Bible et commentairesbiblelibre.org
Se connecter

Discours sur les réveils religieux · Charles G. Finney

Discours 9

Les moyens à employer auprès des pécheurs

Vous êtes mes témoins, dit l'Éternel, vous, et mon serviteur que j'ai choisi. (Ésaïe 43,10)

Le texte affirme des enfants de Dieu qu'ils sont ses témoins. Dans plusieurs des discours précédents, je me suis arrêté sur le sujet de la prière, c'est-à-dire sur cette partie des moyens propres à favoriser un réveil qui vise à amener Dieu à répandre son Esprit. Je vais maintenant aborder l'autre partie :

LES MOYENS À EMPLOYER POUR LA CONVICTION ET LA CONVERSION DES PÉCHEURS.

Il est vrai, en général, que les gens sont touchés par les choses de la religion dans la mesure où ils sont convaincus de leur vérité. Si l'on éprouve si peu de chose à leur sujet, c'est d'abord parce qu'on n'y fait pas attention. Aucun être ne peut regarder les grandes vérités de la religion comme des vérités sans en être profondément remué. Le diable lui-même ne le peut pas : il croit et il tremble. Les anges du ciel sont émus devant ces choses. Dieu est ému. Une conviction de la vérité qui s'empare de l'intelligence s'accompagne toujours d'un sentiment, quel qu'il soit.

L'un des grands desseins de Dieu, quand il laisse les chrétiens dans le monde après leur conversion, c'est qu'ils soient ses témoins. Il veut qu'ils attirent sur ce sujet l'attention de la foule insouciante et qu'ils lui fassent voir la différence de caractère et de destinée entre ceux qui croient l'Évangile et ceux qui le rejettent. Cette inattention est le grand obstacle aux progrès de la religion. Et ce que fait l'Esprit de Dieu, c'est d'éveiller l'attention des hommes sur leur péché et sur le plan du salut. On a quelquefois employé des miracles pour arrêter l'attention des pécheurs. De cette manière, les miracles peuvent servir d'instruments à la conversion, bien que la conversion ne soit pas elle-même un miracle et que les miracles, par eux-mêmes, n'aient jamais converti personne. Ils peuvent être un moyen de réveil. Encore ne sont-ils pas toujours efficaces, même pour cela. Et s'ils se prolongeaient ou devenaient ordinaires, ils perdraient vite leur force. Ce qu'il faut au monde, c'est quelque chose qui soit une sorte de miracle présent partout, capable non seulement d'arrêter l'attention, mais de la fixer, et de maintenir l'esprit en contact chaleureux avec la vérité jusqu'à ce qu'il cède.

Voilà pourquoi Dieu a dispersé ses enfants partout, dans les familles et parmi les nations. Il n'a jamais voulu les laisser tous ensemble en un seul lieu, si agréable que cela pût être pour eux. Il veut qu'ils soient dispersés. Quand l'Église de Jérusalem resta groupée comme un troupeau, négligeant d'aller, comme le Christ l'avait ordonné, répandre l'Évangile dans le monde entier, Dieu déchaîna contre elle une persécution et dispersa ses membres au loin ; et alors « ceux qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la parole » (Actes 8,4). En examinant le texte, je me propose de rechercher :

I. Sur quels points précis les chrétiens doivent rendre témoignage pour Dieu.

II. De quelle manière ils doivent rendre ce témoignage.

I. Sur quels points les enfants de Dieu sont-ils appelés à rendre témoignage ?

D'une manière générale, ils doivent témoigner de la vérité de la Bible. Ils sont pour cela des témoins compétents, car ils ont l'expérience de sa vérité. Le chrétien qui a fait l'expérience de la religion n'a pas plus besoin de preuves extérieures pour se convaincre de la vérité de la Bible que pour se prouver qu'il existe. Tout le plan du salut est si pleinement étalé et si bien établi dans sa conviction qu'entreprendre de lui faire abandonner par le raisonnement sa foi en la Bible serait aussi impossible que de lui faire abandonner la certitude de sa propre existence. Des hommes ont essayé de faire naître un doute sur l'existence du monde matériel. Ils ne peuvent pas y réussir. Personne ne peut douter de l'existence d'un monde matériel. En douter, c'est aller contre sa propre conscience. Vous pouvez employer des arguments auxquels il ne sait pas répondre, l'embarrasser, le déconcerter, lui fermer la bouche ; il n'est peut-être ni logicien ni philosophe et incapable de déceler vos sophismes. Mais ce qu'il sait, il le sait.

Il en est de même en religion. Le chrétien sait au fond de lui-même que la Bible est vraie. Le plus petit enfant dans la foi connaît par expérience la vérité de la Bible. Il peut entendre de la bouche des incrédules des objections auxquelles il n'a jamais pensé et auxquelles il ne sait que répondre, il peut rester confondu, mais on ne peut pas le chasser de sa position. Il dira : « Je ne sais pas vous répondre, mais je sais que la Bible est vraie. »

C'est comme un homme qui se regarde dans un miroir et dit : « C'est mon visage. » Comment savez-vous que c'est votre visage ? « Eh bien, à son air. » De même, quand un chrétien se voit dessiné et dépeint dans la Bible, il trouve la ressemblance si exacte qu'il sait qu'elle est vraie. Mais, plus précisément, les chrétiens doivent témoigner :

1. De l'immortalité de l'âme. Elle est clairement révélée dans la Bible.

2. De la vanité de tous les biens de la terre, qui ne peuvent satisfaire.

3. De la religion, qui satisfait le cœur et suffit glorieusement à tout.

4. De la culpabilité et du danger des pécheurs. Sur ce point, ils peuvent parler par expérience aussi bien que d'après la parole de Dieu. Ils ont vu leurs propres péchés, et ils comprennent mieux la nature du péché, ainsi que la culpabilité et le danger des pécheurs.

5. De la réalité de l'enfer, lieu de châtiment éternel pour les méchants.

6. De l'amour du Christ pour les pécheurs.

7. De la nécessité d'une vie sainte, si nous pensons arriver un jour au ciel.

8. De la nécessité du renoncement à soi-même et d'une vie élevée au-dessus du monde.

9. De la nécessité de la douceur, d'un esprit tourné vers le ciel, de l'humilité et de l'intégrité.

10. De la nécessité d'un renouvellement complet du caractère et de la vie pour tous ceux qui veulent entrer au ciel. Voilà les sujets sur lesquels ils doivent être les témoins de Dieu. Et ils sont tenus de rendre ce témoignage de manière à contraindre les hommes à croire la vérité.

II. Comment doivent-ils rendre témoignage ?

Par la parole et par l'exemple, en toute occasion convenable, par leurs lèvres, mais surtout par leur vie. Les chrétiens n'ont pas le droit de garder les lèvres closes ; ils doivent reprendre, exhorter et supplier « avec toute douceur et en instruisant » (2 Timothée 4,2). Mais leur influence principale, en tant que témoins, tient à leur exemple.

Ils sont appelés à être témoins de cette manière parce que l'exemple enseigne avec une force bien plus grande que la parole. Tout le monde le sait. Les actes parlent plus haut que les mots. Mais quand la parole et l'exemple agissent ensemble, ils exercent sur l'esprit la plus grande influence possible. Quant à la manière dont ils doivent témoigner, à la façon de rendre témoignage à la vérité des points énumérés, en général, ils doivent, dans leur conduite et leurs conversations de chaque jour, vivre comme s'ils croyaient la Bible.

1. Comme s'ils croyaient que l'âme est immortelle, comme s'ils croyaient que la mort n'est pas la fin de leur existence, mais l'entrée dans un état qui ne changera plus. Ils doivent vivre de manière à produire pleinement cette impression sur tous ceux qui les entourent. On voit sans peine que, sur ce point, la parole sans l'exemple ne servira à rien. Tous les arguments du monde ne convaincront pas les hommes que vous croyez vraiment cela, si vous ne vivez pas comme si vous le croyiez. Votre raisonnement sera peut-être sans réplique, mais si vous ne vivez pas en conséquence, votre conduite ruinera vos arguments. Ils diront que vous êtes un habile sophiste ou un fin raisonneur, ils reconnaîtront peut-être qu'ils ne savent pas vous répondre ; mais ils ajouteront qu'il est évident que tout votre raisonnement est faux et que vous le savez faux, puisque votre vie contredit votre théorie. Ou bien que, s'il est vrai, vous n'y croyez pas, en tout cas. Et ainsi tout le poids de votre témoignage passe dans l'autre camp.

2. La vanité des choses de ce monde, qui ne peuvent satisfaire. Vous devez en témoigner par votre vie. C'est faute de ce témoignage que les hommes trébuchent le plus. C'est ici, plus que partout ailleurs, qu'on a besoin du témoignage des enfants de Dieu. Les hommes sont si frappés par les objets des sens, et si constamment occupés d'eux, qu'ils sont très portés à chasser l'éternité de leur esprit. Un petit objet tenu tout près de l'œil peut cacher l'océan au loin. De même, les choses du monde, qui sont proches, grossissent tellement à leurs yeux qu'ils ne voient plus rien d'autre. L'un des buts importants pour lesquels Dieu garde les chrétiens dans le monde, c'est d'enseigner aux gens sur ce point, par la pratique, à ne pas travailler « pour la nourriture qui périt » (Jean 6,27). Mais supposez que des chrétiens de profession enseignent en paroles la vanité des choses de la terre et la contredisent dans les faits. Supposez que les femmes aiment autant la toilette et suivent toutes les modes avec autant de soin, que les hommes désirent autant de belles maisons et de beaux équipages que les gens du monde. Qui ne voit qu'il serait tout à fait ridicule de leur part de témoigner de leurs lèvres que ce monde n'est que vanité et que ses joies sont creuses et ne satisfont pas ? Les gens sentent cette absurdité, et c'est elle qui ferme la bouche des chrétiens. Ils ont honte de parler à leurs voisins tant qu'ils s'encombrent de ces colifichets, parce que leur conduite de chaque jour témoigne devant tout le monde exactement du contraire. Quelle figure feraient certains membres d'Église de cette ville, hommes ou femmes, s'ils allaient parmi les gens du peuple leur parler de la vanité du monde ! Qui croirait ce qu'ils disent ?

3. La religion, qui satisfait le cœur. Les chrétiens sont tenus de montrer par leur conduite qu'ils trouvent réellement leur contentement dans les joies de la religion, sans les pompes et les vanités du monde ; que les joies de la religion et la communion avec Dieu les maintiennent au-dessus du monde. Ils doivent faire voir que ce monde n'est pas leur patrie. Ils font profession de croire que le ciel est une réalité et qu'ils comptent y habiter pour toujours. Mais supposez qu'ils démentent cela par leur conduite, qu'ils vivent de façon à prouver qu'ils ne peuvent être heureux sans avoir leur pleine part des modes et du faste du monde, et que, pour ce qui est d'aller au ciel, ils aimeraient bien mieux rester sur la terre que mourir pour y aller ! Que pense le monde quand il voit un chrétien de profession avoir aussi peur de mourir qu'un incrédule ? De tels chrétiens se parjurent : ils jurent un mensonge, car ils témoignent qu'il n'y a rien dans la religion qui permette à quelqu'un de vivre au-dessus du monde.

4. La culpabilité et le danger des pécheurs. Les chrétiens sont tenus d'avertir les pécheurs de leur terrible condition, de les exhorter à fuir la colère à venir et à saisir la vie éternelle. Mais qui ne sait que, pour cela, la manière est tout ? Il arrive souvent que des pécheurs soient saisis par la conviction de péché à cause de la manière même dont une chose est faite. Il y avait une fois un homme qui s'opposait vivement à un certain prédicateur. Comme on lui demandait d'en donner une raison précise, il répondit : « Je ne peux pas supporter de l'entendre, parce qu'il dit le mot ENFER d'une telle façon que ce mot me résonne longtemps après dans les oreilles. » Ce qui lui déplaisait, c'était justement ce qui faisait toute la force de ce seul mot prononcé. La manière peut être telle qu'elle communique une idée exactement contraire au sens des mots. Un homme peut vous dire que votre maison brûle d'une façon qui produise l'impression exactement inverse, et vous en conclurez que ce n'est pas votre maison qui est en feu. Le veilleur de nuit pourrait crier « Au feu ! au feu ! » d'une façon telle que tout le monde le croirait endormi ou ivre. Une certaine manière est si habituellement liée à l'annonce de certaines choses qu'on ne peut les exprimer sans elle. Les mots seuls ne rendent jamais le sens, parce que l'idée ne peut être pleinement exprimée que par une manière particulière de parler. Allez trouver un pécheur, parlez-lui de sa culpabilité et de son danger ; si votre manière produit une impression qui ne correspond pas à vos paroles, vous rendez en fait le témoignage contraire et vous lui dites qu'il ne court aucun risque d'aller en enfer. Si le pécheur croit tant soit peu qu'il est en danger d'aller en enfer, c'est pour de tout autres raisons que parce que vous le lui dites. Si vous vivez de manière à montrer que vous n'éprouvez pas de compassion pour les pécheurs qui vous entourent ; si vous ne montrez aucune tendresse, ni dans vos yeux, ni sur vos traits, ni dans votre voix ; si votre manière n'est pas grave et pressante, comment peuvent-ils croire que vous êtes sincère ?

Madame, supposez que vous disiez à votre mari inconverti, d'un ton léger et en riant : « Mon cher, je crois que tu vas en enfer » ; vous croira-t-il ? Si votre vie est frivole et mondaine, vous montrez ou bien que vous ne croyez pas qu'il y ait un enfer, ou bien que vous souhaitez qu'il y aille et que vous cherchez à écarter de son esprit toute impression sérieuse. Avez-vous des enfants inconvertis ? Supposez que vous ne leur parliez jamais de religion, ou que, quand vous leur en parlez, ce soit d'une manière si froide, si dure, si sèche, qu'elle montre que vous n'éprouvez rien ; pensez-vous qu'ils vous croient ? Ils ne voient pas chez vous la même froideur pour les autres choses. Ils sont habitués à voir toute la mère dans vos yeux, dans les intonations de votre voix, dans votre insistance, et le reste, et à sentir la chaleur d'un cœur de mère s'épancher de vos lèvres dans tout ce qui les concerne. Si donc, quand vous leur parlez de religion, vous êtes froide et légère, peuvent-ils supposer que vous y croyez ? Si votre conduite met sous les yeux de votre enfant cet esprit insouciant, sans cœur et sans prière, et qu'ensuite vous lui parliez de l'importance de la religion, l'enfant s'en ira en riant à l'idée que vous essayiez de lui faire croire qu'il y a un enfer.

5. L'amour du Christ. Vous devez témoigner de la réalité de l'amour du Christ par l'estime que vous montrez pour ses préceptes, pour son honneur, pour son royaume. Vous devriez agir comme si vous croyiez qu'il est mort pour les péchés du monde entier, et comme si vous donniez tort aux pécheurs qui rejettent son « si grand salut » (Hébreux 2,3). C'est la seule manière légitime de faire sentir aux pécheurs l'amour du Christ. Au lieu de cela, les chrétiens vivent souvent de manière à donner aux pécheurs l'impression que le Christ est si compatissant qu'ils n'ont pas grand-chose à craindre de lui. J'ai été stupéfait de voir à quel point une certaine catégorie de chrétiens de profession veulent que les pasteurs prêchent sans cesse sur l'amour du Christ. Si un pasteur prêche le devoir, s'il presse les chrétiens d'être saints et de travailler pour le Christ, ils appellent tout cela une prédication légaliste. Ils disent qu'ils veulent entendre l'Évangile. Eh bien, supposons que vous présentiez l'amour du Christ. Comment en témoigneront-ils dans leur vie ? Comment montreront-ils qu'ils y croient ? Eh bien, par leur conformité au monde, ils témoigneront carrément qu'ils n'en croient pas un mot et qu'ils ne se soucient pas le moins du monde de l'amour du Christ, sinon pour s'en faire un manteau, pour pouvoir en parler et couvrir ainsi leurs péchés. Ils n'ont aucune part à sa compassion, ils n'y croient pas comme à une réalité, et ils n'ont aucun souci des sentiments qui remplissent l'âme du Christ quand il voit l'état des pécheurs.

6. La nécessité de la sainteté pour entrer au ciel. Il ne suffit pas d'en parler. Ils doivent vivre saintement, et témoigner ainsi que les hommes ne doivent pas s'attendre à être sauvés s'ils ne sont pas saints. L'idée qu'on ne peut pas être parfait ici-bas règne depuis si longtemps que beaucoup de chrétiens de profession ne visent même pas sérieusement à une vie sans péché. Ils ne peuvent pas dire honnêtement qu'ils aient jamais eu réellement l'intention de vivre sans pécher. Ils se laissent porter par le courant, d'une manière relâchée, pécheresse, malheureuse et abominable, dont le diable rit sans doute, parce que c'est, de toutes, la voie la plus sûre pour aller en enfer.

7. La nécessité du renoncement à soi-même, de l'humilité et d'un esprit tourné vers le ciel. Les chrétiens doivent montrer par leur propre exemple ce qu'est la religion qu'on attend des hommes. C'est là, après tout, la prédication la plus puissante, et celle qui a le plus de chances d'agir sur les impénitents, en leur montrant la grande différence qu'il y a entre eux et les chrétiens. Beaucoup de gens essaient de faire des hommes des chrétiens par une tout autre voie : en copiant d'aussi près que possible leur manière de vivre actuelle et en se conformant à eux autant qu'il est permis de le faire. Ils semblent penser que le meilleur moyen d'amener les hommes à la religion est de rabaisser la religion à leur niveau. Comme si, plus on rapproche la religion du monde, plus le monde avait de chances de l'embrasser ! Or tout cela est aussi éloigné que les deux pôles de la vraie manière de faire des chrétiens. Mais c'est toujours la politique des chrétiens de profession charnels. Et ils pensent faire preuve d'une sagacité et d'une prudence admirables en prenant tant de peine pour ne pas effrayer les gens par la puissante rigueur et la sainteté de l'Évangile. Ils raisonnent ainsi : si vous présentez aux hommes la religion comme exigeant un si grand changement dans leur manière de vivre, de telles ruptures avec leurs habitudes, une telle séparation d'avec leurs anciens compagnons, eh bien, vous les ferez tous fuir. Cela paraît plausible à première vue. Mais ce n'est pas vrai. Que les chrétiens de profession vivent de cette manière relâchée et facile, et les pécheurs disent : « Eh bien, je ne vois pas que je sois loin du compte, ou du moins j'en suis si près qu'il est impossible que Dieu m'envoie en enfer pour la différence qu'il y a entre ces chrétiens de profession et moi. Il est vrai qu'ils en font un peu plus que moi : ils vont à la table de communion, ils font la prière en famille, et quelques petites choses de ce genre, mais cela ne peut pas faire une différence aussi grande que celle du ciel et de l'enfer. » Non, le vrai moyen est de présenter la religion et le monde dans un contraste frappant ; sans cela, vous ne pourrez jamais faire sentir aux pécheurs la nécessité d'un changement. Tant que la nécessité de ce changement fondamental n'est pas incarnée par l'exemple et mise en pleine lumière, comment pouvez-vous faire croire aux hommes qu'ils seront envoyés en enfer s'ils ne sont pas entièrement transformés dans leur cœur et dans leur vie ?

Ce n'est pas seulement vrai en théorie, l'histoire du monde l'a prouvé. Voyez les missions des jésuites au Japon, sous François Xavier et ses compagnons. Comme ils vivaient ! Quel contraste ils faisaient voir entre leur religion et celle des païens, et quels résultats s'ensuivirent ! Or je lisais une lettre de l'un de nos missionnaires en Orient, qui écrit, je crois, à peu près ceci : qu'un missionnaire doit pouvoir tenir son rang avec la noblesse anglaise, et recommander ainsi sa religion au respect des indigènes. Il doit se placer bien au-dessus d'eux, de façon à montrer sa supériorité et à leur inspirer ainsi du respect ! Est-ce là de la sagesse ? Est-ce ainsi qu'on convertira le monde ? Vous ne convertirez pas plus le monde de cette manière qu'en soufflant dans une corne de bélier. Cela ne mène en rien dans cette direction. Qu'ont fait les jésuites ? Ils allaient parmi le peuple, pratiquant chaque jour sous ses yeux le renoncement à eux-mêmes, enseignant, prêchant, priant, travaillant, sans se lasser et sans se laisser intimider, se mêlant à toutes les castes et à toutes les conditions, mettant leur enseignement à la portée de chacun. C'est ainsi que la mission balaya devant elle l'idolâtrie comme une vague de la mer, et que leur religion se répandit tout d'un coup sur le vaste empire du Japon. Et s'ils ne s'étaient pas mêlés de politique et n'étaient pas entrés sans nécessité en conflit avec le gouvernement, ils auraient sans doute tenu bon jusqu'à ce jour. Je ne dis rien de la religion qu'ils enseignaient, car je ne sais pas bien quelle part de vérité ils prêchaient avec elle. Je parle seulement de la vraie méthode missionnaire qu'ils suivaient, en montrant par leur vie la religion qu'ils enseignaient, en contraste frappant avec l'esprit du monde et les folies de l'idolâtrie. Ce seul trait de leur méthode se recommandait si bien à la conscience du peuple qu'il était irrésistible. Si les chrétiens démentent ce seul point et tentent d'accommoder leur religion à la mondanité des hommes, ils rendent impossible le salut du monde. Comment pouvez-vous faire croire aux gens que le renoncement à soi-même et la séparation d'avec le monde sont nécessaires, si vous ne les pratiquez pas ?

8. La douceur, l'humilité et un esprit tourné vers le ciel. Le peuple de Dieu doit toujours montrer un caractère semblable à celui du Fils de Dieu, qui, « injurié, ne rendait point d'injures » (1 Pierre 2,23). Si un chrétien de profession est irritable, prompt à se venger d'un tort, à s'emporter, et s'il prend les mêmes mesures que le monde pour obtenir réparation, en allant en justice et ainsi de suite, comment fera-t-il croire aux gens qu'un changement de cœur est quelque chose de réel ? On ne peut pas recommander la religion quand on a un tel esprit. Si vous avez l'habitude de vous venger des mauvais procédés, si vous ne les supportez pas avec douceur en leur donnant la meilleure interprétation possible, vous contredisez l'Évangile. Certaines personnes montrent toujours un mauvais esprit, toujours prêtes à interpréter au plus mal ce qui se fait et à prendre feu pour la moindre chose. Cela montre qu'il leur manque gravement cette charité qui « croit tout, espère tout, supporte tout » (1 Corinthiens 13,7). Mais si un homme montre toujours de la douceur sous les offenses, il confondra les contradicteurs. Rien ne fait sur les pécheurs une impression aussi solennelle, rien ne pèse d'un poids aussi terrible sur leur conscience, que de voir un chrétien, semblable au Christ, supporter les affronts et les offenses avec la douceur d'un agneau. Cela tranche comme une épée à deux tranchants.

Je vais citer un cas pour le montrer. Un jeune homme insulta un pasteur en face et l'accabla d'injures d'une manière inouïe. Le pasteur garda son âme dans la patience et lui répondit avec douceur, lui disant la vérité sans détour, mais de façon très bienveillante. Cela ne fit que l'irriter davantage, et il finit par s'en aller furieux, déclarant qu'il n'allait pas rester là à supporter ces invectives. Comme si c'était le pasteur, et non lui, qui avait crié ! Le pécheur s'en alla, mais avec les flèches du Tout-Puissant dans le cœur, et moins d'une demi-heure après il suivit le pasteur jusqu'à son logis, dans une angoisse insupportable ; il pleura, demanda pardon, s'effondra devant Dieu et livra son cœur au Christ. Cette manière calme et douce l'avait plus bouleversé que mille arguments. Or si ce pasteur avait perdu son sang-froid et lui avait répondu durement, il aurait sans doute perdu l'âme de ce jeune homme. Combien d'entre vous ont rendu vains d'avance tous les efforts qu'ils pourraient faire auprès de leurs amis ou de leurs voisins impénitents, par quelque chose de ce genre ! En telle occasion, vous vous êtes montré si irascible que vous vous êtes vous-même fermé la bouche et que vous avez placé une pierre d'achoppement sur laquelle ce pécheur trébuchera jusqu'en enfer. Si vous l'avez fait une seule fois, ne dormez pas avant d'avoir fait tout ce que vous pouvez pour réparer le mal, avant d'avoir confessé ce péché et fait tout ce qui est possible pour en contrebalancer l'effet.

9. La nécessité d'une parfaite honnêteté chez le chrétien. Oh ! quel champ s'ouvre ici aux remarques ! Mais je ne puis le parcourir entièrement maintenant. Il s'étend à tous les domaines de la vie. Les chrétiens doivent montrer le souci le plus strict de l'intégrité dans toutes les branches des affaires et dans toutes leurs relations avec leurs semblables. Si chaque chrétien veillait scrupuleusement à l'honnêteté et se faisait toujours un cas de conscience d'agir exactement comme il faut, cela produirait sur l'esprit des gens une puissante impression de la réalité des principes religieux.

Une dame achetait un jour des œufs dans un magasin, et le commis, en se trompant dans son compte, lui en donna un de plus. Elle s'en aperçut sur le moment, mais ne dit rien ; une fois rentrée chez elle, cela la tourmenta. Elle sentit qu'elle avait mal agi, retourna trouver le jeune homme, lui avoua la chose et paya la différence. L'impression de son intégrité scrupuleuse lui entra dans le cœur comme une épée. C'était un grand péché de sa part de cacher l'erreur de compte, justement parce que la tentation était si petite ; car si elle était capable de lui voler un œuf, cela montrait qu'elle lui volerait tout son magasin, si elle pouvait le faire sans être découverte. Mais sa confession prompte et humble montrait une conscience honnête.

Je suis heureux de dire qu'il y a des hommes qui traitent leurs affaires selon ce principe d'intégrité. Et les méchants les haïssent pour cela. Ils déblatèrent contre eux et vocifèrent dans les cabarets qu'ils n'achèteront jamais de marchandises chez tel ou tel, que jamais un tel hypocrite ne touchera un dollar de leur argent, et tout le reste ; et puis ils vont tout droit acheter chez eux, parce qu'ils savent qu'ils seront servis honnêtement. Voilà un témoignage à la vérité de la religion qu'on entend de la Géorgie au Maine. Supposez que tous les chrétiens fassent de même, qu'en résulterait-il ? Les chrétiens rafleraient tout le commerce de la ville. Les chrétiens feraient bientôt les affaires du monde entier. Le grand argument que font valoir certains chrétiens, à savoir que s'ils ne traitent pas leurs affaires selon le principe ordinaire, qui consiste à annoncer un prix et à en accepter un autre, ils ne peuvent pas soutenir la concurrence des gens du monde, est entièrement faux : faux en théorie et faux d'après l'histoire. Faites-vous seulement une règle invariable d'agir avec droiture et de traiter vos affaires selon les principes, et vous tiendrez le marché. Les impies seront obligés de se conformer à votre règle. L'Église a parfaitement le pouvoir de régler le commerce du monde, pourvu seulement que ses membres gardent eux-mêmes une intégrité parfaite.

Et si les chrétiens font de même en politique, ils gouverneront les destinées des nations sans se mêler en rien aux luttes basses et corruptrices des partis. Que les chrétiens décident seulement, dans leur ensemble, de ne voter pour personne, à quelque fonction que ce soit, qui ne soit un honnête homme et un homme de mœurs pures, et que l'on sache que les chrétiens sont unis sur ce point, quelles que soient leurs divergences d'opinion politique, et l'on ne présenterait plus personne qui ne soit de ce caractère. En trois ans, dès qu'un homme serait présenté comme candidat à une fonction, on dirait dans les auberges et on imprimerait dans les journaux : « Quel homme de bien ! Quelle moralité ! Quelle piété ! », et ainsi de suite. Et aucun parti politique ne présenterait plus comme candidat un profanateur notoire du dimanche, un joueur, un blasphémateur, un débauché ou un marchand d'alcool, pas plus qu'il ne présenterait le diable lui-même à la présidence. La politique charnelle de beaucoup de chrétiens de profession, qui entreprennent de redresser la politique par les moyens qu'emploient les méchants, et qui sont résolus à voter avec un parti, le candidat fût-il le plus dépravé du monde, est entièrement fausse : fausse dans son principe, contraire à la sagesse et au bon sens, et ruineuse pour les intérêts les plus précieux des hommes. La malhonnêteté de l'Église est une malédiction pour le monde. Je ne vais pas faire un sermon politique, je vous l'assure. Mais je veux vous montrer que si vous voulez, par votre vie, disposer les hommes favorablement envers votre religion, vous devez être honnêtes, strictement honnêtes, dans les affaires, en politique et dans tout ce que vous faites. Que pensez-vous que ces politiciens impies, qui savent qu'ils jouent un jeu malhonnête pour emporter une élection, pensent de votre religion quand ils vous voient faire cause commune avec eux ? Ils savent que vous êtes un hypocrite !

REMARQUES.

1. Il est déraisonnable que des chrétiens de profession s'étonnent de l'insouciance des pécheurs. Tout bien considéré, l'insouciance des pécheurs n'a rien d'étonnant. Nous sommes touchés par le témoignage, et seulement par le témoignage que reçoit notre esprit. Les pécheurs sont si absorbés par les affaires, les plaisirs et les choses du monde qu'ils ne veulent pas examiner la Bible pour découvrir ce qu'est la religion. Leurs sentiments ne s'éveillent que pour les choses du monde, parce que celles-là seules entrent en contact chaleureux avec leur esprit. Les choses du monde font donc sur eux une forte impression. Mais il y a si peu de chose pour faire impression sur leur esprit au sujet de l'éternité et pour leur faire sentir la religion de près, qu'ils n'éprouvent rien à ce sujet. S'ils l'examinaient, ils en seraient remués. Mais ils ne l'examinent pas, ils n'y pensent pas, ils ne s'en soucient pas. Et ils ne le feront jamais si les témoins de Dieu ne se lèvent pas pour rendre témoignage. Mais puisque la grande masse des chrétiens vit en fait de manière à témoigner par sa conduite en sens contraire, comment pouvons-nous espérer que les pécheurs éprouvent ce qu'il faut à ce sujet ? Presque tout le témoignage et toute l'influence qui parviennent à leur esprit tendent à les faire sentir dans l'autre sens. Dieu a porté sa cause ici, devant le genre humain, il a laissé ses témoins pour déposer en sa faveur, et voici qu'ils se retournent et témoignent en sens contraire ! Faut-il s'étonner que les pécheurs soient insouciants ?

2. Nous voyons pourquoi la prédication fait si peu de bien, et comment il se fait que tant de pécheurs s'endurcissent sous l'Évangile. On suppose souvent que les pécheurs qui vivent sous la prédication de l'Évangile sont endurcis à l'Évangile ; mais que l'Église se réveille seulement et agisse en accord avec sa foi, et ils seront remués. Si l'Église vivait une seule semaine comme si elle croyait la Bible, les pécheurs fondraient devant elle. Supposez que je sois avocat, que j'aille au tribunal et que j'expose la cause de mon client : le débat est engagé, je fais mon exposé, je dis ce que je compte prouver, puis j'appelle mes témoins. Le premier témoin prête serment, puis se lève et me contredit en face. À quoi servira toute ma plaidoirie ? Je pourrais haranguer le jury pendant un mois et être aussi éloquent que Cicéron : tant que mes témoins me contrediraient, toute ma plaidoirie ne servirait à rien. Il en est exactement de même d'un pasteur qui prêche au milieu d'une Église froide, endormie, qui déshonore Dieu. En vain met-il sous les yeux les grandes vérités de la religion, quand chaque membre de l'Église est prêt à jurer qu'il ment. Eh bien, dans une telle Église, la manière même dont on sort par les allées contredit le sermon. Ils se pressent dehors, aussi gais et aussi à l'aise que possible, saluant l'un et l'autre, chuchotant ensemble, comme s'il ne se passait rien. Que le pasteur avertisse chacun chaque jour avec larmes, cela ne produira aucun effet. Si le diable entrait et voyait l'état des choses, il penserait ne pas pouvoir mieux arranger les affaires dans son intérêt.

Il y a pourtant des pasteurs qui continuent ainsi pendant des années, prêchant par-dessus la tête d'un tel peuple, qui contredit par sa vie chaque mot qu'ils disent, et ils pensent que c'est leur devoir. Leur devoir ! Prêcher à une Église qui défait tout son travail, qui contredit tout son témoignage, et qui ne veut pas changer ! Non. Qu'il secoue la poussière de ses pieds en témoignage, et qu'il aille chez les païens ou dans les régions de colonisation nouvelle. Cet homme gaspille ses forces, use sa vie et ne fait que bercer une Église endormie, qui tout entière témoigne aux pécheurs qu'il n'y a pas de danger. Leur vie entière est un témoignage pratique que la Bible n'est pas vraie. Les pasteurs vont-ils continuer à s'user ainsi ? Il est probable que pas moins des quatre-vingt-dix-neuf centièmes de la prédication dans ce pays sont perdus, parce que l'Église la contredit. Pas une vérité sur cent de celles qu'on prêche ne produit son effet, parce que la vie des chrétiens de profession témoigne qu'elle n'est pas vraie.

3. Il est évident qu'il faut élever le niveau de la vie chrétienne, sinon le monde ne sera jamais converti. Si nous avions maintenant autant de membres d'Église qu'il y a de familles, répandus dans le monde entier, un pasteur pour cinq cents âmes, chaque enfant dans une école du dimanche et chaque jeune dans une classe biblique, vous auriez tout l'outillage nécessaire ; mais si l'Église contredisait la vérité par sa vie, cela ne produirait jamais un réveil.

Il n'y aura jamais de réveil en aucun lieu tant que l'Église entière témoigne en fait contre le pasteur. Il arrive souvent que là où l'on prêche le plus, il y ait le moins de religion, parce que l'Église contredit la prédication. Je n'ai jamais vu les moyens échouer à produire un réveil là où les chrétiens vivaient conformément à leur foi. L'une des premières choses à faire est d'élever le niveau de la religion, de manière à incarner la vérité de l'Évangile et à la déployer sous les yeux de tous. Si les pasteurs ne parviennent pas à amener l'Église à se réveiller, à agir comme si la religion était vraie et à appuyer leur témoignage par sa vie, c'est en vain qu'ils essaieront de favoriser un réveil.

Beaucoup d'Églises comptent sur leur pasteur pour tout faire. Quand il prêche, elles disent : « Quel beau sermon ! C'est un excellent pasteur. Une telle prédication doit faire du bien. Nous aurons bientôt un réveil, je n'en doute pas. » Et pendant tout ce temps, elles contredisent la prédication par leur vie. Je vous le dis, si elles comptent sur la prédication seule pour faire avancer l'œuvre, elles échoueront. Si Jésus-Christ venait prêcher et que l'Église le contredise, il échouerait. On en a déjà fait l'expérience une fois. Qu'un apôtre ressuscite, ou qu'un ange descende du ciel pour prêcher, sans que l'Église rende témoignage pour Dieu, et cela restera sans effet. La nouveauté pourrait produire un certain effet pendant un temps, mais dès qu'elle serait passée, la prédication n'aurait plus aucun effet salutaire, tant que les témoins la contrediraient.

4. Chaque chrétien fait impression par sa conduite et témoigne pour l'un ou l'autre camp. Son air, sa tenue, toute sa manière d'être produisent continuellement une impression dans un sens ou dans l'autre. Il ne peut s'empêcher de témoigner pour ou contre la religion. Ou bien il assemble avec le Christ, ou bien il disperse (Matthieu 12,30). À chaque pas que vous faites, vous marchez sur des cordes qui vibreront pendant toute l'éternité. Chaque fois que vous bougez, vous touchez des touches dont le son retentira sur toutes les collines et dans toutes les vallées du ciel, et dans toutes les sombres cavernes et les voûtes de l'enfer. À chaque instant de votre vie, vous exercez une influence formidable, qui pèsera sur les intérêts éternels des âmes tout autour de vous. Dormez-vous, alors que toute votre conduite exerce une telle influence ?

Allez-vous sortir dans la rue ? Prenez garde à votre tenue. Qu'avez-vous là sur la tête ? Que disent ce ruban voyant et ces ornements sur votre robe à tous ceux qui vous croisent ? Ils donnent l'impression que vous voulez qu'on vous trouve jolie. Prenez garde ! Vous pourriez tout aussi bien écrire sur vos vêtements : « IL N'Y A PAS DE VÉRITÉ DANS LA RELIGION. » Cela dit : « DONNEZ-MOI DES TOILETTES, DONNEZ-MOI LA MODE, DONNEZ-MOI DES FLATTERIES, ET JE SUIS HEUREUSE. » Le monde comprend ce témoignage quand vous marchez dans les rues. Vous êtes une lettre « connue et lue de tous les hommes » (2 Corinthiens 3,2). Si vous montrez de l'orgueil, de la légèreté, du mauvais caractère et autres choses semblables, c'est comme si vous rouvriez les plaies du Sauveur. Comme le Christ pourrait pleurer de voir des chrétiens de profession aller exposer sa cause au mépris au coin des rues ! Que seulement « les femmes, vêtues d'une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d'or, ni de perles, ni d'habits somptueux, mais qu'elles se parent de bonnes œuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu » (1 Timothée 2,9-10) ; qu'elles agissent seulement en accord avec leur foi, et leur conduite pèsera sur le monde ; le ciel se réjouira et l'enfer gémira de leur influence. Mais, hélas, qu'elles étalent leur vanité, qu'elles cherchent à être jolies, qu'elles se prosternent devant la déesse de la mode, qu'elles se chargent les oreilles d'ornements et les doigts de bagues. Qu'elles mettent des plumes à leurs chapeaux et des bracelets à leurs bras, qu'elles se serrent dans leur corset au point de pouvoir à peine respirer. Qu'elles mettent leurs « croissants » et qu'elles aillent « à petits pas » (Ésaïe 3,16-18), et leur influence se retourne. Le ciel prend le deuil, et l'enfer peut faire la fête.

5. On voit sans peine pourquoi les réveils ne prennent pas dans une grande ville. Comment le pourraient-ils ? Regardez seulement les témoins de Dieu, et voyez de quoi ils témoignent. Ils semblent s'être accordés pour tenter l'Esprit du Seigneur et mentir au Saint-Esprit. Ils font vœu à Dieu de se consacrer entièrement à lui, puis ils vont se prosterner devant l'autel de la mode, et s'étonnent ensuite qu'il n'y ait pas de réveils. Ce serait plus qu'un miracle d'avoir un réveil dans de telles conditions. Comment un réveil pourrait-il prendre dans cette Église ? Pensez-vous que j'aie une idée assez vaine de mes propres capacités pour croire que je puisse favoriser un réveil en prêchant par-dessus vos têtes, pendant que vous continuez à vivre comme certains d'entre vous le font ? Ne savez-vous pas que, dans la mesure de votre influence, beaucoup d'entre vous barrent la route à un réveil ? Votre esprit et votre conduite exercent sur le monde une influence contraire à la religion. Comment le monde croira-t-il à la religion quand les témoins ne s'accordent pas entre eux ? Vous vous contredisez vous-mêmes, vous vous contredisez les uns les autres, vous contredisez votre pasteur, et la somme de tout ce témoignage, c'est qu'il n'est pas nécessaire d'être pieux.

Croyez-vous que les choses que je viens de prêcher sont vraies, ou bien sont-elles les divagations d'un esprit dérangé ? Si elles sont vraies, reconnaissez-vous qu'elles vous concernent ? Vous dites peut-être : « Je voudrais bien que certaines Églises riches puissent entendre cela ! » Mais ce n'est pas à elles que je prêche, c'est à vous. C'est envers vous que j'ai une responsabilité, et c'est de vous que doivent venir mes fruits. Eh bien, êtes-vous en train de contredire ce que je dis ? Quel est le témoignage inscrit, au sujet de ce jour, sur la page du registre qui est maintenant scellée pour le jugement ? Avez-vous montré que vous partagiez les sentiments du Fils de Dieu, alors que son cœur saigne à la vue des ruines de Sion ? Vos enfants, vos commis, vos domestiques l'ont-ils vu ? Ont-ils vu de la gravité sur votre visage et des larmes dans vos yeux à la vue des âmes qui périssent ?

Enfin, je dois terminer en faisant remarquer que Dieu et tous les êtres moraux ont de grandes raisons de se plaindre de ce faux témoignage. Il y a lieu de se plaindre que les témoins de Dieu se retournent et témoignent carrément contre lui. Ils déclarent par leur conduite qu'il n'y a pas de vérité dans l'Évangile. Le ciel pourrait pleurer et l'enfer se réjouir de voir cela. Oh ! quelle culpabilité ! Vous voici en marche vers le jugement, tout couverts de sang. Les pécheurs vous y rencontreront, ceux qui ont vu comment vous vivez, dont beaucoup sont déjà morts, et beaucoup d'autres que vous ne reverrez jamais. Quelle influence vous avez exercée ! Peut-être des centaines d'âmes vous rencontreront-elles au jugement et vous maudiront-elles (s'il leur est permis de parler) pour les avoir conduites en enfer en niant dans la pratique la vérité de l'Évangile. Que deviendront cette ville et le monde, quand l'Église est unie pour témoigner dans la pratique que Dieu est menteur ? Ils témoignent par leur vie que, si l'on fait profession de foi et qu'on mène une vie morale, c'est assez de religion. Oh ! quelle doctrine de démons que celle-là ! De quoi perdre tout le genre humain !

Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026). Source : Lectures on Revivals of Religion, Oberlin, E. J. Goodrich, 1868 (archive.org) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).

Affichage

Présentation

Trois colonnes, sur grand écran : la table des livres ou le sommaire à gauche, le texte au centre, les commentaires qui suivent votre lecture et les outils à droite.

Taille du texte
18 px
Interligne
Largeur de la colonne
Thème
Police
Paroles de Jésus

Exact en Segond ; déduit verset par verset pour les autres versions.

Intertitres en mode Lecture