Mémoires · Charles G. Finney
Chapitre 10
Le réveil de Gouverneur
Le frère Nash repartit donc dès le lendemain et annonça ma venue comme je le souhaitais. J'avais, je crois, près de trente milles à faire à cheval pour arriver là-bas. Le matin, il plut très fort ; mais la pluie se calma à temps pour me laisser gagner Antwerp. Pendant que je dînais là-bas, la pluie reprit et tomba littéralement à verse jusque tard dans l'après-midi. Le matin avant mon départ, puis à midi, il me sembla que je ne pourrais pas être au rendez-vous. Pourtant la pluie se calma de nouveau, à temps pour que je file au galop jusqu'à Gouverneur. Je trouvai que les gens ne m'attendaient plus ce jour-là, à cause de la grosse pluie.
Avant d'arriver au village, je croisai un certain M. S..., l'un des principaux membres de l'Église, qui revenait de la réunion d'Église et rentrait chez lui, à la maison devant laquelle je venais de passer. Il arrêta sa voiture et m'interpella : « Êtes-vous M. Finney ? » Je lui répondis que oui, et il me dit : « Je vous en prie, retournez chez moi, car je tiens absolument à ce que vous soyez mon hôte. Vous êtes fatigué de cette longue course, et les chemins sont si mauvais que vous n'aurez pas de réunion ce soir. » Je lui répondis que je devais tenir mon engagement, et je lui demandai si la réunion d'Église était terminée. Il me dit qu'elle ne l'était pas quand il était parti, et qu'il était possible, à son avis, que j'atteigne le village avant qu'on se sépare.
Je poursuivis ma route au galop, mis pied à terre à la porte du temple et entrai en hâte. Le frère Nash se tenait devant la chaire ; il venait de se lever pour congédier l'assemblée. En me voyant entrer, il leva les mains, attendit que je sois près de la chaire, puis me serra tout bonnement dans ses bras. Après m'avoir ainsi embrassé, il me présenta à l'assemblée. En deux mots, je leur annonçai que j'étais venu tenir mon engagement et que, si le Seigneur le voulait, je prêcherais à telle heure, que je leur indiquai.
Quand l'heure arriva, la salle était pleine. Les gens en avaient assez entendu, pour et contre moi, pour avoir la curiosité éveillée, et tout le monde était sorti de chez soi. Le Seigneur me donna un texte ; je montai en chaire et j'ouvris mon cœur à ces gens. La parole produisit un effet puissant. Tout le monde, je crois, s'en rendit très bien compte. Je congédiai l'assemblée, et cette nuit-là je pus prendre un peu de repos.
L'hôtel du village était alors tenu par un docteur S..., universaliste déclaré. Le lendemain matin, je sortis comme d'habitude pour aller voir les gens et leur parler de leur âme, et je trouvai le village en effervescence. Après quelques visites, j'entrai en passant chez un tailleur, où je trouvai un certain nombre de personnes en train de discuter du sujet de la prédication de la veille.
Je n'avais jamais entendu parler du docteur S... jusque-là ; mais je le trouvai parmi ceux qui étaient réunis chez ce tailleur, en train de défendre ses opinions universalistes. Quand j'entrai, les remarques qu'on fit engagèrent aussitôt la conversation, et le docteur S... s'avança, visiblement soutenu par tout le poids de ses camarades, pour contester les affirmations que j'avais avancées et soutenir contre elles la doctrine du salut universel. Quelqu'un me le présenta, et je lui dis : « Docteur, je serais très heureux de m'entretenir avec vous de vos opinions ; mais si nous devons avoir une conversation, il faut d'abord nous mettre d'accord sur la méthode que nous suivrons pour discuter. » J'avais trop l'habitude de discuter avec les universalistes pour en attendre quelque bien, à moins de convenir de certaines règles et de s'y tenir pendant la discussion. Je proposai donc, premièrement, que nous prenions un point à la fois et le discutions jusqu'à ce qu'il soit réglé, ou que nous n'ayons plus rien à en dire, puis un autre, puis un autre encore, en nous en tenant au point précis en débat ; deuxièmement, que nous ne nous interrompions pas l'un l'autre, mais que chacun soit libre d'exposer ses vues sur le point sans être interrompu ; troisièmement, qu'il n'y ait ni chicane ni simple raillerie, mais que nous observions la franchise et la courtoisie, et donnions à chaque argument le poids qui lui revient, de quelque côté qu'il soit présenté. Je savais qu'ils pensaient tous de la même manière ; et je voyais bien qu'ils faisaient bloc et s'étaient réunis ce matin-là pour se soutenir les uns les autres dans leurs opinions.
Ces préliminaires réglés, nous engageâmes la discussion. Il ne fallut pas longtemps pour démolir chacune des positions qu'il prit. En réalité, il connaissait bien peu la Bible. Il avait une manière à lui de se débarrasser des principaux passages, tels qu'il s'en souvenait, que l'on oppose généralement à la doctrine universaliste. Mais, comme le font toujours les universalistes, il insistait surtout sur l'injustice absolue d'un châtiment sans fin.
Je lui montrai bientôt, à lui et à ceux qui l'entouraient, qu'il avait un terrain bien mince sous les pieds pour ce qui était de la Bible ; et il en vint très vite à soutenir que, quoi que la Bible en dise, un châtiment sans fin était injuste, et que par conséquent, si la Bible menaçait les hommes d'un châtiment sans fin, elle ne pouvait pas être vraie. Cela réglait la question pour ce qui était de la Bible. En fait, je voyais bien qu'ils étaient tous sceptiques et qu'ils ne céderaient pas du tout parce qu'ils verraient que la Bible contredisait leurs opinions. Je l'attaquai alors de près sur la justice du châtiment sans fin. Je vis que ses amis s'agitaient et avaient l'impression que le sol se dérobait sous eux. Bientôt l'un d'eux sortit ; puis, à mesure que j'avançais, un autre sortit, et finalement tous l'abandonnèrent, voyant, comme ils durent le voir l'un après l'autre, qu'il avait entièrement tort.
Il avait été leur chef ; et Dieu me donna ainsi l'occasion de le réduire à néant, en présence de ceux qui le suivaient. Quand il n'eut plus rien à dire, je le pressai avec chaleur de s'occuper sans délai de son salut, je lui souhaitai très aimablement le bonjour et je m'en allai, sûr que j'entendrais bientôt reparler de cette conversation.
La femme du docteur était une chrétienne, membre de l'Église. Elle me raconta un jour ou deux plus tard que le docteur était rentré de cette conversation apparemment très agité, sans qu'elle sache où il était allé. Il arpentait la pièce, puis s'asseyait, mais ne pouvait pas rester assis. Il marchait et s'asseyait ainsi tour à tour ; et elle voyait à son visage qu'il était profondément troublé. Elle lui dit : « Docteur, qu'avez-vous ? » « Rien », répondit-il. Mais son agitation augmentait, et elle lui demanda de nouveau : « Docteur, dites-moi donc ce que vous avez. » Elle se doutait qu'il m'avait rencontré quelque part, et elle lui dit : « Docteur, avez-vous vu M. Finney ce matin ? » Cela l'arrêta net ; il fondit en larmes et s'écria : « Oui ! et il a retourné mes armes contre moi ! » Son angoisse devint extrême ; et dès que le chemin s'ouvrit pour qu'il puisse parler franchement, il s'abandonna à ses convictions, et peu après il exprima son espérance en Christ. En quelques jours, ses compagnons furent gagnés l'un après l'autre, si bien que, je crois, le réveil les emporta tous jusqu'au dernier.
J'ai dit qu'il y avait une Église baptiste et une Église presbytérienne, chacune avec son temple sur la place, non loin l'un de l'autre, et que l'Église baptiste avait un pasteur, mais la presbytérienne n'en avait pas. Dès que le réveil éclata et attira l'attention générale, les frères baptistes se mirent à s'y opposer. Ils parlèrent contre lui et employèrent des moyens tout à fait répréhensibles pour en arrêter les progrès. Cela encouragea une bande de jeunes gens à se donner la main pour se fortifier les uns les autres dans leur opposition à l'œuvre. L'Église baptiste avait beaucoup d'influence ; et la position qu'elle prit enhardit beaucoup l'opposition et sembla lui donner, comme on pouvait s'y attendre, une amertume et une force particulières. Ces jeunes gens semblaient dressés comme un rempart sur le chemin de l'œuvre.
Dans cet état de choses, le frère Nash et moi, après nous être consultés, conclûmes qu'il fallait vaincre cet obstacle par la prière, et qu'on ne pouvait l'atteindre d'aucune autre manière. Nous nous retirâmes donc dans un bosquet et nous nous livrâmes à la prière jusqu'à ce que nous ayons obtenu gain de cause ; et nous eûmes l'assurance qu'aucune puissance que la terre ou l'enfer pourrait dresser ne serait autorisée à arrêter durablement le réveil.
Le dimanche suivant, après avoir prêché moi-même le matin et l'après-midi (car c'est moi qui faisais toute la prédication, et le frère Nash se consacrait presque continuellement à la prière), nous nous réunîmes à cinq heures au temple pour une réunion de prière. La salle était pleine. Vers la fin de la réunion, le frère Nash se leva et s'adressa à ce groupe de jeunes gens qui s'étaient donné la main pour résister au réveil. Je crois qu'ils étaient tous là, et ils se tenaient raidis contre l'Esprit de Dieu. C'était trop solennel pour qu'ils osent vraiment tourner en ridicule ce qu'ils entendaient et voyaient ; et pourtant leur effronterie et leur entêtement sautaient aux yeux de tous.
Le frère Nash leur parla avec beaucoup de sérieux et leur montra la culpabilité et le danger de la voie qu'ils suivaient. Vers la fin de son discours, il s'échauffa extrêmement et leur dit : « Maintenant, retenez bien ceci, jeunes gens ! Dieu rompra vos rangs en moins d'une semaine, soit en convertissant certains d'entre vous, soit en envoyant certains d'entre vous en enfer. Il le fera aussi sûrement que le Seigneur est mon Dieu ! » Il se tenait à un endroit où il abattit la main sur le haut du banc devant lui, si fort qu'il le fit trembler tout entier. Il se rassit aussitôt, baissa la tête et gémit de douleur.
La salle était silencieuse comme la mort, et la plupart des gens avaient la tête baissée. Je voyais que les jeunes gens étaient agités. Pour ma part, je regrettais que le frère Nash soit allé si loin. Il s'était engagé à ce que Dieu, dans la semaine, ou bien ôte la vie à certains d'entre eux et les envoie en enfer, ou bien en convertisse quelques-uns. Pourtant, le mardi matin de cette même semaine, le chef de ces jeunes gens vint me trouver, dans la plus grande détresse d'esprit. Il était tout prêt à se soumettre ; et dès que je le pressai, il s'effondra comme un enfant, confessa ses fautes et, de toute évidence, se donna à Christ. Puis il me dit : « Que dois-je faire, monsieur Finney ? » Je lui répondis : « Allez immédiatement trouver tous vos jeunes compagnons, priez avec eux et exhortez-les à se tourner sans tarder vers le Seigneur. » Il le fit ; et avant la fin de la semaine, presque tous ces jeunes gens, sinon tous, espéraient en Christ.
Il y avait au village un commerçant du nom de S... C'était un homme très aimable, un homme du monde, mais déiste. Sa femme était fille d'un pasteur presbytérien. C'était sa seconde femme, et la première avait elle aussi été fille d'un pasteur presbytérien. Il s'était ainsi allié par mariage à deux familles de pasteurs. Ses beaux-pères s'étaient donné toutes les peines du monde pour obtenir sa conversion à Christ. C'était un homme qui lisait et réfléchissait. Ses deux beaux-pères étaient des presbytériens de la vieille école et lui avaient mis entre les mains le genre de livres qui présentaient leurs idées particulières. Cela l'avait beaucoup fait trébucher ; et plus il avait lu, plus il s'était affermi dans la conviction que la Bible était une fable.
Sa femme me supplia instamment de venir parler avec son mari. Elle me mit au courant de ses opinions et des peines qu'on s'était données pour l'amener à embrasser la religion chrétienne. Mais elle me dit qu'il était si solidement ancré dans ses idées qu'elle ne savait pas si une conversation pourrait en venir à bout. Je promis néanmoins de passer le voir, et je le fis. Son magasin occupait le devant de la maison où ils habitaient. Elle entra dans le magasin et lui demanda de venir. Il refusa. Il dit que cela ne servirait à rien, qu'il avait assez parlé avec des pasteurs, qu'il savait d'avance exactement ce que j'allais dire, et qu'il ne pouvait pas y consacrer de temps ; d'ailleurs, cela lui répugnait profondément. Elle lui répondit : « Monsieur S..., vous n'avez jamais eu l'habitude de traiter ainsi les pasteurs qui venaient vous voir. J'ai invité M. Finney à venir vous voir pour s'entretenir avec vous de la religion ; et je serai très peinée et humiliée si vous refusez de le recevoir. »
Il respectait et aimait beaucoup sa femme ; et c'était vraiment une perle. Pour lui faire plaisir, il consentit à venir. Mme S... me présenta à lui et quitta la pièce. Je lui dis alors : « Monsieur S..., je ne suis pas venu ici pour me disputer avec vous ; mais si vous voulez bien causer, il se peut que je vous suggère quelque chose qui vous aide à surmonter certaines de vos difficultés au sujet de la religion chrétienne, car je les ai probablement toutes éprouvées moi-même. » Comme je lui parlais avec une grande bienveillance, il sembla aussitôt se sentir à l'aise avec moi ; il s'assit près de moi et me dit : « Eh bien, monsieur Finney, il n'est pas besoin d'une longue conversation sur ce point. Nous connaissons si bien l'un et l'autre les arguments des deux côtés que je peux vous exposer en quelques minutes les objections précises contre la religion chrétienne sur lesquelles je m'appuie, et que je me trouve absolument incapable de surmonter. Je suppose que je sais d'avance comment vous y répondrez, et que la réponse me paraîtra tout à fait insuffisante. Mais si vous le désirez, je vais vous les exposer. »
Je le priai de le faire ; et il commença, autant que je m'en souvienne, de cette façon : « Vous et moi, nous sommes d'accord pour croire à l'existence de Dieu. » « Oui. » « Bien. Nous sommes d'accord qu'il est infiniment sage, bon et puissant. » « Oui. » « Nous sommes d'accord que, dans notre création même, il nous a donné certaines convictions irrésistibles du bien et du mal, du juste et de l'injuste. » « Oui. » « Bien. Nous sommes donc d'accord que tout ce qui va contre nos convictions irrésistibles de la justice ne peut venir de Dieu. » « Oui », dis-je. « Ce qui, selon nos convictions irrésistibles, n'est ni sage ni bon ne peut venir de Dieu. » « Oui, dis-je, nous sommes d'accord là-dessus. » « Eh bien, reprit-il, la Bible nous enseigne que Dieu nous a créés avec une nature pécheresse, autrement dit que nous venons à l'existence totalement pécheurs et incapables d'aucun bien, et cela selon certaines lois établies d'avance dont Dieu est l'auteur ; que, malgré cette nature pécheresse, totalement incapable d'aucun bien, Dieu nous commande de lui obéir et d'être bons, alors que cela nous est absolument impossible ; et il nous le commande sous peine de mort éternelle. »
Je répondis : « Monsieur S..., avez-vous une Bible ? Voulez-vous chercher le passage qui enseigne cela ? » « Mais ce n'est pas la peine, dit-il ; vous reconnaissez que la Bible l'enseigne. » « Non, dis-je, je ne crois rien de tel. » « Alors, continua-t-il, la Bible enseigne que Dieu a imputé le péché d'Adam à toute sa postérité ; que nous héritons par nature de la culpabilité de ce péché, et que nous sommes exposés à la damnation éternelle pour la culpabilité du péché d'Adam. Eh bien, dit-il, peu m'importe qui le dit ou quel livre enseigne une chose pareille : je sais qu'un tel enseignement ne peut venir de Dieu. C'est la contradiction directe de mes convictions irrésistibles du bien et de la justice. » « Oui, répondis-je, et cela contredit tout aussi directement les miennes. Mais maintenant, dis-je, où cela est-il enseigné dans la Bible ? »
Il se mit à citer le catéchisme, comme il l'avait déjà fait. « Mais, répondis-je, c'est le catéchisme, ce n'est pas la Bible. » « Comment, dit-il, vous êtes bien pasteur presbytérien, n'est-ce pas ? Je pensais que le catéchisme faisait autorité pour vous. » « Non, dis-je ; nous parlons de la Bible en ce moment, de la question de savoir si la Bible est vraie. Pouvez-vous dire que c'est là la doctrine de la Bible ? » « Oh, dit-il, si vous allez nier que la Bible l'enseigne, eh bien, c'est prendre une position que je n'ai jamais vu prendre à un pasteur presbytérien. » Il continua en disant que la Bible commandait aux hommes de se repentir, mais leur enseignait en même temps qu'ils ne pouvaient pas se repentir ; qu'elle leur commandait d'obéir et de croire, et leur enseignait pourtant en même temps que c'était impossible. Naturellement, je l'attaquai de nouveau de près et lui demandai où ces choses étaient enseignées dans la Bible. Il cita le catéchisme ; mais je refusai de l'admettre.
Il continua en disant que la Bible enseignait aussi que Christ n'était mort que pour les élus ; et que pourtant elle commandait à tous les hommes, en tous lieux, élus ou non élus, de croire, sous peine de mort éternelle. « Le fait est, dit-il, que la Bible, dans ses commandements et ses enseignements, heurte à chaque pas mon sens inné de la justice. Je ne peux pas, je ne veux pas l'accepter ! » Il devint très affirmatif et s'échauffa. Mais je lui dis :
« Monsieur S..., il y a là une erreur. Ce ne sont pas les enseignements de la Bible. Ce sont les traditions des hommes plutôt que les enseignements de la Bible. » « Eh bien alors, dit-il, monsieur Finney, dites-moi donc ce que vous croyez ! » Il dit cela avec une impatience assez marquée. Je lui répondis : « Si vous voulez bien m'écouter quelques instants, je vais vous dire ce que je crois. » Je commençai alors à lui exposer mes vues sur la loi et sur l'Évangile. Il était assez intelligent pour me comprendre facilement et vite. En une heure environ, je pense, je lui fis parcourir tout le terrain de ses objections. Il devint extrêmement attentif ; et je vis que les idées que je lui présentais étaient nouvelles pour lui.
Quand j'en vins à m'arrêter sur l'expiation, et que je montrai qu'elle avait été faite pour tous les hommes, quand je m'étendis sur sa nature, son but, son étendue, et sur la gratuité du salut par Christ, je vis son émotion monter, jusqu'à ce qu'enfin il se couvre le visage des deux mains, jette la tête en avant sur ses genoux et tremble de tout son corps sous le coup de l'émotion. Je vis le sang lui monter à la tête et les larmes se mettre à couler abondamment. Je me levai vivement et quittai la pièce sans ajouter un mot. Je voyais qu'une flèche l'avait transpercé, et je m'attendais à ce qu'il se convertisse tout de suite. En fait, il se convertit avant de quitter la pièce.
Très peu après, la cloche du temple sonna pour une réunion de prière et d'échange ; je me rendis à la réunion, et peu après qu'elle eut commencé, M. et Mme S... entrèrent.
Son visage montrait qu'il avait été profondément ému. Les gens se retournèrent et semblèrent surpris de voir M. S... venir à une réunion de prière. Il avait toujours eu l'habitude, je crois, d'assister au culte le dimanche ; mais venir à une réunion de prière, et cela en plein jour, c'était du nouveau. À cause de lui, je pris une bonne partie du temps de cette réunion pour faire des remarques, qu'il écouta avec la plus grande attention.
Sa femme me raconta ensuite que, comme ils rentraient à pied chez eux après la réunion de prière, il lui dit : « Ma chère, où est passée toute mon incrédulité ? Je n'arrive pas à la retrouver. Je n'arrive pas à lui donner l'air d'avoir le moindre sens. Il me semble qu'elle a toujours été une parfaite absurdité. Et comment j'ai jamais pu voir la question comme je la voyais, ou faire autant de cas de mes propres arguments, je ne peux pas l'imaginer. Il me semble, dit-il, que j'ai été appelé à juger un splendide ouvrage d'architecture, un temple magnifique, et que dès que j'ai aperçu un angle de l'édifice, il m'a dégoûté, je me suis détourné et j'ai refusé d'aller plus loin dans mon examen ; j'ai condamné le tout sans tenir aucun compte de ses proportions. C'est exactement ainsi que j'ai traité le gouvernement de Dieu. » Elle me dit qu'il avait toujours été particulièrement violent contre la doctrine du châtiment sans fin. Mais cette fois-là, en rentrant chez eux, il dit que, pour la manière dont il avait traité Dieu, il méritait une damnation sans fin.
Sa conversion fut très nette et très décidée. Il épousa chaleureusement la cause de Christ et s'engagea de tout cœur pour faire avancer le réveil. Il entra dans l'Église et devint bientôt diacre ; et jusqu'au jour de sa mort, à ce qu'on m'a dit, il fut un homme très utile.
Après la conversion de M. S... et de ce groupe de jeunes gens dont j'ai parlé, je pensai qu'il était temps, si possible, de mettre fin à l'opposition de l'Église baptiste et de son pasteur. J'eus donc d'abord une entrevue avec un diacre de l'Église baptiste, qui s'était montré très violent dans son opposition, et je lui dis : « Maintenant, vous avez poussé votre opposition assez loin. Vous devez bien être convaincu que c'est l'œuvre de Dieu. Je n'ai fait en public aucune allusion à votre opposition, et je ne souhaite pas le faire, ni paraître savoir qu'elle existe ; mais vous êtes allé assez loin, et si vous ne cessez pas immédiatement, je me sentirai obligé de m'occuper de vous et de dénoncer votre opposition du haut de la chaire. » Les choses en étaient arrivées à un point tel que j'étais sûr que Dieu et le public me soutiendraient si j'appliquais la mesure que je proposais.
Il reconnut ses torts, dit qu'il le regrettait et promit d'en faire la confession et de ne plus s'opposer à l'œuvre. Il dit qu'il avait commis une grande erreur et s'était laissé tromper, mais qu'il avait aussi été très coupable dans cette affaire. Il alla ensuite chercher son pasteur, et j'eus une longue conversation avec eux deux ensemble. Le pasteur reconnut qu'il avait eu entièrement tort, qu'il s'était laissé tromper et avait été coupable, et que son esprit de parti l'avait entraîné trop loin. Il espérait que je lui pardonnerais, et il pria Dieu de lui pardonner. Je lui dis que je ne ferais aucun cas de l'opposition de son Église, pourvu qu'elle cesse ; ce qu'ils promirent.
Mais je lui dis alors : « Un nombre considérable de jeunes gens dont les parents appartiennent à votre Église ont été convertis. » Si je me souviens bien, pas moins de quarante de leurs jeunes s'étaient convertis dans ce réveil. « Or, dis-je, si vous vous mettez à faire du prosélytisme, cela créera un esprit de parti dans les deux Églises, et ce sera pire que toute l'opposition que vous avez faite. » Je lui dis encore : « Malgré votre opposition, l'œuvre a continué, parce que les frères presbytériens se sont gardés de tout esprit de parti et ont eu l'esprit de prière. Mais si vous vous mettez à faire du prosélytisme, cela détruira l'esprit de prière et arrêtera immédiatement le réveil. » Il le savait, dit-il ; c'est pourquoi il ne dirait rien au sujet de l'admission d'aucun des convertis et n'ouvrirait pas les portes de l'Église pour les recevoir avant la fin du réveil ; ensuite, sans aucun prosélytisme, on laisserait les convertis entrer chacun dans l'Église de leur choix.
C'était un vendredi. Le lendemain, samedi, était le jour de leur réunion d'alliance mensuelle. Quand ils furent rassemblés, au lieu de tenir parole, il ouvrit toutes grandes les portes de l'Église et invita les convertis à s'avancer, à raconter leur expérience et à entrer dans l'Église. Tous ceux qu'on put persuader de le faire racontèrent leur expérience ; et le lendemain, on les baptisa en grande pompe. Le pasteur envoya chercher immédiatement, et s'assura l'aide de l'un des pasteurs baptistes les plus prosélytes que j'aie jamais connus. Celui-ci arriva et se mit à prêcher et à faire des conférences sur le baptême.
Ils parcoururent la commune en tous sens à la recherche de convertis ; et chaque fois qu'ils trouvaient quelqu'un pour se joindre à eux, ils organisaient une procession, défilaient, chantaient, et faisaient grand étalage en allant au bord de l'eau pour le baptiser. Cela affligea bientôt l'Église presbytérienne au point de détruire son esprit de prière et de foi, et l'œuvre s'arrêta net. Pendant six semaines, il n'y eut pas une seule conversion. Tout le monde, saints et pécheurs, discutait la question du baptême.
Il y avait au village un nombre considérable d'hommes, dont certains en vue, qui avaient été sous une forte conviction et semblaient près de se convertir, et que cette discussion sur le baptême avait entièrement détournés ; et de fait, c'était là, semble-t-il, l'effet général. Tout le monde pouvait voir que le réveil s'était arrêté, et que les baptistes, bien qu'ils se soient opposés au réveil depuis le début, étaient résolus à faire entrer tous les convertis dans leur Église. Pourtant, je pense que la majorité des convertis ne purent être persuadés de se faire immerger, bien qu'on ne leur ait rien dit dans l'autre sens.
Finalement, je dis aux gens, un dimanche : « Vous voyez ce qu'il en est : l'œuvre de conversion est suspendue, et nous ne savons pas qu'une seule conversion ait eu lieu depuis six semaines ; et vous en connaissez la raison. » Je ne leur dis pas du tout comment le pasteur de l'Église baptiste avait manqué à sa parole, et je n'y fis même pas allusion ; car je savais qu'apprendre aux gens qu'il s'était rendu coupable d'une telle conduite ne ferait aucun bien, mais beaucoup de mal. Mais je leur dis : « Je ne veux pas prendre un dimanche pour prêcher sur ce sujet ; mais si vous voulez venir mercredi après-midi à une heure, avec vos Bibles et vos crayons pour marquer les passages, je vous lirai tous les passages de la Bible qui se rapportent au mode du baptême ; je vous donnerai, aussi exactement que je les comprends, les vues de nos frères baptistes sur tous ces passages, avec les miennes ; et vous jugerez par vous-mêmes de quel côté est la vérité. »
Quand le mercredi arriva, la salle était comble. Je vis là bon nombre de frères baptistes. Je commençai par lire, d'abord dans l'Ancien Testament, puis dans le Nouveau, tous les passages qui avaient quelque rapport avec le mode du baptême, pour autant que je les connaissais. J'exposai les vues des baptistes sur ces textes et les raisons de leurs vues. Puis j'exposai mes propres vues et mes raisons. Je vis que l'impression produite était nette et bonne, qu'aucun mauvais esprit ne régnait ; et les gens semblèrent satisfaits au sujet du mode du baptême. Les frères baptistes, autant que je sache, étaient tout à fait convaincus que j'avais présenté leurs vues loyalement, et aussi fortement qu'ils auraient pu le faire eux-mêmes, ainsi que leurs raisons. Avant de congédier l'assemblée, je dis : « Si vous voulez venir demain, à la même heure, à une heure, je vous lirai tous les passages de la Bible qui se rapportent aux personnes à baptiser, et je suivrai la même méthode qu'aujourd'hui. »
Le lendemain, la salle était comble, plus encore si possible que la veille. Bon nombre des principaux frères baptistes étaient présents ; et je remarquai le vieux pasteur, le grand faiseur de prosélytes, assis dans l'assemblée. Après les exercices d'ouverture, je me levai et commençai ma lecture. À ce moment, le vieux pasteur se leva et dit : « Monsieur Finney, j'ai un engagement et je ne peux pas rester pour entendre vos lectures. Mais je souhaiterai vous répondre ; et comment saurai-je quelle marche vous suivez ? » Je lui répondis : « Pasteur, j'ai devant moi un petit canevas où je cite tous les passages que je vais lire et où je note l'ordre dans lequel je traite le sujet. Vous pouvez prendre mon canevas, si vous voulez, et y répondre. » Il sortit alors et, à ce que je supposai, s'en alla à son engagement.
Je pris alors l'alliance conclue avec Abraham, et je lus tout ce qui, dans l'Ancien Testament, touchait directement à la question du rapport des familles et des enfants avec cette alliance. Je donnai la vue des baptistes sur les passages que je lisais, avec la mienne, et les raisons des deux côtés, comme je l'avais fait la veille. Je pris ensuite le Nouveau Testament et parcourus tous les passages qui s'y rapportaient au sujet. Les gens devinrent très tendres ; et les larmes coulèrent très librement quand je présentai cette alliance comme étant toujours l'alliance que Dieu fait avec les parents et leur maison. L'assemblée fut très émue et toute fondue.
Juste avant que j'aie fini, le diacre de l'Église presbytérienne dut sortir avec un enfant qui était resté assis à côté de lui pendant cette longue réunion. Il me raconta ensuite qu'en entrant dans le vestibule du temple, il y trouva le vieux pasteur assis, la porte entrouverte, écoutant ce que je disais et pleurant lui-même à chaudes larmes.
Quand j'eus fini, les gens se pressèrent autour de moi de tous côtés et me remercièrent avec des larmes d'un exposé si complet et si satisfaisant de ce sujet. J'aurais dû dire que la réunion était suivie non seulement par les membres de l'Église, mais par l'ensemble de la population. La question fut réglée en connaissance de cause, et bientôt les gens cessèrent d'en parler. En quelques jours, l'esprit de prière revint, et le réveil reprit vie et continua de nouveau avec une grande puissance. Peu après, les sacrements furent administrés, et un grand nombre de convertis entrèrent dans l'Église.
J'ai déjà laissé entendre que j'étais l'hôte de M. S... Il avait une famille très intéressante. Lui et sa femme, que tout le monde appelait « tante Lucy », n'avaient pas d'enfants à eux ; mais ils avaient, au fil des années, poussés par l'élan de leur cœur, adopté un enfant après l'autre, jusqu'à en avoir dix ; et ils étaient si proches en âge que sa famille se composait alors de lui-même, de « tante Lucy », sa femme, et de dix jeunes gens, je crois à peu près autant de garçons que de filles. Ils furent tous bientôt convertis, et leurs conversions furent très frappantes. C'étaient des convertis lumineux, des jeunes gens très intelligents ; et je n'ai jamais vu de famille plus heureuse et plus aimable que la leur quand ils furent tous convertis.
Mais tante Lucy avait été convertie dans d'autres circonstances, quand il n'y avait pas de réveil ; et elle n'avait encore jamais vu la fraîcheur, la force et la joie des convertis dans un réveil puissant. Leur foi et leur amour, leur joie et leur paix, la firent complètement trébucher. Elle se mit à penser qu'elle n'avait jamais été convertie ; et bien qu'elle se soit donnée de cœur et d'âme à l'avancement de l'œuvre, en plein milieu de celle-ci elle tomba dans le désespoir, malgré tout ce qu'on put dire ou faire. Elle conclut qu'elle n'avait jamais été convertie, et que, par conséquent, elle ne pourrait jamais l'être.
Cela apporta dans la famille une grande peine et une grande inquiétude. Son mari pensait qu'elle allait perdre la raison. Les jeunes gens, qui la considéraient tous comme leur mère, étaient pleins d'inquiétude pour elle ; et de fait, la maison fut plongée dans le deuil. M. S... consacra son temps à parler et à prier avec elle, et à essayer de ranimer son espérance. J'eus plusieurs conversations avec elle ; mais dans la grande lumière que l'expérience de ces jeunes convertis, qu'elle écoutait chaque jour, répandait autour d'elle, on ne put la persuader de croire ni qu'elle avait jamais été convertie, ni qu'elle pourrait jamais l'être.
Cet état de choses se prolongea jour après jour, au point que je finis moi-même par penser qu'elle allait perdre la raison. La rue où ils habitaient était une rue très peuplée, presque un village, sur quelque trois milles de long. L'œuvre s'était étendue dans cette rue au point qu'il n'y restait plus qu'un seul adulte non converti. C'était un jeune homme du nom de B... H..., et il était presque forcené dans son opposition à l'œuvre. Presque tout le voisinage se mit à prier pour ce jeune homme, et son cas était dans presque toutes les bouches.
Un jour, en entrant, je trouvai tante Lucy qui se lamentait beaucoup au sujet de ce B... H... « Oh ! mon Dieu ! disait-elle, que va-t-il devenir ? Voyons, monsieur S..., il va certainement perdre son âme ! Que va-t-il devenir ? » Elle semblait dans la plus grande angoisse à l'idée que ce jeune homme perde son âme. Je l'écoutai quelques instants, puis je la regardai gravement et lui dis : « Tante Lucy, quand vous et B... H... mourrez, Dieu devra faire une cloison en enfer et vous donner une chambre à vous seule. » Elle ouvrit ses grands yeux bleus et me lança un regard de reproche. « Voyons, monsieur Finney ! » dit-elle. « C'est bien cela, dis-je. Pensez-vous que Dieu se rendra coupable d'une inconvenance aussi grande que de vous mettre, vous et B... H..., au même endroit ? Lui est là, à tempêter contre Dieu ; et vous, vous êtes presque folle de ressentir les outrages dont il accable Dieu, et de craindre qu'il aille en enfer. Pensez-vous donc que deux personnes pareilles, dans deux états d'esprit aussi opposés, puissent être envoyées au même endroit ? » Je soutins calmement son regard de reproche et la regardai fixement en face. Au bout de quelques instants, ses traits se détendirent et elle sourit, pour la première fois depuis bien des jours. « C'est bien cela, ma chère, dit M. S..., c'est bien cela. Comment pourriez-vous aller au même endroit que B... H... ? » Elle se mit à rire et dit : « Nous ne le pouvons pas. » Dès ce moment, son désespoir se dissipa ; elle en sortit dans la pleine lumière, aussi heureuse que n'importe lequel des jeunes convertis. Ce B... H... se convertit par la suite.
À environ trois quarts de mille de chez M. S... habitait un certain M.
M..., universaliste convaincu, qui se tint assez longtemps à l'écart de nos réunions. Un matin, le père Nash, qui était alors avec moi chez M. S..., se leva à une heure très matinale, comme il en avait l'habitude, et s'en alla au fond d'un bosquet, à quelque deux cent cinquante mètres peut-être de la route, pour avoir un moment de prière seul. C'était avant le lever du soleil ; et le frère Nash, comme d'habitude, s'engagea profondément dans la prière. C'était un de ces matins clairs où l'on peut entendre des bruits à une grande distance. M. M... s'était levé et se trouvait dehors à cette heure matinale ; et il entendit une voix qui priait. Il écouta, et put entendre distinctement la voix du père Nash. Il savait que c'était une prière, dit-il plus tard, bien qu'il ne pût distinguer grand-chose de ce qui était dit. Il dit cependant qu'il savait ce que c'était, et qui c'était. Et cela lui planta une flèche dans le cœur. Il dit que cela fit passer sur lui un sentiment de la réalité de la religion tel qu'il n'en avait jamais éprouvé. La flèche était plantée. Il ne trouva aucun soulagement avant de le trouver en croyant en Jésus.
Je ne connais pas le nombre des convertis de ce réveil. C'était une grande commune agricole, peuplée d'habitants aisés. La grande majorité d'entre eux, j'en suis certain, furent convertis à Christ dans ce réveil.
Je ne suis pas retourné dans cet endroit depuis bien des années. Mais j'en ai souvent eu des nouvelles, et j'ai toujours entendu dire que la religion y était restée dans un état très sain, et qu'on n'y a jamais eu depuis rien qui ressemble à une discussion sur le baptême.
Les doctrines prêchées pour faire avancer ce réveil furent celles que j'ai prêchées partout : la dépravation morale, volontaire et totale de l'homme non régénéré ; la nécessité d'un changement radical du cœur, par la vérité, sous l'action du Saint-Esprit ; la divinité et l'humanité de notre Seigneur Jésus-Christ ; son expiation substitutive, à la mesure des besoins de toute l'humanité ; le don, la divinité et l'action du Saint-Esprit ; la repentance, la foi, la justification par la foi, la sanctification par la foi ; la persévérance dans la sainteté comme condition du salut ; en un mot, toutes les doctrines distinctives de l'Évangile furent exposées et présentées avec toute la clarté, la précision et la force dont j'étais capable dans ces circonstances. Un grand esprit de prière régnait ; et après la discussion sur le baptême, un esprit d'unité, d'amour fraternel et de communion chrétienne tout à fait remarquable régna. En fin de compte, je n'eus jamais l'occasion de reprendre publiquement l'opposition des frères baptistes. Dans mes lectures sur le baptême, le Seigneur me permit de garder un esprit tel qu'aucune controverse ne s'engagea et qu'aucun esprit de controverse ne régna. La discussion ne produisit aucun mauvais résultat, mais un grand bien, et, autant que j'aie pu le voir, rien que du bien.
Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026). Source : Memoirs of Rev. Charles G. Finney, A. S. Barnes, 1876 (archive.org, exemplaire de la bibliothèque de Cornell) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).