Bible et commentairesbiblelibre.org
Se connecter

Discours aux chrétiens · Charles G. Finney

Discours 21

Le chemin du salut

Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? Paul et Silas répondirent : Crois au Seigneur Jésus, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption. (Actes 16,30-31 ; 1 Corinthiens 1,30)

Il n'y a aucun inconvénient à rapprocher ainsi ces deux textes, puisqu'on a seulement retranché du premier un membre de phrase qui n'est pas essentiel au sens et qui n'a rien à voir avec mon propos d'aujourd'hui.

Dans le premier passage cité, l'apôtre dit au geôlier, qui l'interrogeait et voulait savoir ce qu'il devait faire pour être sauvé : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé. » Et dans l'autre, il ajoute une remarque qui l'explique, en disant quel Sauveur est Jésus-Christ : « lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption. » Voici dans quel ordre je me propose de traiter le sujet ce soir :

I. Montrer ce qu'est le salut.

II. Montrer le chemin du salut.

I. Qu'est-ce que le salut ?

Le salut comprend plusieurs choses : la sanctification, la justification, et la vie et la gloire éternelles. Les deux idées principales sont la sanctification et la justification. La sanctification, c'est la purification de l'esprit, l'œuvre qui le rend saint. La justification concerne la manière dont nous sommes acceptés et traités par Dieu.

II. Le chemin du salut.

1. Le salut est par la foi, par opposition aux œuvres.

Je me propose ici de jeter un bref regard sur le plan du salut selon l'Évangile, et de le montrer surtout par contraste avec le plan primitif, selon lequel il était prévu de sauver le genre humain.

À l'origine, le genre humain avait été placé sur le fondement de la loi pour son salut ; de sorte que les hommes, s'ils devaient être sauvés, devaient l'être sur la base d'une obéissance parfaite et éternelle à la loi de Dieu. Adam était le chef naturel de la race. Beaucoup ont supposé qu'une alliance avait été conclue avec Adam, à peu près en ces termes : s'il continuait d'obéir à la loi pendant une période limitée, toute sa postérité serait affermie pour toujours dans la sainteté et le bonheur. Sur quoi repose cette croyance, je suis incapable de le découvrir ; je ne sache pas que la Bible enseigne cette doctrine. Et si elle est vraie, la condition des hommes aujourd'hui ne diffère pas sensiblement de ce qu'elle était au commencement. Si le salut de la race dépendait à l'origine entièrement de l'obéissance d'un seul homme, je ne vois pas comment on pourrait l'appeler une alliance des œuvres, pour ce qui regarde la race. Car si son bonheur ou son malheur était suspendu à la conduite d'un seul chef, c'était pour elle une alliance de grâce, de la même manière que le système actuel est une alliance de grâce. En effet, selon cette manière de voir, tout ce qui touchait aux œuvres dépendait d'un seul homme, exactement comme sous l'Évangile ; et le reste de la race n'avait pas plus affaire avec les œuvres qu'aujourd'hui : tout ce qui touchait aux œuvres était accompli par le représentant. Or, j'ai supposé, et rien dans la Bible ne dit le contraire, que si Adam avait persévéré pour toujours dans l'obéissance, sa postérité serait restée pour toujours sur le même terrain, et aurait dû elle-même obéir à la loi pour toujours afin d'être sauvée. Il se peut que, s'il avait toujours obéi, l'influence naturelle de son exemple eût amené un tel état de choses que, dans les faits, toute sa postérité aurait persévéré dans la sainteté. Mais le salut de chaque individu aurait encore dépendu de ses propres œuvres. Si, au contraire, les œuvres du premier père devaient être portées au compte de la race de telle sorte que, à cause de son obéissance, elle dût être affermie pour toujours dans la sainteté et le bonheur, je ne vois pas en quoi cela diffère sensiblement de l'alliance de grâce, c'est-à-dire de l'Évangile.

Dans les faits, Adam était le chef naturel du genre humain, et son péché a entraîné les hommes dans ses conséquences, mais non selon le principe que son péché leur serait littéralement imputé comme leur propre péché. La vérité est simplement celle-ci : en raison de la relation dans laquelle il se trouvait comme leur chef naturel, son péché a eu pour résultat, dans les faits, le péché et la ruine de sa postérité. Je suppose que les hommes étaient tous, à l'origine, sous une alliance des œuvres, et qu'Adam n'était pas leur chef ou leur représentant de telle sorte que son obéissance ou sa désobéissance les entraînât irrésistiblement dans le péché et la condamnation, indépendamment de leurs propres actes. En fait, il en est résulté que « par la désobéissance d'un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs », comme l'apôtre nous le dit au chapitre 5 des Romains. De sorte que, quand Adam fut tombé, il n'y avait plus le moindre espoir de sauver par la loi un seul homme. C'est alors que fut révélé le plan qui avait été préparé dans les conseils de l'éternité, en prévision de cet événement, pour sauver les hommes par une pure démarche de grâce. Le salut fut alors placé sur un fondement entièrement nouveau, par une alliance de rédemption. Vous trouverez cette alliance dans le Psaume 89 et en d'autres endroits de l'Ancien Testament. C'est, vous le remarquerez, une alliance entre le Père et le Fils, au sujet du salut des hommes, et elle est le fondement d'une autre alliance, l'alliance de grâce. Dans l'alliance de rédemption, l'homme n'est pas du tout partie contractante : il est seulement l'objet de l'alliance, les parties étant Dieu le Père et le Fils. Dans cette alliance, le Fils est établi chef ou représentant de son peuple. Adam était le chef naturel de la famille humaine, et Christ est le chef de son Église selon l'alliance.

C'est sur cette alliance de rédemption qu'a été fondée l'alliance de grâce. Dans l'alliance de rédemption, le Fils s'est engagé envers le Père à accomplir une expiation, et le Père s'est engagé à lui donner une postérité, ou un peuple, recueilli du milieu du genre humain. L'alliance de grâce fut conclue avec les hommes ; elle fut révélée à Adam après la chute, et plus pleinement révélée à Abraham. De cette alliance, Jésus-Christ devait être le Médiateur, celui qui l'administrerait. C'était une alliance de grâce, par opposition à l'alliance primitive des œuvres, sous laquelle Adam et sa postérité avaient été placés au commencement ; et le salut devait être désormais par la foi, et non par les œuvres, parce que l'obéissance et la mort de Jésus-Christ devaient être regardées comme la raison pour laquelle un individu, quel qu'il soit, serait sauvé, et non l'obéissance personnelle de chacun. Non que son obéissance ait été, à proprement parler, accomplie pour nous. Comme homme, il était dans la nécessité d'obéir pour lui-même, car il s'était placé lui-même sous la loi, et s'il ne lui obéissait pas, il devenait personnellement un transgresseur. Et pourtant, il y a un sens dans lequel on peut dire que son obéissance est portée à notre compte. Son obéissance a si hautement honoré la loi, et sa mort a si pleinement satisfait aux exigences de la justice publique, que la grâce (et non la justice) nous a attribué sa justice. S'il avait obéi à la loi strictement pour nous, sans devoir lui-même aucune obéissance pour son propre compte, libre d'obéir uniquement pour nous, je ne vois pas pourquoi la justice ne nous aurait pas imputé son obéissance ; et nous aurions pu obtenir le salut à titre de droit, au lieu de le demander à titre de grâce ou de faveur. Mais son obéissance n'est comptée comme nôtre qu'en ce sens : lui, étant Dieu et homme, ayant volontairement pris notre nature, et ensuite volontairement donné sa vie pour faire l'expiation, jette une telle gloire sur la loi de Dieu que la grâce consent à considérer l'obéissance comme nôtre, en ce sens qu'à cause de lui elle nous traite comme si nous étions justes.

Christ est aussi le chef, selon l'alliance, de ceux qui croient. Il n'est pas leur chef naturel, comme l'était Adam, mais notre relation avec lui, selon l'alliance, est telle que tout ce qui lui est donné nous est donné. Tout ce qu'il est, dans sa nature divine comme dans sa nature humaine, tout ce qu'il a fait, soit comme Dieu, soit comme homme, nous est donné par alliance, ou par promesse, et est absolument à nous. Je tiens à ce que vous compreniez bien cela. L'Église, prise dans son ensemble, n'a encore jamais compris la plénitude et la richesse de cette alliance, ni que tout ce qui est en Christ nous est cédé dans l'alliance de grâce.

Et ici, laissez-moi dire que nous recevons cette grâce par la foi. Ce n'est pas par les œuvres, par quelque chose que nous ferions, plus ou moins, avant d'exercer la foi, que nous obtenons part à cette justice. Mais dès que nous exerçons la foi, tout ce que Christ a fait, tout ce qu'il y a en Christ, tout ce que contient l'alliance de grâce, devient nôtre par la foi. Voilà pourquoi les écrivains inspirés font si grand cas de la foi. La foi, c'est notre acceptation volontaire de la condition de l'alliance. C'est l'œil qui discerne, la main qui saisit, le moyen par lequel nous entrons en possession des bénédictions de l'alliance. Par l'acte de foi, l'âme entre effectivement en possession de tout ce qu'embrasse cet acte de foi. S'il n'y a pas assez de reçu pour briser les liens du péché et rendre aussitôt l'âme à la liberté, c'est que l'acte n'a pas embrassé assez de ce que Christ est et de ce qu'il a fait.

J'ai lu le verset des Corinthiens dans le but de faire quelques remarques sur certaines choses fondamentales que contient cette alliance de grâce. « Or, c'est par lui que vous êtes en Jésus-Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption. » Quand Christ est reçu et qu'on croit en lui, il devient pour nous ce que désignent ces divers termes. Mais que désignent-ils ? Comment et en quel sens Christ est-il notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption ? Je m'arrêterai quelques instants sur chacun.

C'est un verset tout à fait singulier, et mon esprit s'y est longtemps arrêté, avec un grand désir d'en connaître le sens exact et complet. J'ai prié à son sujet autant qu'au sujet de n'importe quel autre passage de la Bible, afin d'être éclairé et d'en comprendre la vraie portée. J'ai depuis longtemps l'habitude, quand mon esprit s'attache à un passage que je ne comprends pas, de prier à son sujet jusqu'à ce que je me sente satisfait. Je n'ai jamais osé prêcher sur ce verset, parce que je ne me suis jamais senti pleinement assuré de le comprendre. Je crois le comprendre maintenant. En tout cas, je veux bien vous en donner mon opinion. Et si j'ai une juste connaissance de son sens, je suis sûr de l'avoir reçue de l'Esprit de Dieu.

1. En quel sens Christ est-il notre sagesse ?

Il est souvent appelé « la Sagesse de Dieu ». Et dans le livre des Proverbes, il est appelé la Sagesse. Mais comment a-t-il été fait pour nous sagesse ?

Une idée que renferme cette expression, c'est que nous avons absolument tous les bienfaits de sa sagesse ; et que, si nous exerçons la foi comme nous le devons, nous sommes tout aussi certains d'être dirigés par elle, et cela vaut pour nous à tous égards tout autant, que si nous avions cette même sagesse en propre, dès l'origine. Sinon, il ne peut être vrai qu'il a été fait pour nous sagesse. Puisqu'il est la source infinie de la sagesse, comment peut-on dire qu'il a été fait pour nous sagesse, à moins que nous ne participions à sa sagesse et qu'elle ne nous soit garantie ; de sorte qu'à tout moment, si nous nous confions en lui, nous puissions l'avoir aussi sûrement, et dans la mesure où nous en avons besoin, pour nous guider infailliblement, que si nous l'avions nous-mêmes dès l'origine ? Voilà ce qu'il nous faut recevoir de l'Évangile, et ce que l'Évangile doit fournir pour être adapté à nos besoins. Et l'homme qui n'a pas appris cela n'a encore rien connu comme il faut connaître. S'il pense que ses propres théories et ses propres spéculations vont l'amener à une juste connaissance en matière de religion, il ne sait encore absolument rien. Son cœur charnel et terrestre n'est pas plus capable que le cœur d'une bête d'étudier les réalités de la religion jusqu'à en acquérir une connaissance qui lui serve à quelque chose. « Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu. » Que pouvons-nous savoir, sans expérience, du caractère ou de l'Esprit de Dieu ? Direz-vous : « Nous pouvons raisonner sur Dieu » ? Et quand bien même nous raisonnerions ? Que peut faire ici le raisonnement ? Supposez un esprit qui ne serait que pure intelligence, sans aucune autre faculté, et que j'entreprenne d'enseigner à cette pure intelligence ce que c'est qu'aimer. Je pourrais faire des conférences sur ce sujet et instruire cette pure intelligence dans les mots, de sorte qu'elle puisse raisonner et philosopher sur l'amour ; et pourtant chacun voit qu'il est impossible de mettre cette pure intelligence en possession de l'idée de ce qu'est l'amour, à moins non seulement qu'elle ait le pouvoir d'aimer, mais qu'elle ait effectivement aimé ! C'est exactement comme si je parlais des couleurs à un aveugle-né. Il entend le mot, mais quelle idée peut-il y attacher, s'il n'a jamais vu ? Il est impossible de faire vraiment entrer dans son esprit l'idée de la différence des couleurs. Le terme n'est pour lui qu'un mot.

Il en va exactement de même en religion. Celui dont l'esprit n'en a pas fait l'expérience peut raisonner sur elle. Il peut démontrer les perfections de Dieu comme il démontrerait une proposition d'Euclide. Mais ce qui est l'esprit et la vie de l'Évangile ne peut pas plus être communiqué à l'esprit par de simples mots, sans expérience, que l'amour à une pure intelligence ou les couleurs à un aveugle-né. Vous pouvez bien lui donner la lettre au point de l'écraser jusqu'en enfer sous la conviction de péché ; mais donner le sens spirituel des choses sans l'Esprit de Dieu est aussi absurde que de faire un cours sur les couleurs à un aveugle.

Voici donc les deux choses que contient l'idée de sagesse. 1. Puisque Christ est notre représentant, nous avons part à toute sa sagesse, et toute la sagesse qu'il possède s'exerce pour nous. Sa sagesse infinie est effectivement employée à notre profit. Et 2. sa sagesse, exactement dans la mesure où elle est nécessaire, nous est garantie, toujours prête à nous être communiquée chaque fois que nous exerçons la foi en lui pour recevoir la sagesse. De son infinie plénitude, à cet égard, nous pouvons recevoir tout ce dont nous avons besoin. Et si nous ne recevons pas de lui la sagesse qui nous est nécessaire, dans tel ou tel cas et dans tous les cas, c'est que nous n'exerçons pas la foi.

2. Il a été fait pour nous justice. Que signifie cela ?

Ici, mon esprit a longtemps travaillé pour comprendre la distinction que l'apôtre entendait faire entre la justice et la sanctification. La justice signifie la sainteté, ou l'obéissance à la loi ; et la sanctification signifie la même chose.

Ma manière de voir actuelle sur la distinction qu'il vise, c'est qu'en disant que Christ a été fait pour nous justice, l'apôtre a voulu faire comprendre que Christ est notre justice extérieure, c'est-à-dire que son obéissance, sous l'alliance de grâce, nous est comptée. Non pas en ce sens que, sur le terrain de la justice, il aurait obéi « pour nous », et que Dieu nous tiendrait pour justes parce que notre substitut a obéi ; mais en ce sens que nous avons une telle part à son obéissance que, par grâce, nous sommes traités comme si nous avions obéi nous-mêmes.

Vous savez qu'il existe sur ce sujet une manière de voir, soutenue par certains, différente de celle-ci : la justice de Christ nous serait imputée de telle sorte que nous serions considérés comme ayant toujours été saints. On a soutenu à une certaine époque, et très largement, que la justice nous était imputée de telle façon que nous avions le droit d'exiger le salut au nom de la justice. Ma manière de voir est entièrement différente. C'est que la justice de Christ devient nôtre par don. Dieu nous a unis à Christ de telle manière qu'à cause de lui il nous traite avec faveur. C'est exactement comme dans le cas où un père a rendu à son pays quelque service signalé, et où le gouvernement juge à propos de récompenser ce service signalé par une récompense signalée ; et non seulement l'homme lui-même est récompensé, mais toute sa famille reçoit des faveurs à cause de lui, parce que ce sont les enfants d'un père qui a grandement servi son pays. Les gouvernements humains font cela, et la raison en est bien claire. Il en va exactement de même dans le gouvernement divin. Les disciples de Christ sont considérés comme ne faisant qu'un avec lui, en un tel sens, et Dieu est si hautement satisfait du service signalé qu'il a rendu au royaume, vu les circonstances dans lesquelles il est devenu Sauveur, que Dieu leur compte sa justice comme si elle était la leur ; ou, en d'autres termes, il les traite exactement comme il traiterait Christ lui-même. De même, le gouvernement d'un pays, dans certaines circonstances, traite le fils d'un père qui a grandement servi le pays exactement comme il traiterait le père, et lui accorde les mêmes faveurs. Vous voudrez bien vous rappeler que je parle maintenant de ce que j'ai appelé la justice extérieure ; j'entends par là la raison, située hors de l'individu, pour laquelle Dieu accepte et sauve ceux qui croient en Christ. Et cette raison comprend à la fois l'obéissance de Christ à la loi et son obéissance jusqu'à la mort, c'est-à-dire ses souffrances sur la croix pour faire l'expiation.

3. En quel sens Christ a-t-il été fait pour nous sanctification ?

La sanctification, c'est la pureté intérieure. Et le sens est qu'il est notre pureté intérieure. C'est la direction que Christ lui-même exerce sur nous, son Esprit qui produit en nous le vouloir et le faire, son amour qu'il répand dans nos cœurs, et qui nous dirige de telle sorte que nous sommes nous-mêmes, par la foi qui est l'œuvre de Dieu, rendus effectivement saints.

Je désire que vous saisissiez ici l'idée exacte. Quand il est dit que Christ est notre sanctification, ou notre sainteté, cela veut dire qu'il est l'auteur de notre sainteté. Il n'en est pas seulement la cause qui nous l'obtient, par son expiation et son intercession ; mais, par sa communion directe avec l'âme, il produit lui-même la sainteté. Il n'est pas la cause éloignée, mais la cause immédiate de notre sanctification. Il accomplit nos œuvres en nous, non en suspendant notre propre activité, mais en dirigeant notre esprit par les influences de son Esprit en nous, d'une manière parfaitement compatible avec notre liberté, de façon à nous sanctifier. Et cela aussi se reçoit par la foi. C'est par la foi que Christ est reçu et intronisé comme roi dans nos cœurs, quand l'esprit, par confiance en Christ, s'abandonne simplement à lui pour être conduit par son Esprit, guidé et dirigé par sa main. L'acte de l'esprit qui jette ainsi l'âme dans la main de Christ pour être sanctifiée, c'est la foi. Il ne manque rien, sinon que l'esprit rompe avec toute confiance en lui-même et se livre à lui pour être conduit et dirigé par lui, absolument : exactement comme l'enfant tend sa petite main à son père pour qu'il le conduise où bon lui semble. Si l'enfant est méfiant, ou ne veut pas se laisser conduire, ou s'il a confiance en sa propre sagesse et en sa propre force, il s'échappera et essaiera de courir tout seul. Mais quand toute cette confiance en lui-même lui fait défaut, il cesse ses propres efforts, revient et se remet à son père, pour être conduit entièrement selon sa volonté. Je suppose que c'est là quelque chose de semblable à l'acte de foi par lequel un homme livre son esprit pour être conduit et dirigé par Christ. Il cesse ses propres efforts pour se guider, se diriger et se sanctifier lui-même ; il se livre simplement, souple comme l'air, et s'abandonne entre les mains de Christ comme à sa sanctification.

4. Il est dit que Christ a été fait pour nous, de par Dieu, rédemption. Que devons-nous entendre par là ?

Ici, l'apôtre fait clairement allusion à la coutume juive de racheter les terres, ou de racheter les parents qui avaient été vendus pour dettes. Quand une terre avait été vendue hors de la famille, ou qu'un homme avait été privé de sa liberté pour dettes, on pouvait les racheter en payant le prix du rachat. La Bible fait très souvent allusion à cette coutume du rachat. Et là où il est parlé de Christ comme de notre rédemption, je suppose que cela veut dire exactement ce que cela dit. Tant que nous sommes dans nos péchés, sous la loi, nous sommes vendus comme esclaves, entre les mains de la justice publique, livrés à la mort, et nous n'avons aucun moyen possible de nous racheter de la malédiction de la loi. Or Christ se fait lui-même le prix de notre rédemption. En d'autres termes, il est notre rançon ; il nous rachète de dessous la loi en se donnant lui-même en rançon. « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous » ; et ainsi il nous rachète aussi de la puissance du péché. Mais je dois laisser cette suite d'idées et revenir à l'examen du plan du salut.

Sous cette alliance de grâce, nos propres œuvres, ou quoi que ce soit que nous fassions ou puissions faire comme œuvres de la loi, n'ont pas plus à voir avec notre salut que si nous n'avions jamais existé. Je voudrais que vos esprits séparent entièrement le salut par les œuvres et le salut par la grâce. Notre salut par la grâce est fondé sur une raison entièrement distincte de nous et extérieure à nous. Autrefois, il dépendait de nous-mêmes. Maintenant, nous recevons le salut comme un don gratuit, uniquement à cause de Jésus-Christ. Il est le seul auteur, le seul fondement et la seule raison de notre salut. Que nous aimions Dieu ou que nous ne l'aimions pas, cela ne compte pour rien en tant que fondement de notre salut. Le tout est entièrement affaire de grâce, par Jésus-Christ. N'allez pas me faire dire qu'il n'y a aucune nécessité d'aimer Dieu ni de faire de bonnes œuvres. Je sais que, sans la sanctification, « personne ne verra le Seigneur ». Mais la nécessité de la sainteté ne repose nullement sur ce fondement. Notre propre sainteté n'entre pour rien dans le fondement ou la raison de notre acceptation et de notre salut. Nous n'allons pas être redevables à Christ pour un temps, jusqu'à ce que nous soyons sanctifiés, et, tout le reste du temps, nous tenir debout dans notre propre justice. Mais quelque parfaits et saints que nous puissions devenir, en cette vie ou dans toute l'éternité, Jésus-Christ sera à jamais la seule raison, dans l'univers, pour laquelle nous ne sommes pas en enfer. Car, quelque saints que nous puissions devenir, il sera éternellement vrai que nous avons péché ; et, au regard de la justice, rien en nous, à moins de notre damnation éternelle, ne peut satisfaire la loi. Mais maintenant Jésus-Christ a entrepris de nous secourir, et il demeure à jamais le seul fondement de notre salut.

Selon ce plan, nous avons le bénéfice de son obéis- sance à la loi, exactement comme s'il avait obéi pour nous. Non qu'il ait réellement obéi pour nous, par distinction d'avec lui-même ; mais nous avons les bienfaits de son obéissance, par le don de la grâce, tout comme s'il l'avait fait.

J'avais l'intention de m'arrêter sur l'idée de Christ comme notre « Lumière », notre « Vie » et notre « Force ». Mais je m'aperçois que le temps manque ce soir. Je voudrais toucher un peu à cette question : « Comment la foi nous met-elle en possession de Christ, sous tous ces rapports ? »

La foi en Christ nous met en possession de Christ comme de la somme et de la substance des bénédictions de l'Évangile. Christ était la bénédiction même qui avait été promise dans l'alliance avec Abraham. Et dans toute l'Écriture, il est présenté comme la somme et la substance de toutes les faveurs de Dieu envers l'homme. Il est « le Pain de vie », « l'Eau de la vie », « notre Force », « notre Tout ». L'Évangile a épuisé toutes les ressources du langage pour décrire la grande variété de ses rapports avec nous, et pour montrer que la foi doit mettre les croyants en possession de Jésus-Christ sous tous ces rapports.

Voici comment la foi met l'esprit en possession de toutes ces bénédictions : elle anéantit toutes les choses qui font obstacle à notre communion avec Christ. Il dit : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » Voilà une porte, un obstacle à notre communion avec Christ, quelque chose qui barre le chemin. Prenez le cas particulier de la sagesse. Pourquoi ne recevons-nous pas Christ comme notre sagesse ? Parce que nous comptons sur notre propre sagesse, et que nous croyons avoir nous-mêmes quelque connaissance utile des choses de Dieu ; et tant que nous comptons sur elle, nous tenons la porte fermée. Voilà la porte. Rejetons donc simplement tout cela, renonçons à toute sagesse propre, et voyons combien nous sommes infiniment vides de toute connaissance utile, autant qu'une bête qui périt, quant au chemin du salut, jusqu'à ce que Christ nous enseigne. Tant que nous ne sentons pas cela, il y a une porte entre nous et Christ. Nous avons quelque chose à nous ; au lieu de venir nous jeter parfaitement entre les mains de Christ, nous venons simplement à lui pour qu'il vienne en aide à notre propre sagesse.

Comment la foi nous met-elle en possession de la justice de Christ ? Voici comment. Tant que notre esprit ne saisit pas la justice de Christ, nous sommes tout occupés de notre propre justice. Nous sommes naturellement engagés à nous fabriquer une justice à nous ; et tant que nous ne cessons pas entièrement nos propres œuvres, en nous jetant absolument sur Christ pour avoir la justice, nous ne venons pas à Christ. Christ ne rapiécera pas notre propre justice pour la rendre bonne à quelque chose. Si nous comptons sur nos prières, nos larmes, nos aumônes, ou sur quoi que ce soit que nous ayons fait ou espérions faire, il ne nous recevra pas. Il ne faut rien de tout cela. Mais au moment même où un homme saisit Christ, il reçoit toute la justice de Christ et se l'approprie comme la sienne, comme une raison parfaite et immuable d'être accepté de Dieu, par grâce.

Il en est exactement de même pour la sanctification et la rédemption. Je ne puis m'y arrêter aussi en détail que je l'aurais voulu. Tant qu'un homme ne reçoit pas Christ, il ne cesse pas ses propres œuvres. Au moment où il le reçoit, par cet acte même il rejette sur Christ toute la responsabilité. Au moment où l'esprit s'abandonne franchement à Christ, la responsabilité retombe sur lui, exactement comme celui qui entreprend de conduire un aveugle est responsable de le conduire sain et sauf. Le croyant, par l'acte de foi, engage Christ à répondre de son obéissance et de sa sanctification. En se livrant à Christ, il met en jeu toute la véracité de la Divinité : il sera conduit dans le droit chemin et rendu saint.

Et quant à la rédemption, tant que le pécheur suppose que ses propres souffrances, ses prières, ses larmes ou ses angoisses d'esprit servent à quelque chose, il ne recevra jamais Christ. Mais dès qu'il reçoit Christ, il s'effondre, perdu et condamné, comme un homme réellement mort, à moins d'être racheté par Christ.

REMARQUES.

I. Il n'y a pas en nous de vie spirituelle, ni quoi que ce soit d'agréable à Dieu, avant que nous croyions effectivement en Christ.

L'acte même de croire reçoit Christ comme étant précisément cette influence qui, seule, peut éveiller l'esprit à la vie spirituelle.

II. Nous ne sommes rien, comme chrétiens, au-delà de la mesure où nous croyons en Christ.

III. Beaucoup semblent attendre d'avoir d'abord fait quelque chose avant de recevoir Christ.

Les uns attendent d'être plus morts au monde. D'autres, d'avoir le cœur brisé. D'autres, d'avoir vu leurs doutes dissipés, avant de venir à Christ. C'est une grave erreur. C'est s'attendre à faire d'abord, avant la foi, ce qui n'est que le résultat de la foi. Votre cœur ne sera pas brisé, vos doutes ne seront pas dissipés, vous ne mourrez jamais au monde, tant que vous ne croirez pas. Au moment où vous saisirez les choses de Christ, votre esprit verra, comme à la lumière de l'éternité, le néant du monde, de la réputation, des richesses, des honneurs et des plaisirs. Attendre d'abord cela, comme une préparation à l'exercice de la foi, c'est commencer par le mauvais bout. C'est chercher, comme préparation à la foi, ce qui est toujours le résultat de la foi.

IV. Une foi parfaite produira un amour parfait. Quand l'esprit reconnaît Christ comme il convient, et le reçoit sous ses divers rapports, quand la foi est inébranlable et la vue claire, il ne restera rien dans l'esprit de contraire à la loi de Dieu.

V. Une foi constante produirait un amour constant.

Une foi croissante produirait un amour croissant. Et ici, vous devez remarquer que l'amour peut être parfait en tout temps, et pourtant être à des degrés différents selon les moments. Un homme peut aimer Dieu parfaitement et éternellement, et pourtant son amour peut croître en vigueur pendant toute l'éternité, comme je suppose que ce sera le cas. À mesure que les saints dans la gloire verront de plus en plus les perfections de Dieu, ils l'aimeront de plus en plus, et pourtant ils auront tout le temps un amour parfait. C'est-à-dire qu'il n'y aura rien dans l'esprit d'incompatible avec l'amour, tandis que les degrés de l'amour varieront à mesure que se déploieront à leurs yeux les vues du caractère de Dieu. À mesure que Dieu découvrira à leur regard les merveilles de sa glorieuse bienveillance, leur âme frémira d'un amour nouveau pour Dieu. En cette vie, les élans de l'amour varient beaucoup en degré. Parfois, Dieu découvre à ses saints les merveilles de son gouvernement et leur donne des vues telles que leur corps en est presque terrassé ; et alors l'amour s'élève de beaucoup en degré. Et pourtant, l'amour pouvait être parfait auparavant ; c'est-à-dire que l'amour pour Dieu était suprême et sans partage, sans aucun mélange d'affections incompatibles. Et il n'est pas déraisonnable de supposer qu'il en sera ainsi pendant toute l'éternité : il se présentera des occasions où l'amour des saints sera porté à un exercice plus vif par de nouvelles manifestations de la gloire de Dieu. À mesure que Dieu leur découvrira merveille après merveille, leur amour grandira sans limite, et ils recevront sans cesse de nouveaux accroissements de force et de ferveur, pendant toute l'éternité.

J'avais l'intention de dire quelques mots au sujet de la sanctification instantanée et de la sanctification progressive. Mais le temps manque ce soir, et il faut remettre cela à plus tard.

VI. Vous voyez, bien-aimés, par ce sujet, le chemin par lequel vous pouvez être rendus saints, et quand vous pouvez être sanctifiés.

Chaque fois que vous viendrez à Christ, que vous le recevrez pour tout ce qu'il est, et que vous accepterez un salut entier par grâce, vous aurez tout ce que Christ est pour vous : sagesse, justice, sanctification et rédemption. Il n'y a rien que l'incrédulité pour vous empêcher d'en jouir pleinement dès maintenant. Vous n'avez pas besoin d'attendre une préparation quelconque. Il n'y a aucune préparation qui serve à quelque chose. Vous devez recevoir un salut entier comme un don gratuit. Quand saisirez-vous ainsi Christ ? Quand croirez-vous ? La foi, la vraie foi, est toujours agissante par l'amour ; elle purifie le cœur et triomphe du monde. Chaque fois que vous trouverez une difficulté sur votre chemin, vous pourrez savoir de quoi il s'agit. C'est un manque de foi. Peu importe ce qui peut vous arriver extérieurement : si vous vous trouvez rejeté en arrière dans votre vie religieuse, ou si votre esprit est tout entier jeté dans la confusion, l'incrédulité en est la cause et la foi le remède. Si vous saisissez Christ et le tenez ferme, tous les démons de l'enfer ne pourront jamais vous éloigner de Dieu, ni éteindre votre lumière. Mais si vous laissez l'incrédulité l'emporter, vous pourrez continuer ainsi, misérablement et en boitant, à parler de sanctification, à employer des mots sans connaissance, et à déshonorer Dieu, jusqu'à votre mort.

Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026), première en français. Source : Lectures to Professing Christians, Revell, 1878 (archive.org, exemplaire de la bibliothèque de Cornell) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).

Affichage

Présentation

Trois colonnes, sur grand écran : la table des livres ou le sommaire à gauche, le texte au centre, les commentaires qui suivent votre lecture et les outils à droite.

Taille du texte
18 px
Interligne
Largeur de la colonne
Thème
Police
Paroles de Jésus

Exact en Segond ; déduit verset par verset pour les autres versions.

Intertitres en mode Lecture