientôt bon nombre d'entre eux. Ils devinrent très inquiets et vinrent librement à nos réunions pour ceux qui cherchent ; et bon nombre d'entre eux s'avancèrent vers le banc des âmes inquiètes, comme on l'a appelé depuis, et donnèrent publiquement leur cœur à Dieu. Je me souviens qu'un soir, après la prédication, trois d'entre eux me suivirent dans ma chambre, tous trois profondément convaincus de péché ; tous trois étaient passés, je crois, au banc des âmes inquiètes, mais ils ne voyaient pas encore clair dans leur esprit, et sentaient qu'ils ne pouvaient pas rentrer chez eux avant d'être convaincus d'avoir fait leur paix avec Dieu. Je m'entretins avec eux et priai avec eux ; et je crois qu'avant de partir, ils trouvèrent tous la paix en croyant au Seigneur Jésus-Christ.
J'aurais dû dire que, très peu de temps après le début de l'œuvre, le différend entre M. Bissell et le docteur Penny fut apaisé, et que toutes les divisions et tous les heurts qui avaient existé là furent réglés ; si bien qu'un esprit de bienveillance et de communion générales se répandit dans toutes les Églises.
Un jour, je devais prêcher à la Première Église. Il y avait eu ce jour-là une parade militaire dans la ville. La milice avait été convoquée, et j'avais craint que l'agitation de la parade ne détourne l'attention des gens et ne gâte l'œuvre du Seigneur. La salle était pleine dans toutes ses parties. Le docteur Penny avait ouvert le culte et faisait la première prière quand j'entendis quelque chose que je pris pour un coup de fusil, et un tintement de verre, comme si l'on avait brisé une fenêtre. Je pensai qu'un imprudent, venu de la parade militaire, avait tiré dehors si près de la fenêtre qu'il en avait cassé une vitre. Mais avant que j'aie eu le temps de penser à autre chose, le docteur Penny sauta de la chaire en passant presque par-dessus moi, car j'étais à genoux près du canapé, derrière lui. La chaire se trouvait à l'avant de l'église, entre les deux portes. Le mur du fond de l'église se dressait au bord même du canal. En un instant, l'assemblée fut prise d'une véritable panique et se rua vers les portes et les fenêtres, comme si tous avaient perdu la tête. Une femme âgée tint levée une fenêtre au fond de l'église, par laquelle plusieurs personnes, à ce qu'on m'a dit, sautèrent dans le canal. La bousculade fut effroyable. Certains sautèrent des galeries dans les allées du bas ; dans les allées, on se piétinait les uns les autres.
Je me levai dans la chaire et, ne sachant pas ce qui était arrivé, je levai les mains et criai de toutes mes forces : « Restez calmes ! Restez calmes ! » Aussitôt, deux femmes montèrent en courant dans la chaire, l'une d'un côté, l'autre de l'autre, et s'accrochèrent à moi, folles de peur. Le docteur Penny s'enfuit dans la rue, et les gens sortaient dans toutes les directions, aussi vite que possible. Comme je ne savais pas qu'il y avait le moindre danger, la scène me parut si comique que je pouvais à peine m'empêcher de rire. Ils se jetaient les uns sur les autres dans les allées, si bien qu'à plusieurs reprises je vis des hommes qui avaient été renversés se relever et repousser ceux qui s'étaient précipités sur eux. Tous finirent par sortir. Plusieurs furent assez sérieusement blessés, mais personne ne fut tué. La salle, en revanche, était jonchée de toutes sortes de vêtements de femmes. Chapeaux, châles, gants, mouchoirs et morceaux de robes étaient éparpillés de tous côtés. Les hommes, je crois, étaient presque tous sortis sans leur chapeau ; et beaucoup de gens avaient été sérieusement meurtris dans cette affreuse bousculade.
J'appris ensuite que les murs de l'église s'affaissaient depuis quelque temps, le sol étant très humide à cause de la proximité du canal. On en avait parlé dans l'assemblée comme d'un état peu rassurant ; et certains craignaient que le clocher, ou le toit, ne s'effondre, ou que les murs du bâtiment ne s'écroulent. Moi-même, je n'en avais rien entendu dire. L'alarme était venue d'une poutre du toit, qui était tombée debout et avait traversé le plafond au-dessus de la lampe placée devant l'orgue.
En examinant le bâtiment, on constata que les murs s'étaient écartés au point qu'il y avait vraiment danger que le toit s'effondre. Ce soir-là, la pression dans la galerie avait été si forte qu'elle avait écarté les murs de chaque côté, jusqu'à créer un danger réel. Au moment où cela arriva, je craignis beaucoup, comme d'autres sans doute, que l'attention du public ne soit détournée et que l'œuvre ne soit fortement entravée. Mais l'Esprit du Seigneur avait pris l'œuvre en main pour de bon, et rien ne semblait pouvoir l'arrêter.
L'Église de brique nous fut ouverte, et, dès lors, nos réunions eurent lieu tour à tour dans la Deuxième et dans la Troisième Église, les membres et les fidèles de la Première y venant autant qu'ils pouvaient trouver place dans la salle. Les trois Églises, et même les chrétiens de toutes les dénominations en général, semblèrent faire cause commune et se mirent à l'ouvrage de tout leur cœur pour arracher les pécheurs du feu. Nous étions obligés de tenir des réunions presque sans arrêt. Je prêchais presque tous les soirs, et trois fois le dimanche. Quand l'œuvre prit un caractère aussi puissant, nous tînmes nos réunions pour ceux qui cherchent très souvent le matin.
Un matin, je m'en souviens, nous avions tenu une réunion pour ceux qui cherchent, et il s'y trouvait un monsieur qui s'y convertit ; c'était le gendre d'une femme pieuse, très adonnée à la prière, membre de la Troisième Église. Elle s'inquiétait beaucoup pour lui et passait beaucoup de temps à prier pour lui. Quand il revint de la réunion, il était rempli de joie, de paix et d'espérance. Elle avait passé tout ce temps à prier ardemment pour que Dieu le convertisse dans cette réunion. Dès qu'elle le vit et qu'il lui annonça sa conversion, et qu'elle vit à son visage qu'il en était bien ainsi, l'émotion la submergea : elle s'évanouit et tomba morte.
Il y avait à ce moment-là à Rochester une école secondaire dirigée par un M. B..., fils de A... B..., alors pasteur de l'Église de Brighton, près de Rochester. M.
B... était sceptique, mais il était à la tête d'une école très nombreuse et très prospère. Comme l'école recevait des élèves des deux sexes, une demoiselle A... était à ce moment-là son assistante et son associée dans l'école. Mlle A... était chrétienne. Les élèves assistaient aux réunions religieuses, et beaucoup d'entre eux furent bientôt profondément inquiets pour leur âme. Un matin, M.
B... s'aperçut que ses élèves étaient incapables de réciter leurs leçons. Quand il les fit venir devant lui, ils étaient si inquiets pour leur âme qu'ils pleuraient, et il vit qu'ils étaient dans un tel état qu'il en fut tout déconcerté. Il appela son associée, Mlle A..., lui dit que les jeunes gens étaient si tourmentés au sujet de leur âme qu'ils ne pouvaient pas réciter, et lui demanda s'il ne vaudrait pas mieux faire venir M. Finney pour les instruire. Elle me le raconta plus tard, et me dit qu'elle avait été très heureuse qu'il lui pose cette question, et qu'elle lui avait conseillé de tout cœur de me faire venir. Il le fit, et le réveil s'empara de cette école avec une force extraordinaire. M.
B... lui-même fut bientôt converti, à ce qu'on peut espérer, ainsi que presque tous les élèves de l'école. Il y a quelques années, Mlle A... m'apprit que plus de quarante personnes, converties à ce moment-là dans cette école, étaient devenues pasteurs. Je l'ignorais jusque-là. Elle m'en nomma beaucoup à cette occasion. Un grand nombre d'entre eux étaient devenus missionnaires à l'étranger.
Après être restés quelques semaines chez Josiah Bissell, nous prîmes un logement dans un quartier plus central, dans la maison de M.
B..., un avocat de la ville, qui faisait profession d'être chrétien. La sœur de sa femme vivait avec eux, et c'était une jeune fille impénitente. C'était une jeune femme de belle prestance, une chanteuse exquise et une dame cultivée ; et, comme nous l'apprîmes bientôt, elle était fiancée à un homme qui était alors juge à la cour suprême de l'État. C'était un homme très orgueilleux, qui s'opposait au banc des âmes inquiètes et en parlait contre. Il s'absentait souvent de la ville pour tenir ses audiences, et il ne se convertit pas cet hiver-là. Un grand nombre d'avocats, cependant, se convertirent ; et la jeune fille à qui il était fiancé se convertit aussi. Je le mentionne parce que le juge l'épousa ensuite ; ce qui conduisit sans doute à sa propre conversion lors d'un réveil qui eut lieu quelque dix ans plus tard, et dont je raconterai les principaux détails dans une autre partie de mon récit.
Ce réveil produisit un grand changement dans l'état moral et dans l'histoire ultérieure de Rochester. La grande majorité des hommes et des femmes les plus en vue de la ville se convertirent. Il se produisit un grand nombre d'incidents très frappants que je ne suis pas près d'oublier. Un jour, la dame qui était venue me voir la première, et dont j'ai raconté la conversion, vint me voir avec une de ses amies, avec qui elle désirait que je m'entretienne. Je le fis, mais je la trouvai, selon toute apparence, très endurcie et plutôt disposée à prendre la chose à la légère. Son mari était négociant, et c'étaient des gens d'un rang élevé dans la ville. Quand je la pressai de s'occuper de la question, elle me dit qu'elle ne le ferait pas, parce que son mari ne voulait pas s'en occuper et qu'elle n'allait pas le quitter. Je lui demandai si elle acceptait d'être perdue parce que son mari ne voulait pas s'en occuper, et si ce n'était pas une folie de négliger son âme parce qu'il négligeait la sienne. Elle répondit sans hésiter : « S'il va en enfer, je veux y aller. Je veux aller là où il ira. Je ne veux en aucun cas être séparée de lui. » Il me sembla que je ne pouvais faire sur elle que bien peu d'impression, sinon aucune. Mais, soir après soir, j'avais lancé des appels à l'assemblée, et invité à s'avancer ceux qui étaient prêts à donner leur cœur à Dieu ; et un grand nombre se convertissaient chaque soir.
Comme je l'appris ensuite, quand cette femme rentra chez elle, son mari lui dit : « Ma chérie, j'ai l'intention de m'avancer ce soir et de donner mon cœur à Dieu. » « Quoi ! dit-elle ; j'ai dit aujourd'hui à M. Finney que je ne deviendrais pas chrétienne et que je ne voulais rien avoir à faire avec tout cela ; que tu ne devenais pas chrétien, et que je ne le deviendrais pas non plus ; et que si tu allais en enfer, j'irais avec toi. » « Eh bien, dit-il, je n'ai pas l'intention d'aller en enfer. J'ai décidé de m'avancer ce soir et de donner mon cœur à Christ. » « Eh bien, dit-elle, alors je n'irai pas à la réunion, je ne veux pas voir cela. Et si, après tout, tu as envie de devenir chrétien, libre à toi ; moi, je ne le deviendrai pas. » L'heure venue, il alla seul à la réunion. La chaire était entre les portes, à l'avant de l'église. La salle était bondée ; mais il finit par trouver une place près de l'une des allées, tout à fait au fond de l'église. À la fin de la réunion, comme je l'avais fait d'autres fois, j'invitai ceux qui étaient inquiets et dont la décision était prise à s'avancer, à prendre certains bancs et à occuper un certain espace autour de la chaire, où nous pourrions les recommander à Dieu dans la prière. On apprit ensuite que la femme elle-même était venue à la réunion, avait remonté l'autre allée et avait pris place presque en face de lui, à l'autre bout de la salle. Quand je lançai l'appel, il se leva aussitôt. Elle le guettait, et dès qu'elle le vit debout, se frayant un chemin dans l'allée encombrée, elle partit elle aussi par l'autre allée ; ils se rejoignirent devant la chaire et s'agenouillèrent ensemble pour qu'on prie pour eux.
Un grand nombre trouvèrent l'espérance sur-le-champ ; mais ce mari et cette femme ne la trouvèrent pas. Ils rentrèrent chez eux, trop orgueilleux pour se dire grand-chose de ce qu'ils avaient fait, et passèrent une nuit très agitée. Le lendemain, vers dix heures, il vint me voir et fut introduit dans ma chambre. Ma femme occupait une chambre sur la rue, au premier étage, et moi une chambre sur l'arrière, au même étage. Pendant que je m'entretenais avec lui, la domestique vint m'annoncer qu'une dame attendait dans la chambre de Mme Finney pour me voir. Je m'excusai pour quelques instants et le priai d'attendre, pendant que j'allais la voir. Je découvris que c'était la femme qui, la veille encore, s'était montrée si obstinée, l'épouse de l'homme qui se trouvait à ce moment même dans ma chambre. Aucun des deux ne savait que l'autre était venu me voir. Je m'entretins avec elle et constatai qu'elle était tout près de se soumettre à Christ. J'avais compris que lui aussi était, selon toute apparence, dans le même état. Je retournai alors auprès de lui et lui dis : « Je vais prier avec une dame dans la chambre de Mme Finney ; allons-y, si vous le voulez bien, et prions tous ensemble. » Il me suivit et trouva sa propre femme. Ils se regardèrent avec surprise, mais ils furent tous deux très émus de se trouver là l'un et l'autre. Nous nous mîmes à genoux pour prier. Je n'étais pas allé bien loin dans ma prière qu'elle se mit à pleurer et à prier à haute voix pour son mari. Je m'arrêtai pour écouter, et je m'aperçus qu'elle avait oublié tout souci d'elle-même et qu'elle luttait dans l'angoisse de la prière pour la conversion de son mari. Le cœur de celui-ci sembla se briser et céder, et juste à ce moment la cloche sonna pour notre dîner. Je pensai qu'il valait mieux les laisser seuls ensemble. Je touchai donc ma femme, nous nous levâmes sans bruit et descendîmes dîner, les laissant en prière. Nous dînâmes en hâte et remontâmes, et nous les trouvâmes aussi attendris, aussi humbles et aussi aimants qu'on pouvait le souhaiter.
Je n'ai pas encore beaucoup parlé de l'esprit de prière qui régnait dans ce réveil, et je ne dois pas omettre d'en parler. Alors que je me rendais à Rochester, comme nous traversions un village à une trentaine de milles à l'est de Rochester, un pasteur de mes amis, me voyant sur le bateau du canal, sauta à bord pour bavarder un peu avec moi, dans l'intention de ne faire qu'un bout de chemin et de revenir. Mais la conversation l'intéressa, et, apprenant où j'allais, il décida de continuer et de venir avec moi à Rochester. Nous n'y étions que depuis quelques jours quand ce pasteur fut si profondément convaincu de péché qu'il ne put s'empêcher, une fois, de pleurer tout haut en marchant dans la rue. Le Seigneur lui donna un puissant esprit de prière, et son cœur fut brisé. Comme nous priions beaucoup ensemble, je fus frappé de sa foi au sujet de ce que le Seigneur allait faire là. Je me souviens qu'il disait : « Seigneur, je ne sais pas comment cela se fait ; mais il me semble savoir que tu vas faire une grande œuvre dans cette ville. » L'esprit de prière fut répandu avec puissance, à tel point que certaines personnes s'abstenaient des réunions publiques pour prier, incapables de contenir leurs sentiments pendant la prédication.
Et ici, je dois introduire le nom d'un homme que j'aurai souvent l'occasion de mentionner, M. Abel Clary. C'était le fils d'un homme excellent, ancien de l'Église où je me suis converti. Il s'était converti dans le même réveil que moi. Il avait reçu l'autorisation de prêcher ; mais son esprit de prière était tel, il portait un si lourd fardeau pour les âmes des hommes, qu'il ne pouvait pas beaucoup prêcher, tout son temps et toutes ses forces étant consacrés à la prière. Le fardeau de son âme était souvent si lourd qu'il ne pouvait plus se tenir debout, et il se tordait et gémissait dans l'angoisse. Je le connaissais bien, et je savais quelque chose du merveilleux esprit de prière qui reposait sur lui.
C'était un homme très silencieux, comme le sont presque tous ceux qui ont ce puissant esprit de prière.
La première fois que j'appris qu'il était à Rochester, ce fut un jour où un monsieur qui habitait à environ un mille à l'ouest de la ville vint me voir et me demanda si je connaissais un certain M. Abel Clary, pasteur. Je lui répondis que je le connaissais bien. « Eh bien, dit-il, il est chez moi, il y est depuis un certain temps, et je ne sais que penser de lui. » Je lui dis : « Je ne l'ai vu à aucune de nos réunions. » « Non, répondit-il, il ne peut pas aller aux réunions, dit-il. Il prie presque tout le temps, jour et nuit, et dans une telle angoisse d'esprit que je ne sais qu'en penser. Parfois, il ne peut même plus se tenir à genoux, mais il reste étendu face contre terre sur le plancher, à gémir et à prier d'une manière qui me stupéfie. » Je dis au frère : « Je comprends ; je vous en prie, ne dites rien. Tout finira bien ; il obtiendra sûrement ce qu'il demande. »
Je connaissais à cette époque un nombre assez important d'hommes qui étaient travaillés de la même manière. Un diacre P..., de Camden, dans le comté d'Oneida ; un diacre T..., de Rodman, dans le comté de Jefferson ; un diacre B..., d'Adams, dans le même comté ; ce M. Clary, et beaucoup d'autres parmi les hommes, ainsi qu'un grand nombre de femmes, avaient part au même esprit et passaient une grande partie de leur temps en prière. Le père Nash, comme nous l'appelions, qui vint à moi et m'aida dans plusieurs de mes champs de travail, était encore un de ces hommes qui avaient un si puissant esprit de prière victorieuse. Ce M. Clary resta à Rochester aussi longtemps que moi, et n'en partit qu'après mon départ. Jamais, autant que j'ai pu le savoir, il ne parut en public, mais il se consacra entièrement à la prière.
J'ai dit que ce réveil changea profondément l'aspect moral des choses. C'était une ville jeune, pleine d'activité et d'esprit d'entreprise, et pleine de péché. Les habitants étaient intelligents et entreprenants au plus haut degré ; mais, à mesure que le réveil balaya la ville et convertit la grande masse des personnes les plus influentes, hommes et femmes, le changement qui se fit dans l'ordre, la sobriété et la moralité de la ville fut merveilleux.
Plus tard, à une époque dont je parlerai en son lieu, je m'entretenais avec un avocat qui s'était converti dans ce réveil dont je viens de parler, et qui, peu après, avait été nommé procureur de la ville. Sa tâche était de diriger les poursuites contre les criminels. Sa fonction lui avait donné une connaissance approfondie de l'histoire de la criminalité dans cette ville. Parlant du réveil dans lequel il s'était converti, il me dit, bien des années après : « J'ai examiné les registres des tribunaux criminels, et j'y trouve ce fait frappant : alors que notre ville a triplé depuis ce réveil, il n'y a pas le tiers des poursuites pour crimes et délits qu'il y avait jusque-là. Voilà, dit-il, l'influence merveilleuse que ce réveil a exercée sur la population. » En effet, la puissance de ce réveil a façonné l'opinion publique. Les affaires publiques de la ville ont été, dans une grande mesure, entre les mains d'hommes chrétiens ; et les influences dominantes dans la ville ont été du côté de Christ.
Parmi d'autres conversions, je ne dois pas oublier de mentionner celle de M. P..., un notable de la ville, libraire. M. P... était incrédule ; non pas athée, mais il ne croyait pas à l'autorité divine de la Bible. C'était un homme qui lisait et réfléchissait, à l'esprit vif et pénétrant, à la volonté forte et au caractère très résolu. C'était, je crois, un homme d'une bonne moralité extérieure, et un monsieur très respecté. Il vint dans ma chambre un matin de bonne heure et me dit : « Monsieur Finney, il y a ici un grand mouvement au sujet de la religion ; mais je suis sceptique, et je veux que vous me prouviez que la Bible est vraie. » Le Seigneur me donna de discerner aussitôt l'état de son esprit, assez pour décider de la manière dont je devais m'y prendre avec lui. Je lui dis : « Croyez-vous à l'existence de Dieu ? » « Oh oui ! dit-il, je ne suis pas athée. » « Eh bien, croyez-vous avoir traité Dieu comme vous le deviez ? Avez-vous respecté son autorité ?
L'avez-vous aimé ? Avez-vous fait ce que vous pensiez lui être agréable, et dans le dessein de lui plaire ? N'admettez-vous pas que vous devriez l'aimer, l'adorer et lui obéir, selon la meilleure lumière que vous ayez ? » « Oh oui ! dit-il, j'admets tout cela. » « Mais l'avez-vous fait ? » demandai-je. « Ma foi, non, répondit-il, je ne peux pas dire que je l'aie fait. » « Eh bien alors, répliquai-je, pourquoi vous donnerais-je davantage d'informations et davantage de lumière, si vous ne voulez pas faire votre devoir et obéir à la lumière que vous avez déjà ? Voyons, dis-je, quand vous déciderez de vivre selon vos convictions, d'obéir à Dieu selon la meilleure lumière que vous ayez ; quand vous déciderez de vous repentir de votre négligence jusqu'à ce jour, et de plaire à Dieu, aussi bien que vous le savez, pour le reste de votre vie, je m'efforcerai de vous montrer que la Bible vient de Dieu. Jusque-là, il ne me sert à rien d'entreprendre quoi que ce soit de ce genre. » Je ne m'étais pas assis, et je crois que je ne l'avais pas invité à s'asseoir. Il répondit : « Après tout, c'est peut-être juste » ; et il s'en alla.
Je n'entendis plus parler de lui jusqu'au lendemain matin. Peu après mon lever, il revint dans ma chambre ; et dès qu'il fut entré, il frappa dans ses mains et dit : « Monsieur Finney, Dieu a fait un miracle ! » « Je suis descendu au magasin, poursuivit-il, après avoir quitté votre chambre, en pensant à ce que vous m'aviez dit ; et j'ai décidé de me repentir de ce que je savais être mauvais dans mes relations avec Dieu, et de vivre désormais selon la meilleure lumière que j'avais. Et quand j'ai pris cette décision, dit-il, mon émotion a été si forte que je suis tombé ; et je ne sais pas si je n'en serais pas mort, sans M. X..., qui était avec moi au magasin. » Depuis lors, il est, comme le savent tous ceux qui le connaissent, un chrétien ardent, homme de prière. Depuis de nombreuses années, il est l'un des administrateurs de l'Oberlin College ; il nous a soutenus dans toutes nos épreuves, et il nous a aidés de ses moyens et de toute son influence.
Pendant ce grand réveil, des gens écrivirent de
Rochester à leurs amis au loin des lettres qui rendaient compte de l'œuvre ; elles furent lues dans différentes Églises de plusieurs États, et contribuèrent à produire de grands réveils religieux. Beaucoup de gens vinrent du dehors pour voir de leurs yeux la grande œuvre de Dieu, et se convertirent. Je me souviens qu'un médecin fut si attiré par ce qu'il entendit dire de l'œuvre qu'il vint de Newark, dans le New Jersey, jusqu'à Rochester pour voir ce que faisait le Seigneur, et qu'il s'y convertit lui-même. C'était un homme de talent et d'une grande culture, et il est depuis des années un ouvrier chrétien ardent pour les âmes immortelles.
Un soir, je m'en souviens, alors que j'invitais les âmes inquiètes à s'avancer et à se soumettre, un homme influent d'une ville voisine s'avança lui-même, avec plusieurs membres de sa famille, et ils se donnèrent à Dieu. En fait, l'œuvre se répandait comme des vagues dans toutes les directions. Je prêchai dans autant d'endroits des environs que le temps et les forces me le permettaient, tandis que l'essentiel de mon travail se faisait à Rochester. J'allai à Canandaigua et j'y prêchai plusieurs fois. Là, la parole eut son effet, et beaucoup se convertirent. Le pasteur, le révérend Ansel Eddy, entra de tout cœur dans l'œuvre. Un ancien pasteur, un homme âgé, anglais de naissance, fit lui aussi ce qu'il put pour faire avancer l'œuvre. Partout où j'allais, la parole de Dieu produisait aussitôt son effet ; et il semblait qu'il suffisait de présenter la loi de Dieu et les droits de Christ, sous l'éclairage et dans les proportions propres à amener la conversion des hommes, pour qu'ils se convertissent par dizaines.
La grandeur de l'œuvre de Rochester, à cette époque, attira à tel point l'attention des pasteurs et des chrétiens dans tout l'État de New York, dans toute la Nouvelle-Angleterre et dans bien des régions des États-Unis, que sa seule renommée fut un instrument efficace entre les mains de l'Esprit de Dieu pour susciter, à travers tout le pays, le plus grand réveil religieux que ce pays eût jamais connu jusque-là. Des années plus tard, alors que je m'entretenais avec le docteur Beecher de ce puissant réveil et de ses fruits, il me fit cette remarque : « Ce fut la plus grande œuvre de Dieu, et le plus grand réveil religieux, que le monde ait jamais vus en si peu de temps. On a rapporté, ajouta-t-il, que cent mille personnes s'étaient jointes aux Églises par suite de ce grand réveil. C'est là, dit-il, une chose sans égale dans l'histoire de l'Église et des progrès de la religion. » Il me fit remarquer que cela s'était fait en une seule année, et me dit qu'à aucune année de l'ère chrétienne on ne connaissait d'exemple d'un si grand réveil religieux.
À partir de la convention de New Lebanon, dont j'ai parlé, l'opposition ouverte et publique aux réveils religieux se manifesta de moins en moins, et en particulier je rencontrai beaucoup moins d'opposition personnelle qu'auparavant. Elle s'apaisa peu à peu, mais beaucoup. À Rochester, je n'en sentis rien. En vérité, les eaux du salut étaient montées si haut, les réveils étaient devenus si puissants et si étendus, et les gens avaient eu le temps de se familiariser avec eux et avec leurs résultats, à tel point que les hommes avaient peur de s'y opposer comme ils l'avaient fait. Les pasteurs en étaient venus à les mieux comprendre, et les pécheurs les plus impies avaient été convaincus qu'ils étaient vraiment l'œuvre de Dieu. La grande masse des conversions était si manifestement solide, les convertis si réellement régénérés et devenus de nouvelles créatures, les individus et des communautés entières si profondément transformés, et les résultats si durables et si incontestables, que la conviction devint presque universelle : ces réveils étaient l'œuvre de Dieu.
Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026). Source : Memoirs of Rev. Charles G. Finney, A. S. Barnes, 1876 (archive.org, exemplaire de la bibliothèque de Cornell) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).