Discours aux chrétiens · Charles G. Finney
Discours 18
L'expérience légale
Le septième chapitre de l'épître aux Romains.
J'ai eu plus d'une fois l'occasion de renvoyer à ce chapitre ; j'en ai lu certains passages et je les ai commentés. Mais je n'ai pas pu l'examiner aussi à fond que je l'aurais voulu ; j'ai donc pensé en faire le sujet d'un discours à part. Pour vous exposer ma manière de voir, je suivrai l'ordre que voici :
I. Indiquer les différentes opinions qui ont eu cours dans l'Église au sujet de ce passage.
II. Montrer combien il importe de bien comprendre cette partie de l'Écriture, c'est-à-dire de savoir laquelle de ces opinions est la vraie.
III. Poser plusieurs faits et principes qui touchent à l'explication de ce passage.
IV. Rappeler quelques règles d'interprétation qu'il faut toujours observer, qu'on interprète les Écritures ou n'importe quel autre écrit ou témoignage.
V. Donner ma propre opinion sur le sens réel du passage, avec mes raisons.
Je m'en tiendrai surtout à la dernière partie du chapitre, puisque c'est elle qui a fait l'objet de la plupart des disputes. Vous voyez, à la façon dont j'ai découpé mon travail, que je veux simplifier le sujet autant que possible, pour le faire tenir dans un seul discours. Sans cela, je pourrais en faire un volume, tant on a écrit pour montrer le sens de ce chapitre.
I. Je dois montrer quelles sont les principales opinions qui ont eu cours sur l'application de ce chapitre.
1. Une opinion qui s'est largement répandue, et qui l'est encore, veut que la dernière partie du chapitre soit un abrégé de l'expérience chrétienne.
On a supposé qu'elle décrivait la situation et les dispositions intérieures d'un chrétien, et qu'elle devait montrer le combat du chrétien contre le péché qui habite en lui. Il faut remarquer, toutefois, que c'est là une opinion relativement moderne. On ne connaît aucun auteur qui ait compris le chapitre de cette façon pendant des siècles après qu'il eut été écrit. D'après le professeur Stuart, qui a étudié la question plus à fond que personne en Amérique, Augustin fut le premier auteur à proposer cette interprétation, et il y eut recours dans sa controverse avec Pélage.
2. La seule autre interprétation proposée est celle qui a prévalu dans les premiers siècles, et qui est encore généralement adoptée sur le continent européen, ainsi que par un nombre considérable d'auteurs en Angleterre et en Amérique : ce passage décrirait l'expérience d'un pécheur sous la conviction de péché, qui agissait sous l'empire des motifs de la loi et n'était pas encore parvenu à l'expérience de l'Évangile. Dans notre pays, l'opinion la plus répandue est que le septième chapitre des Romains dépeint l'expérience d'un chrétien.
II. Je dois montrer combien il importe de bien comprendre ce passage.
Bien comprendre ce passage est forcément d'une importance capitale. Si ce passage décrit en réalité un pécheur sous la conviction de péché, autrement dit une expérience purement légale, et qu'une personne, le croyant une expérience chrétienne, y trouve sa propre expérience fidèlement décrite, son erreur est fatale. Ce ne peut être qu'une erreur fatale de se reposer sur son expérience comme sur celle d'un vrai chrétien, sous prétexte qu'elle correspond au septième chapitre des Romains, si Paul ne donne en fait que l'expérience d'un pécheur mû par des motifs et des considérations légales.
III. Je vais poser quelques principes et quelques faits qui aident à éclaircir ce sujet.
1. Il est vrai que les hommes agissent dans tous les cas, et que, par la nature même de l'esprit, ils doivent toujours agir, selon ce qui, tout bien pesé, leur paraît préférable.
Autrement dit, la volonté gouverne la conduite. Les hommes n'agissent jamais contre leur volonté. La volonté gouverne le mouvement des membres. Des êtres doués de volonté ne peuvent pas agir contrairement à leur volonté.
2. Les hommes désirent souvent ce que, tout bien pesé, ils ne choisissent pas.
Les désirs et la volonté sont souvent opposés. La conduite est gouvernée par le choix, non par les désirs. Les désirs peuvent être en désaccord avec le choix. Vous pouvez désirer aller ailleurs ce soir, et pourtant, tout bien pesé, choisir de rester ici. Peut-être désirez-vous très fort être ailleurs, et choisissez-vous pourtant de rester à la réunion. Un homme souhaite faire un voyage quelque part. Peut-être le désire-t-il vivement. C'est peut-être très important pour ses affaires ou pour son ambition. Mais sa famille est malade, ou quelque autre affaire exige qu'il soit chez lui, et, tout bien pesé, il choisit de rester. Dans tous les cas, la conduite suit le choix réel.
3. La régénération, ou conversion, est un changement dans le choix.
C'est un changement dans le choix suprême, celui qui gouverne l'esprit. La personne régénérée ou convertie préfère la gloire de Dieu à toute autre chose. Elle la choisit comme l'objet suprême de son affection. Voilà ce qu'est un changement de cœur. Auparavant, elle choisissait son propre intérêt ou son propre bonheur comme but suprême. Maintenant, elle choisit le service de Dieu de préférence à son propre intérêt. Quand une personne est vraiment née de nouveau, son choix est habituellement droit, et, par conséquent, sa conduite est droite pour l'essentiel.
La force de la tentation peut produire un mauvais choix occasionnel, ou même une suite de mauvais choix, mais le cours habituel de sa conduite est droit. La volonté, ou le choix, d'une personne convertie est habituellement droit, et, par conséquent, sa conduite l'est aussi. Si ce n'est pas vrai, je vous le demande, en quoi la personne convertie diffère-t-elle de la personne non convertie ? Si ce n'est pas le caractère de la personne convertie de mettre habituellement en pratique les commandements de Dieu, quel est donc son caractère ? Mais je suppose que personne, parmi ceux qui croient à la doctrine de la régénération, ne contestera ce point.
4. Les agents moraux sont ainsi faits qu'ils approuvent naturellement et nécessairement ce qui est juste.
Un agent moral est un être qui possède l'intelligence, la volonté et la conscience. La conscience est la faculté de discerner la différence entre les objets moraux. Personne ne contestera qu'on puisse amener un agent moral à voir la différence entre le bien et le mal, de sorte que sa nature morale approuve ce qui est juste. Sans cela, on ne pourrait jamais amener un pécheur à la conviction de péché. S'il n'a pas une nature morale capable de voir et d'approuver hautement la loi de Dieu, et de reconnaître la justice de la peine, il ne peut pas être convaincu de péché. Car c'est cela, la conviction de péché : voir la bonté de la loi qu'on a violée et la justice de la peine qu'on a encourue. Mais en fait, il n'y a pas un agent moral, au ciel, sur la terre ou en enfer, qu'on ne puisse amener à voir que la loi de Dieu est juste, et dont la conscience n'approuve pas cette loi.
5. Non seulement les hommes peuvent approuver la loi comme juste, mais ils peuvent souvent, quand ils la considèrent dans l'abstrait, sans penser à ce qu'elle exige d'eux, prendre un réel plaisir à la contempler.
C'est là une grande source d'illusion sur soi-même. Les hommes considèrent la loi de Dieu dans l'abstrait, et ils l'aiment. Quand aucune raison égoïste ne les pousse à s'y opposer, ils prennent plaisir à la regarder. Ils approuvent ce qui est juste et condamnent la méchanceté, dans l'abstrait. Tous les hommes le font, quand aucune raison égoïste ne les presse. A-t-on jamais trouvé un homme assez méchant pour approuver le mal dans l'abstrait ? Où a-t-on jamais trouvé un être moral qui approuvât le caractère du diable, ou qui approuvât d'autres méchants avec lesquels il n'a rien à voir ? Que de fois n'entendez-vous pas des méchants exprimer l'horreur et la détestation les plus vives pour des crimes énormes commis par d'autres ! Si leurs passions ne sont d'aucune façon engagées en faveur de l'erreur ou du mal, les hommes prennent toujours le parti de ce qui est juste. Et cette approbation de ce qui est juste, qui tient simplement à leur constitution, peut aller jusqu'au plaisir, tant qu'ils ne voient pas les exigences du bien contrarier en quoi que ce soit leur égoïsme.
6. Dans cette approbation constitutionnelle de la vérité et de la loi de Dieu, et dans le plaisir qui en naît naturellement, il n'y a aucune vertu.
Ce n'est que ce qui appartient à la nature morale de l'homme. Cela découle naturellement de la constitution de l'esprit. L'esprit est, par sa constitution, capable de voir la beauté de la vertu. Bien loin qu'il y ait là quelque vertu, c'est en fait une preuve d'autant plus claire de la force de leur dépravation, que, connaissant le bien et en voyant l'excellence, ils ne lui obéissent pas. Ce n'est donc pas que les pécheurs impénitents aient en eux quelque chose de saint. C'est plutôt que leur méchanceté se montre par là d'autant plus grande. Car la culpabilité du péché est proportionnée à la lumière dont on jouit. Et quand nous voyons que les hommes peuvent non seulement voir l'excellence de la loi de Dieu, mais même l'approuver vivement et y prendre plaisir, et pourtant ne pas lui obéir, cela montre à quel point ils sont désespérément méchants, et cela fait paraître le péché condamnable au plus haut point.
7. Il est courant, dans le langage, de dire : « Je ferais bien ceci ou cela, mais je ne peux pas », quand on veut seulement faire entendre qu'on le désire, et non qu'on choisit réellement de le faire. Et de même de dire : « Je ne pouvais pas faire cela », quand on veut seulement dire qu'on ne voulait pas le faire, et qu'on l'aurait pu si on l'avait voulu.
Il n'y a pas longtemps, j'ai demandé à un pasteur de prêcher pour moi le dimanche suivant. Il m'a répondu : « Je ne peux pas. » J'ai découvert ensuite qu'il l'aurait pu s'il l'avait voulu. J'ai demandé à un marchand de céder une pièce d'étoffe à un certain prix. Il m'a dit : « Je ne peux pas. » Que voulait-il dire ? Qu'il n'avait pas le pouvoir d'accepter un tel prix ? Pas du tout. Il l'aurait pu s'il l'avait voulu, mais il ne choisissait pas de le faire. Vous verrez la portée de ces remarques quand j'en viendrai à lire le chapitre. Je poursuis.
IV. Je dois donner plusieurs règles d'interprétation, qui s'appliquent non seulement à l'interprétation de la Bible, mais à celle de tous les actes écrits, et à toute espèce de témoignage.
Il y a certaines règles de la preuve que tous les hommes sont tenus d'appliquer pour établir le sens des actes écrits, du témoignage des témoins et de tous les écrits.
1. Il faut toujours donner au langage le sens qu'exige la nature du sujet.
Nous sommes tenus de toujours comprendre les paroles d'une personne selon qu'elles s'appliquent au sujet dont elle parle. On peut torturer une bonne partie du langage de la vie ordinaire pour lui faire dire n'importe quoi, si l'on perd de vue le sujet et qu'on prend la liberté de l'interpréter sans tenir compte de ce dont on parle. Que de mal n'a-t-on pas fait en interprétant des passages isolés et des expressions détachées des Écritures au mépris de ce principe ! C'est surtout en négligeant cette règle toute simple qu'on a torturé les Écritures pour leur faire soutenir des erreurs et des contradictions innombrables, d'une absurdité qui défie tout calcul. Cette règle s'applique à toute déclaration. Les tribunaux ne permettraient jamais des détournements de sens comme ceux qu'on a fait subir à la Bible.
2. Si le langage d'une personne le permet, nous sommes toujours tenus de l'interpréter de façon qu'elle soit d'accord avec elle-même.
Si vous n'observez pas cette règle, vous ne pourrez guère converser cinq minutes avec qui que ce soit, sur quelque sujet que ce soit, sans lui faire dire le contraire de ce qu'il dit. Si vous ne vous en tenez pas à cette règle, comment un homme pourra-t-il jamais communiquer ses idées de telle sorte qu'un autre homme les comprenne ? Comment un témoin pourra-t-il jamais faire connaître les faits au jury, si l'on peut torturer son langage à plaisir, sans le frein de cette règle ?
3. En interprétant le langage d'une personne, il faut toujours garder en vue le point dont elle traite.
Nous devons comprendre la portée de son raisonnement, le but qu'elle poursuit et le point dont elle traite. Sans cela, nous ne comprendrons évidemment pas son langage. Supposez que je prenne un livre, n'importe lequel, sans garder les yeux sur le but que l'auteur avait en vue en l'écrivant, ni sur le point qu'il cherche à atteindre : je ne pourrai jamais comprendre ce livre. Il est facile de voir combien d'erreurs sans fin sont nées de l'habitude d'interpréter les Écritures au mépris des premiers principes de l'interprétation.
4. Quand vous avez compris le point dont une personne traite, vous devez la comprendre comme parlant de ce point, et ne pas donner à son langage un sens sans rapport avec son but, ou qui le contredise.
En perdant de vue cette règle, on peut faire de n'importe quoi un non-sens. Vous êtes toujours tenus d'interpréter le langage à la lumière du sujet auquel il s'applique, ou dont il parle.
V. Ces règles et ces principes posés, je vais, à leur lumière, donner ma propre opinion sur le sens du passage, avec les raisons qui la fondent. Mais je ferai d'abord une ou deux remarques.
1re remarque. Que l'apôtre parle de lui-même dans ce passage, ou qu'il imagine un cas, cela n'a pas d'importance pour la juste interprétation de son langage.
Beaucoup supposent que, parce qu'il parle à la première personne, il faut comprendre qu'il parle de lui-même. Mais il est d'usage courant, quand on discute des principes généraux ou qu'on défend un point, d'imaginer un cas pour illustrer son propos, ou pour établir ce point. Et il est très naturel de le présenter à la première personne, sans vouloir du tout faire entendre, et en fait sans jamais être compris ainsi, qu'on raconte un fait réel ou une expérience personnelle. L'apôtre Paul suivait ici un raisonnement serré, et il introduit ce passage simplement à titre d'illustration. Il n'importe nullement que ce soit sa propre expérience réelle ou un cas imaginé.
Qu'il parle de lui-même, qu'il parle d'une autre personne, ou qu'il imagine un cas, il le fait dans le dessein de montrer un principe général de conduite, et de montrer que tous ceux qui seraient dans les mêmes circonstances agiraient de même. Qu'il parle d'un chrétien ou d'un pécheur impénitent, il pose un principe général.
L'apôtre Jacques, au chapitre 3, parle à la première personne, même pour adresser des reproches : « Mes frères, qu'il n'y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement. Nous bronchons tous de plusieurs manières. »
« Par elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l'image de Dieu. »
L'apôtre Paul dit souvent « je » et emploie la première personne quand il discute et illustre des principes généraux : « Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile ; tout m'est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. » Et encore : « Je parle ici, non de votre conscience, mais de celle de l'autre. Pourquoi, en effet, ma liberté serait-elle jugée par une conscience étrangère ? Si je mange avec actions de grâces, pourquoi serais-je blâmé au sujet d'une chose dont je rends grâces ? Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu. Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, la charité ; mais la plus grande de ces choses, c'est la charité. » De même : « Car, si je rebâtis les choses que j'ai détruites, je me constitue moi-même un transgresseur. » En 1 Corinthiens 4,6, il explique exactement comment il se sert de ces illustrations : « C'est à cause de vous, frères, que j'ai fait de ces choses une application à ma personne et à celle d'Apollos, afin que vous appreniez en nos personnes à ne pas aller au-delà de ce qui est écrit, et que nul de vous ne conçoive de l'orgueil en faveur de l'un contre l'autre. »
2e remarque. Une grande partie du langage que l'apôtre emploie ici s'applique au cas d'un rétrograde qui a tout perdu de la religion, sauf la forme. Il a abandonné son premier amour et, en fait, il est retombé sous l'influence des motifs légaux, l'espérance et la crainte, exactement comme un pécheur impénitent. S'il existe un vrai rétrograde, qui a été vraiment converti, il est alors mû par les mêmes motifs que le pécheur, et le même langage peut s'appliquer également à l'un et à l'autre. Par conséquent, le fait qu'une partie du langage que nous avons sous les yeux s'applique à un chrétien devenu rétrograde ne prouve pas du tout que l'expérience décrite ici soit une expérience chrétienne ; cela prouve seulement qu'un rétrograde et un pécheur se ressemblent à bien des égards. Je n'hésite pas à dire au moins ceci : personne, ayant conscience d'être mû par l'amour pour Dieu, n'aurait jamais pu songer à s'appliquer ce chapitre. Si quelqu'un n'est pas animé par l'amour pour Dieu, ce chapitre décrit son caractère ; et qu'il soit rétrograde ou pécheur, cela revient exactement au même.
3e remarque. On suppose que certaines des expressions employées ici par l'apôtre décrivent le cas d'un croyant qui n'est pas habituellement un rétrograde, mais qui est vaincu pour un temps par la tentation et la passion, et qui parle de lui-même comme si tout allait mal en lui. Un homme est tenté, nous dit-on, quand il est « attiré et amorcé par sa propre convoitise ». Et dans cet état, sans doute, il pourrait trouver ici des expressions qui décriraient sa propre expérience tant qu'il est sous cette influence. Mais cela ne prouve rien quant au dessein du passage : tant qu'il est dans cet état, il est dans cette mesure sous une certaine influence, et le pécheur impénitent est tout le temps sous cette même influence. Le même langage peut donc s'appliquer aux deux, sans contradiction.
Mais, bien que quelques expressions puissent recevoir ce sens plausible, une vue d'ensemble du passage montre clairement que ce ne peut pas être une peinture de l'expérience chrétienne. Mon opinion est donc que l'apôtre a voulu représenter ici l'expérience d'un pécheur, non pas insouciant, mais fortement convaincu de péché, et pourtant non converti. Voici mes raisons :
1. Parce que l'apôtre décrit ici manifestement le caractère habituel de quelqu'un, et que ce quelqu'un est entièrement sous la domination de la chair. Ce n'est pas, dans l'ensemble, la description d'un homme qui, sous l'empire d'une tentation passagère, agit en contradiction avec son caractère général : c'est son caractère général lui-même qui est ainsi. C'est un homme qui tombe invariablement dans le péché, bien qu'il approuve la loi.
2. Il aurait été tout à fait hors de propos, pour son dessein, de présenter l'expérience d'un chrétien pour illustrer son raisonnement. Ce n'était pas ce qu'il lui fallait. Il s'efforçait de justifier la loi de Dieu quant à son influence sur un esprit charnel. Dans un chapitre précédent, il avait établi que la justification ne vient que par la foi, et non par les œuvres de la loi. Dans ce septième chapitre, il soutient non seulement que la justification est par la foi, mais aussi que la sanctification n'est que par la foi. « Ignorez-vous, frères, car je parle à des gens qui connaissent la loi, que la loi exerce son pouvoir sur l'homme aussi longtemps qu'il vit ? Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d'un autre homme, elle sera appelée adultère ; mais si le mari meurt, elle est affranchie de la loi, de sorte qu'elle n'est point adultère en devenant la femme d'un autre. » À quoi sert tout cela ? Eh bien, à ceci : « De même, mes frères, vous aussi vous avez été, par le corps de Christ, mis à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu. » Tant que vous étiez sous la loi, vous étiez tenus d'obéir à la loi et de vous en tenir à ses conditions pour être justifiés. Mais maintenant que vous êtes affranchis de la loi comme règle de jugement, vous n'êtes plus mus par des considérations légales, l'espérance et la crainte, car Christ, à qui vous êtes unis, a écarté la peine, afin que vous soyez justifiés devant Dieu par la foi.
« Car, lorsque nous étions dans la chair », c'est-à-dire dans un état non converti, « les passions des péchés provoquées par la loi agissaient dans nos membres, de sorte que nous portions des fruits pour la mort. Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui a vieilli. » Il expose ici la condition réelle d'un chrétien : il sert dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui a vieilli. Il avait trouvé que le fruit de la loi n'était que la mort, et par l'Évangile il avait été amené à une vraie soumission à Christ. Quelle objection fait-on à cela ? « Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? Loin de là ! Mais je n'ai connu le péché que par la loi. Car je n'aurais pas connu la convoitise, si la loi n'eût dit : Tu ne convoiteras point. Ainsi, le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. » La loi a été donnée pour que les hommes en vivent, s'ils lui obéissaient parfaitement ; mais quand nous étions dans la chair, nous avons trouvé qu'elle conduisait à la mort. « Car le péché saisissant l'occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir. La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. » Maintenant, il reprend l'objection. Comment une chose bonne peut-elle devenir pour vous la mort ? « Ce qui est bon a-t-il donc été pour moi une cause de mort ? Loin de là ! Mais c'est le péché, afin qu'il se manifestât comme péché en me donnant la mort par ce qui est bon, et que, par le commandement, il devînt condamnable au plus haut point. » Et il justifie la loi en montrant que la faute n'en est pas à la loi, mais au péché, et que ce résultat même montre à la fois l'excellence de la loi et l'extrême culpabilité du péché. Il faut que le péché soit une chose horrible pour pouvoir opérer un tel renversement : prendre la bonne loi de Dieu et en faire un instrument de mort.
« Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. » Voici le pivot sur lequel tourne toute la question. Remarquez-le bien : l'apôtre justifie ici la loi contre l'objection selon laquelle, si la loi est pour les pécheurs un instrument de mort, elle ne peut pas être bonne. Contre cette objection, il entreprend de montrer que toute l'action de la loi sur l'esprit du pécheur prouve qu'elle est bonne. Sans perdre ce point de vue, il soutient que la loi est bonne, et que le mal vient des passions du péché qui agissent dans nos membres. Il en arrive maintenant à la partie qu'on suppose dépeindre une expérience chrétienne, et qui fait l'objet de la controverse. Il commence par dire : « La loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel. » Ce mot « charnel », il l'emploie une fois, et une seule, à propos de chrétiens, et c'était à propos de personnes qui se trouvaient dans un état religieux très bas : « Vous êtes encore charnels. En effet, puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n'êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l'homme ? » Ces chrétiens avaient reculé et se conduisaient comme s'ils n'étaient pas des convertis : ils étaient charnels. Le terme lui-même sert généralement à désigner les pires des pécheurs. Paul le définit ainsi ici : « charnel, vendu au péché ». Pouvait-on dire cela de Paul lui-même, au moment où il écrivait cette épître ? Était-ce sa propre expérience ? Était-il vendu au péché ? Était-ce vrai du grand apôtre ? Non, mais il justifiait la loi, et il se sert d'une illustration en imaginant un cas. Il poursuit : « Car je ne sais pas ce que je fais : je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. »
Vous voyez ici l'application des principes que j'ai posés. Pour interpréter ce mot « vouloir », il ne faut pas l'entendre du choix ou de la volonté, mais seulement d'un désir. Sans cela, l'apôtre contredit un fait évident, que tout le monde sait vrai : la volonté gouverne la conduite. Le professeur Stuart a très justement rendu ce mot par « désirer » : ce que je désire, je ne le fais pas, mais ce que je désapprouve, je le fais. Vient alors la conclusion : « Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne. » Si je fais ce que je désapprouve, si je désapprouve ma propre conduite, si je me condamne moi-même, je rends par là témoignage que la loi est bonne. Maintenant, gardez les yeux sur le but que l'apôtre a en vue, et lisez le verset suivant : « Et maintenant ce n'est plus moi qui le fais, mais c'est le péché qui habite en moi. » Ici, il se divise pour ainsi dire contre lui-même, ou il parle de lui-même comme s'il possédait deux natures, ou, comme l'enseignaient certains philosophes païens, comme s'il avait deux âmes, l'une qui approuve le bien, l'autre qui aime et choisit le mal. « Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair : j'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. » Ici, « avoir la volonté » signifie approuver, car si les hommes veulent réellement faire une chose, ils la font. Tout le monde le sait. Là où le langage le permet, nous sommes tenus de l'interpréter de façon qu'il s'accorde avec les faits connus. Si vous prenez « avoir la volonté » au sens littéral, vous faites tomber l'apôtre dans l'absurdité de dire qu'il voulait ce qu'il ne faisait pas, et qu'il agissait donc contre sa propre volonté, ce qui contredit un fait notoire. Le sens doit être « désirer ». Alors, cela correspond à l'expérience de tout pécheur convaincu de péché. Il sait ce qu'il devrait faire, il l'approuve vivement, mais il n'est pas prêt à le faire. Supposez que je vous invite à faire un certain acte. Supposez, par exemple, que j'invite ceux d'entre vous qui sont impénitents à s'avancer et à prendre ce banc, pour que nous voyions qui vous êtes et que nous priions pour vous, et que je vous montre vos péchés et que votre devoir est de vous soumettre à Dieu : certains d'entre vous s'écrieraient : « Je sais que c'est mon devoir, et je désire beaucoup le faire, mais je ne peux pas. » Que voulez-vous dire par là ? Simplement que, tout bien pesé, le poids de votre volonté penche de l'autre côté.
Au verset 20, il répète ce qu'il avait dit plus haut : « Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, c'est le péché qui habite en moi. » Est-ce là le caractère et l'expérience habituels d'un chrétien ? J'admets qu'un chrétien peut tomber si bas que ce langage s'applique à lui ; mais si c'est là son caractère général, en quoi diffère-t-il de celui d'un pécheur impénitent ? Si c'est là le caractère habituel d'un chrétien, il n'y a pas un mot de vrai dans ce que l'Écriture dit des saints, qu'ils sont ceux qui obéissent réellement à Dieu ; car voici quelqu'un qu'on appelle chrétien, et dont il est dit expressément qu'il n'obéit jamais.
« Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. » Il parle ici de l'action des penchants charnels comme si constante et si dominante qu'il l'appelle une « loi ». « Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l'homme intérieur. » Voilà la grande pierre d'achoppement. Peut-on dire d'un pécheur impénitent qu'il « prend plaisir » à la loi de Dieu ? Je réponds : oui. Je sais que l'expression est forte, mais l'apôtre employait depuis le début un langage fort, dans un sens comme dans l'autre. Ce n'est pas un langage plus fort que celui du prophète Ésaïe au chapitre 58. Il décrivait une génération aussi méchante et aussi rebelle qu'il en ait jamais existé. Il dit : « Crie à plein gosier, ne te retiens pas, élève ta voix comme une trompette, et annonce à mon peuple ses iniquités, à la maison de Jacob ses péchés ! » Et pourtant il dit encore de ce même peuple : « Tous les jours ils me cherchent, ils prennent plaisir à connaître mes voies ; comme une nation qui aurait pratiqué la justice et n'aurait pas abandonné la loi de son Dieu, ils me demandent des arrêts de justice, ils prennent plaisir à s'approcher de Dieu. » Voilà un exemple de pécheurs impénitents qui prennent manifestement plaisir à s'approcher de Dieu. De même en Ézéchiel 33,32 : « Voici, tu es pour eux comme un chanteur agréable, possédant une belle voix, et habile dans la musique. Ils écoutent tes paroles, mais ils ne les mettent point en pratique. » Le prophète venait de dire combien ils étaient méchants : « Et ils se rendent en foule auprès de toi, et mon peuple s'assied devant toi ; ils écoutent tes paroles, mais ils ne les mettent point en pratique, car de leur bouche ils montrent beaucoup d'amour, mais leur cœur se livre à la cupidité. » C'étaient bien là des pécheurs impénitents, c'est assez clair, et pourtant ils aimaient entendre le prophète éloquent. Que de fois des pécheurs sans Dieu prennent plaisir à une prédication éloquente ou à un raisonnement puissant de quelque pasteur de talent ! C'est pour eux un festin de l'intelligence. Et parfois ils y prennent tant de plaisir qu'ils croient vraiment aimer la parole de Dieu. Cela se concilie avec une entière dépravation du cœur et avec l'inimitié contre le vrai caractère de Dieu. Bien plus, cela met leur dépravation en plus vive lumière, parce qu'ils connaissent et approuvent le bien, et font pourtant le mal.
Ainsi, malgré ce plaisir qu'il prend à la loi, il dit : « Mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres. Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? » Ici, les mots « Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! » forment clairement une parenthèse, qui interrompt le fil de la pensée. Puis il résume toute l'affaire : « Ainsi donc, moi-même, je suis par l'entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché. »
C'est comme s'il avait dit : mon meilleur moi, mon jugement impartial, ma conscience, approuve la loi de Dieu ; mais la loi qui est dans mes membres, mes passions, ont une telle emprise sur moi que je désobéis encore. Rappelez-vous que l'apôtre décrivait le caractère habituel d'un homme entièrement sous la domination du péché. Il aurait été hors de propos, pour son dessein, d'alléguer l'expérience d'un chrétien. Il justifiait la loi, et il lui fallait donc prendre le cas d'un homme qui était sous la loi. Si c'est une expérience chrétienne, il raisonnait contre lui-même ; car si c'est une expérience chrétienne, cela prouverait non seulement que la loi est impuissante à dompter la passion et à sanctifier les hommes, mais que l'Évangile aussi est impuissant. Les chrétiens sont sous la grâce, et il est hors de propos, quand on justifie la loi, d'alléguer l'expérience de ceux qui ne sont pas sous la loi, mais sous la grâce.
Une autre raison décisive, c'est qu'il présente ici, en fait, le cas d'un croyant comme entièrement différent. Aux versets 4 et 6, il parle de ceux qui ne sont pas sous la loi ni dans la chair, c'est-à-dire qui ne sont pas charnels, mais qui sont dégagés de la loi et servent réellement Dieu, ou lui obéissent, en esprit.
Puis, au commencement du huitième chapitre, il poursuit : « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, qui marchent, non selon la chair, mais selon l'esprit. En effet, la loi de l'esprit de vie en Jésus-Christ m'a affranchi de la loi du péché et de la mort. » Il y avait fait allusion plus haut, dans la parenthèse : « Grâces soient rendues à Dieu », etc. « Car chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l'esprit. » De qui parle-t-il maintenant ? Si la personne du chapitre précédent avait une expérience chrétienne, de qui est-ce donc ici l'expérience ? Voici quelque chose de tout à fait différent. L'autre était entièrement sous la puissance du péché, et sous la loi, et, tout en connaissant son devoir, il ne le faisait jamais. Ici, nous trouvons quelqu'un pour qui l'Évangile a fait ce que la loi ne pouvait faire, à cause de la puissance de la passion, de sorte que la justice de la loi est accomplie, c'est-à-dire que ce que la loi exige est obéi. « Ceux, en effet, qui vivent selon la chair, s'affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l'esprit s'affectionnent aux choses de l'esprit. Et l'affection de la chair, c'est la mort, tandis que l'affection de l'esprit, c'est la vie et la paix ; car l'affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu'elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu'elle ne le peut même pas. Or ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu. » Nous y voilà. Ceux qu'il avait décrits au septième chapitre comme charnels ne peuvent plaire à Dieu. « Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l'esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. Et si Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l'esprit est vie à cause de la justice. » Mais voici un homme dont le corps est mort. Auparavant, le corps avait le dessus et l'entraînait loin du devoir et du salut ; mais maintenant, la puissance de la passion est domptée.
Je vais maintenant vous donner le résumé de toute l'affaire :
(1.) La force du langage de l'apôtre ne peut pas trancher cette question, car il emploie un langage fort dans les deux sens. Si l'on objecte qu'il est dit de l'homme qu'il décrit qu'il « prend plaisir à la loi », il est dit aussi de lui qu'il est « charnel, vendu au péché ». Quand un auteur emploie un langage fort, il faut l'entendre de manière à ne pas le rendre hors de propos ou contradictoire.
(2.) Qu'il parlât de lui-même, ou de quelque autre personne, ou qu'il imaginât simplement un cas pour illustrer son propos, cela n'a absolument aucune importance pour la question.
(3.) Il est clair que le point qu'il voulait illustrer était la justification de la loi de Dieu quant à son influence sur un esprit charnel.
(4.) Ce point demandait, pour l'illustrer, le cas d'un pécheur convaincu de péché, qui voyait l'excellence de la loi, mais chez qui les passions avaient le dessus.
(5.) Si ce passage parle de l'expérience chrétienne, non seulement il est hors de propos, mais il prouve le contraire de ce que l'apôtre voulait prouver. Il voulait montrer que la loi, toute bonne qu'elle est, ne pouvait pas briser la puissance de la passion. Mais si c'est là une expérience chrétienne, cela prouve que c'est l'Évangile, et non la loi, qui ne peut pas dompter la passion et sanctifier les hommes.
(6.) Le contraste entre l'état décrit au septième chapitre et celui qui est décrit au huitième prouve que l'expérience du premier n'était pas celle d'un chrétien.
REMARQUES.
I. Ceux qui trouvent leur propre expérience décrite dans le septième chapitre des Romains ne sont pas des convertis. Si c'est là leur caractère habituel, ils ne sont pas régénérés ; ils sont sous la conviction de péché, mais ce ne sont pas des chrétiens.
II. Vous voyez combien il importe de se servir de la loi avec les pécheurs, pour leur faire apprécier l'Évangile, pour les amener à donner raison à Dieu et à se condamner eux-mêmes. Les pécheurs ne sont jamais amenés à une vraie repentance qu'à mesure que la loi les convainc de péché.
III. En même temps, vous voyez l'entière insuffisance de la loi pour convertir les hommes. Le cas du diable montre jusqu'où peut aller, à cet égard, l'efficacité de la loi.
IV. Vous voyez le danger qu'il y a à prendre de simples désirs pour de la piété. Un désir qui n'aboutit pas à un bon choix n'a rien de bon en lui. Le diable peut avoir de tels désirs. Les hommes les plus méchants de la terre peuvent désirer la religion, et sans doute la désirent-ils souvent, quand ils voient qu'elle est nécessaire à leur salut, ou pour maîtriser leurs passions.
V. Christ et l'Évangile présentent les seuls motifs qui puissent sanctifier l'esprit. La loi ne fait que convaincre de péché et condamner.
VI. Ceux qui sont vraiment convertis et amenés dans la liberté de l'Évangile trouvent bel et bien la délivrance de l'esclavage de leur propre corruption.
Ils trouvent bel et bien brisée la puissance du corps sur l'esprit. Ils peuvent avoir des combats et des épreuves, nombreux et durs ; mais, d'une manière habituelle, ils sont délivrés de l'esclavage de la passion, ils remportent la victoire sur le péché, et ils trouvent facile de servir Dieu. Ses commandements ne sont pas pénibles pour eux. Son joug est doux, et son fardeau léger.
VII. Le vrai converti trouve la paix avec Dieu. Il sent qu'il la possède. Il en jouit. Il a le sentiment que son péché est pardonné, et qu'il a la victoire sur la corruption.
VIII. Vous voyez, par ce sujet, la vraie position d'un très grand nombre de membres d'Église. Ils se débattent sans cesse sous la loi. Ils approuvent la loi, à la fois dans son précepte et dans sa peine ; ils se sentent condamnés et désirent être soulagés. Mais ils restent malheureux. Ils n'ont pas d'esprit de prière, pas de communion avec Dieu, aucune preuve de leur adoption. Ils ne citent que le septième chapitre des Romains comme preuve. Un tel homme vous dira : « Voilà exactement mon expérience. » Laissez-moi vous dire que, si c'est là votre expérience, vous êtes encore dans un fiel amer et dans les liens de l'iniquité. Vous sentez que vous êtes dans les liens de la culpabilité, vous êtes vaincus par l'iniquité, et vous savez bien qu'elle est amère comme le fiel. Allons, ne trompez pas votre âme en supposant qu'avec une expérience comme celle-là vous pouvez aller vous asseoir à côté de l'apôtre Paul. Vous êtes encore charnels, vendus au péché, et si vous n'embrassez pas l'Évangile, vous serez damnés.
Texte : Traduction française de biblelibre.org (2026), première en français. Source : Lectures to Professing Christians, Revell, 1878 (archive.org, exemplaire de la bibliothèque de Cornell) (Texte anglais du domaine public ; traduction française de biblelibre.org sous licence CC BY-SA 4.0 : libre de copie et de partage, dans les mêmes conditions, en citant la source).